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Chapitre 7

Autor: Anatory
last update Data de publicação: 2026-10-19 23:42:50

Je clignai des yeux.

— Quoi ?

— Une maison confortable, un compte suffisamment approvisionné pour que vous n'ayez plus à vous inquiéter de vos dépenses courantes, la possibilité de reprendre vos études et le temps nécessaire pour décider de ce que vous voulez faire de votre avenir.

Je le regardai sans comprendre.

— Vous êtes sérieux ?

— Parfaitement.

— Pourquoi ?

—  Comme ..... Disons que vous etes tomber sur le jackpot . 

Je partis d'un rire incrédule.

— C'est votre explication ?

—  Oui.....pourquoi vous ne me croyez pas ? 

Je passai une main sur mon visage, essayant de comprendre à quel moment la situation avait cessé d'avoir le moindre sens.

— Attendez. Vous êtes en train de me dire que vous voulez m'offrir une maison de l'argent et la possibilité de reprendre mes études, tout ça parce que je vous ai parlé pendant cinq minutes dans un club ?

— Je ne vous ai pas  tout a fait dit ça j'ai plutot dit que  vous pourrez rester ici .

— Ah mas oui ! pardon. Ça change absolument tout !!!

Il ignora mon sarcasme.

— Vous auriez également une allocation mensuelle et la possibilité de suivre les études de votre choix, à condition que vous vous engagiez réellement dans cette voie.

Je le fixai, puis éclatai d'un rire qui me parut aussi nerveux qu'incontrôlable.

— Les études ?

— Oui.

— Vous vous moquez de moi ?

— Non.

— Vous savez au moins à qui vous parlez ?

Il ne répondit pas.

Je fis quelques pas dans le salon, incapable de rester immobile. J'avais l'impression qu'il me tendait quelque chose de si énorme que je ne pouvais pas le regarder sans chercher le piège caché derrière.

— Vous  me proposer une vie de luxe, de reprendre mes études et de ne plus avoir à me soucier de l'argent, poursuivis-je, tout ça sans rien demander en retour ?

— Je n'ai pas dit sans rien demander en retour.

Je m'arrêtai net.

Voilà.

Je le savais.

Je me retournai vers lui avec un sourire amer.

— Ah ! Nous y sommes.

— Je vous demande de reprendre vos études si vous le souhaitez réellement et de respecter quelques règles de vie commune. Je ne vous demande pas de coucher avec moi.

Je restai silencieuse.

Il avait prononcé cette dernière phrase sans la moindre gêne, comme s'il s'agissait d'une simple précision contractuelle.

— Vous ne voulez pas que je couche avec vous ?

— Non.

— Pourtant, vous fréquentez un établissement où les hommes viennent précisément pour trouver des femmes avec lesquelles ils peuvent conclure ce genre d'arrangement.

— Je connais parfaitement le fonctionnement de la Maison des Roses.

— Alors vous comprenez pourquoi je trouve ça bizarre.

— Je comprends surtout que vous avez du mal à croire qu'un homme puisse vous offrir quelque chose sans exiger de votre corps qu'il le rembourse.

La phrase me frappa plus fort que je ne l'aurais voulu.

Je sentis mon expression se fermer.

— Vous ne me connaissez pas.

— C'est vrai.

— Alors ne faites pas semblant de savoir ce que je pense.

— Je ne prétends pas savoir ce que vous pensez, Jade. Je vous dis simplement ce que j'ai observé.

Je détournai les yeux, furieuse de ne pas réussir à trouver une réponse assez mordante pour effacer l'inconfort qu'il venait de provoquer.

— Et si je refuse ?

— Vous repartez.

Je le regardai de nouveau.

— C'est tout ?

— C'est tout.

— Vous ne me devez rien, et je ne vous dois rien ?

— Exactement.

Je laissai échapper un rire bref.

— Vous êtes complètement fou.

— C'est possible.

Je le regardai longuement.

Je ne comprenais pas cet homme.

Je ne comprenais pas pourquoi il m'avait choisie, pourquoi il semblait aussi déterminé à me proposer quelque chose que je n'avais même pas osé demander, ni pourquoi il prenait la peine de préciser que je pouvais refuser.

Tout cela me paraissait trop beau pour être vrai.

Et dans mon expérience, les choses trop belles pour être vraies finissaient généralement par vous coûter bien plus cher que prévu.

— Mon offre a une date d'expiration, ajouta-t-il.

Je haussai les sourcils.

— Pardon ?

— Je ne vais pas rester ici toute la journée à essayer de vous convaincre. J'ai une réunion dans moins d'une heure. Je vous laisse le temps de réfléchir, de prendre votre petit-déjeuner et de découvrir la maison si vous le souhaitez. Je reviendrai à vingt heures. Vous me donnerez votre réponse à ce moment-là.

Je le fixai, bouche entrouverte.

— Vous me donnez une journée pour décider si j'accepte de vivre avec vous ?

— C'est exactement ce que je viens de dire.

— Vous êtes sérieux.

— Je le suis toujours.

Je secouai la tête, incapable de croire que cette conversation était réellement en train d'avoir lieu.

— Vous savez quoi ? Je ne sais pas ce que vous essayez de faire, mais je ne suis pas stupide. Je sais très bien que personne ne donne autant d'argent sans raison. Alors si vous avez une idée derrière la tête, vous feriez mieux de me la dire maintenant.

Alexander se leva.

Il était encore plus impressionnant debout, et je détestai le fait de devoir lever légèrement le menton pour soutenir son regard.

— Je vous ai exposé mes conditions. Vous êtes libre de les accepter ou de les refuser. Je ne vais pas vous forcer à prendre une décision.

Il consulta sa montre, récupéra sa veste posée sur le dossier d'un fauteuil et se dirigea vers la sortie du salon.

— Margaret vous apportera de quoi manger. Si vous avez besoin de quelque chose, vous pouvez lui demander.

Il s'arrêta à la porte et se tourna une dernière fois vers moi.

— Vingt heures, Jade.

Puis il partit.

Je restai plantée au milieu du salon, les bras ballants, avec l'impression qu'un homme venait de me proposer de changer de vie comme on propose un café à une collègue.

Et le pire, c'est qu'une partie de moi était déjà en train d'y réfléchir.


Margaret apparut quelques minutes plus tard avec un plateau sur lequel étaient disposés une tasse de thé, un verre d'eau et plusieurs tranches de pain grillé accompagnées de confiture.

— Monsieur Blackwood m'a demandé de veiller à ce que vous soyez à l'aise, mademoiselle. Souhaitez-vous autre chose ?

Je la regardai, encore perturbée par la conversation que je venais d'avoir.

— Un café, peut-être.

— Bien sûr. Vous préférez du lait ?

— Oui, merci.

Elle me sourit poliment avant de se diriger vers la cuisine.

Je m'installai à la table basse et attrapai une tranche de pain grillé. Je n'avais pas conscience d'avoir faim jusqu'à ce que je commence à manger. Mon estomac protesta presque immédiatement, et je dus me retenir de dévorer le reste du plateau comme si je n'avais pas mangé depuis trois jours.

La vérité, c'est que je ne savais pas quand j'aurais l'occasion de prendre un autre repas aussi copieux.

Je terminai mon petit-déjeuner, bus mon café et finis par me lever pour explorer la maison.

Je n'avais pas l'intention de rester enfermée dans le salon toute la journée à attendre qu'Alexander revienne. Si je devais prendre une décision aussi importante, autant savoir exactement dans quoi je mettais les pieds.

La maison était immense.

Au rez-de-chaussée, je découvris un salon principal, une salle à manger pouvant accueillir une douzaine de personnes, une cuisine équipée de tout ce qu'on pouvait imaginer et un bureau dont les murs étaient couverts de livres et de dossiers soigneusement classés. Une porte vitrée donnait sur une terrasse donnant elle-même sur un jardin entretenu à la perfection.

À l'étage, plusieurs chambres disposaient de leur propre salle de bains. Certaines semblaient inutilisées depuis longtemps, tandis que d'autres étaient aménagées avec une simplicité presque impersonnelle. Je passai devant une pièce transformée en salle de sport, une autre qui ressemblait à un petit cinéma privé et un espace de travail rempli d'écrans et de matériel informatique.

Je finis par m'arrêter devant une grande bibliothèque.

Des livres occupaient les étagères du sol au plafond, classés par thème et par auteur. Certains semblaient avoir été lus des dizaines de fois, leurs couvertures légèrement usées, tandis que d'autres étaient encore impeccables.

Je me demandai si Alexander lisait réellement tous ces livres ou s'il les avait achetés pour donner à sa maison un air plus intellectuel.

Puis je me rappelai son offre.

Reprendre mes études.

Je passai les doigts sur le dos d'un ouvrage consacré à la psychologie avant de le remettre à sa place.

J'avais quitté l'école trop tôt. À l'époque, j'avais pensé que ce n'était qu'une étape de plus dont je devais me débarrasser pour être enfin libre. Je n'avais pas compris que cette liberté aurait un prix, et que l'absence de diplôme rendrait chaque emploi plus difficile à décrocher.

Je m'étais souvent demandé ce que j'aurais pu devenir si les choses s'étaient passées autrement.

Je repoussai cette pensée.

Ce n'était pas le moment de se laisser attendrir par une proposition qui pouvait très bien cacher quelque chose de beaucoup moins généreux.

Je redescendis au rez-de-chaussée, récupérai mon téléphone et m'installai dans un fauteuil du salon.

La première chose que je fis fut de chercher Alexander Blackwood sur Internet.

J'avais déjà effectué quelques recherches avant la soirée, mais je m'étais contentée du strict nécessaire : son âge, le nom de son entreprise et quelques articles mentionnant ses investissements. Cette fois, je voulais en savoir davantage.

Les résultats apparurent les uns après les autres.

Alexander Blackwood était le fondateur et le principal dirigeant d'un groupe d'investissement présent dans plusieurs pays. Il possédait des parts dans des entreprises immobilières, des sociétés technologiques et différents fonds financiers. Son nom apparaissait dans des articles économiques, des interviews professionnelles et quelques dossiers consacrés aux hommes d'affaires les plus influents de sa génération.

Je restai bouche bée devant certains chiffres.

— Mais putain…

Je fis défiler les pages, cherchant des informations plus personnelles. Je trouvai quelques photographies prises lors de galas de charité, des événements professionnels et des conférences, mais presque rien concernant sa vie privée.

Pas de compte I*******m personnel.

Pas de photos de vacances en famille.

Pas de femme mentionnée dans les articles.

Pas d'enfants.

Pas même une rumeur sentimentale suffisamment crédible pour me permettre de comprendre quel genre de vie il menait en dehors de son travail.

Cet homme semblait avoir organisé son existence de manière à ce que personne ne puisse y entrer sans son autorisation.

Ce qui, évidemment, ne fit qu'accroître ma méfiance.

Je fermai quelques onglets et ouvris notre conversation de groupe avec Inès et Sofia.

 

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