LOGINChapitre 51
Adrian
Le taxi me dépose devant les grilles de la résidence, et je reste un long moment immobile, ma valise à la main, les yeux fixés sur cette demeure que j'ai quittée il y a des mois, rongé par la jalousie, dévoré par la douleur, incapable de supporter la vue du bonheur d'Elena et d'Alexander, incapable d'accepter que la femme que j'aimais appartenait à un autre
Chapitre 96AlexanderLe bureau de la résidence est transformé en quartier général de guerre, les cartes déployées sur la table massive, les téléphones sonnant sans discontinuer, les écrans affichant en temps réel les mouvements des capitaux, les remous des marchés, les déclarations des politiques, et je me tiens debout devant la baie vitrée, les mains croisées derrière le dos, le regard perdu sur les jardins obscurs, l'esprit en ébullition, le cœur lourd de tout ce qui est en jeu, de tout ce que nous devons protéger, de tout ce que nous devons détruire. La peur d'Elena, ces larmes qu'elle a versées, cette douleur qui l'a traversée quand Liam est parti, tout cela brûle en moi comme un fer rouge, et je me jure, je me jure sur mon honneur, sur ma vie, sur mon âme, que je ne laisserai pas
Chapitre 95ElenaLa peur est une bête vivante qui m'habite, qui me ronge, qui me dévore, une bête aux griffes de glace qui s'enfonce dans mon ventre, dans ma poitrine, dans ma gorge, et je me tiens debout dans le grand salon de la résidence, le message des Ashford entre les mains, ce message qui est un couperet, un arrêt de mort, une sentence suspendue au-dessus de la tête de mon fils, de mon petit garçon, de mon trésor le plus précieux. Les mots dansent devant mes yeux, se brouillent, se mélangent, et je dois m'appuyer contre le dossier d'un fauteuil pour ne pas m'effondrer, pour ne pas hurler, pour ne pas me briser en mille morceaux. Alexander est à mes côtés, sa main posée sur mon épaule, sa chaleur un réconfort dérisoire face à l'immensité de cette menace, et je sens son corps tendu, ses muscles noués, s
Chapitre 94Les AshfordLa salle du conseil des Ashford est une vaste pièce souterraine creusée dans la roche, éclairée par des candélabres de fer forgé dont les flammes vacillantes projettent sur les murs de pierre des ombres mouvantes, des ombres qui semblent ramper, se tordre, se dévorer entre elles, à l'image des âmes damnées qui se réunissent autour de cette table de granit noir. Le chef de famille, Alistair Ashford, est assis dans un fauteuil massif, taillé comme un trône, ses doigts longs et osseux tapotant lentement le bois sombre, son visage étroit éclairé par la lueur des bougies, ses yeux d'un bleu si pâle qu'ils en paraissent presque incolores, presque morts, fixés sur les documents qui s'étalent devant lui, sur les rapports de ses espions, sur les photos de la résidence Voss, sur le visage d'El
Chapitre 93ElenaLe retour vers la résidence est une traversée des ténèbres, une course folle dans la nuit glacée, les pneus crissant sur la neige, les phares trouant l'obscurité, et je reste blottie contre Alexander, recroquevillée sur la banquette arrière du véhicule blindé, le corps tremblant, les dents serrées, les yeux grands ouverts sur le paysage qui défile, sur les sapins qui se découpent comme des spectres, sur la lune qui nous poursuit derrière les nuages. L'adrénaline retombe lentement, laissant place à une fatigue écrasante, à une peur rétrospective, à un soulagement immense qui me submerge par vagues, qui me fait trembler, qui me fait pleurer en silence, les larmes gelant presque sur mes joues. Alexander me serre contre lui, sa main caressant mes cheveux, sa bouche posée sur mon fron
Chapitre 92AlexanderLa nuit est un abîme sans fond, un océan de ténèbres où seules brillent les étoiles froides et lointaines, indifférentes au drame qui se joue sur terre, et je suis tapi dans l'ombre des sapins, le corps plaqué contre le sol gelé, les yeux fixés sur la forteresse industrielle qui se dresse devant nous comme un monstre de béton et d'acier, ses fenêtres éclairées d'une lumière blafarde qui perce l'obscurité, ses murs hérissés de caméras, ses allées gardées par des silhouettes sombres qui patrouillent sans relâche. Le vent glacial siffle à travers les branches, soulevant des tourbillons de neige poudreuse qui dansent dans la nuit, et je sens le froid mordre mes os, engourdir mes doigts, ralentir mes pensées, mais je ne bouge pas, je ne tremble pas, je reste l&ag
Chapitre 91ElenaLa salle de commandement souterraine baigne dans la lueur bleutée des écrans tactiles, des cartes satellites et des plans d'architecture qui semblent flotter dans la pénombre comme des spectres lumineux, et je me tiens debout au centre de cette ruche technologique, les mains posées à plat sur la table de verre, le regard fixé sur la forteresse industrielle qui apparaît sur le moniteur principal, ce repaire des Ashford perdu au cœur des montagnes, cette citadelle de béton et d'acier qui abrite nos ennemis, leurs secrets, leurs armes, leurs complots. L'air est chargé d'une tension presque palpable, d'une électricité qui précède les grandes batailles, et je sens sur ma nuque le regard brûlant d'Alexander, ce regard gris où se mêlent l'admiration, l'inquiétude et une opposition farouche qu'il contient à grand-peine, qu'il retient par respect, par amour, mais qui menace de déborder à chaque instant. Dante se tient à ma droite, sa silhouette massive découpée par la lumière
Chapitre 8ElenaLa douleur est un éclair blanc qui déchire le bas de mon ventre, une déflagration si violente que je tombe à genoux sur le carrelage glacé avant même de comprendre ce qui m’arrive, et le bruit de mes rotules frappant les tomettes disjointes se mêle au fracas de la boîte de thé qui
Chapitre 7DamienLe silence de mon bureau est un mensonge. Dehors, le vent agite les branches des cyprès, les roses blanches ploient sous le poids du crépuscule, et je devrais me sentir en paix, je devrais savourer la satisfaction d’avoir accompli ce que l’on attendait de moi, mais il y a ce poids
Chapitre 6 ElenaLe kiosque à journaux se dresse au coin de la rue comme un monument de papier, et c'est en passant devant pour me rendre à mon troisième entretien de la matinée que je vois mon visage s'étaler en première page d'un magazine à scandale.Je m'arrête net, les jambes coupées, la respi
Chapitre 5 ElenaMadame Courbet habitait autrefois l'appartement mitoyen du nôtre, au-dessus de la boulangerie, et elle était la seule à glisser des chocolats sous la porte les jours de fête, la seule à s'asseoir près de moi quand ma mère toussait trop fort et que mon père faisait les cent pas dan







