LOGINLe restaurant qu'Alexandre avait choisi se trouvait dans une ruelle du vieux Grandval, derrière une porte en bois sombre qu'on aurait pu manquer si on ne savait pas qu'elle était là. À l'intérieur, des tables peu nombreuses, une lumière basse et chaude, des murs en pierre apparente qui absorbaient le bruit et donnaient à l'endroit cette atmosphère particuli&egra
Clara rentra chez elle à dix-huit heures trente, posa son sac sur le canapé, son manteau sur le fauteuil, et resta debout au milieu de son salon à regarder son appartement avec l'expression légèrement désorientée de quelqu'un qui cherchait où s'asseoir dans un endroit qu'il connaissait parfaitement.Elle s'assit sur le canapé.Prit le bracelet sur la table basse. Le tint dans sa paume.La clé USB dans le tiroir de Thomas. Alexandre dans la salle de réunion vendredi matin, je ne regrette rien. Le tiroir inférieur, la petite boîte en métal. Deux baisers dans un bu
Le weekend passa.Clara ne vit pas Jade. Elle ne sortit pas beaucoup, resta dans son appartement avec son café et ses pensées et le bracelet sur la table basse, cette compagnie silencieuse qui ne demandait rien et ne promettait rien et qui était là quand même depuis le début avec cette patience qu'elle lui enviait parfois.Elle pensa à beaucoup de choses.Elle pensa à je ne regrette rien dit simplement, directement, sans fioritures, par un homme qui ne disait les choses vraies que quand il avait décidé de les dire et qui les disait alors avec une précision qui ne laissait pas de pla
Le vendredi matin arriva avec cette lumière franche et sans ambiguïté des fins de semaine qui ne demandaient pas la permission d'être là.Clara entra dans Santé-Vita à sept heures quarante, salua Lucie qui rayonnait comme tous les vendredis matin avec cette énergie particulière des gens qui aimaient les vendredis d'un amour sincère et sans réserve, prit l'ascenseur, longea le couloir. La lumière du bureau d'Alexandre était allumée, comme toujours, comme si la nuit précédente n'avait rien changé à ses habitudes, comme si les habitudes étaient encore la chose qui comptait le plus.Elle entra dans son propre bureau,
La maison de Bellevue était éclairée quand Alexandre remonta l'allée des platanes.Il la regarda depuis le portail, les mains dans les poches, sans se presser. Les fenêtres du salon, la chambre au premier, cette distribution familière des lumières qui lui disait tout sur ce qui l'attendait à l'intérieur avant même qu'il ait poussé la porte. Ambre était rentrée dans la journée, probablement, d'un voyage ou d'un shooting, avec ses valises et son parfum et cette légèreté désinvolte qu'elle apportait partout comme un bagage qu'elle ne remarquait plus tellement il était naturel.Il entra.
Ils restèrent là.Personne ne parla. Personne ne bougea vers les documents encore ouverts sur le bureau, vers le dossier Yamamoto et ses trois clauses à régler avant neuf heures le lendemain matin. Ces choses-là existaient toujours, elles attendraient, elles avaient la patience des choses qui n'avaient pas d'autre choix.Clara regardait Alexandre et Alexandre regardait Clara dans la lumière basse du bureau. Ce silence entre eux n'avait plus rien à voir avec les silences professionnels des couloirs et des salles de réunion. C'était un silence lourd, magnétique, qui avait balayé le reste du monde pour s'installer à sa place, avec l'évidence tranquille d
Alexandre posa le dossier sur le bureau de Clara, l'ouvrit à la première page, et dit sans préambule ce que Clara avait compris en entendant ses deux coups à la porte, que ce jeudi soir n'allait pas se terminer de sitôt."Yamamoto a envoyé des modifications de dernière minute sur trois clauses fondamentales. Il veut une réponse demain matin neuf heures."Clara regarda les pages. Les modifications étaient substantielles, pas des ajustements de forme mais des repositionnements stratégiques sur la durée, les droits dérivés et les conditions de sortie, exactement les trois points sur lesquels la négociation avait été la plus tendue dep







