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Point de vue d'AnayaMira apporte les dossiers dans une sacoche en cuir ordinaire, du genre de celles que les guérisseurs utilisent pour transporter des remèdes courants ; rien, dans son apparence, ne laisse deviner le poids de ce qu'elle renferme réellement.« J'ai fait jouer quelques relations », dit-elle en la posant délicatement sur la petite table près de mon lit. « Ce sont des copies officieuses. Si quelqu'un pose la question, je ne te les ai jamais données et tu ne me les as jamais demandées. »« Compris. »Cela fait six jours que je me suis réveillée. Six jours depuis la séance du Conseil, depuis les aveux de Cara dans la nurserie, depuis cet après-midi passé à apprendre quels dinosaures pouvaient en vaincre d'autres au combat.Mes jambes sont plus stables désormais, mes mains ne tremblent plus autant quand je porte une tasse de thé à mes lèvres, et une certaine clarté s'est installée en moi — plus froide, plus utile que le chagrin brut de ce premier jour.Je suis prête à rega
Point de vue d'AnayaCara organise la rencontre pour le lendemain après-midi, dans la même cour intérieure où, autrefois, je m'étais cachée sous un cèdre pour observer mon fils depuis l'ombre.Cette fois, pas question de se cacher.« Je lui en ai parlé un peu », dit Cara en marchant à mes côtés, à une allure assez lente pour s'adapter à mes jambes encore incertaines.« Pas de tout. Il a cinq ans, pas cinq cents. Je lui ai dit que sa mère s'était réveillée, qu'elle l'aimait très fort, que la rencontrer pourrait lui sembler étrange au début, mais qu'étrange ne voulait pas dire mauvais. »« Comment a-t-il réagi ? »« Il a demandé si tu te souviendrais de son dinosaure préféré. » Un petit sourire las. « Je lui ai répondu que je ne savais pas vraiment, mais qu'on pourrait le découvrir ensemble. »« Tu t'en souviens ? » demande doucement Sylvie.« Non », avoué-je. « Il y a encore quatre jours, je n'étais même pas certaine qu'il existe en tant que personne réelle et unique, avec ses propres
Point de vue d'AnayaJe la trouve dans la nurserie.Il me faut plus de temps que prévu pour m'y rendre. La salle du conseil s'est vidée lentement : Gareth hésitait à lâcher mon bras, Riven était pris à partie par des Anciens exigeant des réponses qu'il n'avait manifestement pas encore. Finalement, Mira m'a aidée à m'extirper de la cohue, et je lui ai demandé, à voix basse, où Cara avait pu aller.« La nurserie est », dit-elle sans surprise. « C'est là qu'elle se réfugie quand elle a besoin de se rappeler pourquoi tout cela en vaut la peine. »J'ai failli ne pas y aller. Une part de moi, lasse et blessée, ne désirait qu'une chose : retourner dans la petite chambre blanche qui m'abrite depuis quelques jours et laisser les murs me soutenir, plutôt que mes propres jambes. Mais une autre partie de moi — celle qui a passé cinq ans à entendre parler *d'elle* sans qu'on lui adresse la parole — refuse de laisser se tenir une conversation de plus sur ma vie sans y être présente.La porte de la
Cinq ans. Elle a perdu les premiers pas de son fils. Ses premiers mots. Toute une enfance qu'une autre femme a pu serrer dans ses bras. Et pourtant, elle est entrée dans cette salle sur des jambes tremblantes, parce qu'elle refuse qu'on raconte encore son histoire à sa place. Mais avez-vous vu comment Gareth l'a serrée contre lui ? Comment Cara l'a regardée ? Comment Riven est resté figé ? 💔 Quelqu'un dans cette salle cache quelque chose. Quelqu'un regarde Anaya en priant pour qu'elle ne se souvienne de rien. Et la vérité est plus proche qu'elle ne le croit. C'est au chapitre 8 que ça commence à faire mal. 🔓 💬 Dites-moi en commentaire : 1️⃣ Quelle réaction dans cette salle vous a le plus surprise ? 2️⃣ Riven, Cara, Anaya... qui vous a le plus brisé le cœur dans ce chapitre ? 😭 3️⃣ Selon vous, qui l'a piégée ? Je lis chaque commentaire. Vos théories me donnent envie d'écrire. 💜 J'espère que vous aimerez cette histoire autant que mon premier livre, « L'ascension de la Luna
Point de vue d'Anaya Mira arrive avant même que j'aie pris mon petit-déjeuner, et je comprends, à la façon dont elle referme la porte, que quelque chose a déjà mal tourné. « Quelqu'un m'a vue », dit-elle sans préambule, sans prendre les précautions habituelles pour adoucir les mauvaises nouvelles. « Hier soir. Alors que j'apportais des fournitures dans cette aile. Une des jeunes guérisseuses, Petra. Elle n'est pas méchante, mais elle manque de discrétion ; le temps que je réalise qu'elle m'avait remarquée, elle en avait déjà parlé à deux personnes aux cuisines. » Je sens un froid glacial me nouer l'estomac. « Parlé de quoi, exactement ? » « Qu'il y a une patiente dans cette aile dont personne n'est censé connaître l'existence. Que je monte la garde devant la porte comme si c'était crucial. » Les mains de Mira se tordent l'une dans l'autre, dans ce geste nerveux et crispé que je commence à identifier comme étant propre à elle seule. « Anaya, les rumeurs se propagent plus vite que
Point de vue d'AnayaJe ne dors pas après son départ.Je reste allongée, le regard fixé sur le même plafond blanc, sentant le lien pulser faiblement dans ma poitrine — comme une entité dotée de son propre cœur — et je lui en veux un peu d'exister. Cinq années de silence bienheureux, et la seule nuit où il se réveille pleinement, il le fait avec une telle intensité qu'il m'empêche de trouver le repos dont j'ai pourtant besoin.— Tu pourrais lui dire de se taire, suggère Sylvie, d'un ton sec malgré la fatigue. Même si ça ne nous avancerait pas à grand-chose.— Est-ce qu'il finit par se taire ? Complètement ?— Pas une fois qu'il a été rouvert de la sorte ; du moins, pas avant très longtemps.Alors qu'une lueur grise commence à filtrer par les bords de la fenêtre, je me résigne à passer une nuit blanche. Je suis presque parvenue à m'en accommoder quand la porte s'ouvre sans qu'on frappe.Je sais que c'est lui avant même de tourner la tête.— Il faut que tu arrêtes de faire ça, dis-je san







