LOGINChapitre 38
Damien
L'écran de la télévision est une fenêtre ouverte sur mon enfer, une lucarne qui donne sur le précipice où je suis en train de tomber, de rouler, de m'écraser, et je suis assis sur le canapé défoncé de cet appartement minable, une bouteille de whisky bon marché à la main, les yeux rivés sur cette image qui me brûle les rétines, qui
Chapitre 92AlexanderLa nuit est un abîme sans fond, un océan de ténèbres où seules brillent les étoiles froides et lointaines, indifférentes au drame qui se joue sur terre, et je suis tapi dans l'ombre des sapins, le corps plaqué contre le sol gelé, les yeux fixés sur la forteresse industrielle qui se dresse devant nous comme un monstre de béton et d'acier, ses fenêtres éclairées d'une lumière blafarde qui perce l'obscurité, ses murs hérissés de caméras, ses allées gardées par des silhouettes sombres qui patrouillent sans relâche. Le vent glacial siffle à travers les branches, soulevant des tourbillons de neige poudreuse qui dansent dans la nuit, et je sens le froid mordre mes os, engourdir mes doigts, ralentir mes pensées, mais je ne bouge pas, je ne tremble pas, je reste l&ag
Chapitre 91ElenaLa salle de commandement souterraine baigne dans la lueur bleutée des écrans tactiles, des cartes satellites et des plans d'architecture qui semblent flotter dans la pénombre comme des spectres lumineux, et je me tiens debout au centre de cette ruche technologique, les mains posées à plat sur la table de verre, le regard fixé sur la forteresse industrielle qui apparaît sur le moniteur principal, ce repaire des Ashford perdu au cœur des montagnes, cette citadelle de béton et d'acier qui abrite nos ennemis, leurs secrets, leurs armes, leurs complots. L'air est chargé d'une tension presque palpable, d'une électricité qui précède les grandes batailles, et je sens sur ma nuque le regard brûlant d'Alexander, ce regard gris où se mêlent l'admiration, l'inquiétude et une opposition farouche qu'il contient à grand-peine, qu'il retient par respect, par amour, mais qui menace de déborder à chaque instant. Dante se tient à ma droite, sa silhouette massive découpée par la lumière
Chapitre 90LucianLa musique est ma langue, mon arme, mon offrande, et c'est par elle que je vais contribuer à la lutte contre les Ashford, par elle que je vais lever des fonds, mobiliser les foules, toucher les cœurs et les consciences, et offrir à Elena, à la dynastie, au Conseil, les ressources dont ils ont besoin pour continuer la guerre, pour vaincre, pour triompher. Le concert de charité que j'organise est le plus grand, le plus ambitieux, le plus spectaculaire de toute ma carrière, et j'y ai convié les plus grands artistes du monde, des chanteurs, des musiciens, des orchestres entiers, qui ont accepté de venir, de jouer, de donner de leur temps et de leur talent, par amitié pour moi, par admiration pour Elena, par solidarité avec notre cause. Le parc de la résidence a été transformé en une immense scène en plein air, les pelouses c
Chapitre 89AdrianLa lumière des projecteurs balaie la scène du théâtre où se tient la conférence de presse, et je me tiens debout derrière le pupitre, le visage grave, les mains posées à plat sur le bois verni, les yeux parcourant cette foule de journalistes, de caméras, de micros tendus vers moi comme des armes ou des offrandes. Clara est au premier rang, son sourire doux et rassurant illuminant son visage, et derrière elle, je devine la présence de mes frères et sœurs du Conseil, d'Elena, d'Alexander, de tous ceux qui comptent sur moi, qui m'ont confié cette mission, qui attendent que je frappe, que je dénonce, que je détruise. Ma notoriété, cette notoriété que j'ai construite au fil des années, des films, des tapis rouges, des interviews, je vais aujourd'hui la mettre au service de la dy
Chapitre 88ElenaLa salle du Conseil est plongée dans une atmosphère de suspicion et de tension, les candélabres jetant sur les murs des ombres vacillantes qui semblent danser comme des spectres accusateurs, et je me tiens debout au bout de la longue table de chêne, les yeux fixés sur Kenji, sur cet homme que je croyais connaître, que je croyais fidèle, que je croyais loyal, et qui se tient maintenant devant moi, le visage pâle, les mains tremblantes, les yeux écarquillés d'incrédulité et de terreur. Zero est à mes côtés, sa tablette à la main, les preuves défilant sur l'écran, ces preuves accablantes qui semblent ne laisser aucun doute, aucune échappatoire, aucune possibilité d'innocence. Les autres membres du Conseil sont présents, leurs regards oscillant entre la stupeur, la col&egra
Chapitre 87ZeroLa nuit est mon royaume, comme toujours, et dans ce royaume d'ombre et de silence, je règne en maître absolu, les doigts dansant sur le clavier, les yeux parcourant les écrans qui affichent des flux de données en temps réel, des schémas de connexions, des cartes de relations qui se tissent et se détissent sous mon regard comme des toiles d'araignée. La cave voûtée qui me sert de sanctuaire ronronne doucement, bercée par le bourdonnement des serveurs, par le cliquetis des disques durs, par le souffle régulier des systèmes de refroidissement, et dans cette pénombre familière, je poursuis ma traque, ma mission, mon obsession : infiltrer le réseau Ashford, percer leurs secrets, débusquer leurs faiblesses, et découvrir qui, parmi nous, les renseigne, les informe, les protège.Depu
Chapitre 5 ElenaMadame Courbet habitait autrefois l'appartement mitoyen du nôtre, au-dessus de la boulangerie, et elle était la seule à glisser des chocolats sous la porte les jours de fête, la seule à s'asseoir près de moi quand ma mère toussait trop fort et que mon père faisait les cent pas dan
Chapitre 4 ElenaJe suis née dans un appartement minuscule au-dessus d'une boulangerie, et les premières choses que mes yeux ont vues étaient la farine qui dansait dans les rais de lumière et les mains calleuses de ma mère qui pétrissaient la pâte avant l'aube.Mes parents n'avaient rien, ni fortu
Chapitre 3 DamienLa porte claque derrière elle avec un bruit mat qui résonne dans le hall, et je reste là, debout au milieu du salon, le téléphone à la main, sans même me souvenir de ce que je disais à ma mère il y a encore une seconde.Le silence retombe, lourd, étouffant, seulement troublé par
Chapitre 2 ElenaL'argent est resté sur la table, éparpillé comme les débris de ma vie, et je ne l'ai même pas regardé en passant devant pour monter dans ce qui était encore ce matin ma chambre conjugale.Les murs sont tapissés de souvenirs qui se moquent de moi : la photo de notre mariage sur la







