Share

5

Author: dainamimboui
last update Petsa ng paglalathala: 2026-08-24 02:08:42

Le jour de la greffe arrive beaucoup plus vite qu’Althea ne l’aurait imaginé.

Depuis l’aube, elle est réveillée, allongée dans cette chambre d’hôpital où les murs blancs lui donnent l’impression d’être enfermée dans un endroit sans aucune émotion, les yeux fixés sur le plafond tandis que son cœur bat beaucoup trop rapidement à chaque fois qu’elle pense à ce qui l’attend quelques heures plus tard

Elle a essayé de dormir. Elle n’y est pas parvenue.

Elle a essayé de lire.Elle n’a pas réussi à retenir une seule phrase.

Elle a même tenté de regarder son téléphone pour penser à autre chose, mais chaque notification lui rappelait simplement que sa vie était sur le point de basculer.

Elle pose finalement l’appareil sur la table de chevet.

— Tu es réveillée depuis longtemps ?

Althea tourne la tête. Une infirmière vient d’entrer dans la chambre avec un sourire rassurant.

— Quelques heures.

— Tu es stressée ?

Althea laisse échapper un petit rire nerveux.

— Ça se voit tant que ça ?

— Un peu.

L’infirmière s’approche du lit et vérifie les différents paramètres avant de regarder Althea.

— Tout va bien pour le moment.

— J’ai peur.

Cette fois, son sourire disparaît légèrement.

— C’est normal.

— Et si quelque chose se passe mal ?

— Les médecins savent exactement ce qu’ils font.

Althea baisse les yeux.

— Je sais.

Mais savoir qu’une équipe médicale est compétente ne suffit pas à empêcher la peur de s’installer. Quelques minutes plus tard, le professeur Hayes entre dans la chambre avec plusieurs membres de l’équipe chirurgicale.

— Bonjour, Althea.

— Bonjour, docteur.

Il s’approche de son lit.

— Comment vous sentez-vous ?

— Terrifiée.

Le médecin sourit légèrement.

— C’est probablement la réponse la plus honnête que j’ai entendue aujourd’hui.

Althea sourit à son tour.

— Est-ce que tout va vraiment bien se passer ?

Le professeur Hayes prend quelques secondes avant de répondre.

— Nous avons préparé cette intervention avec énormément de soin, et toutes vos analyses sont bonnes. Vous êtes jeune, en bonne santé, et nous avons toutes les raisons de penser que l’opération se déroulera correctement.

— Vous me le promettez ?

— Je ne peux pas vous promettre qu’il n’y aura aucun imprévu, parce qu’aucune opération ne permet une telle garantie, mais je peux vous promettre que nous ferons tout ce qui est médicalement possible pour vous protéger.

Althea inspire profondément.

— D’accord.

— Et Adrian est prêt également.

Son cœur se serre.

— Je peux le voir ?

—Bien sûr.

Quelques minutes plus tard, Althea quitte sa chambre sur un fauteuil roulant et rejoint la partie du service où Adrian se trouve.Lorsqu’elle le voit, il est déjà en tenue chirurgicale, allongé sur son lit, et son visage semble plus pâle que d’habitude.

Il tourne la tête vers elle.

— Althea.

Elle sourit.

— Tu es encore là.

— Où veux-tu que j’aille ?

Elle rit doucement.

— Je ne sais pas.

Adrian la regarde longuement.

— Tu peux encore arrêter.

Elle secoue immédiatement la tête.

— Non.

— J’aurais préféré que tu me détestes plutôt que tu fasses ça.

Althea lui adresse un sourire.

— Alors tu vas devoir apprendre à supporter le fait que je suis têtue.

Adrian baisse les yeux.

— J’ai peur.

La confession surprend Althea.Elle tend la main vers lui.

— Moi aussi.

Il serre doucement ses doigts.

Pendant quelques secondes, ils restent ainsi, sans parler.

Puis un infirmier vient les prévenir qu’il est temps Ils doivent rejoindre leurs salles d’opération respectives.Althea lâche lentement la main d’Adrian.

— À tout à l’heure.

Il la regarde.

— Oui.

— Tu me dois un café quand tu seras réveillé.

Un sourire apparaît enfin sur son visage.

— D’accord.

— Et tu devras le boire avec moi.

— D’accord.

Elle sourit.

— Alors à tout à l’heure.

Les portes se referment derrière eux.

⸻

Les heures qui suivent semblent interminables.

Les équipes médicales travaillent sans relâche.

Dans deux salles différentes, deux opérations sont menées simultanément.

Le temps s’écoule.Une heure.Deux heures.

Trois heures.Puis quatre.Finalement, le professeur Hayes sort du bloc opératoire.

Le père d’Adrian, sa mère et plusieurs membres de la famille attendent dans le couloir.

— L’intervention s’est bien déroulée.

Un soupir collectif traverse le couloir.

— Adrian est stable, poursuit le médecin. La transplantation est réussie.

La mère d’Adrian porte immédiatement une main à sa bouche, les yeux remplis de larmes.Mais avant qu’elle puisse poser une autre question, le médecin ajoute :

— Cependant, nous avons un problème concernant Althea.

Le sourire disparaît des visages.

— Qu’est-ce qui se passe ? demande le père d’Adrian.

Le professeur Hayes devient plus grave.

— Elle a commencé à faire une hémorragie pendant l’intervention.

Le silence devient brutal.

— Une hémorragie ? répète la mère d’Adrian.

— Oui.

— Mais vous venez de dire que l’opération était réussie.

— La greffe est réussie, mais Althea présente maintenant une complication importante.

—Est-ce qu’elle va mourir ?

Le médecin ne répond pas immédiatement.

Cette fois, son silence suffit à faire comprendre la gravité de la situation.

— Nous faisons tout ce qui est possible pour contrôler l’hémorragie.

À l’intérieur du bloc, l’atmosphère est devenue extrêmement tendue.Les chirurgiens travaillent rapidement.

— La tension chute.

— Augmentez les transfusions.

— Elle continue de saigner.

— Vérifiez la source de l’hémorragie.

Les appareils médicaux émettent des alarmes régulières tandis que les médecins tentent de stabiliser son état.

— Nous la perdons.

— Pas question.

Le chirurgien principal se penche au-dessus d’elle.

— Continuez.

⸻

Pendant ce temps, Adrian se réveille en salle de récupération.La première chose qu’il fait est d’essayer de parler.

— Althea…

Une infirmière se penche vers lui.

— Ne bougez pas.

— Althea…

— Elle est encore au bloc.

Adrian ouvre difficilement les yeux.

— Pourquoi ?

L’infirmière hésite.

— Il y a eu une complication.

Son cœur accélère immédiatement.

— Qu’est-ce qui s’est passé ?

— Elle a fait une hémorragie.

Adrian tente de se redresser malgré la douleur.

— Je veux la voir.

— Monsieur d’Arcy, vous devez rester allongé.

— Je veux la voir !

Sa voix est faible, mais son regard exprime une panique que personne ne lui avait jamais vue.

— Elle m’a sauvé.

Il ferme les yeux.

— Elle m’a sauvé la vie…

Quelques instants plus tard, le professeur Hayes entre dans la salle. Adrian le regarde immédiatement.

— Docteur…

Le médecin s’approche.

— Adrian, vous devez vous reposer.

— Dites-moi qu’elle va bien.

Le professeur Hayes reste silencieux.

Adrian comprend.

— Non…

— Nous sommes toujours en train de la stabiliser.

— Est-ce qu’elle va mourir ?

Le médecin ne peut pas lui mentir.

— Son état est critique.

Adrian ferme les yeux, Une larme glisse lentement sur sa tempe.Pour la première fois depuis qu’il a appris qu’il allait mourir, il ne pense plus à sa propre vie.

Il pense à celle qui vient de risquer la sienne pour lui.Et tandis que les chirurgiens continuent de se battre pour sauver Althea, Adrian murmure d’une voix brisée :

— Elle n’avait pas le droit de mourir pour moi.

Patuloy na basahin ang aklat na ito nang libre
I-scan ang code upang i-download ang App

Pinakabagong kabanata

  • La femme qu’il a failli perdre    Chapitre 33

    Depuis quelques jours, Althea faisait des efforts pour reprendre le contrôle de sa vie. Elle avait compris qu’elle ne pouvait pas passer éternellement ses journées enfermée dans sa chambre à pleurer un homme qui, de son côté, semblait avoir déjà tourné la page, alors elle avait commencé par de petites choses, presque insignifiantes, mais qui représentaient pour elle un immense effort : elle se levait plus tôt, prenait une douche, coiffait ses cheveux, essayait de manger correctement et, surtout, elle sortait de sa chambre même lorsqu’elle n’en avait aucune envie. Nathalie était constamment présente, sans jamais lui mettre la pression. Elle l’accompagnait faire quelques courses, l’obligeait presque à sortir prendre l’air, lui parlait de choses banales et faisait volontairement tout pour que leurs conversations ne tournent pas systématiquement autour d’Adrian. Ce soir-là, Althea était installée dans le salon, une couverture légère sur les jambes et un verre de jus dans la main, tand

  • La femme qu’il a failli perdre    Chapitre 32

    Depuis qu’elle avait reçu les papiers du divorce, Althea avait l’impression que les journées n’avaient plus de sens. Elle se réveillait avec la même douleur qu’elle avait ressentie la veille, puis elle se rendormait parfois quelques heures pour se réveiller à nouveau avec cette même sensation de vide qui lui écrasait la poitrine, comme si son cœur refusait d’accepter ce que son esprit avait pourtant déjà compris. Elle avait perdu Adrian, Cette fois, elle ne pouvait plus se raconter d’histoire. Althea passait donc ses journées dans sa chambre, parfois assise sur son lit, parfois près de la fenêtre, parfois allongée sans même avoir la force de se lever, les yeux rouges et le visage marqué par les larmes. Elle ne mangeait presque plus. Nathalie essayait de lui faire avaler quelques bouchées, mais Althea repoussait souvent son assiette après quelques minutes. — Tu dois manger. — Je n’ai pas faim. — Althea… — Je n’ai vraiment pas faim. Nathalie finissait par se taire, Elle savait

  • La femme qu’il a failli perdre    Chapitre 31

    Althea était assise au bord de son lit, les jambes repliées contre elle, le regard perdu devant la fenêtre depuis plusieurs minutes, incapable de dire combien de temps exactement elle était restée ainsi, Depuis son départ de la maison d’Adrian, elle vivait dans une étrange attente.Elle ne l’avait dit à personne, pas même à Nathalie, mais au fond d’elle-même, malgré tout ce qu’elle avait découvert, malgré les photographies, malgré les paroles cruelles de sa mère et malgré cette alliance qu’elle avait laissée sur la table, une petite partie d’elle continuait à espérer. Elle espérait qu’Adrian viendrait, Elle imaginait parfois le bruit d’une voiture devant la maison, puis des pas dans le couloir, avant de voir apparaître Adrian devant sa porte, le visage fermé par le regret, mais les yeux remplis de cette sincérité qu’elle avait tellement cherchée chez lui. Elle imaginait qu’il lui dirait qu’il avait fait une erreur, Qu’il lui expliquerait tout, Qu’il lui demanderait de revenir. Et s

  • La femme qu’il a failli perdre    Chapitre 30

    Nathalie arriva chez Althea en fin d’après-midi, après avoir reçu un simple message lui demandant de venir, un message si court et si différent de ceux que son amie lui envoyait habituellement qu’elle avait immédiatement compris que quelque chose de grave s’était produit, Lorsqu’Althea ouvrit la porte, Nathalie resta quelques secondes sans parler. Elle avait devant elle la même femme qu’elle connaissait depuis des années, mais quelque chose dans son visage avait changé, quelque chose de presque imperceptible pour quelqu’un qui ne la connaissait pas suffisamment, mais que Nathalie remarqua immédiatement. Ses yeux étaient gonflés, Ses lèvres tremblaient légèrement Et surtout, elle avait cette expression vide que Nathalie avait déjà vue chez des personnes qui avaient tellement pleuré qu’elles n’avaient plus la force de verser une seule larme. — Althea… Nathalie entra sans même attendre qu’elle l’y invite davantage, posa son sac sur une chaise et prit immédiatement son amie dans ses b

  • La femme qu’il a failli perdre    29

    Althea monta dans sa chambre sans dire un seul mot puis referma doucement la porte derrière elle, puis resta quelques secondes immobile, le dos contre le battant, les yeux fixés sur le vide, comme si son corps était arrivé dans cette pièce avant que son esprit ne soit capable de suivre. Tout lui semblait étrangement calme, Le lit était parfaitement fait, Sur la table de nuit se trouvait encore le petit vase qu’elle avait acheté pendant leur voyage, celui qu’elle avait choisi parce qu’Adrian avait prétendu qu’il irait parfaitement avec leur chambre. Sur une chaise reposait la veste qu’il avait portée quelques jours auparavant. Et sur la commode, plusieurs photographies de leur voyage étaient posées dans un petit cadreAlthea s’approcha, Elle prit le cadre entre ses mains, Sur la photographie, elle souriait contre Adrian, Elle se souvenait exactement de ce moment. Elle se souvenait de ce qu’elle avait ressenti. Elle avait cru être heureuse, Elle avait cru qu’après tout ce qu’elle a

  • La femme qu’il a failli perdre    28

    Lorsque la porte d’entrée s’ouvrit enfin, il était presque vingt-deux heures, Althea était assise dans le salon depuis plus d’une heure, immobile, les mains croisées sur ses genoux, tandis que son téléphone reposait sur la table basse, l’écran éteint après avoir affiché pendant des heures les photographies qui avaient détruit en quelques minutes la paix qu’elle croyait avoir retrouvée.Elle avait pleuré, Puis elle avait cessé de pleurer.Pas parce que la douleur avait disparu, mais parce qu’une étrange fatigue avait fini par remplacer ses larmes, une fatigue profonde qui lui donnait l’impression d’avoir vécu plusieurs années en une seule journée. Lorsqu’Adrian entra dans le salon, il retira tranquillement sa veste, posa ses clés sur le meuble et leva les yeux vers elle. — Tu ne dors pas encore ? Althea le regarda — J’attendais que tu rentres. Adrian s’immobilisa légèrement. — Il y a un problème ? Elle eut un petit rire sans joie. — C’est justement ce que j’aimerais savoir. Il

Higit pang Kabanata
Galugarin at basahin ang magagandang nobela
Libreng basahin ang magagandang nobela sa GoodNovel app. I-download ang mga librong gusto mo at basahin kahit saan at anumang oras.
Libreng basahin ang mga aklat sa app
I-scan ang code para mabasa sa App
DMCA.com Protection Status