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Chapitre 10 : Le Festin des Cendres

Auteur: Darkness
last update Dernière mise à jour: 2025-12-01 19:19:59

Léandros

Le silence après son départ est plus assourdissant que n'importe quel cri. Le salon, autrefois symbole de ma domination absolue, semble s'être rétréci. L'air est lourd, chargé des éclats de sa haine nouvellement trempée.

Elle me vomit.

Ses mots résonnent dans mon crâne, plus cinglants que tout ce que j'ai pu entendre. Des hommes m'ont insulté, des rivaux m'ont menacé. Aucun n'a jamais planté un couteau avec une telle précision, visant l'endroit même où, hier soir, j'avais cru sentir un
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    LéandrosHuit heures sonnent au vieux cartel du hall, des notes graves qui se propagent dans la maison comme un glas. Le son résonne dans mes os, dans le silence de la salle à manger. La table est dressée pour deux, une nappe de lin immaculée, de l’argent et du cristal qui captent la lumière tamisée des bougeoirs. Un spectacle de normalité criante. Une parodie d’intimité.Je suis debout près de la cheminée, un verre de whisky à la main que je n’ai pas touché. Je fixe les flammes qui dansent derrière la grille. Elles me rappellent autre chose. L’éclat dans ses yeux quand elle dessinait. Le tremblement de sa peau sous mes lèvres.Toute l’après-midi a été un supplice d’attente calculée. J’ai donné des ordres à Daphné. Des ordres précis. « La robe de soie bleu nuit. Celle qui est dans l’armoire de la chambre verte. Apportez-la à Mademoiselle Eléni. Et qu’elle se prépare pour le dîner. » Pas une demande. Une directive. Une étape de plus dans le rituel que je suis en train de créer.Les pas

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    LéandrosLe temps n’existe plus, réduit à l’intervalle entre le son du fusain et le silence qui le suit. Elle dessine. Je pose. Mais c’est une pose en mouvement, chargée d’une électricité presque audible. Son regard, cet outil implacable, trace des lignes sur ma peau bien avant que sa main ne les imprime sur le papier. Chaque trait qu’elle esquisse, je le ressens comme un effleurement physique, une griffure délicate.Je vois ses yeux se poser sur mes lèvres. Je retiens mon souffle, laissant une tension différente modeler mon visage. Ses doigts bougent, le fusain gratte, capturant cette bouche fermée, ce désir contenu. Elle descend le long de mon cou. Je sens mes muscles se contracter sous l’inspection, je tends légèrement la tête en arrière, offrant la ligne de ma gorge. Le bruit du papier devient plus rapide, plus fébrile. Elle capture cette vulnérabilité offerte.Puis son regard tombe sur ma main, celle posée à quelques centimètres d’elle sur le bord du tabouret. Elle étudie la vein

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