LOGINJade : Les filles, vous n'allez jamais croire ce qui m'arrive.
Inès : Si tu as épousé Blackwood pendant la nuit, je vais être très vexée de ne pas avoir été invitée.
Sofia : Attends, quoi ? Tu es où ?
Je pris une inspiration avant de leur raconter la soirée, l'intervention d'Alexander, le trajet jusqu'à sa maison et la proposition qu'il m'avait faite ce matin.
Les réponses arrivèrent presque immédiatement.
Inès : ATTENDS. Il t'a emmenée chez lui et maintenant il veut payer tes études ?
Sofia : Jade, tu es sérieuse ? Il ne t'a vraiment rien demandé ?
Jade : C'est justement ça le problème. Il ne veut rien. Enfin, il veut que je reprenne mes études, mais il ne me demande rien d'autre.
Inès : Ma belle, tu as tiré le jackpot.
Sofia : C'est peut-être une opportunité incroyable.
Inès : Peut-être ? Il est milliardaire, il est beau et il veut lui payer sa vie. Moi, je signe où ?
Je ris malgré moi.
Jade : Vous êtes inutiles.
Inès : Nous sommes réalistes.
Sofia : Je suis contente que tu sois en sécurité. Mais promets-nous de ne rien accepter avant d'être sûre de comprendre ce qu'il attend de toi.
Je fixai ce dernier message un instant avant de répondre.
Jade : C'est prévu.
Je reposai mon téléphone, mais mon sourire avait disparu.
Elles avaient raison sur un point : je devais rester prudente. J'avais beau vouloir croire que cette proposition pouvait me sortir de mes problèmes, je ne pouvais pas oublier que les hommes riches avaient souvent l'habitude d'obtenir ce qu'ils voulaient, d'une manière ou d'une autre.
Et Alexander Blackwood ne m'avait pas paru être un homme qui aimait perdre le contrôle.
Vers le milieu de l'après-midi, je décidai d'appeler Lila.
C'était elle qui m'avait parlé de la Maison des Roses, alors que je dormais encore dans un appartement partagé avec des personnes que je connaissais à peine. Elle avait vécu des choses difficiles elle aussi, mais elle avait réussi à trouver un homme qui l'entretenait depuis presque un an. Ils vivaient ensemble dans un appartement luxueux, voyageaient régulièrement et, à en juger par les photos qu'elle publiait sur les réseaux sociaux, elle semblait mener exactement la vie dont j'avais toujours rêvé.
Lila avait toujours été prudente avec moi. Elle m'avait expliqué les règles du foyer, les attentes des hommes et les risques que je devais connaître avant de prendre une décision. Elle ne m'avait jamais promis que tout se passerait bien, mais elle m'avait dit que certaines femmes parvenaient à construire des arrangements satisfaisants.
Lorsqu'elle décrocha, j'entendis de la musique en arrière-plan.
— Jade ? Ça va ?
— Oui. Enfin, je crois. J'ai besoin de te raconter quelque chose.
Son ton changea immédiatement.
— Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je lui expliquai la soirée, l'incident avec Richard, puis la proposition d'Alexander. Je lui racontai comment je m'étais réveillée dans sa maison, comment il m'avait expliqué les conditions et comment il m'avait donné jusqu'à vingt heures pour prendre une décision.
Lila resta silencieuse quelques secondes.
— Attends, il veut vraiment te payer tes études ?
— Oui.
— Et il ne veut pas coucher avec toi ?
— C'est ce qu'il m'a dit.
— C'est bizarre.
Je me redressai dans mon fauteuil.
— Merci. C'est exactement ce que je me tue à expliquer depuis ce matin.
— Non, Jade, écoute-moi. Je ne dis pas que c'est forcément mauvais. Mais c'est étrange qu'un homme comme lui te propose autant de choses sans rien demander de concret en échange. Tu le connais à peine.
Je regardai autour de moi, vers les fenêtres immenses, les meubles élégants et le jardin parfaitement entretenu.
— Je sais.
— Et tu ne sais pas ce qu'il attend de toi à long terme. Il peut très bien être sincère, mais tu dois garder à l'esprit que tu ne sais rien de lui. Tu m'as dit qu'il était discret sur sa vie privée ?
— Complètement. On dirait qu'il n'existe pas en dehors de son entreprise.
— Alors sois prudente.
Je soupirai.
— Lila, je sais que tu veux m'aider, mais tu vis avec un homme qui t'offre tout ce que tu veux. Tu voyages, tu portes des vêtements qui coûtent probablement plus cher que mon loyer et tu passes ton temps à publier des photos de restaurants où je n'oserais même pas entrer. Tu ne peux pas me dire que ce genre de vie ne te plaît pas.
Elle rit doucement.
— Je n'ai jamais dit le contraire. J'aime ma vie, Jade. Je suis heureuse avec lui, et je ne vais pas prétendre que l'argent ne change rien. Mais je sais aussi ce que je fais et quelles sont mes limites. Je peux te parler de mon expérience, pas te garantir que la tienne sera identique.
Je ne répondis pas immédiatement.
— Parfois, reprit-elle, ce qui ressemble au plus beau cadeau du monde peut devenir une prison. Et ce qui paraît trop beau pour être vrai peut finir par te coûter beaucoup plus que tu ne l'imaginais.
Je sentis une irritation familière monter en moi.
Pas contre elle, exactement. Plutôt contre cette prudence qui semblait toujours venir compliquer les choses au moment où une porte s'ouvrait enfin devant moi.
— Et si je refuse, je fais quoi ? Je retourne à la Maison des Roses, j'attends qu'un autre homme veuille bien me choisir et je recommence tout à zéro ?
— Je ne te demande pas de refuser. Je te demande de réfléchir.
— Je réfléchis.
— Alors réfléchis encore un peu.
Je laissai échapper un soupir.
— Tu es pénible.
— Je sais. C'est pour ça que tu m'aimes.
Elle me fit promettre de lui donner des nouvelles le lendemain, puis nous raccrochâmes.
Je restai un moment à fixer mon téléphone.
Lila avait peut-être raison. Je ne connaissais pas Alexander, et je ne pouvais pas savoir si sa proposition cachait quelque chose de dangereux. Mais je ne pouvais pas non plus ignorer ce qu'il m'offrait.
Une chance de reprendre mes études.
Un endroit où vivre.
De l'argent pour ne plus avoir à compter chaque centime.
Une possibilité de construire quelque chose qui m'appartiendrait.
Je n'avais jamais eu autant de possibilités devant moi.
Et je commençais à me demander si ma méfiance ne risquait pas de me faire passer à côté de la seule occasion que j'aurais.
Le reste de l'après-midi passa plus lentement que je ne l'aurais imaginé.
Margaret m'apporta un déjeuner, puis me demanda si je souhaitais quelque chose d'autre. Je répondis que non, même si j'aurais volontiers accepté de lui poser une centaine de questions sur Alexander. Elle semblait pourtant déterminée à ne rien révéler de sa vie privée, se contentant de répondre avec politesse lorsqu'une question concernait la maison.
Je finis par retourner dans la bibliothèque, où je passai près d'une heure à feuilleter des livres que je n'avais pas lus depuis des années. Certains me rappelaient des cours que j'avais abandonnés trop tôt, d'autres me donnaient envie de découvrir des domaines auxquels je n'avais jamais pensé.
Je me surpris même à consulter les programmes de plusieurs école sur mon téléphone.
C'était ridicule.
Je n'avais pas encore accepté son offre, et j'étais déjà en train d'imaginer ce que je pourrais étudier.
Je refermai le dernier livre et retournai dans le salon, où je m'installai sur le canapé avec un verre d'eau.
À mesure que l'heure approchait, mes arguments se succédaient dans ma tête.
Je pouvais refuser et retourner à la Maison des Roses, continuer à chercher un homme qui accepterait de m'entretenir, sans savoir si je tomberais sur quelqu'un de correct ou sur un autre Richard.
Je pouvais aussi accepter, profiter de ce qu'Alexander me proposait et voir comment les choses évoluaient.
Il avait été clair : je pouvais partir si je le souhaitais.
Qu'est-ce qui m'empêchait de le faire ?
Je n'avais pas l'intention de lui abandonner ma liberté. Je n'avais pas l'intention de devenir dépendante de lui au point de ne plus pouvoir m'en aller. Et si je découvrais qu'il était dangereux, je partirais.
Cette fois, je ferais les choses différemment.
Je garderais mon téléphone, mes papiers et un peu d'argent de côté. Je ne lui donnerais pas accès à tous mes comptes. Je ne lui raconterais pas toute ma vie dès le premier jour. Je fixerais mes propres limites.
Je pouvais accepter une opportunité sans lui offrir ma confiance aveuglément.
Du moins, c'est ce que je me répétai jusqu'à ce que l'horloge du salon affiche dix-neuf heures cinquante-neuf.
J'étais toujours en pyjama, les jambes repliées sous moi, lorsqu'un bruit de moteur se fit entendre derrière les fenêtres.
Je me redressai immédiatement.
Quelques secondes plus tard, la porte d'entrée s'ouvrit et Alexander apparut dans le hall. Il avait retiré sa veste de costume et portait sa chemise blanche, les manches de nouveau retroussées jusqu'aux avant-bras. Il échangea quelques mots avec Margaret, posa ses clés sur une console et consulta sa montre avant de rejoindre le salon.
Il s'arrêta devant moi.
— Vingt heures pile.
Je levai les yeux vers lui.
— Vous aimez toujours autant être ponctuel ?
— Cela dépend des circonstances.
Il retira sa montre et la posa sur la table basse avant de s'asseoir dans le fauteuil en face du canapé.
— Alors, Jade, quelle est votre décision ?
Je le regardai quelques secondes, consciente que ma réponse pouvait changer le cours de ma vie.
Je n'étais pas certaine de lui faire confiance.
Je n'étais même pas certaine de croire à son offre.
Mais, pour une fois, j'avais envie de prendre le risque de découvrir ce qui se passerait si je cessais de fuir toutes les portes qui s'ouvraient devant moi.
Je me redressai sur le canapé et soutins son regard.
— J'accepte.
— Pour l’instant, oui.— Pour l’instant ?— Je préfère garder une petite marge de manœuvre. On ne sait jamais.Il sembla apprécier ma réponse, ou du moins elle ne lui déplut pas assez pour qu’il la conteste.— Vous avez raison sur un point, reprit-il. Une occasion de ce genre ne se présentera probablement pas tous les jours.— C’est précisément ce que je me suis dit. Je ne suis pas assez riche pour laisser passer une opportunité pareille uniquement parce que j’ai peur de ce qu’elle pourrait devenir.Je m’interrompis, puis ajoutai en le regardant droit dans les yeux :— Et puis, j’ai le droit de changer d’avis, non ?— Bien entendu.Je le regardai encore quelques secondes, tentant de déterminer ce qui se cachait derrière son calme imperturbable. Il m’avait proposé une vie dont je n’aurais même pas osé rêver quelques semaines plus tôt, et pourtant, je peinais toujours à comprendre ce qu’il pouvait bien y trouver, lui.— Il y a tout de même une chose que j’aimerais éclaircir, dis-je.Ale
Alexander releva les yeux vers moi, comme s’il n’avait pas été certain d’avoir bien entendu. Assis dans le salon, il avait posé sa veste sur le dossier d’un fauteuil et desserré légèrement le col de sa chemise. Malgré l’heure tardive, il conservait cette allure impeccable qui semblait faire partie de lui, comme si le moindre détail de son apparence répondait à une règle que lui seul connaissait.— Vous acceptez ?Je retins un sourire. Il fallait croire que, pour une fois, j’avais réussi à le surprendre.— Vous avez parfaitement entendu. J’accepte votre proposition.Il resta silencieux quelques secondes, ses yeux sombres fixés sur mon visage, comme s’il cherchait à déceler une hésitation que j’aurais oublié de dissimuler. Je soutins son regard sans ciller. Si je devais vivre sous le toit de cet homme, autant prendre l’habitude de ne pas baisser les yeux chaque fois qu’il me regardait comme s’il pouvait lire jusqu’à mes pensées.— Je suis curieux, finit-il par dire. Qu’est-ce qui vous
Jade : Les filles, vous n'allez jamais croire ce qui m'arrive.Inès : Si tu as épousé Blackwood pendant la nuit, je vais être très vexée de ne pas avoir été invitée.Sofia : Attends, quoi ? Tu es où ?Je pris une inspiration avant de leur raconter la soirée, l'intervention d'Alexander, le trajet jusqu'à sa maison et la proposition qu'il m'avait faite ce matin.Les réponses arrivèrent presque immédiatement.Inès : ATTENDS. Il t'a emmenée chez lui et maintenant il veut payer tes études ?Sofia : Jade, tu es sérieuse ? Il ne t'a vraiment rien demandé ?Jade : C'est justement ça le problème. Il ne veut rien. Enfin, il veut que je reprenne mes études, mais il ne me demande rien d'autre.Inès : Ma belle, tu as tiré le jackpot.Sofia : C'est peut-être une opportunité incroyable.Inès : Peut-être ? Il est milliardaire, il est beau et il veut lui payer sa vie. Moi, je signe où ?Je ris malgré moi.Jade : Vous êtes inutiles.Inès : Nous sommes réalistes.Sofia : Je suis contente que tu sois en
Je clignai des yeux.— Quoi ?— Une maison confortable, un compte suffisamment approvisionné pour que vous n'ayez plus à vous inquiéter de vos dépenses courantes, la possibilité de reprendre vos études et le temps nécessaire pour décider de ce que vous voulez faire de votre avenir.Je le regardai sans comprendre.— Vous êtes sérieux ?— Parfaitement.— Pourquoi ?— Comme ..... Disons que vous etes tomber sur le jackpot . Je partis d'un rire incrédule.— C'est votre explication ?— Oui.....pourquoi vous ne me croyez pas ? Je passai une main sur mon visage, essayant de comprendre à quel moment la situation avait cessé d'avoir le moindre sens.— Attendez. Vous êtes en train de me dire que vous voulez m'offrir une maison de l'argent et la possibilité de reprendre mes études, tout ça parce que je vous ai parlé pendant cinq minutes dans un club ?— Je ne vous ai pas tout a fait dit ça j'ai plutot dit que vous pourrez rester ici .— Ah mas oui ! pardon. Ça change absolument tout !!!Il
La première chose que je remarquai en montant dans la voiture, c'était l'odeur du cuir.Un cuir propre, discret, mélangé à un parfum boisé qui me rappelait celui d'Alexander. Tout dans cette voiture respirait l'argent, depuis les sièges impeccables jusqu'aux finitions sombres du tableau de bord, en passant par le silence presque irréel de l'habitacle. Je m'installai sur la banquette arrière en prenant soin de ne pas abîmer davantage ma robe, puis ramenai la veste sur mes épaules. Elle était beaucoup trop grande pour moi et sentait son propriétaire, ce qui me parut étrangement déplacé compte tenu des circonstances.Alexander s'assit à côté de moi et donna une adresse au chauffeur.Je regardai par la vitre tandis que la voiture s'éloignait du club, emportant avec elle les lumières dorées, les basses et cette atmosphère artificielle dans laquelle j'avais passé les dernières heures à prétendre que tout allait bien. Mon reflet flottait sur la vitre teintée, le maquillage légèrement estompé
— Vous êtes ravissante, dit-il en s'arrêtant à ma hauteur.Je lui adressai le sourire que j'avais appris à utiliser dans ce genre de situation.— C'est gentil.— Je m'appelle Richard. Et vous ?— Jade.Il prit ma main sans me demander la permission et y déposa un baiser qui me donna immédiatement envie de la retirer.— Enchanté, Jade.Je récupérai mes doigts avec un sourire qui, je l'espérais, paraissait naturel.— Moi aussi.Il me posa quelques questions sur mon âge, mes études et mon séjour à la Maison des Roses. Je répondis avec prudence, évitant les détails qui auraient pu lui donner l'impression qu'il avait déjà accès à ma vie. Il semblait pourtant satisfait de la conversation et, au bout de quelques minutes, me proposa de lui montrer un salon privé où nous pourrions nous entendre sans avoir besoin de crier par-dessus la musique.Je refusai poliment.Il insista.Je refusai de nouveau.Son sourire se figea légèrement.— Allons, Jade. Je ne vais pas vous manger.J'aurais voulu lui







