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CHAPITRE 26

last update Zuletzt aktualisiert: 06.02.2026 06:33:44
Vince

Je me lève tôt chaque matin, comme une machine bien huilée. 5 h 45 précises. L’horloge digitale sur la table de nuit clignote rouge dans l’obscurité. Pas d’alarme. Mon corps sait. Il se réveille seul, tendu, prêt à brûler l’énergie qui s’accumule pendant la nuit.

Avant de descendre au sous-sol, je m’arrête un instant au bord du lit.

J’hume l’odeur de ses cheveux – un mélange sucré de vanille brûlée, de sueur propre;

Elle dort profondément, étendue sur le ventre au milieu des draps en soie
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Nadège Shaïlanda Lamarque
la même épisode qui se répète
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    SOFIAIls me traînent jusqu’à une voiture noire garée près des docks. Antonio me pousse à l’intérieur, sur la banquette arrière. La portière claque. Je me redresse aussitôt, prête à sauter, mais la voiture démarre en trombe. Je suis projetée en arrière.— Assise.Antonio est à côté de moi, un pistolet à la main. Je le fixe, haletante.— Tu vas me tuer ?— Pas encore.Il range l’arme, sort un couteau de sa poche. Mon sang se glace.— Qu’est-ce que tu…Il attrape mon poignet, me force à me retourner. Je sens la lame froide contre ma peau.— Vince veut que tu te souviennes de cette nuit.Je me débats, mais l’un des hommes me maintient immobile. Antonio soulève ce qu’il reste de ma robe. L’air frais me glace les cuisses.— Non… Arrête !— Chut.La douleur est instantanée. Brûlante. Le couteau s’enfonce dans ma chair, traçant des lettres dans le bas de mon dos, juste au-dessus des fesses. Je hurle, les doigts agrippant le cuir du siège, les larmes coulant sans que je puisse les arrêter.—

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    SOFIASofiaJe recule d’un pas. Mon dos heurte le guichet en bois vermoulu. L’homme derrière la vitre a disparu – volatilisé dans l’ombre comme s’il avait senti le danger avant moi. Les néons du quai clignotent au-dessus de nos têtes, jetant des éclats bleus et blancs sur le visage d’Antonio. Il est calme. Trop calme. Ses yeux noirs brillent d’une lueur presque amusée, comme s’il assistait à un spectacle qu’il a lui-même mis en scène.— Tu nous as bien amusés, ce soir, dit-il d’une voix posée, presque douce.Les deux autres avancent, lentement, en arc de cercle. Des loups qui savent que leur proie n’a plus vraiment où fuir. L’un d’eux – un type massif avec une cicatrice qui barre sa joue gauche – fait craquer ses phalanges. L’autre, plus mince, plus nerveux, garde la main près de sa ceinture, là où je devine la crosse d’un pistolet.— Vince veut te voir, ajoute Antonio.Je serre les dents jusqu’à ce que mes mâchoires me fassent mal.— Je ne retourne pas là-bas.Antonio soupire, presqu

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    SOFIALa ruelle sent l’urine et le jasmin pourri. Mes pieds nus écrasent des éclats de verre, des mégots, des pétales de fleurs fanées. La douleur est là, mais lointaine, comme un écho. Je cours. Je ne pense pas. Je respire, par saccades, l’air salé de la mer toute proche me brûlant la gorge. Derrière moi, des cris déjà. Des portes qui claquent. Des moteurs qui vrombissent.Je tourne à gauche, puis à droite, m’engouffrant dans des venelles si étroites que je pourrais toucher les murs des deux côtés. Les façades des immeubles sont lépreuses, leur plâtre s’effritant comme de la chair morte. Des draps pendent aux fenêtres, fantômes blafards agités par le vent. Quelque part, une radio grésille une chanson napolitaine. Une voix d’homme rit, ivre. Je me plaque contre un mur, le cœur battant à se rompre.Trois minutes d’avance. Pas assez.Je soulève ce qu’il reste de ma robe, déchirée jusqu’à mi-cuisse, et arrache un nouveau morceau de soie. Le tissu se déchire avec un bruit de déchirure hum

  • LA ROSE SANGLANTE   CHAPITRE 43

    VINCEJe suis encore debout près de la loge quand Antonio revient, et je sais avant même qu’il ouvre la bouche.Son visage est une lame. Trop fermé. Trop tendu. Ses yeux évitent les miens, comme s’il avait peur de ce qu’il va y lire.— Elle n’est plus là.Ma main se fige sur le verre de whisky que je n’ai pas bu. Le cristal me mord la paume.— Répète.Sa pomme d’Adam tressaute. — Elle s’est enfuie. Par les toilettes. La fenêtre. On a retrouvé ses chaussures. Sa robe… déchirée. Elle a sauté dans la ruelle derrière l’Opéra.Enfuie.Le mot me frappe comme une balle en pleine poitrine. Je le sens me transpercer, brûlant.— Par… les toilettes.Ma voix est un grattement de pierre. Trop basse. Trop calme.— Oui, monsieur.Je reste immobile. Une seconde. Juste une. Puis quelque chose en moi craque.Mon verre explose contre le mur. Les éclats pleuvent comme des dents brisées.— TROIS PUTAINS DE MINUTES, ANTONIO !Ma voix déchire le velours des murs. Des têtes se tournent dans le couloir. Je m

  • LA ROSE SANGLANTE   CHAPITRE 42

    sofiaLa porte des toilettes se referme derrière moi avec un déclic feutré.Antonio reste dehors, une ombre massive devant l’entrée.Je m’appuie un instant contre le bois sombre. Mon cœur cogne trop fort, trop vite. J’ai l’impression qu’il va résonner jusque dans le couloir, alerter Vince, alerter tout le monde. La musique de l’opéra filtre à travers les murs, étouffée, déformée, comme si elle venait d’un autre monde.Les toilettes ressemblent à un sanctuaire. Marbre rose, miroirs cerclés d’or, lumière douce tamisée par des appliques anciennes. Deux lavabos en porcelaine, des serviettes brodées posées sur un plateau d’argent. Tout est trop propre. Trop luxueux. Trop calme pour ce que je m’apprête à faire.Et puis je la vois.La fenêtre.Petite. Discrète. Entrebâillée. Juste au-dessus des cabinets. Assez haute pour qu’on n’y prête pas attention. Assez large pour une femme en robe de soie, si elle est prête à tout.Je n’ai pas le temps d’hésiter.D’un geste vif, je soulève ma robe et g

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