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Chapitre 10 : L'œil du spectateur

Author: Déesse
last update publish date: 2026-10-12 19:55:13

Pamela

Mes poumons brûlent. L'air entre par saccades, court, rauque, comme si ma poitrine avait oublié comment se remplir. Le parquet sous mes pieds nus m'envoie des frissons qui remontent le long des mollets, et la soie noire de la nuisette, encore remontée autour de ma taille, colle à ma peau mouillée. L'odeur de froid tabac et coton lavé flotte encore entre moi et le plus âgé, qui se tient là, debout, sa main essuyée sur sa cuisse, ses genoux qui viennent de craquer en se relevant.

La silho
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    Pamela,Le plus jeune se relève. Ses genoux quittent le parquet avec un bruit sourd, et je l'entends qui recule, ses pas nus sur le bois, jusqu'au mur. Il a fini. Son rôle est joué. L'Observateur ne lui jette pas même un regard. Ma bouche reste ouverte, la salive coule sur mon menton, et je goûte encore le latex, ce résidu chimique qui colle à ma langue.L'Observateur bouge enfin. Sa main droite quitte ma hanche et remonte le long de ma colonne vertébrale, vertèbre par vertèbre, comme un doigt qui suit une ligne sur un schéma. Sa paume se plaque entre mes omoplates et il appuie. Pas brusquement. Avec une pression constante, mesurée, qui me pousse vers l'avant. Mon buste bascule, mes coudes viennent buter sur le dossier du fauteuil, et l'angle change. L'aîné en dessous de moi glisse plus profond, son sexe s'enfonce jusqu'à la racine, et le murmure rauque qu'il laisse échapper vibre contre ma clavicule. L'Observateur, lui, s'ouvre un chemin nouveau dans mon anus. La position penchée éti

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    Pamela Mes poumons brûlent. L'air entre par saccades, court, rauque, comme si ma poitrine avait oublié comment se remplir. Le parquet sous mes pieds nus m'envoie des frissons qui remontent le long des mollets, et la soie noire de la nuisette, encore remontée autour de ma taille, colle à ma peau mouillée. L'odeur de froid tabac et coton lavé flotte encore entre moi et le plus âgé, qui se tient là, debout, sa main essuyée sur sa cuisse, ses genoux qui viennent de craquer en se relevant.La silhouette à la fenêtre bouge. Enfin. Pas un pas en avant, non. Juste un geste du menton, à peine perceptible, dirigé vers le fauteuil capitonné qui se trouve à droite du lit. Le plus âgé comprend. Il s'y dirige, s'assoit, le dos droit, les cuisses écartées. Le cuir craque sous son poids. Ses mains posées sur les accoudoirs. Il me regarde sans un mot, et je vois dans l'angle de sa mâchoire, dans la tension de son cou, qu'il attend.La voix à la fenêtre : — Viens.Un seul mot. Mon corps obéit avant qu

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    PamelaLa soie glisse entre mes doigts comme de l'eau tiède. Je la sens, cette nuisette, ce rien de tissu noir qui ne couvre plus grand-chose. Mes cuisses sont nues. Mes seins appuient contre le tissu, pointent à travers. J'ai les pieds nus sur le parquet froid, et ce froid-là me fait quelque chose, me rappelle que je suis là, debout, au milieu de cette chambre, que les rideaux sont ouverts et que quelqu'un me regarde.Lui, à la fenêtre. Il ne bouge pas. Les mains derrière le dos. La lumière du soir entre par-derrière et découpe sa silhouette en ombres nettes. Je ne vois pas ses yeux mais je les sens. Sur ma clavicule. Sur le creux de ma gorge. Sur le mouvement de ma respiration qui soulève le tissu.Il parle le premier. Sa voix est grave, posée, sans hâte.— Reste immobile. Ne bouge pas.Je ne bouge pas.Je le vois s'approcher. Tempes grises, mâchoire carrée, mains larges de quelqu'un qui a travaillé de ses bras toute sa vie. Il dégage cette odeur de tabac froid et de coton lavé. Il

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    PamelaSa main sur ma gorge. Son souffle dans mon cou. Le verre glacé qui brûle mes seins, et lui, en moi, si profond que chaque mouvement m'arrache un son , pas un gémissement, quelque chose de plus rauque, de plus cassé, quelque chose qui vient du ventre. Mes doigts glissent sur la vitre, laissent des traces humides qui s'effacent lentement. La ville en dessous, ces milliers de fenêtres allumées, et moi, écrasée contre la mienne, offerte, prise.Il ralentit. Ses hanches ne frappent plus. Il reste enfoui, immobile, et je sens son sexe palpiter en moi, chaud, dur, vivant. Sa main quitte ma gorge. Ses doigts remontent dans mes cheveux, emmêlent ce qui l'est déjà. Il tire doucement en arrière. Ma nuque se découvre. Il pose ses lèvres derrière mon oreille.— Reste là.Deux mots. Pas une demande. Il se retire d'un coup, et le vide me fait chanceler, mes paumes glissent sur le verre, je m'appuie des deux mains pour ne pas tomber. Mes cuisses tremblent. Le froid de la vitre me gagne par-de

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    Pamela Et je regarde. Je regarde mon reflet dans la vitre, ce reflet mélangé à la ville, cette femme qui n'a plus rien à voir avec celle qui est entrée dans cette pièce. Mes seins, écrasés contre le verre, blancs, ronds, les mamelons durs, violacés par le froid. Mon ventre, plat, tendu, qui se contracte à chaque coup de reins. Mes cuisses, ouvertes, tremblantes, et entre elles, sa main, ses doigts, son sexe qui va et vient, qui apparaît, qui disparaît, qui brille sous les lumières de la ville. Mes cheveux, noirs, collés à mon front, à mes joues, à mon cou. Ma bouche, ouverte, gonflée, humide. Et mes yeux. Mes yeux qui me regardent, qui le regardent, qui regardent la ville, et qui ne savent plus. — Tu aimes ça, il dit. Ce n'est pas une question. C'est une constatation. Une évidence. Comme la ville en dessous, comme le verre sous mes paumes, comme son sexe en moi. Et je ne réponds pas. Je ne peux pas répondre. Ma gorge est serrée, ma langue est lourde, ma tête est vide. Il n'y a que

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    Je ne réponds pas. Mes doigts s'écartent sur la vitre, cherchant un appui, et le verre est si froid, si lisse, sous les paumes. Mes seins, écrasés, forment des formes pâles derrière la vitre, et je pense aux immeubles en face, aux fenêtres allumées, aux silhouettes que j'aperçois de loin, des ombres qui bougent derrière des rideaux. Est-ce qu'ils voient. Est-ce qu'ils voient une femme nue écrasée contre une baie vitrée au quarantième étage, les cheveux en désordre, la bouche ouverte. Est-ce qu'ils savent. — Tu es à moi. Il le dit comme un fait. Pas comme une question. Pas comme une déclaration. Comme une chose qui existe, qui a toujours existé, comme la ville en dessous, comme le verre sous mes paumes. Ses doigts quittent ma hanche. Je les sens entre mes cuisses, écartant mes lèvres, et le bout de son sexe, libéré du pantalon, chaud, lisse, large, se place contre mon entrée. Il ne bouge pas. Pas encore. Il reste là, appuyé, pressant, et mon corps réagit avant ma volonté, mon bassin

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