INICIAR SESIÓNTU REGRETTERAS LE JOUR OÙ TU M’AS ABANDONNÉE Apolline surprend son mari avec une autre femme. Lorsqu'elle lui demande des explications, il lui répond froidement qu'il ne l'aime plus. Il veut divorcer. Apolline accepte. Elle disparaît pendant quatre ans. Durant ces années, elle transforme sa douleur en ambition et devient milliardaire. À son retour, son ex-mari Léonel est ruiné. Elle pourrait l'écraser. Elle choisit de lui laisser une chance de travailler pour elle. L'homme qui lui donnait autrefois des ordres devient son employé. Chaque jour, Apolline lui rappelle ce qu'il lui a fait. Léonel endure son indifférence sans se défendre. Il sait qu'il mérite sa colère. Mais Apolline découvre qu'il a perdu sa fortune parce qu'il refusait de toucher à l'argent qui appartenait légalement à son ex-femme. Son amour n'avait jamais complètement disparu.
Ver másChapitre 1
Apolline
Je gare ma voiture dans l’allée, le cœur léger, presque insouciant. La maison est silencieuse, trop silencieuse pour un jeudi soir où Léonel m’avait promis de m’attendre. J’entre, mes talons claquent sur le marbre, et je pose mon sac sur la console de l’entrée. Une odeur de parfum flotte dans l’air, un parfum floral que je ne reconnais pas, mais je me dis que je suis paranoïaque, que l’amour rend parfois idiot, aveugle, confiant.
Je monte les marches une à une, le bois craque sous mes pieds, et plus je m’approche de notre chambre, plus mon souffle se fait court. La porte est entrouverte. Je la pousse doucement, sans bruit, comme si mon corps savait déjà que le moindre geste pouvait me briser. Et là, je les vois. Léonel, mon mari, l’homme à qui j’ai tout donné, enlacé avec une autre femme. Ses mains sur sa taille. Sa bouche sur son cou. Un rire étouffé, complice.
Je reste figée. Le temps s’arrête. Mon cœur, lui, explose en silence.
— Léonel… je murmure, la voix déjà brisée.
Ils se détachent brusquement. La femme sursaute, remonte sa robe d’un geste nerveux, baisse les yeux. Lui, il se tourne vers moi, le visage fermé, presque agacé, comme si j’interrompais une conversation banale. Aucun trouble. Aucune honte.
— Apolline, dit-il d’une voix plate. Je ne t’attendais pas si tôt.
Mon menton tremble. Mes yeux brûlent, mais je refuse de pleurer, pas maintenant, pas devant elle.
— Tu ne m’attendais pas ? dis-je en serrant les poings. C’est tout ce que tu trouves à me dire ?
La femme ramasse son sac, murmure un « je suis désolée » hypocrite et s’éclipse en baissant la tête. La porte d’entrée claque. Nous restons seuls, lui et moi, dans cette chambre qui sent encore son parfum à elle.
— Qui est-ce ? je demande, la gorge serrée.
— Peu importe qui c’est.
— Peu importe ? je répète, abasourdie. Léonel, tu viens de me tromper. Dans notre lit. Sous notre toit. Et tu me dis que peu importe ?
Il soupire, passe une main dans ses cheveux, détourne le regard. Ce geste, ce simple geste, me transperce. J’aimerais qu’il crie, qu’il s’énerve, qu’il me donne une raison de me battre. Mais il reste là, froid, détaché, comme si j’étais une étrangère.
— Je ne t’aime plus, Apolline.
Je recule d’un pas. Les mots me frappent plus fort qu’une gifle. Je les entends, je les comprends, mais je refuse de les accepter.
— Ce n’est pas vrai… je chuchote, la voix cassée. Tu ne peux pas me faire ça. Pas après tout ce qu’on a traversé. Pas après toutes ces années.
— Je suis fatigué, dit-il en fixant un point invisible derrière moi. Fatigué de faire semblant.
— Faire semblant ? Alors tout était faux ? Chaque baiser, chaque promesse, chaque « je t’aime » ?
— Tu veux que je te dise quoi ? Que je suis désolé ? Je le suis. Mais ça ne change rien.
Je m’approche de lui, je veux le forcer à me regarder, à voir ce qu’il est en train de détruire. Mais il recule. Il recule comme si ma douleur le dégoûtait. Et là, je comprends : il ne m’aime plus. Pas aujourd’hui. Peut-être depuis longtemps. Peut-être ne m’a-t-il jamais aimée.
— Tu veux qu’on divorce, c’est ça ? je demande, la voix blanche.
Il hoche la tête, presque soulagé que je prononce le mot à sa place.
— Oui. C’est mieux pour nous deux.
— Pour nous deux ? je ris, un rire amer qui me déchire la gorge. Tu parles de nous, Léonel ? Il n’y a plus de « nous ». Il y a toi, ta trahison, et moi, au milieu des ruines.
Il ne répond pas. Il reste là, debout au milieu de la chambre, les bras ballants, le regard vide. Son silence est pire que tout. Il ne s’excuse plus, il ne se défend pas, il ne fait rien. Il attend juste que je m’effondre. Et je m’effondre. Mes jambes cèdent, je tombe à genoux sur le tapis, mes mains agrippent le tissu comme pour me retenir au monde.
— Regarde-moi, je sanglote. Regarde ce que tu me fais. Tu n’as même pas un mot pour me consoler ? Tu restes planté là comme si je n’étais rien ?
Il baisse enfin les yeux vers moi. Mais dans son regard, aucune pitié. Une lassitude glacée, une indifférence qui me brûle la peau.
— Qu’est-ce que tu veux que je te dise, Apolline ? Que je t’aime encore ? Je ne vais pas mentir.
— Alors tu assumes ? Tu assumes d’avoir brisé dix ans de mariage pour une femme dont tu ne te souviendras même pas du prénom demain ?
— Je n’ai pas à me justifier.
Il croise les bras. Ce geste, je le connais, c’est celui des soirs de dispute où il décidait que la conversation était terminée. Sauf que cette fois, ce n’est pas une dispute. C’est une exécution.
Je me relève lentement, les jambes tremblantes, le visage ravagé. Je m’essuie les joues d’un geste rageur. Ma robe est froissée, mon mascara a coulé, mais je m’en fiche. Une colère sourde monte en moi, une colère que je n’ai jamais ressentie, un feu qui consume la douleur pour la transformer en autre chose.
— Tu crois que tu vas t’en sortir comme ça ? je lance, la voix plus ferme. Tu crois que je vais te laisser me jeter sans conséquences ?
— Apolline…
— Non, je le coupe. Tu as fait ton choix. Maintenant, écoute-moi bien. Je vais signer ce divorce. Mais un jour, tu te souviendras de ce moment. Tu te souviendras de moi à genoux, en train de pleurer. Et tu regretteras.
Chapitre 6LéonelLa porte se referme, et le silence s’abat sur la maison comme un couvercle. Je reste debout dans l’entrée, les bras ballants, le regard fixé sur la poignée qu’elle vient de lâcher. Le bruit de ses pas s’est évanoui. Le moteur de sa voiture a ronronné, puis disparu. Plus rien.Je m’attendais à du soulagement. Je m’étais répété que la séparation était la seule issue. Que je devais la laisser partir pour la protéger. Alors pourquoi mes jambes refusent-elles de bouger ? Pourquoi ce poids sur ma poitrine, comme une pierre ?Je traverse le salon. Les meubles sont à leur place. Les coussins du canapé portent encore la marque de son corps, là où elle s’asseyait le soir pour lire. Sur la table basse, une tasse de thé à moitié vide. Je la touche du bout des doigts. Elle est froide.Je monte l’escalier. Chaque marche craque sous mon poids, et le bruit me semble anormalement fort dans la maison vide. La porte de notre chambre est ouverte. J’entre.L’odeur. Son parfum flotte enco
Chapitre 5ApollineJe monte dans la chambre, j’ouvre l’armoire, j’attrape un sac de voyage en cuir noir. Mes gestes sont mécaniques, précis. Je plie quelques vêtements sans réfléchir. Une robe, deux pulls, des sous-vêtements. Je ne veux rien d’autre. Surtout rien qui me rappelle trop de souvenirs.Mais chaque objet que j’effleure est une lame. Le pull beige que je portais le dimanche matin quand on prenait le café ensemble. La robe bleue qu’il aimait tant, celle qu’il me retirait lentement, les soirs d’orage. Mon alliance brille encore dans le tiroir entrouvert. Je détourne les yeux et je ferme le sac d’un geste sec.La maison me regarde. Les murs respirent notre histoire. La photo de notre mariage, posée sur la commode, me fixe avec une cruauté silencieuse. Je m’approche, je la saisis, je caresse le verre du bout des doigts. Nous étions beaux. Nous étions heureux. C’était il y a dix ans, mais tout semble si loin.Je repose la photo, face contre le bois. Je ne peux pas la jeter. Pas
Chapitre 4LéonelLes papiers sont posés sur la table basse, entre nous. Deux stylos, un dossier en cuir noir, et le silence qui s’étire comme une lame. J’attends. J’attends qu’elle pleure, qu’elle crie, qu’elle me supplie de revenir en arrière. Je m’y suis préparé. J’ai répété les mots à dire, les gestes à esquiver. Mais Apolline ne fait rien de tout cela.Elle est assise en face de moi, les jambes croisées, le dos droit. Elle porte une robe noire sobre, élégante, qui souligne la pâleur de sa peau. Ses cheveux sont relevés en un chignon strict, et son visage ne trahit aucune émotion. Elle ressemble à une statue de marbre, belle et froide.— Tu as lu les conditions, dis-je en brisant le silence.Elle hoche la tête, lentement.— Oui.Un seul mot. Pas de tremblement dans sa voix. Pas de larmes au bord des cils. Je cherche une fissure, une faille, quelque chose qui me prouve qu’elle souffre encore. Mais il n’y a rien. Elle est déjà ailleurs.Je m’attendais à une scène. À des reproches. À
Chapitre 3ApollineJe descends les escaliers, les jambes flageolantes, le cœur en miettes. Le salon est vide, silencieux, comme si la maison elle-même retenait son souffle. Je m’arrête au milieu de la pièce, les bras ballants, incapable de réfléchir. Tout est flou, irréel. Les murs, les meubles, les photos de nous accrochées au mur, tout me semble appartenir à une autre vie.La porte de la chambre s’ouvre à l’étage. Des pas résonnent dans le couloir, puis dans l’escalier. Je me retourne lentement. Léonel descend, les mains dans les poches, le visage fermé. Il s’arrête sur la dernière marche et me regarde. Un regard vide, presque étranger.Je rassemble ce qu’il me reste de dignité. Je redresse le dos, j’essuie mes joues du revers de la main, je plante mes yeux dans les siens.— Léonel, dis-je d’une voix que je veux ferme, mais qui tremble encore. Réponds-moi une dernière fois. Est-ce que tu m’aimes encore ?Il ne cille pas. Il soutient mon regard avec une froideur qui me glace.— Pour


















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