Mag-log inDepuis quelques jours, Althea faisait des efforts pour reprendre le contrôle de sa vie. Elle avait compris qu’elle ne pouvait pas passer éternellement ses journées enfermée dans sa chambre à pleurer un homme qui, de son côté, semblait avoir déjà tourné la page, alors elle avait commencé par de petites choses, presque insignifiantes, mais qui représentaient pour elle un immense effort : elle se levait plus tôt, prenait une douche, coiffait ses cheveux, essayait de manger correctement et, surtout, elle sortait de sa chambre même lorsqu’elle n’en avait aucune envie. Nathalie était constamment présente, sans jamais lui mettre la pression. Elle l’accompagnait faire quelques courses, l’obligeait presque à sortir prendre l’air, lui parlait de choses banales et faisait volontairement tout pour que leurs conversations ne tournent pas systématiquement autour d’Adrian. Ce soir-là, Althea était installée dans le salon, une couverture légère sur les jambes et un verre de jus dans la main, tand
Depuis qu’elle avait reçu les papiers du divorce, Althea avait l’impression que les journées n’avaient plus de sens. Elle se réveillait avec la même douleur qu’elle avait ressentie la veille, puis elle se rendormait parfois quelques heures pour se réveiller à nouveau avec cette même sensation de vide qui lui écrasait la poitrine, comme si son cœur refusait d’accepter ce que son esprit avait pourtant déjà compris. Elle avait perdu Adrian, Cette fois, elle ne pouvait plus se raconter d’histoire. Althea passait donc ses journées dans sa chambre, parfois assise sur son lit, parfois près de la fenêtre, parfois allongée sans même avoir la force de se lever, les yeux rouges et le visage marqué par les larmes. Elle ne mangeait presque plus. Nathalie essayait de lui faire avaler quelques bouchées, mais Althea repoussait souvent son assiette après quelques minutes. — Tu dois manger. — Je n’ai pas faim. — Althea… — Je n’ai vraiment pas faim. Nathalie finissait par se taire, Elle savait
Althea était assise au bord de son lit, les jambes repliées contre elle, le regard perdu devant la fenêtre depuis plusieurs minutes, incapable de dire combien de temps exactement elle était restée ainsi, Depuis son départ de la maison d’Adrian, elle vivait dans une étrange attente.Elle ne l’avait dit à personne, pas même à Nathalie, mais au fond d’elle-même, malgré tout ce qu’elle avait découvert, malgré les photographies, malgré les paroles cruelles de sa mère et malgré cette alliance qu’elle avait laissée sur la table, une petite partie d’elle continuait à espérer. Elle espérait qu’Adrian viendrait, Elle imaginait parfois le bruit d’une voiture devant la maison, puis des pas dans le couloir, avant de voir apparaître Adrian devant sa porte, le visage fermé par le regret, mais les yeux remplis de cette sincérité qu’elle avait tellement cherchée chez lui. Elle imaginait qu’il lui dirait qu’il avait fait une erreur, Qu’il lui expliquerait tout, Qu’il lui demanderait de revenir. Et s
Nathalie arriva chez Althea en fin d’après-midi, après avoir reçu un simple message lui demandant de venir, un message si court et si différent de ceux que son amie lui envoyait habituellement qu’elle avait immédiatement compris que quelque chose de grave s’était produit, Lorsqu’Althea ouvrit la porte, Nathalie resta quelques secondes sans parler. Elle avait devant elle la même femme qu’elle connaissait depuis des années, mais quelque chose dans son visage avait changé, quelque chose de presque imperceptible pour quelqu’un qui ne la connaissait pas suffisamment, mais que Nathalie remarqua immédiatement. Ses yeux étaient gonflés, Ses lèvres tremblaient légèrement Et surtout, elle avait cette expression vide que Nathalie avait déjà vue chez des personnes qui avaient tellement pleuré qu’elles n’avaient plus la force de verser une seule larme. — Althea… Nathalie entra sans même attendre qu’elle l’y invite davantage, posa son sac sur une chaise et prit immédiatement son amie dans ses b
Althea monta dans sa chambre sans dire un seul mot puis referma doucement la porte derrière elle, puis resta quelques secondes immobile, le dos contre le battant, les yeux fixés sur le vide, comme si son corps était arrivé dans cette pièce avant que son esprit ne soit capable de suivre. Tout lui semblait étrangement calme, Le lit était parfaitement fait, Sur la table de nuit se trouvait encore le petit vase qu’elle avait acheté pendant leur voyage, celui qu’elle avait choisi parce qu’Adrian avait prétendu qu’il irait parfaitement avec leur chambre. Sur une chaise reposait la veste qu’il avait portée quelques jours auparavant. Et sur la commode, plusieurs photographies de leur voyage étaient posées dans un petit cadreAlthea s’approcha, Elle prit le cadre entre ses mains, Sur la photographie, elle souriait contre Adrian, Elle se souvenait exactement de ce moment. Elle se souvenait de ce qu’elle avait ressenti. Elle avait cru être heureuse, Elle avait cru qu’après tout ce qu’elle a
Lorsque la porte d’entrée s’ouvrit enfin, il était presque vingt-deux heures, Althea était assise dans le salon depuis plus d’une heure, immobile, les mains croisées sur ses genoux, tandis que son téléphone reposait sur la table basse, l’écran éteint après avoir affiché pendant des heures les photographies qui avaient détruit en quelques minutes la paix qu’elle croyait avoir retrouvée.Elle avait pleuré, Puis elle avait cessé de pleurer.Pas parce que la douleur avait disparu, mais parce qu’une étrange fatigue avait fini par remplacer ses larmes, une fatigue profonde qui lui donnait l’impression d’avoir vécu plusieurs années en une seule journée. Lorsqu’Adrian entra dans le salon, il retira tranquillement sa veste, posa ses clés sur le meuble et leva les yeux vers elle. — Tu ne dors pas encore ? Althea le regarda — J’attendais que tu rentres. Adrian s’immobilisa légèrement. — Il y a un problème ? Elle eut un petit rire sans joie. — C’est justement ce que j’aimerais savoir. Il







