LOGINElle pensait simplement avoir un nouveau voisin. Lui ne pensait pas tomber sous son charme. Entre eux, l’attirance devient rapidement impossible à cacher. Chaque rencontre fait monter la tension, chaque regard devient une provocation et, malgré leurs bonnes résolutions, ils finissent par franchir une limite qu’ils auraient dû respecter. Mais leur histoire se complique lorsqu’une personne de leur entourage découvre leur secret. Sa meilleure amie, celle en qui elle avait une confiance absolue, commence à se rapprocher du voisin dans son dos. Pendant ce temps, le meilleur ami du jeune homme connaît une vérité qui pourrait détruire leur relation. Mensonges, jalousie, trahison, désir, rivalités et sentiments de plus en plus forts vont transformer leur aventure en un véritable piège. Car parfois, le plus dangereux n’est pas de tomber amoureux de la mauvaise personne… mais de découvrir que ceux qui nous entourent sont prêts à tout pour nous séparer.
View MoreCHAPITRE 1 : LE DÉMÉNAGEMENT
Le soleil de fin d'après-midi peignait la rue d'une lumière dorée et paresseuse quand Emma sortit de l'épicerie du coin, les bras chargés de sacs en papier brun. La chaleur était encore lourde, cette chaleur particulière des débuts d'été qui colle à la peau et ralentit les pas. Elle remonta la petite rue pavée de son quartier, saluant d'un hochement de tête le boulanger qui rangeait ses étalages, et s'arrêta un instant pour respirer. Elle adorait cette rue, ses immeubles anciens aux façades de pierre ocre, ses platanes centenaires qui projetaient des ombres dansantes sur le trottoir. C'était son refuge, son petit coin de Paris où elle pouvait se sentir chez elle.
— Emma ! Emma, ma chérie, viens m'aider, je t'en supplie !
La voix chevrotante de Miss Gertrude s'éleva depuis le perron de l'immeuble voisin. La vieille dame, une petite silhouette frêle aux cheveux blancs impeccablement coiffés, s'agitait devant une montagne de cartons qui obstruait son entrée. Elle tenait un vase en cristal entre ses mains tremblantes et semblait sur le point de le laisser tomber à tout moment.
— Miss Gertrude, qu'est-ce que vous faites ? s'exclama Emma en déposant ses sacs sur le bord du trottoir. Vous savez bien que vous n'avez pas à porter tout ça toute seule !
Elle s'approcha rapidement et prit délicatement le vase des mains de sa voisine. La vieille dame poussa un soupir de soulagement et s'essuya le front avec un mouchoir en dentelle.
— Oh, ma chère Emma, tu es un ange. Ce sont les déménageurs, tu vois, ils ont laissé les cartons dans le hall. Je ne pouvais pas les laisser là, c'est une question de principe ! Et puis, j'ai pensé que tu pourrais peut-être...
— Vous pensiez que je pourrais vous aider à les monter ? coupa Emma en souriant. Bien sûr, Miss Gertrude. Vous n'aviez qu'à m'appeler.
Elle jeta un coup d'œil aux cartons. Il y en avait au moins une dizaine, empilés pêle-mêle devant la porte de l'immeuble. Certains étaient marqués d'inscriptions à la craie : "Livres", "Vaisselle", "Souvenirs". Emma fronça les sourcils.
— Mais attendez, vous ne m'aviez pas dit que vous déménagiez ?
Miss Gertrude eut un rire léger, presque gêné.
— Ce n'est pas moi qui déménage, ma chérie. C'est le nouveau locataire du troisième. Un jeune homme, très charmant, paraît-il. Il a emménagé ce matin, mais il n'avait personne pour l'aider. Alors j'ai proposé mon aide, et il m'a confié quelques cartons. Il doit être en train de monter les meubles.
Emma hocha la tête, intriguée. Le troisième étage était resté vide depuis plus de six mois, après le départ de la famille Martin. Elle s'était parfois demandé qui viendrait s'y installer.
— Un nouveau voisin, dit-elle, plus pour elle-même que pour Miss Gertrude. Eh bien, il faut lui souhaiter la bienvenue, alors.
Elle se pencha pour attraper le premier carton, mais avant qu'elle ait pu le soulever, une ombre se dressa devant elle. Une ombre grande, large, qui masqua le soleil et projeta une silhouette puissante sur le trottoir.
— Laissez-moi faire.
La voix était grave, chaude, avec un léger accent qui semblait flotter entre deux mondes. Emma releva la tête et ses yeux rencontrèrent ceux d'un homme. Un homme qu'elle n'avait jamais vu.
Il était grand, très grand, avec une carrure athlétique qui remplissait l'espace autour d'elle. Ses épaules larges étaient couvertes d'un simple t-shirt blanc légèrement ajusté, qui laissait deviner des bras musclés, des avant-bras où courait une fine cicatrice qu'on devinait ancienne. Ses cheveux, d'un noir profond et légèrement crépus, étaient coupés courts sur les côtés et plus longs sur le dessus, comme s'il s'était coiffé à la va-vite après une journée de travail. Mais ce qui captura immédiatement l'attention d'Emma, c'étaient ses yeux. Des yeux sombres, d'un brun presque noir, mais traversés d'éclats ambrés qui dansaient dans la lumière de l'après-midi. Ils étaient perçants, et pourtant, il y avait quelque chose de doux dans leur expression, quelque chose qui la déstabilisa instantanément.
Il la regarda, un sourire aux lèvres, et pendant une seconde, Emma oublia de respirer.
— Je suis désolé, dit-il en s'approchant. J'aurais dû être là pour aider Miss Gertrude. Elle est si généreuse, elle a insisté pour porter des cartons alors que ce n'était pas nécessaire.
Il attrapa deux cartons d'une seule main et les souleva comme s'ils ne pesaient rien. Ses biceps se tendirent sous le tissu du t-shirt, et Emma détourna les yeux, gênée d'avoir remarqué.
— Vous êtes le nouveau locataire ? demanda-t-elle, s'efforçant de retrouver une voix normale.
— Jaylen, répondit-il en tendant une main libre. Jaylen Evans. Et oui, je viens d'arriver. Enfin, je dis "arriver", mais je passe mes journées à transporter des cartons, donc je ne suis pas sûr d'être vraiment installé.
Il rit, un rire franc et chaleureux qui fit vibrer quelque chose dans la poitrine d'Emma. Elle serra sa main dans la sienne. Sa paume était large, chaude, ses doigts fermes mais pas trop forts. Un peintre, se dit-elle. Ou un musicien. Ses doigts étaient ceux d'un artiste.
— Emma, dit-elle en répondant à son sourire. Je vis au deuxième étage, juste en dessous de vous. Et je vous en prie, si vous avez besoin d'aide pour quoi que ce soit...
— Vous venez de m'offrir votre aide alors que je ne vous ai même pas demandé, la coupa-t-il en riant. Ça promet pour le voisinage !
Elle rit à son tour, surprise par la facilité avec laquelle la conversation s'engageait. D'habitude, elle était plutôt réservée avec les inconnus, mais avec lui, les mots venaient naturellement, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps.
— C'est un principe chez moi, dit-elle. Ici, on s'entraide. Miss Gertrude m'a appris ça. Elle veille sur tout l'immeuble comme une mère poule.
Miss Gertrude, qui était restée en retrait, s'approcha et tapota le bras de Jaylen avec affection.
— Ce jeune homme est un amour, Emma. Il m'a offert du thé tout à l'heure, et il a même proposé de réparer ma porte d'entrée qui grince. Un vrai gentleman, je te dis !
Jaylen rougit légèrement, ce qui le rendit encore plus humain aux yeux d'Emma. Il avait l'air si sûr de lui, si imposant, et pourtant ce petit signe de gêne le rendait accessible, presque vulnérable.
— Ce n'était rien, Miss Gertrude. Juste un peu de courtoisie.
— Eh bien, moi je trouve que c'est très rare, de nos jours, déclara la vieille dame avec un air solennel. Et puis, vous avez ces yeux... vous savez, ces yeux qui voient les gens. Je vois ça tout de suite, moi.
Jaylen éclata de rire de nouveau, mais cette fois, son regard se posa sur Emma avec une intensité qui lui fit battre le cœur plus vite. Il la regarda comme s'il la voyait vraiment, comme s'il lisait en elle des choses qu'elle-même ne savait pas.
— Vous avez des voisins formidables, mademoiselle Emma, dit-il doucement.
Elle sentit ses joues s'empourprer. Il y avait quelque chose dans sa voix, dans la manière dont il prononçait son nom, qui la faisait vaciller. Elle avait l'impression d'être sur le point de tomber sans savoir où elle allait atterrir.
— Bon, je vais prendre un autre carton, dit-elle pour cacher son trouble. Si vous voulez bien me montrer où les mettre.
Jaylen hocha la tête et la précéda dans l'immeuble. Emma le suivit, les yeux fixés sur sa large silhouette qui montait les escaliers avec une aisance déconcertante. Ses pas étaient silencieux sur les marches de pierre, comme s'il faisait partie intégrante du lieu. Au deuxième étage, il ralentit et se tourna vers elle.
— Vous êtes au deuxième, dites-vous ? Alors on va se croiser souvent dans les escaliers.
— Ou dans l'ascenseur, ajouta-t-elle, tentant de paraître désinvolte. À condition qu'il fonctionne. Il est capricieux, l'ascenseur.
Jaylen sourit, un sourire qui relevait le coin de ses lèvres et lui donnait un air espiègle.
— Alors je prierai pour qu'il tombe en panne, dit-il.
Emma ouvrit la bouche, mais aucun mot ne sortit. Il venait de lancer une phrase qui pouvait passer pour une plaisanterie, mais ses yeux disaient autre chose. Ils disaient qu'il la voulait dans son espace, qu'il brûlait d'envie de la revoir. Elle baissa les yeux, le souffle court.
Elle le suivit jusqu'au troisième étage, où l'appartement était grand ouvert. Des cartons s'alignaient dans le couloir, des meubles démontés étaient appuyés contre les murs. Il y avait des livres partout, des piles de livres qui débordaient des cartons et s'étalaient sur le sol. Un fouillis charmant, pensa-t-elle, une désorganisation qui ressemblait à une œuvre d'art.
Jaylen déposa les cartons qu'il portait et se tourna vers elle. Il lui prit le sien des mains avec une délicatesse surprenante, effleurant ses doigts dans le mouvement.
— Merci, Emma, dit-il, la regardant droit dans les yeux. Vraiment. J'étais venu ici avec l'idée de commencer une nouvelle vie, de faire des rencontres, et je tombe sur vous au premier jour. C'est une coïncidence, ou c'est le destin ?
Elle rit, un peu nerveuse, et s'écarta d'un pas.
— Je dirais que c'est Miss Gertrude qui a tout manigancé. Elle est experte en mise en relation.
— Alors je l'aimerai toute ma vie pour ça, murmura-t-il.
Un silence s'installa entre eux. Un silence chargé, électrique, qui faisait vibrer l'air comme avant un orage. Emma avait l'impression que tout son corps était en alerte, qu'elle percevait chaque détail de lui : son parfum boisé, le battement de ses cils, la manière dont sa pomme d'Adam remontait quand il avalait sa salive.
Elle eut soudain très chaud.
— Je, euh, je dois y aller, dit-elle en reculant vers la porte. Je repasserai plus tard pour voir si Miss Gertrude a besoin de quoi que ce soit.
— Emma.
Elle s'arrêta. La manière dont il avait prononcé son nom, à nouveau, lui fit l'effet d'une caresse.
— Vous m'avez dit que vous habitiez au deuxième ? J'ai besoin de brancher ma box internet, mais je ne sais pas où se trouve le boîtier central. Je pourrais passer vous demander ?
— Bien sûr, répondit-elle, trop vite. N'importe quand. Je suis souvent là.
Il hocha la tête, un sourire aux lèvres, et elle put jurer qu'elle voyait une lueur de triomphe dans ses yeux. Pas une lueur arrogante, mais une lueur heureuse, celle de quelqu'un qui venait de trouver ce qu'il cherchait sans même le savoir.
Emma descendit les escaliers en flottant. Ses jambes étaient légères, sa tête vide de toute pensée rationnelle. Elle avait rencontré son nouveau voisin, et il s'appelait Jaylen, et il avait des yeux qui savaient tout voir, et une voix qui promettait des choses qu'elle n'osait pas encore nommer.
Elle rentra chez elle, referma la porte derrière elle, et s'appuya contre le battant. Son cœur battait trop vite, sa respiration était saccadée. Elle fixa le plafond, là où se trouvait l'appartement de Jaylen, et sentit un frisson parcourir son échine.
Quelque chose venait de commencer. Quelque chose d'inattendu, d'incontrôlable. Elle le sentait au plus profond d'elle-même, comme une promesse dangereuse.
Son téléphone vibra sur la table de la cuisine. Un message de Julie : "Alors, tu as vu le nouveau ? On dit qu'il est canon !! 😏" Emma lut le message, sourit, mais ne répondit pas immédiatement. Elle leva de nouveau les yeux vers le plafond, écoutant les bruits sourds des pas de Jaylen qui arpentait son nouveau chez lui.
Un nouveau voisin.
Un nouveau regard.
Un nouveau commencement.
Elle ne savait pas encore que ce commencement la mènerait dans un labyrinthe de mensonges, de désir et de trahison. Elle ne savait pas que Julie, sa meilleure amie, convoiterait le même homme. Elle ne savait pas que les secrets de Jaylen, ceux qu'il portait comme des cicatrices, menaçaient de tous les détruire.
Mais pour l'instant, elle se contenta de sourire, le cœur battant, et d'attendre.
Car elle savait, au plus profond d'elle-même, qu'elle le reverrait. Bientôt. Et que rien, plus rien, ne serait jamais comme avant.
CHAPITRE 10 : LA PROMESSELe lendemain du passage de Malik, Emma se réveilla avec une boule au ventre qui ne voulait pas disparaître. Les paroles de l'ami de Jaylen résonnaient encore dans sa tête comme un avertissement : "Les secrets, ça finit toujours par se savoir. Et quand ça arrive, les dégâts sont souvent irréparables." Elle savait qu'il avait raison. Elle savait que ce qu'ils faisaient était dangereux, que chaque jour qui passait les enfonçait un peu plus dans un labyrinthe de mensonges dont ils ne trouveraient peut-être jamais la sortie.Mais elle ne pouvait pas s'arrêter. Pas maintenant. Pas quand elle avait goûté au bonheur d'être avec Jaylen.Elle passa la matinée à errer dans son appartement, incapable de se concentrer sur quoi que ce soit. Elle rangea des livres, les remit en désordre, prépara un café qu'elle oublia de boire. Son esprit tournait en boucle, cherchant une solution qui n'existait pas.Son téléphone vibra. Un message de Jaylen."Je dois te voir. Ce soir. On a
CHAPITRE 9 : LE MEILLEUR AMIEmma passa la nuit à se retourner dans son lit, les yeux grands ouverts dans l'obscurité, les mots de Julie résonnant dans sa tête comme un écho douloureux. "Je suis amoureuse de Jaylen." Chaque fois qu'elle fermait les paupières, elle revoyait le visage rayonnant de sa meilleure amie, son sourire éclatant, sa joie sincère. Et chaque fois, son cœur se serrait un peu plus.Elle avait menti. Elle avait souri, félicité Julie, joué le rôle de la meilleure amie compréhensive et enthousiaste. Mais à l'intérieur, elle se sentait se briser en mille morceaux. Elle voulait hurler la vérité, lui dire que Jaylen était à elle, que leur histoire avait commencé bien avant ce fameux verre dans l'escalier. Mais elle ne pouvait pas. Elle avait promis à Jaylen de garder leur relation secrète, et elle avait trop peur de perdre Julie pour tout lui révéler.Le lendemain matin, elle se leva épuisée, les cernes sous les yeux plus profonds que jamais. Elle se prépara un café fort
CHAPITRE 8 : LE PREMIER MENSONGELes jours qui suivirent furent une succession de moments volés, de regards complices et de baisers cachés. Emma et Jaylen s'étaient trouvés un rythme, une danse secrète qui les faisait se croiser dans l'escalier, échanger des messages à toute heure, et se retrouver chaque soir dans l'appartement de l'un ou de l'autre. Leur relation était comme un jardin secret, un refuge où ils pouvaient être eux-mêmes, loin des regards et des jugements.Emma se sentait plus vivante que jamais. Chaque matin, elle se réveillait avec l'envie de voir Jaylen, de l'entendre, de le toucher. Chaque soirée passée avec lui était une aventure, une découverte. Ils parlaient pendant des heures, se racontaient leurs vies, leurs rêves, leurs peurs. Et quand ils ne parlaient pas, ils s'embrassaient, se touchaient, s'aimaient avec une passion qui les consumait.Mais ce bonheur avait un prix. Emma mentait. Elle mentait à Julie, à ses collègues, à tout le monde. Chaque fois qu'elle disa
CHAPITRE 7 : LA DÉCLARATION SILENCIEUSEEmma se réveilla le lendemain matin avec un sourire aux lèvres. Son corps était encore imprégné des souvenirs de la nuit précédente, les baisers de Jaylen, ses mains dans ses cheveux, sa voix grave qui murmurait son nom. Elle resta allongée un long moment, les yeux fixés au plafond, à revivre chaque instant comme un film qu'elle projetait en boucle dans sa tête.Elle ne voulait pas bouger, de peur que ce bonheur ne s'évanouisse comme un rêve. Mais la lumière du jour insistant à travers les rideaux la rappela à la réalité. Elle se leva, se prépara un café, et s'installa sur la terrasse pour profiter du soleil matinal.Son téléphone vibra sur la table basse. Un message de Jaylen."Bonjour, Emma. J'espère que tu as bien dormi. Je voulais te remercier pour cette soirée. Elle a été parfaite. Mais ce n'est pas fini, j'espère. Jaylen."Emma sentit son cœur s'emballer. Elle lui répondit immédiatement, les doigts fébriles sur l'écran."Bonjour. J'ai pass












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