/ Romance / LIAISONS FÉMININES 2 / Chapitre 2 – La clause de silence

공유

Chapitre 2 – La clause de silence

작가: Déesse
last update 게시일: 2026-06-04 06:19:52

Maya

— La première clause, Maya, est la clause de silence, dit Victoria en se levant et en faisant le tour de son bureau, ses talons claquent sur le parquet comme des secondes qui s'égrènent dans un compte à rebours inexorable, et elle s'arrête devant moi, si proche que je peux sentir son parfum, un mélange de vanille et de cuir qui devrait être rassurant mais qui ne l'est pas du tout parce qu'il sent le pouvoir et l'argent et tout ce que je n'aurai jamais.

— Vous ne parlerez de notre arrangement à personne, poursuit-elle en plantant ses yeux gris dans les miens, pas à votre mère, pas à vos amies, pas à un psy, pas à un prêtre, personne, absolument personne, et vous m'appellerez « Madame Kane » en présence d'autres personnes, mais seules vous m'appellerez « Madame » tout court, vous ne direz jamais mon prénom, sauf autorisation expresse de ma part, ce qui n'arrivera probablement jamais.

— Madame, répété-je, et le mot est bizarre dans ma bouche, trop lourd, trop intime, trop officiel à la fois, comme un vêtement trop grand qu'on essaie de porter sans savoir s'il nous va.

— C'est bien, dit-elle, commencez à vous habituer, parce que vous allez le dire souvent, très souvent, jusqu'à ce qu'il devienne aussi naturel que votre propre prénom.

Elle retourne s'asseoir derrière son bureau, et j'ai chaud, mes aisselles collent à mon pull, mes mains sont moites, mes jambes tremblent, je voudrais partir mais je voudrais aussi rester, je ne sais plus rien, je ne sais plus qui je suis, je ne sais plus ce que je veux.

— Deuxième clause, dit-elle en tournant une page du contrat avec des gestes lents et précis, obéissance absolue, quand je vous donne un ordre, vous exécutez, sans délai, sans question, sans expression faciale de déplaisir, je veux voir votre obéissance, pas votre opinion.

— Et si je n'y arrive pas ? demandé-je, et ma voix est plus petite que je ne le voudrais, presque enfantine.

— Vous y arriverez, Maya, répond-elle avec un calme qui me glace jusqu'aux os, parce que les punitions sont clairement définies et très désagréables, pas physiquement dangereuses je tiens à le préciser, je ne suis pas une sadique, mais humiliantes, très humiliantes, je n'aime pas la douleur gratuite, j'aime le contrôle, et le contrôle passe par l'humiliation.

— Et la troisième clause ? dis-je, et je sens que ma voix est trop aiguë, trop pressée, comme si je voulais en finir au plus vite avec cette liste d'humiliations futures.

Victoria sourit, c'est la première fois qu'elle sourit et ce n'est pas un sourire chaleureux mais un sourire de prédateur satisfait, un sourire qui dit « j'ai gagné avant même que le jeu ne commence », et elle dit : 

— Troisième clause, disponibilité totale jour et nuit et nudité sur demande, c'est-à-dire qu'à tout moment, où que nous soyons, à trois heures du matin ou en plein déjeuner d'affaires, si je vous dis « enlève », vous enlevez, vêtements, sous-vêtements, tout, peu importe qui regarde, peu importe où vous êtes.

— Même en public ? soufflé-je, et ma bouche est si sèche que les mots sortent à peine.

— Même en public, confirme-t-elle, et son regard s'attarde sur ma bouche une fraction de seconde de trop, comme si elle imaginait déjà les ordres qu'elle allait me donner.

Mon cœur bat si fort que je pense qu'elle peut l'entendre, ma poitrine se soulève trop vite, ma bouche est sèche, ma gorge se serre, et je demande :

— Et il y a d'autres clauses ?

— Beaucoup d'autres, dit-elle, mais celles-ci sont les piliers, silence, obéissance, disponibilité, tout le reste n'est que détails, des détails que vous apprendrez sur le terrain.

Elle repousse le contrat vers moi et dit : 

— Relisez les pages trois à sept, ce sont les obligations sexuelles, prenez votre temps, je n'ai pas d'autre rendez-vous aujourd'hui.

Je prends le contrat, mes yeux courent sur les lignes, et je lis des phrases qui me brûlent les doigts :

— « La soumise s'engage à satisfaire les désirs sexuels de la dominante, quels qu'ils soient, tant qu'ils ne mettent pas sa vie en danger », et plus loin : 

— « La dominante peut utiliser des objets, des jouets, des contraintes physiques légères, y compris mais sans s'y limiter, des menottes, des sangles, des baillons, et tout autre accessoire jugé nécessaire à l'éducation de la soumise », et encore 

— « La soumise n'a pas le droit de refuser un acte, sauf si un mot de sécurité est prononcé, et ce mot ne peut être utilisé qu'en cas de danger réel, pas en cas de simple inconfort ou de peur passagère. »

— Vous avez un mot de sécurité ? demandé-je, et ma voix est étrangement calme, comme si je posais la question pour quelqu'un d'autre.

— Volcan, répond Victoria sans hésiter, comme si elle avait choisi ce mot des années avant ma venue.

— Pourquoi volcan ? dis-je, et je sens que c'est une question stupide mais je ne peux pas m'en empêcher parce que j'ai besoin de comprendre, de saisir un peu de cette femme qui va tenir ma vie entre ses mains.

— Parce que c'est le seul mot que vous n'aurez jamais envie de prononcer dans un moment de plaisir, dit-elle, et sa voix est si sûre d'elle que j'en ai froid dans le dos, un froid qui n'a rien à voir avec la température de la pièce.

Je repose le contrat, mes doigts sont moites, laissant des traces humides sur le papier blanc, et je demande — Je peux encore refuser ?

— Vous pouvez toujours refuser, Maya, dit-elle doucement, presque tendrement, et cette douceur est plus effrayante que sa dureté, vous n'êtes pas prisonnière, la porte est là, vous pouvez partir maintenant si vous voulez, mais vous avez besoin de cet argent, et votre mère a besoin de vous, alors la question n'est pas « pouvez-vous refuser », la question est « voulez-vous vraiment refuser ? »

Elle marque une pause, une longue pause où je l'entends respirer, où je l'entends presque penser, et elle dit :

— Alors, est-ce que vous acceptez la clause de silence ?

— Oui, dis-je.

— Est-ce que vous acceptez l'obéissance absolue ?

— Oui.

— Est-ce que vous acceptez la disponibilité totale et la nudité sur demande ?

— Oui.

Victoria se lève à nouveau, elle vient derrière moi, et je sens sa main frôler mon épaule, un frisson me traverse des cervicales jusqu'au bas du dos, une décharge électrique qui me fait redresser la colonne, et elle dit, tout contre mon oreille, si près que je sens son souffle chaud sur ma peau : 

— À partir de maintenant, Maya, chaque fois que vous ouvrez la bouche, demandez-vous si ce que vous allez dire mérite d'être entendu, parce que je n'aime pas le bruit inutile, et je n'aime pas les mots qui ne servent à rien.

— Compris, madame, dis-je, et ma voix est à peine un murmure, un souffle, presque rien.

— C'est bien, dit-elle, et sa main se retire, laissant ma peau brûlante là où elle a touché, une marque invisible que je sens pourtant comme une brûlure.

Je reste seule avec le contrat, la peur, et ce curieux vertige dans le ventre, un vertige qui ressemble presque à de l'excitation, un vertige qui me dit que je vais regretter chaque seconde de ce que je m'apprête à faire, et je me déteste un peu pour ça, mais pas assez pour partir, pas assez pour sauver ce qui reste de ma dignité.

이 작품을 무료로 읽으실 수 있습니다
QR 코드를 스캔하여 앱을 다운로드하세요

최신 챕터

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 113 : L'ultimatum

    LénaLa porte des appartements de Damiana est entrouverte. Marcus la pousse doucement, et nous entrons dans la pénombre parfumée au jasmin et à l'ambre. La pièce est vaste, plus grande que toutes les cellules du Cercle réunies. Des tentures de velours pourpre couvrent les murs de pierre. Des bougies sont disposées sur des candélabres de fer forgé, leurs flammes projetant des ombres dansantes sur le plafond voûté. Un lit à baldaquin trône au centre, massif, recouvert de draps de soie noire. Des livres s'empilent sur le sol, sur les commodes, sur les rebords de fenêtre , des centaines de livres, de toutes tailles et de toutes époques, comme si Damiana cherchait dans la littérature des réponses que la vie lui refusait.Elle est assise dans un fauteuil près de la fenêtre, le dos tourné à la lumière. Elle s'est recoiffée, a passé une robe propre, a effacé les traces de larmes sur ses joues. Elle a reconstruit son armure, mais je la vois fissurée , par endroits

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 112 : La colère de Damiana 2

    Sa voix s'étrangle. Ses yeux se remplissent de larmes , ces larmes qu'elle retient depuis des années, ces larmes qu'elle ne laisse jamais couler parce que pleurer serait un aveu de faiblesse, et que la faiblesse, pour elle, c'est la mort.— Je ne suis pas comme eux, dis-je en soutenant son regard. Je ne suis pas votre ex-mari. Je ne suis pas ces amants qui vous ont trahie. Je suis Marcus. Je suis celui qui est resté trois ans sans rien demander. Celui qui a dormi devant votre porte comme un chien de garde. Celui qui vous aime, Damiana. Pas la Maîtresse. Pas le personnage. Vous. La femme. La survivante. Celle qui a peur et qui ne veut pas le montrer.Elle recule comme si je l'avais frappée. Son visage se décompose, passe de la colère à la stupeur, de la stupeur à la panique.— Ne m'appelle pas comme ça, murmure-t-elle.— Pourquoi ? Parce que ça vous rend vulnérable ? Parce que ça vous rappelle que vous êtes humaine ?— Tais-toi.

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 111 : La colère de Damiana

    Marcus Le soleil est levé depuis une heure quand je quitte la cellule de Léna. Elle dort encore, ses cheveux éparpillés sur l'oreiller, son visage paisible comme celui d'une enfant. Je referme la porte sans bruit, le cœur gonflé d'un bonheur qui me semble presque coupable. La nuit a été chaste , nous n'avons fait que dormir, enlacés, partageant une intimité simple et profonde. Mais ce simple fait, dormir ensemble, représente bien plus qu'un geste anodin dans l'enceinte du Cercle. Je remonte le couloir sur la pointe des pieds, me dirigeant vers mes quartiers pour me changer avant le début de la journée. Les torches de la nuit finissent de se consumer, les servantes commencent leur ronde silencieuse, le Cercle s'éveille doucement. Tout semble normal. Tout semble paisible. C'est alors que je la vois. Damiana se tient à l'intersection des deux couloirs, immobile comme une statue de sel. Elle porte une robe noire

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 110 : Le premier rendez-vous 3

    Cette pensée le réconforte, je le vois à la façon dont ses épaules se détendent, à la façon dont son regard s'apaise. Il tend la main par-dessus la table, je la prends, et nos doigts s'entrelacent comme le symbole de notre alliance , une alliance qui dépasse désormais la simple stratégie.Nous rentrons au Cercle tard dans la nuit, empruntant la porte secrète avec des précautions de conspirateurs. Les couloirs sont déserts, les torches presque éteintes. Nous nous arrêtons devant la porte de ma cellule, et soudain, l'idée de nous séparer me paraît insupportable.— Reste, dis-je à voix basse. Juste pour dormir. Juste pour ne pas être seule cette nuit.Il hésite un instant, jette un regard vers le fond du couloir, là où se trouvent les appartements de Damiana.— D'accord, dit-il enfin. Juste pour dormir.Nous entrons dans ma cellule, nous refermons la porte derrière nous. La pièce est petite, la couche étroite, mais nous nous glissons so

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 109 : Le premier rendez-vous 2

    Marcus hoche la tête, pensif.— C'est exactement ce que j'ai ressenti en arrivant au Cercle. Je suis venu pour enquêter, pour dénoncer, pour libérer des victimes. Et j'ai découvert que les membres du Cercle n'étaient pas des victimes. Ils étaient des volontaires. Ils avaient choisi d'être là, choisi de se soumettre, choisi de souffrir. Leur souffrance avait un sens. Elle les libérait de quelque chose , un traumatisme, une peur, une prison intérieure. Je ne pouvais pas dénoncer ça. Je ne pouvais pas le juger.— Et tu es resté.— Je suis resté. Et j'ai commencé à me poser les mêmes questions que toi. Qu'est-ce que la liberté ? Qu'est-ce que le pouvoir ? Qu'est-ce que l'amour ?La matinée s'écoule, légère, précieuse. Vers midi, nous quittons le café, laissant Rosalie nous saluer chaleureusement avec la recommandation de ne pas rester si longtemps sans revenir. Nous marchons dans les rues du Marais, main dans la main, sans destination précis

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 108 : Le premier rendez-vous

    LénaLa porte de ma cellule s'ouvre alors que le jour n'a pas encore complètement envahi le ciel. Marcus se tient dans l'encadrement, vêtu simplement , un pull à col roulé sombre, un jean, des bottes de cuir usé. Il ressemble à l'homme que j'ai aperçu dans le square, pas au gardien du Cercle. Ses yeux brillent d'une lumière que je ne leur avais jamais vue, une anticipation presque enfantine qui contraste avec sa carrure imposante.— Prête ? demande-t-il à voix basse, comme s'il craignait de réveiller les pierres elles-mêmes.— Prête, dis-je en me levant.Je porte une robe simple, bleu marine, que j'ai trouvée dans l'armoire de ma cellule ce matin. Quelqu'un l'y a déposée pendant mon sommeil , Damiana, probablement, ou une servante sur son ordre. C'est un vêtement qui n'appartient pas au Cercle, un vêtement du dehors, comme si on m'autorisait à redevenir moi-même le temps d'une journée. Le tissu est doux, fluide, il caresse mes jambes qua

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 4 – Le collier d'acier

    MayaSa maison est immense, une façade haussmannienne avec des fenêtres hautes comme des portes d'église, des balcons en fer forgé, un digicode avec des chiffres qui brillent dans la lumière grise du soir, et je sonne avec un doigt qui tremble.Une femme de ménage m'ouvre, une femme brune sans âge,

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 3 – La plume contre la peur

    MayaLa signature a lieu dans son bureau, et Victoria a sorti une plume, une vraie plume, pas un stylo banal, avec une plume d'oie blanche comme neige et de l'encre noire dans un petit encrier de cristal taillé qui doit valoir plus que tout ce que j'ai possédé dans ma vie.— Parce que c'est plus sy

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 6 – Le réveil en bouche 1

    MayaLe sommeil est un lac noir et profond où je flotte sans penser, sans rêver, sans exister, et puis quelque chose bouge contre mes lèvres, une pression légère d'abord, presque imperceptible, puis plus insistante, et ma conscience remonte des abysses par strates successives, d'abord la sensation

  • LIAISONS FÉMININES 2    Chapitre 5 – Première nuit couchée par terre

    MayaJe ne sais pas quelle heure il est, peut-être trois heures du matin, peut-être quatre, peut-être une heure qui n'existe pas, une heure inventée par l'insomnie pour me torturer.Le parquet a cessé d'être froid, il est juste dur, minéral, implacable, et mes hanches commencent à me faire mal, une

더보기
좋은 소설을 무료로 찾아 읽어보세요
GoodNovel 앱에서 수많은 인기 소설을 무료로 즐기세요! 마음에 드는 작품을 다운로드하고, 언제 어디서나 편하게 읽을 수 있습니다
앱에서 작품을 무료로 읽어보세요
앱에서 읽으려면 QR 코드를 스캔하세요.
DMCA.com Protection Status