Se connecterIl est six heures du matin lorsque Mauricio termine d’ajuster sa cravate noire devant le miroir de sa chambre.
Son costume sombre est parfaitement taillé, ses mocassins brillants soigneusement enfilés. Pourtant, malgré cette apparence impeccable, son regard trahit une profonde fatigue émotionnelle. Aujourd’hui est le jour des funérailles de son père. Son héros. Son dernier lien familial. Même si les années avaient créé une immense distance entre eux, Mauricio ne pouvait nier la douleur qui écrasait son cœur à l’idée de lui dire adieu pour toujours. Il inspira profondément avant de quitter sa chambre. Dans le couloir silencieux du manoir, il se dirigea vers la chambre de Nani afin de vérifier si elle était prête. Mais à quelques pas de la porte, il s’arrêta brusquement. Une voix. Nani parlait… dans une langue étrangère. Mauricio fronça légèrement les sourcils. Du russe. Il resta immobile quelques secondes, surpris d’entendre sa nourrice parler cette langue avec autant d’aisance. Intrigué, il sortit discrètement son téléphone et lança un enregistrement audio. — Je traduirai ça plus tard… murmura-t-il pour lui-même. Ne voulant pas éveiller les soupçons, il préféra ne pas frapper et descendit directement au salon pour l’attendre. Ce qu’il ignorait totalement, c’est qu’une petite micro-caméra était installée devant la porte de Nani. Après une ancienne trahison liée à la femme de son défunt patron, la vieille femme était devenue extrêmement prudente. Elle surveillait désormais chaque mouvement autour de sa chambre. Elle avait vu la présence de Mauricio juste qu'au milieu de sa discussion et elle avait pu changer ce qu'elle disait en russe. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit enfin. Nani descendit au salon et trouva Mauricio assis calmement dans un fauteuil. — Mon chéri, tu attends depuis longtemps ? Mauricio releva doucement les yeux vers elle. — Pas vraiment, Nani… Mais dans son regard subsistait encore cette discrète interrogation qu’il préféra garder pour lui. Ils quittèrent ensuite le manoir ensemble afin de se rendre à l’Église Sainte-Lorraine, où devait avoir lieu la cérémonie funéraire. À leur arrivée, le lieu était déjà envahi de voitures luxueuses et de personnalités influentes. Des hommes d’affaires réputés. Des ministres. Des diplomates. Des figures importantes du pays. À peine Mauricio descendit-il du véhicule que des dizaines de journalistes se précipitèrent vers lui. Les flashs crépitèrent immédiatement. — Monsieur Lobrande ! Un mot pour la presse ! — Est-il vrai que vous reprendrez l’empire de votre père ? — Comment vivez-vous cette perte ? Heureusement, Mauricio avait prévu ce chaos médiatique. Accompagné de plusieurs gardes du corps ainsi que de Frédéric, il traversa rapidement la foule pendant que ses agents repoussaient les journalistes afin de lui permettre d’entrer paisiblement dans la cathédrale avec Nani. À l’intérieur, l’atmosphère était lourde et solennelle. Lorsque le prêtre aperçut Mauricio prendre place au premier rang, la messe funéraire débuta enfin. La cérémonie fut longue, émouvante, presque irréelle par moments. Assis devant le cercueil de son père, Mauricio observait discrètement les nombreuses personnes présentes. Il ne réalisait qu’aujourd’hui à quel point son père avait marqué le monde des affaires. Malgré leur éloignement, cela provoqua en lui une étrange fierté mêlée de tristesse. Puis vint le moment le plus difficile. La crémation. Selon les dernières volontés de son père transmises par Nani il souhaitait être incinéré plutôt qu’enterré. Mauricio accepta ce choix sans discuter. C’était son dernier souhait. Et il comptait le respecter. Lorsque tout fut terminé, les invités commencèrent progressivement à quitter les lieux. Épuisé émotionnellement, Mauricio reprit la route avec Nani et Frédéric en direction du manoir. Mais à mi-chemin, Mauricio prit soudain la parole : — Frédéric, ramène Nani au manoir… ensuite, nous irons ailleurs. Nani tourna aussitôt la tête vers lui, intriguée. — Où ça, mon garçon ? Mauricio esquissa un léger sourire mystérieux. — Tu le sauras plus tard. Quelques minutes plus tard, Nani fut déposée au manoir Lobrande. Puis la voiture redémarra. Cette fois, Mauricio semblait légèrement plus vivant. Comme si une seule pensée suffisait à alléger le poids de cette journée. Frédéric jeta un coup d’œil discret dans le rétroviseur avant de sourire. — Patron… nous allons voir mademoiselle Florencia, n’est-ce pas ? Mauricio eut un petit rire. — Tu comprends vite, mon ami. Puis il réfléchit quelques secondes avant d’ajouter : — Mais avant… arrêtons-nous à la boutique de fleurs où tu étais allé l’autre jour. Il regarda brièvement par la fenêtre. — Et nous devrions aussi lui acheter des chocolats… même si je ne sais pas lesquels elle préfère. Frédéric sourit aussitôt. — Oh, monsieur… je crois que les femmes aiment toutes les sortes de chocolats. Mauricio secoua la tête avec amusement. — Tu as probablement raison. Ils s’arrêtèrent d’abord chez le fleuriste, où Mauricio choisit le plus grand et le plus beau bouquet disponible. Ensuite, ils se rendirent dans une chocolaterie élégante et achetèrent plusieurs boîtes raffinées, au point de presque vider une partie du stock. — Ça devrait suffire, non ? demanda Frédéric en riant légèrement. — Pour Florencia ? Jamais. Sur la route vers l’hôpital, Mauricio aperçut soudain une boutique de peluches. Sans réfléchir, il demanda immédiatement à Frédéric de s’arrêter. Quelques minutes plus tard, il ressortit avec une adorable peluche en forme de petit chien beige. Frédéric l’observa discrètement avec un sourire amusé. Mauricio, lui, fit semblant de ne pas remarquer. Après avoir rangé les cadeaux dans le coffre sauf le bouquet ils reprirent enfin la route vers l’hôpital. Vingt minutes plus tard, ils arrivèrent. Mauricio descendit de la voiture avec les fleurs et la peluche dans les bras tandis que Frédéric portait les boîtes de chocolats. À l’entrée de l’hôpital, ils commencèrent à distribuer des chocolats aux infirmières, médecins et même à certains patients. Rapidement, les visages s’illuminèrent autour d’eux. Mais Mauricio gardait soigneusement une boîte particulière. Celle destinée à Florencia. Arrivé devant la chambre de Florencia, Mauricio prit quelques secondes avant de frapper doucement à la porte. — Florencia… je peux entrer ? N’obtenant aucune réponse ccomme toujours il esquissa un léger sourire avant d’ouvrir délicatement la porte. En entrant, il la trouva assise sur son lit, un carnet posé sur les genoux, complètement absorbée par ce qu’elle écrivait… ou plutôt dessinait. La lumière de l’après-midi tombait doucement sur son visage, donnant à la scène une douceur presque irréelle. Mauricio resta un instant à l’observer sans rien dire. Puis il s’approcha discrètement. — Qu’est-ce que tu fais ? Surprise, Florencia leva rapidement les yeux vers lui avant de tourner instinctivement le carnet contre sa poitrine. Mauricio haussa légèrement les sourcils avec amusement. — Ah bon… tu dessines ? Curieux, il tendit légèrement la main. — Montre-moi ce que tu as fait. Aussitôt, Florencia secoua vivement la tête, visiblement gênée. Ses joues prirent une légère teinte rosée. Mauricio comprit immédiatement qu’il devait s’agir de quelque chose de personnel. — Pourquoi ? demanda-t-il doucement. Florencia attrapa rapidement son stylo et écrivit quelques mots dans son carnet. « Je ne veux pas te montrer. » Mauricio la regarda quelques secondes avant de sourire avec tendresse. — D’accord… je ne vais pas te forcer. Il s’installa près d’elle. — Mais quand tu seras prête à me le montrer, je serai heureux de le voir. Florencia baissa légèrement les yeux, embarrassée. Car ce qu’elle cachait précieusement dans ce carnet… c’était le portrait de Mauricio. Puis, pour changer l’atmosphère, Mauricio prit le magnifique bouquet qu’il avait apporté et le lui tendit. — C’est pour toi. Les yeux de Florencia s’agrandirent immédiatement. Les roses étaient splendides. Un immense sourire illumina aussitôt son visage. Et ce simple sourire suffit à faire battre le cœur de Mauricio un peu plus vite. Elle porta doucement les fleurs contre elle avant de le remercier silencieusement du regard. Mais Mauricio n’avait pas terminé. Il fit signe à Frédéric, qui posa la boîte de chocolats près du lit. — Et ça aussi… pour toi. Cette fois, Florencia sembla aussi heureuse qu’une enfant découvrant un cadeau inattendu. Ses yeux brillèrent immédiatement. Puis, emportée par l’émotion, elle se jeta spontanément dans les bras de Mauricio. Le temps sembla s’arrêter. Mauricio resta figé une demi-seconde avant de refermer doucement ses bras autour d’elle. Enfin. Cette étreinte qu’il imaginait depuis leur première rencontre. Cette proximité qu’il essayait de nier depuis des jours. Mais dès que Florencia réalisa ce qu’elle venait de faire, elle se recula brusquement, paniquée. Rougissante, elle chercha immédiatement son carnet pour écrire des excuses. Mais Mauricio attrapa doucement sa main avant qu’elle ne commence. — Ne t’inquiète pas, Florencia. Sa voix était calme. Sincère. — Ça ne me dérange absolument pas. Au contraire. À cet instant précis, il avait l’impression que son cœur allait exploser de bonheur. Florencia le regarda quelques secondes, hésitante… puis finit par se calmer. L’atmosphère redevint légère. Ils passèrent ensuite un long moment ensemble à discuter comme ils le pouvaient : elle avec son carnet, lui avec ses paroles et ses blagues maladroites. Et encore une fois, Mauricio fut surpris de la voir rire aussi facilement avec lui. Chaque fois qu’elle riait silencieusement, les yeux brillants, il ressentait une étrange chaleur dans la poitrine. Comme si son monde devenait plus lumineux simplement grâce à sa présence. Mais au fil du temps, Florencia commença à montrer des signes de fatigue. Ses mouvements ralentissaient. Ses paupières devenaient lourdes. Finalement, elle prit son carnet et écrivit lentement : « Je suis fatiguée… j’ai envie de dormir. » Mauricio lut la phrase avant de lui sourire doucement. — Ce n’est pas un problème. Il ajusta légèrement la couverture sur elle avec délicatesse. — Repose-toi tranquillement. Je vais rester ici et veiller sur toi. Florencia le regarda quelques secondes. Un regard calme. Confiant. Puis elle ferma lentement les yeux. Et, bercée par le silence apaisant de la chambre et la présence rassurante de Mauricio, elle s’endormit doucement dans les bras du sommeil. Pendant ce temps, Mauricio resta assis près d’elle, incapable de détourner les yeux de son visage paisible. Comme si, sans le savoir, cette jeune femme était déjà devenue son refuge.Il est six heures du matin lorsque Mauricio termine d’ajuster sa cravate noire devant le miroir de sa chambre. Son costume sombre est parfaitement taillé, ses mocassins brillants soigneusement enfilés. Pourtant, malgré cette apparence impeccable, son regard trahit une profonde fatigue émotionnelle. Aujourd’hui est le jour des funérailles de son père. Son héros. Son dernier lien familial. Même si les années avaient créé une immense distance entre eux, Mauricio ne pouvait nier la douleur qui écrasait son cœur à l’idée de lui dire adieu pour toujours. Il inspira profondément avant de quitter sa chambre. Dans le couloir silencieux du manoir, il se dirigea vers la chambre de Nani afin de vérifier si elle était prête. Mais à quelques pas de la porte, il s’arrêta brusquement. Une voix. Nani parlait… dans une langue étrangère. Mauric
𝘈𝘴𝘴𝘪𝘴 𝘢̀ 𝘭’𝘢𝘳𝘳𝘪𝘦̀𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘷𝘰𝘪𝘵𝘶𝘳𝘦, 𝘔𝘢𝘶𝘳𝘪𝘤𝘪𝘰 𝘳𝘦𝘨𝘢𝘳𝘥𝘢𝘪𝘵 𝘥𝘪𝘴𝘵𝘳𝘢𝘪𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘭𝘦𝘴 𝘭𝘶𝘮𝘪𝘦̀𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘥𝘦́𝘧𝘪𝘭𝘦𝘳 𝘥𝘦𝘳𝘳𝘪𝘦̀𝘳𝘦 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘵𝘳𝘦 𝘵𝘦𝘪𝘯𝘵𝘦́𝘦.𝘔𝘢𝘪𝘴 𝘦𝘯 𝘳𝘦́𝘢𝘭𝘪𝘵𝘦́, 𝘪𝘭 𝘯𝘦 𝘷𝘰𝘺𝘢𝘪𝘵 𝘳𝘪𝘦𝘯.𝘚𝘰𝘯 𝘦𝘴𝘱𝘳𝘪𝘵 𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘳𝘦𝘴𝘵𝘦́ 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘤𝘩𝘢𝘮𝘣𝘳𝘦 𝘥’𝘩𝘰̂𝘱𝘪𝘵𝘢𝘭.𝘈𝘷𝘦𝘤 𝘍𝘭𝘰𝘳𝘦𝘯𝘤𝘪𝘢.𝘐𝘭 𝘳𝘦𝘱𝘦𝘯𝘴𝘢𝘪𝘵 𝘢̀ 𝘴𝘰𝘯 𝘴𝘰𝘶𝘳𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘪𝘴𝘤𝘳𝘦𝘵 𝘭𝘰𝘳𝘴𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘦𝘴𝘴𝘢𝘺𝘢𝘪𝘵 𝘮𝘢𝘭𝘢𝘥𝘳𝘰𝘪𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘧𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘳𝘪𝘳𝘦. 𝘈̀ 𝘭𝘢 𝘧𝘢𝘤̧𝘰𝘯 𝘥𝘰𝘯𝘵 𝘴𝘦𝘴 𝘺𝘦𝘶𝘹 𝘴’𝘪𝘭𝘭𝘶𝘮𝘪𝘯𝘢𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘢̀ 𝘤𝘩𝘢𝘤𝘶𝘯𝘦 𝘥𝘦 𝘴𝘦𝘴 𝘣𝘭𝘢𝘨𝘶𝘦𝘴, 𝘮𝘦̂𝘮𝘦 𝘭𝘦𝘴 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘴𝘵𝘶𝘱𝘪𝘥𝘦𝘴.𝘜𝘯 𝘭𝘦́𝘨𝘦𝘳 𝘴𝘰𝘶𝘳𝘪𝘳𝘦 𝘢𝘱𝘱𝘢𝘳𝘶𝘵 𝘮𝘢𝘭𝘨𝘳𝘦́ 𝘭𝘶𝘪.𝘊’𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘦́𝘵𝘳𝘢𝘯𝘨𝘦.𝘐𝘭 𝘯𝘦 𝘴’𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘫𝘢𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘪𝘥𝘦́𝘳𝘦́ 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘲𝘶𝘦𝘭?
Mauricio fut conduit par l’infirmière jusqu’au bureau du médecin traitant. Une fois devant la porte, il ajusta légèrement son costume avant de frapper. — Entrez. Il ouvrit la porte et pénétra dans le bureau. L’infirmière le laissa aussitôt seul afin de reprendre son service. — Bonjour, docteur. Le médecin releva les yeux de ses dossiers et lui adressa un sourire professionnel. — Bonjour, Monsieur Mauricio. Que me vaut la visite d’un si grand homme d’affaires dans mon humble établissement ? Mauricio esquissa un léger sourire de politesse. — Je suis venu prendre des nouvelles de la patiente que mon chauffeur et moi avons amenée ici le 5 mai. Le médecin sembla comprendre immédiatement. — Ah… la jeune femme de l’accident. C’est votre fiancée ? — Non, répondit Mauricio calmement. Juste… une connaissance. Le méd
Il est 13 heures lorsque la voiture de Mauricio se gare devant l’hôpital « Sauveur de Vie ».Le moteur s’éteint doucement. Un silence bref s’installe.Mauricio descend, ajustant son costume avec calme.— Frédéric, attends-moi ici. Je reviens.— D’accord, patron.Sans attendre davantage, Mauricio traverse la rue et s’arrête un instant devant une petite boutique de fleurs située juste à côté de l’hôpital. Après une courte hésitation, il entre.Quelques minutes plus tard, il ressort avec un bouquet de roses soigneusement emballé.Puis il franchit les portes de l’établissement.À l’accueil, il s’adresse poliment à la réceptionniste.— Bonjour mademoiselle. Mauricio Lobrande. Le 5 mai, mon chauffeur et moi avons amené une patiente ici.La jeune femme consulte rapidement son écran.— Un instant, je vérifie…— Bien sûr.Un silence.— Oui monsieur. La patiente Floren
Le soleil se levait à peine à l’horizon, teintant le ciel de nuances pâles. Il était environ cinq heures du matin lorsque Mauricio ouvrit les yeux.Il resta un moment immobile, allongé dans son lit, le regard fixé au plafond. Sa nuit avait été presque inexistante. Des fragments de sommeil, des réveils brusques… et toujours la même image persistante : le visage de la jeune inconnue.Il passa une main sur son visage, fatigué.— Impossible…Il se redressa lentement.Cette pensée ne le quittait pas.Pour se changer les idées, il décida qu’il irait à l’hôpital dans la journée, vers midi, afin de prendre des nouvelles de la jeune fille. Juste pour être rassuré. Rien de plus.Il se leva, prit un bain long et silencieux, puis s’habilla avec soin, comme pour reprendre le contrôle de lui-même.Ensuite, il descendit au rez-de-chaussée.Dans le grand salon du manoir, la lumière du matin filtrait doucement à travers les rideaux. Il aperçut Nani, sa nourrice, en pleine conversation avec un homme qu
Il était déjà minuit trente lorsque Mauricio arriva devant le manoir Lobrande avec son chauffeur.La voiture s’immobilisa lentement devant l’immense portail en fer forgé. Frédéric descendit aussitôt pour ouvrir la portière arrière.Un jeune homme d’une vingtaine d’années en sortit.Costume parfaitement ajusté, lunettes noires sur le nez malgré l’heure tardive. Il resta un instant immobile face à la grande bâtisse, comme s’il hésitait à franchir cette frontière du passé.Avant de monter les quelques marches, il s’arrêta.Un silence.Puis un souffle discret.Des souvenirs d’enfance remontèrent brusquement, désordonnés, presque douloureux. Il serra légèrement la mâchoire, comme pour les repousser. Il n’était pas venu pour ça.Il leva finalement la main et frappa.À peine quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrit.Une vieille femme apparut, vêtue simplement d’un uniforme de femme de ménage. Dès qu’elle posa les yeux sur lui, son visage se transforma.— Oh… ce n’est pas possible… Maur







