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LE CHANTAGE DU CŒUR
LE CHANTAGE DU CŒUR
Penulis: LA PLUME D'ESPOIR

Chapitre 1

last update Terakhir Diperbarui: 2025-12-20 23:40:39

Chapitre 1 : L'Effondrement

Point de vue de Julien Morel

Mon portable vibra contre le marbre de mon bureau, 5h47. Je savais que c’était l’heure. Je n’avais pas dormi. Je regardai le nom sur l’écran : Élena. Mon pouce tremblait au-dessus du bouton vert. Un instant, je voulus ne pas répondre. La protéger de ça, de ce qui arrivait. Mais je n’avais plus ce luxe.

« Élena. » Ma voix était un râle. J’avais l’impression d’avoir avalé du verre pilé.

Elle, toujours en alerte. « Julien ? Qu’est-ce qui se passe ? »

Je fixai la bouteille de whisky vide sur mon bureau. Je ne pouvais pas lui dire au téléphone. Je ne pouvais pas prononcer les mots. « Il faut que tu viennes. Tout de suite. » Au bureau. Le lieu de nos victoires, de l’héritage de notre père. Il allait devenir la scène de notre défaite.

« Où ça ? Julien, tu me fais peur, qu’est-ce qui— »

« Au bureau. S’il te plaît, Élena. Ne pose pas de questions. Viens. »

Je raccrochai avant que ma voix ne se brise complètement. Lâche. J’étais un lâche. Mais comment lui dire que j’avais tout perdu ? Que j’avais peut-être tout fait perdre ?

Quarante minutes plus tard, j’entendis ses talons dans le couloir. Ce son, autrefois rassurant, me transperça comme une condamnation. La porte s’ouvrit.

Je ne levai pas les yeux tout de suite. Je la sentis s’immobiliser, son regard balayant le champ de bataille qu’était devenu mon bureau : les dossiers en désordre, les bouteilles, l’homme défait dans le fauteuil du PDG. Son fauteuil. Celui de notre père.

« Mon Dieu, Julien... »

Sa main se posa sur mon épaule. Un contact chaud, vivant. Tout ce qui restait de vrai dans ce cauchemar. Je dus rassembler toute mon énergie pour enfin la regarder. Elle avait les traits tirés par l’inquiétude, mais elle était là, droite, solide. Ma petite sœur. Celle que j’avais toujours juré de protéger.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Les mots sortirent, lugubres, inévitables. « Nous sommes finis, Élena. » Morel & Associés. Tout. La voir secouer la tête, refuser de comprendre, fut une torture supplémentaire. Elle croyait encore en moi. Elle ne savait pas encore à quel point j’avais échoué.

Je lui tendis la mise en demeure. Je la vis pâlir en lisant le montant, s’agripper au bureau. « Comment... comment est-ce possible ? » Sa voix était un souffle.

Je dus expliquer. Le projet Atlantis. Les retraits. Le sabotage systématique. Dire ces choses à voix haute les rendait plus réelles, plus écrasantes. Je vis son incompréhension se muer en horreur. « Quelqu’un veut notre destruction. »

Et ce n’était que le début. Il fallait tout lui dire. La partie la plus difficile restait à venir. « Les autorités ont ouvert une enquête. Ils m'accusent de détournement de fonds, de fraude fiscale... Élena, ils parlent de 5 à 10 ans de prison ferme. »

Son « Non » fut un cri étouffé de loyauté. « Tu n'as rien fait de mal ! »

« Je sais ! » explosai-je, me levant brusquement. La chaise tomba dans un vacarme qui fit sursauter. « Mais quelqu’un a falsifié des documents. Des comptes offshore à mon nom... Tout est orchestré pour me faire porter le chapeau. »

Son regard cherchait désespérément une faille, une erreur. « Qui ? Qui ferait une chose pareille ? »

C’est là que je dus détourner les yeux. La culpabilité m’écrasait. Je lui tendis l’enveloppe kraft. La menace anonyme. « Les Morel vont payer pour leurs péchés. » Nos péchés. Mes péchés.

L’appel de mon avocat tomba comme la lame de la guillotine. « Ils viennent me chercher demain matin. 8 heures. Garde à vue. » La voir reculer, les larmes qu’elle refoulait, fut pire que toutes les menaces. J’étais en train de détruire sa vie, celle de notre mère, tout ce pour quoi notre père avait travaillé.

Quand elle a parlé de se battre, j’ai entendu l’écho de mes propres discours d’autrefois. Pleins d’une certitude qui m’était désormais étrangère. Je lui ai pris les mains. Elles étaient si chaudes, les miennes si froides. « Élena, écoute-moi bien. Quand tout ça va éclater... tu dois protéger maman. Promets-le-moi. » Il fallait qu’elle me le promette. C’était la seule chose que je pouvais encore tenter de sauvegarder.

Elle a promis.

Alors, j’ai sorti le nom. Le dernier recours. Le pire recours pour elle. « Gabriel Voss. »

Sa réaction fut un coup de poing en plein cœur. La voir blêmir, se figer, dire « Non » avec une telle violence, m’a fait comprendre la profondeur des plaies que cet homme lui avait infligées. Des plaies dont je n’avais jamais mesuré l’étendue, trop absorbé par l’entreprise. Je l’avais vue souffrir, bien sûr, mais là, dans son refus catégorique, je vis la femme brisée, pas seulement ma sœur.

« Élena, je sais que c'est difficile pour toi. Je sais ce qui s'est passé entre vous. Mais nous n'avons plus le choix. Il est notre dernière chance. »

Elle a ri, un son atroce. « Notre dernière chance ? Julien, cet homme m'a détruite... Et tu voudrais que j'aille ramper devant lui ? »

« Je te demande de sauver notre famille. » Les mots étaient ignobles. Je le savais. J’utilisais son amour pour nous, notre lien, pour la forcer à affronter son pire démon.

Son regard me jugeait, et je méritais ce jugement. Mais quand l’appel de notre mère est arrivé, quand j’ai entendu la panique dans la voix de maman à travers le téléphone, j’ai vu quelque chose en Élena changer. La fille, la sœur, est passée à l’arrière-plan. La protectrice est venue au premier plan. C’est elle qui a raccroché et m’a regardé.

« D'accord, » murmura-t-elle. « Je vais le voir. »

Un soulagement immense, coupable, m’a submergé. Mais son regard s’était durci. « Mais je veux que tu saches une chose, Julien. Si je fais ça... ce sera la dernière fois que je me sacrifie pour cette famille. La dernière. »

Ces mots, prononcés avec une froideur calme, me frappèrent de plein fouet. Plus que les menaces de prison, plus que la faillite. Je venais de perdre quelque chose d’essentiel. Sa confiance inconditionnelle. Peut-être son amour.

Elle est partie, laissant derrière elle un silence encore plus profond que celui de la nuit. Je suis resté seul, entouré des ruines que j’avais laissé s’accumuler. J’avais obtenu ce que je voulais : elle allait voir Voss. Mais à quel prix ?

Et tandis que je regardais la menace anonyme sur mon bureau, une pensée m’obsédait, monstrueuse et insidieuse. Et si tout cela, si la façon dont les événements la poussaient inexorablement vers Gabriel Voss, n’était pas un hasard ? Et si c’était précisément le but ?

Je chassai la pensée. C’était de la paranoïa. Le fruit d’une nuit blanche et d’un désespoir absolu.

Il fallait que ce soit de la paranoïa.

N’est-ce pas ?

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