Se connecterDeux jours après son réveil, Althea quitte enfin l’hôpital.Elle avance lentement, soutenue par une infirmière, parce que son corps est encore extrêmement faible et que le moindre effort lui demande beaucoup plus d’énergie qu’avant, mais malgré la fatigue qui marque son visage, elle ne peut s’empêcher de sourire en regardant l’extérieur. Après plusieurs semaines passées entre les murs blancs de l’hôpital, revoir le ciel lui donne une sensation étrange de liberté. Elle inspire profondément. — Ça fait du bien de sortir. Adrian, qui marche à côté d’elle, lui adresse un regard attentif. — Tu ne dois pas trop te fatiguer. — Je sais. — Et tu dois prendre tes médicaments aux heures indiquées. — Je sais. — Tu dois également éviter de porter des choses lourdes. Althea sourit. — Adrian. — Quoi ? — Tu ressembles à un médecin. Il fronce légèrement les sourcils. — Je suis sérieux. —Je sais. Elle sourit encore. — Et je trouve ça mignon. Adrian détourne légèrement le regard, incapa
Deux semaines se sont écoulées depuis l’opération.Deux semaines durant lesquelles Althea est restée plongée dans un sommeil profond, son corps luttant silencieusement pour récupérer après cette intervention qui aurait dû être beaucoup plus simple, mais qui avait failli lui coûter la vie, tandis qu’Adrian, malgré son propre état encore fragile, avait passé la plupart de ses journées à l’hôpital, refusant de s’éloigner trop longtemps de celle qui lui avait offert une partie de son foie. Ce matin-là, comme les jours précédents, il se trouve dans sa chambre lorsqu’une infirmière vient vérifier ses constantes. — Monsieur d’Arcy, vous devriez vous reposer davantage. Adrian lève à peine les yeux de son téléphone. — Comment va-t-elle ? L’infirmière comprend immédiatement de qui il parle. — Toujours inconsciente, mais son état est stable. Adrian acquiesce. Il entend cette réponse depuis quatorze jours. Son état est stable. Mais jamais personne ne lui dit quand elle ouvrira les yeux, A
Après plusieurs heures d’une lutte acharnée entre la vie et la mort, les portes du bloc opératoire s’ouvrent enfin, laissant apparaître une équipe médicale épuisée dont les visages fermés suffisent à faire comprendre que cette attente interminable n’était pas sans raison.Le médecin. Se dirigea vers la chambre de Adrian Adrian qui se redresse immédiatement malgré la douleur qui traverse encore son corps. — Docteur ! Le professeur Hayes retire lentement son masque avant de s’approcher.Pendant quelques secondes, il ne dit rien.Puis il finit par souffler : — Nous avons réussi à contrôler l’hémorragie. Adrian ferme les yeux, comme si ces quelques mots venaient de lui rendre momentanément l’air qu’il avait cessé de respirer. — Elle est vivante ? — Oui. Elle est vivante… Mais son état reste fragile et Elle est inconsciente — Althea… Aucune réaction. — Je peux la voir ? — Pas maintenant, répond le médecin. Vous êtes très faibles vous aussi, vous avez besoin de reps et elle aussi
Le jour de la greffe arrive beaucoup plus vite qu’Althea ne l’aurait imaginé. Depuis l’aube, elle est réveillée, allongée dans cette chambre d’hôpital où les murs blancs lui donnent l’impression d’être enfermée dans un endroit sans aucune émotion, les yeux fixés sur le plafond tandis que son cœur bat beaucoup trop rapidement à chaque fois qu’elle pense à ce qui l’attend quelques heures plus tard Elle a essayé de dormir. Elle n’y est pas parvenue.Elle a essayé de lire.Elle n’a pas réussi à retenir une seule phrase. Elle a même tenté de regarder son téléphone pour penser à autre chose, mais chaque notification lui rappelait simplement que sa vie était sur le point de basculer. Elle pose finalement l’appareil sur la table de chevet. — Tu es réveillée depuis longtemps ?Althea tourne la tête. Une infirmière vient d’entrer dans la chambre avec un sourire rassurant. — Quelques heures. — Tu es stressée ? Althea laisse échapper un petit rire nerveux. — Ça se voit tant que ça ? — U
Althea regrette presque immédiatement d’avoir accepté de venir chez Adrian. Depuis le départ de Nathalie, la veille, ses paroles n’ont cessé de tourner dans sa tête, revenant avec une insistance qu’elle ne parvient pas à faire taire, mais malgré cela, lorsqu’elle s’est réveillée ce matin-là, une seule envie a pris le dessus sur toutes les autres : voir Adrian avant son opération. Elle ne sait pas exactement pourquoi elle ressent ce besoin.Peut-être parce que l’intervention approche à une vitesse qui lui donne le vertige. Peut-être parce qu’elle sait qu’à partir de la semaine prochaine, leur vie à tous les deux risque de changer. Ou peut-être simplement parce qu’après avoir passé huit années à aimer Adrian en silence, elle veut profiter de chaque moment qu’elle peut encore passer près de lui. Elle arrive devant la demeure des d’Arcy en fin d’après-midi, descend de sa voiture et reste quelques secondes devant l’immense portail avant de prendre une profonde inspiration. Elle conna
Le lendemain matin, Althea se réveille avec une étrange sensation de calme, comme si la décision prise la veille avait finalement réussi à apaiser le tumulte qui agitait son esprit depuis qu’elle avait appris qu’Adrian était malade, mais lorsqu’elle se redresse dans son lit et que son regard tombe sur le dossier médical posé sur sa table de chevet, elle comprend immédiatement que rien n’est terminé et que, dans quelques jours seulement, elle devra entrer dans un bloc opératoire pour offrir une partie de son propre foie à l’homme qu’elle aime. Elle reste assise quelques instants, les jambes ramenées contre elle, puis attrape son téléphone. Une seule personne doit être au courant. Nathalie, Sa meilleure amie. La seule personne qui connaît toute l’histoire depuis le début, celle qui a vu Althea tomber amoureuse d’Adrian alors que personne ne comprenait ce qu’elle pouvait bien lui trouver, celle qui l’a accompagnée après chaque déception, chaque réception où Adrian était venu avec un







