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Chapitre 4

ผู้เขียน: Histoire
last update วันที่เผยแพร่: 2026-09-07 17:03:19

Chapitre 4

Cayden

Je la vois s'éloigner. Chaque pas qu'elle fait m'arrache quelque chose. La pluie tombe plus fort. Elle efface presque sa silhouette. Mais je ne peux pas la laisser partir. Pas comme ça. Pas maintenant.

Je cours vers elle. Mes chaussures claquent sur le sol mouillé. Je l'appelle.

— Mélina !

Elle s'arrête. Elle ne se retourne pas. Son dos est droit. Tendu. Elle pleure. Je le sais. Je le sens.

Je m'approche. Je m'arrête à quelques pas d'elle. La pluie ruisselle sur nos corps. Le silence entre nous est plus fort que l'orage.

— Ne pars pas, je dis.

Ma voix tremble. Moi, Cayden Valère, je tremble. Pour la première fois de ma vie, j'ai peur. Vraiment peur.

Elle se retourne lentement. Son visage est baigné de larmes et de pluie. Ses yeux clairs me transpercent.

— Pourquoi je resterais ? demande-t-elle.

— Parce que je te le demande.

— Ce n'est pas assez.

— Je sais.

— Tu m'as repoussée. Tu m'as blessée. Tu m'as laissée seule alors que j'étais à tes côtés.

Sa voix se brise. Chaque mot est une lame.

— Je sais, je répète.

— Tu ne sais rien, Cayden. Tu ne sais pas ce que c'est que de t'attendre. De t'aimer. De se sentir invisible dans ta propre maison.

Je baisse la tête. La honte m'écrase. Elle a raison. Elle a toujours raison.

— Tu as raison, je dis.

— Quoi ?

— Tu as raison. Je t'ai fait du mal. Je t'ai fait pleurer. Je t'ai ignorée. Et je n'ai aucune excuse.

Elle me regarde. Surprise. Elle ne s'attendait pas à ce que je l'écoute. À ce que je ne me défende pas.

— Pourquoi tu me dis ça maintenant ?

— Parce que je te perds. Et je ne le supporte pas.

Je fais un pas vers elle. Puis un autre. Elle ne recule pas.

— Je ne sais pas exprimer ce que je ressens, je dis. Je ne sais pas montrer ce que tu représentes pour moi. Mais ce n'est pas parce que je ne t'aime pas. C'est parce que j'ai peur.

— Peur de quoi ?

— De te perdre. De te décevoir. De ne pas être à la hauteur.

Elle secoue la tête.

— Tu n'as jamais été à la hauteur, Cayden. Parce que tu ne m'as jamais laissée entrer.

— Je sais.

— Tu te caches derrière ton travail. Derrière ton argent. Derrière tes silences.

— Je sais.

— Tu me repousses dès que je m'approche trop.

— Je sais.

— Alors pourquoi je devrais te croire maintenant ?

Je m'approche encore. Je suis maintenant à quelques centimètres d'elle. La pluie glisse sur nos visages. Je sens son souffle. Je vois ses lèvres trembler.

— Parce que je suis là, je dis. Devant toi. Sans masque. Sans orgueil. Juste moi.

Elle me fixe. Longtemps. Je laisse mes émotions transparaître. Je ne me cache plus. Je ne fuis plus.

— Je ne sais pas si je peux encore te faire confiance, murmure-t-elle.

— Alors ne me fais pas confiance. Mais ne pars pas.

— Qu'est-ce que tu me proposes ?

— Une chance. Une vraie. De recommencer.

— Et si tu me blesses encore ?

— Alors je te laisserai partir. Sans te retenir.

Elle me regarde. Ses yeux scrutent les miens. Elle cherche la vérité. Elle cherche une raison de rester.

— J'ai passé des mois à me sentir seule, dit-elle. Même quand tu étais là. Même quand tu dormais à côté de moi. Je me sentais vide.

— Je suis désolé.

— Ce n'est pas assez.

— Je sais. Mais je veux apprendre.

— Apprendre quoi ?

— À t'aimer comme tu le mérites.

Ses larmes coulent plus fort. Elle ne les essuie pas. Elle pleure devant moi. Sans retenue. Et je reste. Je ne fuis pas.

— Tu me fais mal, dit-elle.

— Je sais.

— Mais je ne peux pas partir.

Mon cœur s'arrête. Puis repart. Plus fort.

— Alors reste, je murmure.

— J'ai peur, Cayden.

— Moi aussi.

— Peur de quoi ?

— De tout gâcher encore.

Elle esquisse un sourire triste.

— Tu es vraiment impossible.

— Je sais.

Elle s'approche. Elle pose ses mains sur mon torse. Ses doigts sont froids. Tremblants.

— Si je reste, ce sera la dernière fois, dit-elle. La dernière chance.

— Je comprends.

— Je ne supporterai pas une nouvelle déception.

— Il n'y en aura pas.

— Comment tu peux en être sûr ?

— Parce que je refuse de te perdre.

Elle me regarde. Puis elle s'effondre contre moi. Ses bras entourent ma taille. Elle pleure contre ma poitrine. Je la serre fort. Comme si ma vie en dépendait.

— Je suis là, je murmure dans ses cheveux.

— Ne me lâche pas.

— Jamais.

Nous restons enlacés sous la pluie. Le monde autour de nous n'existe plus. Il n'y a que nous. Nos souffles. Nos cœurs qui battent.

— Je suis désolé pour tout, je dis.

— Je sais.

— Je vais changer.

— Je veux te croire.

— Alors crois-moi.

Elle relève la tête. Nos regards se rencontrent. Ses yeux sont rouges. Mais ils brillent d'une lueur nouvelle. De l'espoir.

— D'accord, dit-elle.

— D'accord ?

— Oui. On essaie encore.

Je pose ma main sur sa joue. Elle est glacée. Mais elle ne bouge pas.

— Merci, je murmure.

— Ne me remercie pas. Montre-moi.

— Je vais te montrer.

Elle sourit faiblement. Puis elle se blottit de nouveau contre moi.

Nous retournons à l'intérieur. Trempés. Silencieux. Mais ensemble.

Et pour la première fois depuis longtemps, je crois que nous pouvons y arriver.

Je crois en nous. Enfin.

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