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last update publish date: 2026-09-08 05:49:49

Le bip rythmé du moniteur médical fut le premier son qu'Audrey perçut, confirmant que son secret ne lui appartenait plus. En ouvrant les yeux, le plafond blanc de la clinique devint net, mais ce fut l'expression de ses parents qui la fit frémir. Nulle trace des reproches qu'elle redoutait, ni de la fureur d'avoir terni l'honneur familial ; au contraire, leurs visages rayaient d'une satisfaction presque obscène.

Audrey crut défaillir à nouveau face à un doute lancinant : Alessandro leur avait-il déjà révélé ce qui s'était passé à l'hôtel ? Savaient-ils que la preuve de sa sainteté avait voler en éclats et que sa grossesse était l'irréfutable témoignage de sa déchéance ?

— Que s'est-il passé ? — articula-t-elle la gorge sèche, guettant un signe de réprobation dans leurs yeux.

— Tu t'es évanouie, mais ton mari t'a amenée ici en personne, — répondit Eliot avec un sourire débordant d'une ambition renouvelée. — Et le plus beau, ma fille... c'est que le médecin nous a annoncé la nouvelle qui va nous sauver de la misère. Pourquoi ne nous as-tu pas dit que tu avais fréquénté Alessandro ?

La réalité la frappa avec la force d'un impact physique. L'évanouissement avait contraint les médecins à pratiquer des examens immédiats, et la vérité sur son état avait éclaté au grand jour devant les pires personnes possibles.

— Il est au courant ? — demanda-t-elle d'un filet de voix.

— Il sait. Et cela change la donne, — affirma son père, se frottant les mains. — Cet enfant est une assurance tous risques. Maintenant que tu attends un gosse de l'homme le plus puissant du pays, il ne pourra plus nous tourner le dos.

Audrey eut des hauts-le-cœur devant la froideur mercantile de son propre père. Mais avant qu'elle ne puisse répliquer, la porte s'ouvrit à volée. Alessandro Di' Giovanni fit irruption dans la chambre en irradiant une rage glaciale. Ses yeux, injectés d'une colère contenue, ignorèrent les Sullivan pour se planter en elle.

— Laissez-nous, — ordonna-t-il d'une voix sans appel.

Ses parents s'empressèrent de sortir avec un regard complice, convaincus que leur fortune était désormais assurée. Alessandro demeura planté là, observant Audrey comme s'il s'agissait d'une pièce à conviction dans un procès pour trahison.

— Si tu es venu me faire des reproches, crache ton venin une bonne fois pour toutes, — lâcha-t-elle, s'efforçant de retenir les tremblements de sa voix.

— Je suis venu empêcher que tu ne tentes de profiter de moi, — cracha-t-il en jetant une enveloppe avec mépris sur ses genoux. — Je sais que tu étais vierge quand nous avons couché ensemble. Tu as planifié cette grossesse pour me faire chanter, pour m'obliger à rétrocéder les actions de ton père en échange de ton silence.

— C'est faux ! — cria-t-elle, sentant la colère l'emporter sur la peur. — Je ne savais même pas qui tu étais !

Alessandro se pencha sur elle, envahissant son espace vital. L'effluve de son parfum éveilla le souvenir sensoriel de cette nuit-là, mais ses mots la ramenèrent brutalement à la réalité.

— Je ne serai pas la marionnette d'une Sullivan. Cet enfant est un Di' Giovanni, et je m'en occuperai puisqu'il est mon premier-né. Mais toi, tu ne fais pas partie de l'équation.

Il sortit un document de l'enveloppe dont le titre lui hurlait depuis la feuille : Accord de Renonciation et de Pension.

— Signe ça, — ordonna-t-il. — Tu renonceras à tous tes droits de mère dès la naissance du bébé. En échange, je t'accorde le divorce et tu disparaîtras de nos vies pour toujours. Si tu refuses, ton père dormira en prison dès demain matin pour fraude.

Alessandro tourna les talons et sortit sans se retourner. Audrey resta seule, serrant le papier contre sa poitrine tandis que les larmes coulaient. Pourtant, alors qu'elle se croyait tout à fait perdue, une infirmière s'empressa d'entrer et verrouilla la porte.

— Madame Di' Giovanni, pardonnez mon intrusion, — murmura la femme en lui tendant un second rapport médical qu'Alessandro n'avait pas vu. — Il y a un élément dans vos taux sanguins que le docteur n'a pas mentionné devant votre mari... quelque chose qui explique pourquoi votre corps a réagi ainsi lors de votre malaise.

Audrey ouvrit l'enveloppe d'une main tremblante. À la lecture de la première ligne des résultats complémentaires, sa respiration se rompit net. Le jeu d'Alessandro s'apprêtait à devenir bien plus dangereux.

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