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Chapitre 22 : Les Draps Blancs Tachés

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-10-15 08:47:06

Pamela

Puis vient mon tour et je suis toujours la dernière et c'est ainsi et ce sera toujours ainsi. Je m'approche du lit avec les pieds nus sur la moquette épaisse et je sais ce qu'il attend et ce qu'il veut et ce que toutes attendent de moi. Les trois autres sont déjà là, étalées sur les draps froissés : Lola la première, près de la tête de lit, les cuisses encore ouvertes, le souffle court, Sasha contre elle, la main posée sur son ventre, et Nadia, plus loin, sur le bord
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  • LE CLUB    Chapitre 23 : Le Nord

    Sasha Je sors de la douche et je m'habille sans regarder les autres et sans regarder la chambre et sans regarder l'argent sur la table basse. Pamela est encore allongée sur les draps tachés avec ses yeux fixés au plafond et Lola compte et recompte les billets comme si le chiffre allait changer et Nadia range ses vêtements pliés dans son sac avec des gestes de fille qui n'a jamais rien eu à elle. Je prends l'enveloppe et je partage en quatre et je tends sa part à Pamela et elle la prend sans un mot et je mets la mienne dans mon sac et je sors dans le couloir et j'attends l'ascenseur et je ne me retourne pas. Dans le taxi je regarde Paris par la vitre et Paris est gris et laid et je ne pense à rien et c'est mieux comme ça. Je donne mon adresse au chauffeur et il hoche la tête et il ne me regarde pas dans le rétroviseur et il sait et il ne veut pas savoir et c'est parfait. Je ferme les yeux et j'écoute le moteur et je compte les feux rouges

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    PamelaPuis vient mon tour et je suis toujours la dernière et c'est ainsi et ce sera toujours ainsi. Je m'approche du lit avec les pieds nus sur la moquette épaisse et je sais ce qu'il attend et ce qu'il veut et ce que toutes attendent de moi. Les trois autres sont déjà là, étalées sur les draps froissés : Lola la première, près de la tête de lit, les cuisses encore ouvertes, le souffle court, Sasha contre elle, la main posée sur son ventre, et Nadia, plus loin, sur le bord, les jambes repliées sous elle. Des corps nus, enchevêtrés, des odeurs qui se mêlent : la sueur tiède, le parfum floral de Lola, le champagne renversé sur l'oreiller, l'odeur plus âcre de la mouille, et celle, métallique, saline, du sperme déjà séché sur les peaux. Les draps sont mouillés, poisseux sous les doigts, tièdes comme une peau qu'on quitte.Je ferme les yeux un instant. Je m'allonge au milieu d'elles, entre les cuisses ouvertes et les cheveux épars, et je sens la chaleur des

  • LE CLUB    Chapitre 21 : L'aube sur les draps tachés

    Pamela Monsieur V s'approche de moi. Ses chaussures, des derbies noires, cirées, claquent contre le marbre. Il s'arrête à trente centimètres, je sens son haleine, menthe et whisky, quelque chose de chimique par-dessous, un après-rasage trop coûteux pour cacher ça. Il me regarde. Longtemps. De haut en bas. Pas comme un homme qui regarde une femme, non, comme un client qui inspecte une marchandise dans une vitrine. Ses yeux, bleus, délavés, des yeux qui ont dû être clairs autrefois, avant l'alcool, avant les nuits, avant les femmes, avant tout ça, s'arrêtent sur mes seins, sur mon ventre, sur mes hanches, sur mes jambes. Je porte une robe noire, courte, le tissu est froid contre mes cuisses. Je ne bouge pas. Je le laisse regarder.— Je t'ai vue danser, dit-il.Sa voix, grave, un peu rauque, fumeur, ou buveur, ou les deux. Je ne réponds pas. Je le laisse parler.— Tu es belle. Tu es différente.Différente. Le mot tombe entre nous, lour

  • LE CLUB    Chapitre 20 : L'appel

    Je souris : malgré moi, malgré tout. Elle me donne une claque sur le genou, elle dit voilà, elle dit ça va aller, elle dit qu'on va y arriver, comme toujours, comme toutes, comme tout.Je regarde l'enveloppe sur le banc : l'argent, beaucoup d'argent, assez pour payer mon loyer pendant des mois, assez pour envoyer à ma mère, assez pour disparaître, assez pour recommencer, assez pour vivre, ou pour oublier. Je ne sais pas encore, je ne sais jamais.Je pense à lui : le type au bar, les yeux marron, pierre mouillée, le bois, la semence. Est-ce qu'il viendra ce soir ? Est-ce qu'il me verra partir ? Est-ce qu'il comprendra ? Est-ce qu'il s'en foutra ? Je ne sais pas, je ne saurai jamais, je ne sais rien de lui, rien du tout, juste son odeur, juste sa bite, juste son silence.Minuit : la voiture est là, noire, vitres teintées, chauffeur en costume. Il ne nous regarde pas, il ouvre la porte. On monte : Sasha d'abord, puis Lola, puis Nadia, puis moi. On s'assoit, les unes à côté des autres, le

  • LE CLUB    Chapitre 19 : L'appel

    Pamela Le patron nous convoque à dix-neuf heures : pas vingt, pas dix-neuf heures trente, dix-neuf heures, une heure avant l'heure, une heure avant le rituel, une heure avant le silence. On est dans le vestiaire : le club n'a pas encore ouvert, les néons sont éteints, juste la lumière du couloir, jaune, malade. Personne ne parle : on sait, on sait toujours avant qu'on nous le dise, c'est dans l'air, c'est dans le regard du patron quand il passe, c'est dans la façon dont il ferme la porte derrière lui. Il pose une enveloppe sur le banc : épaisse, très épaisse. Il dit un nom : Monsieur V, un habitué, un gros portefeuille, une demande spéciale, les quatre, dans sa chambre d'hôtel, pour la nuit entière. Pas le club, pas les salles privées : l'extérieur, une chose qu'on ne fait jamais, une chose qui ne se fait pas, sauf quand l'argent est assez gros. Et là, l'argent est assez gros. Il dit le chiffre : un chiffre que je n'ai jamais entendu ici, un chiffre qui n'existe pas, pas pour nous

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    PamelaNadia ne raconte pas d'histoires et c'est ce qui la distingue et Lola invente et Sasha cache et Nadia se tait et son silence n'est pas un mur et c'est un vide et pas de passé et pas de souvenirs et pas de rêves et juste le présent et juste la nuit et juste le travail.Elle est arrivée en janvier ou en février et il faisait froid et elle avait une veste trop fine des baskets usées un sac de sport et elle a demandé si on embauchait et elle a dit qu'elle savait danser et c'était faux et elle ne savait pas et elle a appris vite.Roumaine ou moldave et elle dit les deux comme si c'était pareil et la même misère et le même pays et la même vie et elle est arrivée en France à dix-sept ans avec sa mère pour travailler pour gagner pour envoyer au père resté là-bas malade du foie des poumons du cœur quelque chose qui ne guérit pas qui coûte qui tue.Sa mère fait des ménages et elle nettoie et elle lave et elle repasse et elle gagne le minimum pour le loyer la nourriture les médicaments po

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