LOGINLa société de la famille Morel est au bord de la faillite à cause d’une crise financière, et Julien Morel, le frère d’Élena, risque même la prison. Dans une situation désespérée, Élena Morel n’a d’autre choix que de se tourner vers son ex-petit ami, Gabriel Voss, désormais capable de dominer le monde impitoyable des affaires. Mais un accident ayant partiellement effacé sa mémoire, Gabriel ne semble plus se souvenir d’elle. Déterminée, Élena décide de jouer à nouveau de son charme pour le séduire. Juste au moment où elle croit pouvoir réussir, obtenir l’argent et s’en sortir après une nuit avec lui, Gabriel Voss révèle un visage inattendu… Tout n’était en réalité qu’une partie intégrante de son plan parfaitement orchestré : Élena Morel n’a fait que tomber dans le piège qu’il avait préparé depuis le début…
View MoreChapitre 1 : L'Effondrement
Point de vue de Julien Morel
Mon portable vibra contre le marbre de mon bureau, 5h47. Je savais que c’était l’heure. Je n’avais pas dormi. Je regardai le nom sur l’écran : Élena. Mon pouce tremblait au-dessus du bouton vert. Un instant, je voulus ne pas répondre. La protéger de ça, de ce qui arrivait. Mais je n’avais plus ce luxe.
« Élena. » Ma voix était un râle. J’avais l’impression d’avoir avalé du verre pilé.
Elle, toujours en alerte. « Julien ? Qu’est-ce qui se passe ? »
Je fixai la bouteille de whisky vide sur mon bureau. Je ne pouvais pas lui dire au téléphone. Je ne pouvais pas prononcer les mots. « Il faut que tu viennes. Tout de suite. » Au bureau. Le lieu de nos victoires, de l’héritage de notre père. Il allait devenir la scène de notre défaite.
« Où ça ? Julien, tu me fais peur, qu’est-ce qui— »
« Au bureau. S’il te plaît, Élena. Ne pose pas de questions. Viens. »
Je raccrochai avant que ma voix ne se brise complètement. Lâche. J’étais un lâche. Mais comment lui dire que j’avais tout perdu ? Que j’avais peut-être tout fait perdre ?
Quarante minutes plus tard, j’entendis ses talons dans le couloir. Ce son, autrefois rassurant, me transperça comme une condamnation. La porte s’ouvrit.
Je ne levai pas les yeux tout de suite. Je la sentis s’immobiliser, son regard balayant le champ de bataille qu’était devenu mon bureau : les dossiers en désordre, les bouteilles, l’homme défait dans le fauteuil du PDG. Son fauteuil. Celui de notre père.
« Mon Dieu, Julien... »
Sa main se posa sur mon épaule. Un contact chaud, vivant. Tout ce qui restait de vrai dans ce cauchemar. Je dus rassembler toute mon énergie pour enfin la regarder. Elle avait les traits tirés par l’inquiétude, mais elle était là, droite, solide. Ma petite sœur. Celle que j’avais toujours juré de protéger.
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »
Les mots sortirent, lugubres, inévitables. « Nous sommes finis, Élena. » Morel & Associés. Tout. La voir secouer la tête, refuser de comprendre, fut une torture supplémentaire. Elle croyait encore en moi. Elle ne savait pas encore à quel point j’avais échoué.
Je lui tendis la mise en demeure. Je la vis pâlir en lisant le montant, s’agripper au bureau. « Comment... comment est-ce possible ? » Sa voix était un souffle.
Je dus expliquer. Le projet Atlantis. Les retraits. Le sabotage systématique. Dire ces choses à voix haute les rendait plus réelles, plus écrasantes. Je vis son incompréhension se muer en horreur. « Quelqu’un veut notre destruction. »
Et ce n’était que le début. Il fallait tout lui dire. La partie la plus difficile restait à venir. « Les autorités ont ouvert une enquête. Ils m'accusent de détournement de fonds, de fraude fiscale... Élena, ils parlent de 5 à 10 ans de prison ferme. »
Son « Non » fut un cri étouffé de loyauté. « Tu n'as rien fait de mal ! »
« Je sais ! » explosai-je, me levant brusquement. La chaise tomba dans un vacarme qui fit sursauter. « Mais quelqu’un a falsifié des documents. Des comptes offshore à mon nom... Tout est orchestré pour me faire porter le chapeau. »
Son regard cherchait désespérément une faille, une erreur. « Qui ? Qui ferait une chose pareille ? »
C’est là que je dus détourner les yeux. La culpabilité m’écrasait. Je lui tendis l’enveloppe kraft. La menace anonyme. « Les Morel vont payer pour leurs péchés. » Nos péchés. Mes péchés.
L’appel de mon avocat tomba comme la lame de la guillotine. « Ils viennent me chercher demain matin. 8 heures. Garde à vue. » La voir reculer, les larmes qu’elle refoulait, fut pire que toutes les menaces. J’étais en train de détruire sa vie, celle de notre mère, tout ce pour quoi notre père avait travaillé.
Quand elle a parlé de se battre, j’ai entendu l’écho de mes propres discours d’autrefois. Pleins d’une certitude qui m’était désormais étrangère. Je lui ai pris les mains. Elles étaient si chaudes, les miennes si froides. « Élena, écoute-moi bien. Quand tout ça va éclater... tu dois protéger maman. Promets-le-moi. » Il fallait qu’elle me le promette. C’était la seule chose que je pouvais encore tenter de sauvegarder.
Elle a promis.
Alors, j’ai sorti le nom. Le dernier recours. Le pire recours pour elle. « Gabriel Voss. »
Sa réaction fut un coup de poing en plein cœur. La voir blêmir, se figer, dire « Non » avec une telle violence, m’a fait comprendre la profondeur des plaies que cet homme lui avait infligées. Des plaies dont je n’avais jamais mesuré l’étendue, trop absorbé par l’entreprise. Je l’avais vue souffrir, bien sûr, mais là, dans son refus catégorique, je vis la femme brisée, pas seulement ma sœur.
« Élena, je sais que c'est difficile pour toi. Je sais ce qui s'est passé entre vous. Mais nous n'avons plus le choix. Il est notre dernière chance. »
Elle a ri, un son atroce. « Notre dernière chance ? Julien, cet homme m'a détruite... Et tu voudrais que j'aille ramper devant lui ? »
« Je te demande de sauver notre famille. » Les mots étaient ignobles. Je le savais. J’utilisais son amour pour nous, notre lien, pour la forcer à affronter son pire démon.
Son regard me jugeait, et je méritais ce jugement. Mais quand l’appel de notre mère est arrivé, quand j’ai entendu la panique dans la voix de maman à travers le téléphone, j’ai vu quelque chose en Élena changer. La fille, la sœur, est passée à l’arrière-plan. La protectrice est venue au premier plan. C’est elle qui a raccroché et m’a regardé.
« D'accord, » murmura-t-elle. « Je vais le voir. »
Un soulagement immense, coupable, m’a submergé. Mais son regard s’était durci. « Mais je veux que tu saches une chose, Julien. Si je fais ça... ce sera la dernière fois que je me sacrifie pour cette famille. La dernière. »
Ces mots, prononcés avec une froideur calme, me frappèrent de plein fouet. Plus que les menaces de prison, plus que la faillite. Je venais de perdre quelque chose d’essentiel. Sa confiance inconditionnelle. Peut-être son amour.
Elle est partie, laissant derrière elle un silence encore plus profond que celui de la nuit. Je suis resté seul, entouré des ruines que j’avais laissé s’accumuler. J’avais obtenu ce que je voulais : elle allait voir Voss. Mais à quel prix ?
Et tandis que je regardais la menace anonyme sur mon bureau, une pensée m’obsédait, monstrueuse et insidieuse. Et si tout cela, si la façon dont les événements la poussaient inexorablement vers Gabriel Voss, n’était pas un hasard ? Et si c’était précisément le but ?
Je chassai la pensée. C’était de la paranoïa. Le fruit d’une nuit blanche et d’un désespoir absolu.
Il fallait que ce soit de la paranoïa.
N’est-ce pas ?
Chapitre 53 : Épilogue –Deux ans plus tard(Point de vue d’Élena)La brume du matin se levait doucement sur le jardin, dévoilant les premières tulipes qui pointaient, timides, près de la terrasse. Dans la cuisine, l’odeur du café frais se mêlait à celle du pain grillé. Un silence relatif, doux et précieux.Gabriel posa deux tasses sur la table en chêne, celle avec une étoile pour lui, celle avec un cœur pour moi. Un rituel simple, né un matin comme celui-ci, il y a bien longtemps.« Elle dort encore ? » demanda-t-il à voix basse, un sourire dans la voix.Je hochai la tête, un sourire identique aux lèvres. « Comme un loir. »Notre fille, Lina, dix-huit mois, avait hérité des boucles sombres de son père et, m’assurait-il, de mon entêtement. Elle dormait dans la chambre du fond, un petit poing serré sur son ours en peluche.Le bonheur, je l’ai appris, n’est pas un état permanent. C’est une musique de fond. Parfois forte et triomphante, comme le jour de notre mariage ou quand Gabriel a o
Chapitre 52 : L'Archipel du Nous(Point de vue d'Élena)L’avion a quitté le sol, emportant avec lui le dernier écho des applaudissements, le parfum des fleurs fanées, le doux chaos des adieux. À travers le hublot, Paris n’était plus qu’une constellation de lumières qui s’éloignait, se fondant dans le noir de la nuit. Je détournai les yeux pour les poser sur lui. Sur mon mari. Gabriel dormait déjà, la tête légèrement penchée contre le siège, les traits enfin détendus, abandonnés. Une mèche de cheveux tombait sur son front. Je résistai à l’envie de la repousser, de peur de le réveiller. Je me contentai de regarder. De l’absorber. Cet homme, mon époux. Le mot résonnait encore en moi comme une incantation douce.Notre refuge était une petite maison de pierre blanche accrochée à une falaise grecque, les volets bleus grands ouverts sur la mer Égée. Il n’y avait pas d’hôtel cinq étoiles, pas de programme chargé. Juste ce lieu, nous, et le temps qui s’était soudain étiré, devenu élastique et
Chapitre 51 : Le Jour Où Tout Devient Clair(Point de vue d'Élena)Le soleil s’est levé doucement, comme s’il savait. Il a d’abord teinté le ciel de rose pâle derrière la vitre de ma chambre d’enfant, puis il a inondé la pièce d’une lumière dorée et tendre. Je n’avais pas dormi. Pas vraiment. J’avais passé la nuit à sentir les battements de mon cœur, trop rapides, trop forts, contre mes côtes. Mais ce n’était pas de l’insomnie anxieuse. C’était une veillée d’armes. Une attente sacrée.Aujourd’hui, j’épouse Gabriel.Les mots, même pensés, font encore frissonner tout mon être. C’est une certitude qui a la solidité du roc, mais la légèreté d’une plume. Après tout ce qui s’est passé – le mensonge, la rupture, cette douleur à vous couper le souffle –, nous y sommes. Plus forts. Différents.Maman est entrée la première, un plateau de petit-déjeuner à la main et les yeux déjà brillants. « Ma petite mariée, » a-t-elle soufflé, et ce simple mot a fait monter les premières larmes. Des larmes de
Chapitre 50 : Le dernier cercle(POV Julien) Les jours qui suivirent furent étranges, comme une trêve fragile après une guerre. Sylvie et moi, nous étions devenus des îles liées par un pont de silence et de gestes furtifs. Il restait un dernier fantôme à affronter, une dernière dette à solder pour que notre naufrage, à tous, ait une chance de laisser place à autre chose.« Il faut y aller, » lui ai-je dit un matin, alors qu’elle regardait par la fenêtre avec cette fixité vide qui m’inquiétait. « Voir Élena. Et Gabriel. »Elle n’a pas sursauté. A simplement fermé les yeux, comme si elle s’y attendait. « Elle va me jeter dehors. »« Peut-être. Mais c’est à faire. Pour toi. Pour nous. Pour qu’on puisse respirer sans ce poids. »Elle a hoché la tête, une simple inclinaison, signe d’un épuisement qui dépassait la fatigue physique. C’était l’épuisement de la fuite, du mensonge. L’envie, peut-être, d’en finir.---La tension dans le salon d’Élena était presque palpable, un mur invisible que












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