تسجيل الدخول— Vous êtes ravissante, dit-il en s'arrêtant à ma hauteur.
Je lui adressai le sourire que j'avais appris à utiliser dans ce genre de situation.
— C'est gentil.
— Je m'appelle Richard. Et vous ?
— Jade.
Il prit ma main sans me demander la permission et y déposa un baiser qui me donna immédiatement envie de la retirer.
— Enchanté, Jade.
Je récupérai mes doigts avec un sourire qui, je l'espérais, paraissait naturel.
— Moi aussi.
Il me posa quelques questions sur mon âge, mes études et mon séjour à la Maison des Roses. Je répondis avec prudence, évitant les détails qui auraient pu lui donner l'impression qu'il avait déjà accès à ma vie. Il semblait pourtant satisfait de la conversation et, au bout de quelques minutes, me proposa de lui montrer un salon privé où nous pourrions nous entendre sans avoir besoin de crier par-dessus la musique.
Je refusai poliment.
Il insista.
Je refusai de nouveau.
Son sourire se figea légèrement.
— Allons, Jade. Je ne vais pas vous manger.
J'aurais voulu lui répondre que je n'en étais pas certaine, mais je me contentai de secouer la tête.
— Je préfère rester ici.
Son expression changea, et je compris que ma réponse ne lui plaisait pas. Il posa une main dans mon dos, juste au-dessus de ma taille, et m'incita à avancer.
Je me dégageai.
— J'ai dit non.
Il me regarda comme si je venais de l'insulter.
— Ne faites pas de scène.
Puis il attrapa mon poignet.
Tout se passa très vite. Je lui demandai de me lâcher, il resserra sa prise et m'entraîna vers un couloir latéral avant que j'aie eu le temps de comprendre comment il avait réussi à m'éloigner de mes amies. Je tentai de me dégager, mais il était plus fort que moi et semblait parfaitement conscient du fait que personne, dans cette salle, n'avait envie de se mêler de ses affaires.
Nous franchîmes une porte et nous retrouvâmes dans un petit salon privé, éclairé par une lampe posée sur une table basse. La musique y était plus étouffée, les murs recouverts d'un tissu sombre qui absorbait les sons.
Richard referma la porte derrière nous.
— Vous allez vous calmer, maintenant, dit-il d'un ton qui n'avait plus rien d'aimable.
Je tirai sur mon poignet.
— Lâchez-moi.
— Je vous ai offert un verre, je vous ai consacré mon temps et je vous ai proposé un arrangement intéressant. Vous pourriez au moins vous montrer un peu reconnaissante.
Je sentis mon ventre se nouer.
Je connaissais ce ton. Cette manière de transformer un geste banal en une dette que l'autre serait censé rembourser.
— Je ne vous dois rien.
Il eut un rire sec.
— Vous êtes toutes pareilles. Vous voulez qu'on s'occupe de vous, mais dès qu'il faut faire un effort…
Il me poussa vers le canapé. Je trébuchai contre l'accoudoir et me rattrapai de justesse, le cœur battant si fort que j'avais du mal à entendre ce qu'il disait. Lorsqu'il s'approcha de nouveau, je tentai de passer à côté de lui, mais il me barra le chemin.
— Arrêtez ! lançai-je en essayant de repousser son bras.
Il saisit le tissu de ma robe et tira dessus. La couture céda dans un bruit sec qui me fit sursauter. Je portai instinctivement les mains à mon décolleté, tandis qu'il se rapprochait encore, son visage déformé par une irritation qui n'avait plus rien à voir avec la séduction.
— Vous allez arrêter de jouer à la petite princesse, oui ?
Je n'arrivais plus à réfléchir correctement.
La pièce me sembla soudain trop petite, l'air trop lourd, et le bruit de la musique derrière la porte s'éloigna comme si quelqu'un venait de m'enfermer sous l'eau. Je savais que je devais me défendre, crier, faire quelque chose, mais mon corps ne répondait plus comme je le voulais.
Une vieille peur, enfouie depuis des années, remontait à la surface.
Je détestais cette sensation. Je détestais cette incapacité à réagir, cette impression d'être de nouveau prisonnière d'un endroit dont je ne pouvais pas sortir.
Richard tendit la main vers moi.
— Ne bougez pas.
La porte s'ouvrit brusquement.
— Qu'est-ce que vous foutez ?
La voix était froide, basse, mais elle traversa la pièce avec une autorité qui fit immédiatement tourner la tête de Richard.
Alexander se tenait dans l'encadrement de la porte.
Je ne l'avais pas entendu arriver. Je ne savais pas depuis combien de temps il se trouvait dans le couloir ni ce qu'il avait vu avant d'entrer. Son regard passa de Richard à ma robe déchirée, puis s'arrêta sur ma main crispée contre mon décolleté.
Son expression changea.
Ce fut presque imperceptible, mais je le vis serrer la mâchoire avant de reporter son attention sur l'homme qui me faisait face.
— Éloignez-vous d'elle.
Richard lâcha un rire incrédule.
— Mais ..vous ets qui ? Ça... ne vous regarde pas....
Alexander entra dans la pièce et referma la porte derrière lui.
— Je ne vais pas vous le répéter.
— Elle est avec moi......Demandez à Vivienne si vous ne me croyez pas.
— Je me fiche de ce que Vivienne vous a dit
Richard hésita une fraction de seconde.
Ce fut suffisant.
Alexander s'approcha, sans hausser la voix ni faire le moindre geste brusque.
— Sortez.
— Vous ne pouvez pas débarquer ici et…
— Sortez.
Cette fois, Richard recula. Il marmonna quelque chose que je ne compris pas, ajusta sa veste et quitta la pièce en lançant un dernier regard furieux dans ma direction.
La porte se referma derrière lui.
Je restai immobile, les doigts serrés sur le tissu abîmé de ma robe, incapable de décider si je devais remercier Alexander ou m'éloigner de lui à mon tour.
Il me regarda quelques secondes, puis retira sa veste et me la tendit.
— Mettez ça.
Je baissai les yeux vers le vêtement avant de le prendre d'une main tremblante. La veste était encore chaude. Je l'enfilai sans chercher à la fermer, puis remontai les manches qui dépassaient de mes poignets.
Alexander attendit que je sois couverte avant de reprendre la parole.
— Venez avec moi.
Je relevai brusquement la tête.
— Quoi ?
Je ne savais même pas quoi répondre. Quelques minutes plus tôt, je cherchais un moyen d'attirer son attention, et maintenant il se tenait devant moi, me proposant de quitter la soirée avec lui comme si la décision avait déjà été prise.
Une partie de moi voulait demander pourquoi. Une autre se demandait ce qu'il attendait en échange.
Parce que les hommes ne faisaient pas ce genre de choses gratuitement.
Pas dans mon monde.
— Je ne comprends pas, murmurai-je.
— Prenez vos affaires .
Je finis par hocher la tête.
Je ne savais pas pourquoi j'acceptais. Peut-être parce que je ne voulais pas rester une minute de plus dans cette pièce. Peut-être parce que je n'avais aucune envie de retourner auprès des hommes qui m'avaient vue disparaître sans intervenir. Ou peut-être parce que, malgré tout ce que je savais des hommes et de leurs promesses, j'avais besoin de croire que cette fois, quelque chose pouvait se passer autrement.
Alexander ouvrit la porte et me laissa sortir devant lui.
Lorsque nous rejoignîmes la salle principale, les conversations semblaient continuer comme si rien ne s'était passé. Une danseuse tournait autour de la barre, des hommes riaient près du bar et plusieurs résidentes discutaient avec des invités.
Je cherchai immédiatement Inès et Sofia du regard.
Je les aperçus près d'une banquette, toutes deux figées en nous voyant arriver. Inès fit un mouvement pour venir vers moi, mais je lui adressai un signe discret de la tête, incapable de lui expliquer ce qui venait de se passer.
Plus loin, Vivienne se tenait près de l'entrée.
Elle nous regarda approcher, et je vis son expression changer lorsqu'elle remarqua la veste d'Alexander sur mes épaules. Son regard passa de lui à moi, puis revint sur son visage comme si elle cherchait à comprendre ce qui avait bien pu se produire dans l'intervalle.
Pour la première fois depuis mon arrivée à la Maison des Roses, Vivienne Moreau semblait ne pas savoir quoi dire.
Alexander ne lui accorda qu'un bref regard.
— Je l'emmène avec moi.
Ce n'était pas une question.
Vivienne ouvrit la bouche, puis la referma. Elle finit par incliner légèrement la tête, sans chercher à nous retenir.
Je me retournai une dernière fois vers mes amies. Inès me regardait avec une inquiétude que je n'avais encore jamais vue sur son visage, tandis que Sofia semblait partagée entre l'envie de me suivre et celle de me faire confiance.
Je leur adressai un petit sourire, même si je n'étais pas certaine qu'il soit convaincant.
Puis je franchis les portes du club aux côtés d'Alexander Blackwood.
L'air frais de la nuit me fit frissonner. Un homme attendait près d'une berline noire garée devant l'entrée, et lorsque nous nous approchâmes, il ouvrit immédiatement la portière arrière.
Alexander me fit signe de monter.
— Pour l’instant, oui.— Pour l’instant ?— Je préfère garder une petite marge de manœuvre. On ne sait jamais.Il sembla apprécier ma réponse, ou du moins elle ne lui déplut pas assez pour qu’il la conteste.— Vous avez raison sur un point, reprit-il. Une occasion de ce genre ne se présentera probablement pas tous les jours.— C’est précisément ce que je me suis dit. Je ne suis pas assez riche pour laisser passer une opportunité pareille uniquement parce que j’ai peur de ce qu’elle pourrait devenir.Je m’interrompis, puis ajoutai en le regardant droit dans les yeux :— Et puis, j’ai le droit de changer d’avis, non ?— Bien entendu.Je le regardai encore quelques secondes, tentant de déterminer ce qui se cachait derrière son calme imperturbable. Il m’avait proposé une vie dont je n’aurais même pas osé rêver quelques semaines plus tôt, et pourtant, je peinais toujours à comprendre ce qu’il pouvait bien y trouver, lui.— Il y a tout de même une chose que j’aimerais éclaircir, dis-je.Ale
Alexander releva les yeux vers moi, comme s’il n’avait pas été certain d’avoir bien entendu. Assis dans le salon, il avait posé sa veste sur le dossier d’un fauteuil et desserré légèrement le col de sa chemise. Malgré l’heure tardive, il conservait cette allure impeccable qui semblait faire partie de lui, comme si le moindre détail de son apparence répondait à une règle que lui seul connaissait.— Vous acceptez ?Je retins un sourire. Il fallait croire que, pour une fois, j’avais réussi à le surprendre.— Vous avez parfaitement entendu. J’accepte votre proposition.Il resta silencieux quelques secondes, ses yeux sombres fixés sur mon visage, comme s’il cherchait à déceler une hésitation que j’aurais oublié de dissimuler. Je soutins son regard sans ciller. Si je devais vivre sous le toit de cet homme, autant prendre l’habitude de ne pas baisser les yeux chaque fois qu’il me regardait comme s’il pouvait lire jusqu’à mes pensées.— Je suis curieux, finit-il par dire. Qu’est-ce qui vous
Jade : Les filles, vous n'allez jamais croire ce qui m'arrive.Inès : Si tu as épousé Blackwood pendant la nuit, je vais être très vexée de ne pas avoir été invitée.Sofia : Attends, quoi ? Tu es où ?Je pris une inspiration avant de leur raconter la soirée, l'intervention d'Alexander, le trajet jusqu'à sa maison et la proposition qu'il m'avait faite ce matin.Les réponses arrivèrent presque immédiatement.Inès : ATTENDS. Il t'a emmenée chez lui et maintenant il veut payer tes études ?Sofia : Jade, tu es sérieuse ? Il ne t'a vraiment rien demandé ?Jade : C'est justement ça le problème. Il ne veut rien. Enfin, il veut que je reprenne mes études, mais il ne me demande rien d'autre.Inès : Ma belle, tu as tiré le jackpot.Sofia : C'est peut-être une opportunité incroyable.Inès : Peut-être ? Il est milliardaire, il est beau et il veut lui payer sa vie. Moi, je signe où ?Je ris malgré moi.Jade : Vous êtes inutiles.Inès : Nous sommes réalistes.Sofia : Je suis contente que tu sois en
Je clignai des yeux.— Quoi ?— Une maison confortable, un compte suffisamment approvisionné pour que vous n'ayez plus à vous inquiéter de vos dépenses courantes, la possibilité de reprendre vos études et le temps nécessaire pour décider de ce que vous voulez faire de votre avenir.Je le regardai sans comprendre.— Vous êtes sérieux ?— Parfaitement.— Pourquoi ?— Comme ..... Disons que vous etes tomber sur le jackpot . Je partis d'un rire incrédule.— C'est votre explication ?— Oui.....pourquoi vous ne me croyez pas ? Je passai une main sur mon visage, essayant de comprendre à quel moment la situation avait cessé d'avoir le moindre sens.— Attendez. Vous êtes en train de me dire que vous voulez m'offrir une maison de l'argent et la possibilité de reprendre mes études, tout ça parce que je vous ai parlé pendant cinq minutes dans un club ?— Je ne vous ai pas tout a fait dit ça j'ai plutot dit que vous pourrez rester ici .— Ah mas oui ! pardon. Ça change absolument tout !!!Il
La première chose que je remarquai en montant dans la voiture, c'était l'odeur du cuir.Un cuir propre, discret, mélangé à un parfum boisé qui me rappelait celui d'Alexander. Tout dans cette voiture respirait l'argent, depuis les sièges impeccables jusqu'aux finitions sombres du tableau de bord, en passant par le silence presque irréel de l'habitacle. Je m'installai sur la banquette arrière en prenant soin de ne pas abîmer davantage ma robe, puis ramenai la veste sur mes épaules. Elle était beaucoup trop grande pour moi et sentait son propriétaire, ce qui me parut étrangement déplacé compte tenu des circonstances.Alexander s'assit à côté de moi et donna une adresse au chauffeur.Je regardai par la vitre tandis que la voiture s'éloignait du club, emportant avec elle les lumières dorées, les basses et cette atmosphère artificielle dans laquelle j'avais passé les dernières heures à prétendre que tout allait bien. Mon reflet flottait sur la vitre teintée, le maquillage légèrement estompé
— Vous êtes ravissante, dit-il en s'arrêtant à ma hauteur.Je lui adressai le sourire que j'avais appris à utiliser dans ce genre de situation.— C'est gentil.— Je m'appelle Richard. Et vous ?— Jade.Il prit ma main sans me demander la permission et y déposa un baiser qui me donna immédiatement envie de la retirer.— Enchanté, Jade.Je récupérai mes doigts avec un sourire qui, je l'espérais, paraissait naturel.— Moi aussi.Il me posa quelques questions sur mon âge, mes études et mon séjour à la Maison des Roses. Je répondis avec prudence, évitant les détails qui auraient pu lui donner l'impression qu'il avait déjà accès à ma vie. Il semblait pourtant satisfait de la conversation et, au bout de quelques minutes, me proposa de lui montrer un salon privé où nous pourrions nous entendre sans avoir besoin de crier par-dessus la musique.Je refusai poliment.Il insista.Je refusai de nouveau.Son sourire se figea légèrement.— Allons, Jade. Je ne vais pas vous manger.J'aurais voulu lui







