MasukLa liberté, c'est un mot de riches, un mot de ceux qui n'ont jamais compté leurs centimes pour un paquet de pâtes, un mot de ceux qui n'ont jamais vu leur mère dépérir sur un lit d'hôpital parce que les soins coûtent trop cher, un mot de ceux qui n'ont jamais dû choisir entre leur dignité et la vie de quelqu'un qu'ils aiment. Alors oui, j'ai choisi, j'ai signé, j'ai dit oui, j'ai tendu mon cou pour le collier, j'ai écarté les jambes pour les caresses, j'ai compté les coups en disant merci, et je le referais, je le referais cent fois, je le referais mille fois, parce que ma mère est vivante, parce que les premiers dix mille euros arriveront bientôt, parce que la chimiothérapie commencera, parce que l'espoir existe, même s'il porte un collier d'acier. La porte s'ouvre, Victoria entre sans bruit, elle a changé de tenue, elle porte un pantalon noir et une chemise blanche, ses cheveux sont attachés en queue de cheval, elle a l'air plus jeune, plus acce
Maya Ses doigts accélèrent, la pression augmente, et je sens l'orgasme qui monte, qui monte du plus profond de mon ventre, qui remonte le long de ma colonne vertébrale, qui envahit ma poitrine, qui fait trembler mes cuisses, et je vais jouir, je vais jouir pour la première fois de ma vie sous les doigts d'une femme, sous les doigts de Victoria, sous les doigts de ma propriétaire. — Pas encore, dit Victoria en retirant sa main. Je crie, un cri de frustration pure, un cri de manque, un cri de vide, et je retombe sur le lit, haletante, tremblante, au bord des larmes. — Pas encore, répète-t-elle en se levant, tu jouiras quand je le déciderai, pas avant, pas aujourd'hui, peut-être demain, peut-être la semaine prochaine, peut-être jamais, tu dois apprendre que ton plaisir m'appartient, comme tout le reste. Elle enfile son peignoir, se dirige vers la porte, et avant de sortir, elle se retourne et dit : —
MayaSa main se lève à nouveau, je me prépare, je serre les dents, mais cette fois elle caresse ma joue rougie, ses doigts sont froids sur ma peau brûlante, et ce contraste est presque plus insupportable que la douleur.— Maintenant, dit-elle, la fessée, allonge-toi sur mes genoux, le ventre sur mes cuisses, les fesses relevées, les mains dans le dos.Je me lève maladroitement, mes genoux craquent, mes jambes tremblent, et je m'allonge sur ses genoux, mon ventre contre ses cuisses tièdes à travers la soie, mes seins écrasés contre le tissu, mes mains croisées dans le bas de mon dos comme une prisonnière, mes fesses relevées, offertes, vulnérables.Victoria pose une main sur mes reins, une main ferme qui m'immobilise, qui me rappelle que je ne peux pas bouger, que je ne dois pas bouger, que je ne suis plus qu'une surface à punir, une peau à faire rougir, une chair à faire trembler.— Tu vas compter, Maya, dit-elle, tu vas compter chaque coup, et à chaque chiffre, tu vas dire « merci ma
Je me tourne, je fais face à Victoria, mes yeux dans ses yeux, et je tombe à genoux sans qu'elle me le demande, parce que c'est la seule position qui me semble juste, la seule position qui correspond à ce que je ressens, à ce que je suis devenue.— Pardon, madame, dis-je, et ma voix est plus forte que tout à l'heure, plus assurée, plus vraie.— Pardon pour quoi ? demande-t-elle en baissant les yeux vers moi.— Pardon d'avoir résisté, dis-je, pardon d'avoir eu peur, pardon d'avoir douté, pardon d'avoir cru que je pouvais garder le contrôle, pardon d'avoir cru que j'étais autre chose que ce que vous voulez que je sois.— Et qu'est-ce que je veux que tu sois ? demande-t-elle, et sa voix est douce, curieuse, presque tendre.— Votre chose, dis-je, votre bien, votre propriété, votre création, votre reflet.Victoria sourit, et cette fois, son sourire n'a rien de cruel, il est presque doux, presque fier, presque maternel.— Relève-toi, dit-elle en me tendant la main, tu as réussi le chapitre
MayaLa vapeur monte dans la salle de bains comme une prière silencieuse, elle enveloppe le miroir d'un voile blanc qui efface mon reflet, qui efface ma honte, qui efface tout, et je reste debout sous le jet brûlant de la douche, l'eau qui coule sur mon visage, sur mes épaules, sur mes seins, qui ruisselle le long de mon ventre et de mes cuisses jusqu'à former une flaque à mes pieds, une flaque qui tourbillonne autour de la bonde avant de disparaître dans les tuyaux, emportant avec elle les traces de mes larmes et de ma sueur et de ma peur.Victoria est derrière la vitre, je la vois à travers la buée, une silhouette sombre et floue qui se déplace lentement, qui enlève son peignoir de soie noire avec des gestes précis et économes, qui le pose sur un tabouret sans le plier, qui s'approche de la douche, et la porte vitrée s'ouvre dans un chuintement caoutchouteux.Elle est nue, son corps est pâle dans la lumière crue de la salle de bains, pâle et dur et parfait comme une statue de marbre
Victoria ouvre le robinet de la douche, l'eau coule avec un bruit de cascade lointaine, et elle se tourne vers moi, ses yeux gris qui me détaillent de la tête aux pieds, qui s'attardent sur mes hanches, sur mes seins, sur le triangle de poils entre mes cuisses, et elle dit :— Mais avant la douche, il y a autre chose, quelque chose que tu dois voir, quelque chose que tu dois comprendre, viens avec moi.Elle me prend par le poignet, ses doigts sont fermes autour de mes os fins, et elle me conduit devant le grand miroir au-dessus du lavabo, un miroir qui occupe tout le mur, qui reflète la pièce entière, qui nous reflète toutes les deux, elle en peignoir de soie noire, moi nue avec le collier d'acier autour du cou, et le contraste est si violent que je détourne les yeux.— Regarde-toi, ordonne-t-elle, et sa main attrape mon menton, le force à se relever, le force à faire face à mon propre reflet, regarde-toi, Maya, regarde ce que tu es devenue en une seule nuit, regarde la femme qui a si







