تسجيل الدخولElle me fit entrer dans la chambre d'hôtel d'Ace comme si c'était la sienne. Comme si elle avait passé sa vie à ouvrir des portes dans des pièces où elle n'était pas attendue.Asseyez-vous, dit-elle. Je préfère rester debout, répondis-je.Je sais. C'est pour ça que je vous le dis.Je m'assis.Elle prit le fauteuil en face de moi. Posa les mains sur ses genoux. M'observa avec cet air que j'avais déjà vu quelque part ,calme, patient, capable d'attendre toute une vie que les autres se décident à dire la vérité. Je mis trois secondes à comprendre où je l'avais vu.Sur le visage de son fils. Vous êtes en colère, dit-elle. Je suis toujours en colère, dis-je. Ça ne veut rien dire. Si. Ça veut dire que vous n'êtes pas encore brisé. C'est bien. Je ne suis pas venu ici pour un diagnostic. Non. Vous êtes venu parce que je vous ai dit qu'on devait parler. Et parce qu'une partie de vous , la partie intelligente , sait que vous avez besoin de ce que je vais vous dire. Ou alors je suis juste
Chapitre 35 : Nadia Draven ArriveLa porte du couloir s'ouvrit sans que personne n'ait frappé.Je savais que c'était une Draven avant même de voir son visage , juste à la façon dont elle entra, comme si la pièce lui appartenait déjà. Ace, dit-elle. Pas une question. Une mise en demeure. Maman, répondit Ace depuis le cadre de la cuisine. Sa voix ne trahissait rien, ce qui voulait tout dire. Tu ne m'as pas rappelée hier soir. J'étais occupé. Tu étais occupé avant-hier aussi. Maman. Ryker m'a dit que tu avais l'air en forme. Je préfère juger par moi-même. Je tournai la tête vers Ryker qui se tenait près du réfrigérateur, une bouteille d'eau à mi-chemin de sa bouche. Il haussa les épaules avec l'expression précise d'un homme qui venait de réaliser qu'il avait fait une erreur catastrophique. Je lui ai juste dit que vous aviez survécu à la semaine, dit Ryker. Trop vite. Beaucoup trop vite. Et que vous étiez tous ici ce soir. Techniquement c'est de l'information publique. Ry
Tu te rapproches encore. Ma main était déjà là , paume à plat sur sa cage thoracique , avant même que j'aie fini de parler. Ace s'était penché. Pas brusquement. Pas comme une erreur. Délibérément, avec la même certitude tranquille qu'il mettait dans chaque geste sur la glace.Je sais. C'est tout ce que tu as à dire ? Pour l'instant. Ace. Kael. Je gardai la main là où elle était. Je sentais son cœur battre contre ma paume , régulier, lent, comme si rien dans cette situation ne lui coûtait quoi que ce soit. Ma propre gorge était serrée depuis trente secondes. Depuis qu'il avait traversé le couloir vers moi et que j'avais su, sans l'ombre d'un doute, ce qui allait arriver. Tu ne sais pas ce que je suis. Il baissa les yeux sur ma main, puis les remonta vers mon visage. Je sais exactement ce que tu es. Le silence qui suivit n'avait rien d'inoffensif. C'était le genre de silence qui te coupe les jambes si tu ne fais pas attention. Dis-le alors. Il ne dit rien.Il n'esquissa au
Tes patins sont mal lacés, dit Ace. Mes patins vont très bien, merci. Le gauche est trop lâche. J'ai lacé mes patins pendant dix-sept ans sans ton intervention. Et le gauche a toujours été trop lâche. Je levai les yeux vers lui. Il m'observait depuis le bord de la glace avec la patience tranquille d'un homme qui a déjà gagné l'argument et attend simplement que l'adversaire le réalise. Tu surveilles mes pieds depuis dix-sept ans. C'est cliniquement préoccupant. Deux semaines. Deux semaines de surveillance de mes pieds, c'est encore plus inquiétant. Il s'accroupit sans un mot et défît le lacet gauche. Ses doigts travaillèrent avec une précision tranquille. Je regardai la couronne de ses cheveux et je pensai à des choses que je ne m'autorisai pas à finir de penser. Tu recommences, dis-je. Quoi. Envahir. Tu pourrais reculer. Je pourrais. Mais tu ne le fais pas. Je ne répondis pas. Il releva la tête. Nos visages étaient à vingt centimètres l'un de l'autre et il ne c
Ashford, tu m'entends ? Ashford ! La voix de Ryker me parvint à travers le rugissement de la foule comme un signal de radio mal réglé. Je t'entends, dis-je sans lever les yeux de mes lacets. Je ne suis pas sourd. Tu as deux minutes avant de remonter sur la glace et tu refais tes lacets pour la troisième fois. Précision. Névrose, corrigea-t-il. Voss a marqué. Les Loups sont à moins un. Tu es prêt à remonter ? Je suis toujours prêt. Ta main droite tremble. Elle est froide. Le vestiaire est à vingt-deux degrés. Je tirai sur le lacet plus fort que nécessaire. Ryker. Kael. Tais-toi. D'accord. Un silence de quatre secondes. Ace t'a regardé pendant tout le deuxième tiers. Je me levai d'un coup, les patins heurtant le sol en caoutchouc avec un claquement sec. Ce que fait Draven avec ses yeux ne me concerne pas. Il t'a regardé sur la glace, dans le tunnel, à travers la vitre pendant le temps mort. Il t'a regardé comme Ryker. comme quelqu'un qui vérifie que tu es encor
Arrête de bouger, dit Ryker en tirant sur le ruban adhésif avec une précision qui semblait presque vengeresse. Je ne bouge pas, dis-je entre mes dents. Tu respires fort. C'est suffisant pour me faire rater mon travail. Alors fais ton travail plus vite. Fais ton travail plus vite , il singea ma voix avec une octave trop haute. C'est ça que tu me dis, à moi, le seul homme dans cette arène qui peut faire la différence entre une fracture et une côte simplement fissurée ? Est-ce que c'est fissuré ? Non. Alors coupe le discours. Ryker déposa son rouleau de bandage sur la table avec un bruit sec et me regarda droit dans les yeux. Ce regard-là, je le connaissais. C'était son regard de *je-garde-quelque-chose-depuis-cinq-minutes-et-ça-va-sortir-maintenant*. Il est derrière la porte, dit-il. Je sais. Il n'a pas bougé depuis qu'on t'a sorti du couloir. Je sais. Les autres sont tous partis fêter le but en prolongation. Lui, non. Ryker. Je dis juste ,Je sais ce que tu dis,







