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Le Secret du Parrain : Infiltré dans son Lit
Le Secret du Parrain : Infiltré dans son Lit
Author: Turass

CHAPITRE 1 : LE RÉVEIL DE LA BÊTE

Author: Turass
last update Last Updated: 2026-02-11 14:01:16

[POINT DE VUE : DANTE]

La première chose qui me frappa fut l’odeur. Pas celle, douce et poudrée, des femmes que je ramenais habituellement dans ce penthouse pour satisfaire les appétits de la bête. Non. C’était une odeur musquée, brute. Un mélange de whisky hors de prix, de tabac froid et de sueur. Une odeur d’homme.

La deuxième chose fut la douleur. Un marteau-piqueur derrière mes tempes, vestige du demi-litre de Scotch que j’avais descendu la veille pour faire taire les voix dans ma tête.

Je grognai, cherchant à repousser le corps chaud qui pesait contre mon flanc. Ma main glissa sur les draps de soie noire, rencontra de la peau. Pas la douceur d’une courbe féminine, mais la dureté d’un muscle tendu. Un torse. Des poils rêches.

Mes yeux s’ouvrirent brusquement. Le plafond de ma chambre, haut de quatre mètres, me parut soudain s'effondrer sur moi.

La réalité me frappa avec la violence d'une balle de calibre .45. Ce n'était pas un cauchemar. Ce n'était pas une hallucination éthylique. Il y avait un homme dans mon lit.

Et pas n'importe quel homme.

Je me redressai, le cœur battant à tout rompre contre mes côtes, l'adrénaline chassant instantanément l'ivresse. À côté de moi, étendu sur le ventre, le visage enfoui dans l'oreiller, dormait Julian. Le nouveau dealer. La petite recrue prometteuse que mon père m'avait demandé de surveiller. Celui qui avait des yeux trop clairs et un sourire trop insolent pour un gars de la rue.

Putain. Putain de merde.

Une vague de nausée me submergea. Pas à cause de l'alcool. À cause de ce que cela signifiait. Je suis Dante Vitti. Je suis le Prince de Chicago. Je suis le fils qui ne déçoit jamais. Je baise des mannequins, je tue des traîtres, et je marche droit. Je ne couche pas avec des hommes. Je ne suis pas une de ces… abominations que mon père méprise tant qu'il les ferait brûler vifs sur la place publique.

Et pourtant, les flashs de la nuit précédente revinrent me hanter. Sa main sur ma cuisse sous la table du club. Mon souffle court. L'ordre que j'avais donné à mes gardes de nous laisser seuls. La façon dont je l'avais poussé contre le mur de l'ascenseur, non pas pour le frapper, mais pour dévorer sa bouche.

La honte se transforma instantanément en une rage froide, familière. Une armure. Si personne ne sait, cela n'a jamais existé. Et pour que personne ne sache, il n'y avait qu'une seule solution.

Mon instinct de tueur prit le dessus. D'un mouvement fluide, j'ouvris le tiroir de ma table de nuit. Mes doigts se refermèrent sur la crosse froide de mon Beretta 9mm. Le poids de l'acier me rassura. C'était mon seul véritable ami.

Je me tournai vers lui, l'arme levée. Je n'avais même pas besoin de viser. À cette distance, je repeindrais ma tête de lit avec ses souvenirs.

— Bouge un cil, et je t'explose le crâne.

Ma voix était rauque, brisée, méconnaissable. Julian ne sursauta pas. Il ne paniqua pas. Lentement, avec une paresse calculée qui fit bouillir mon sang, il roula sur le dos. Le drap glissa, révélant son torse nu, marqué par une cicatrice pâle sur les côtes et… des marques rouges. Mes marques.

Il ouvrit les yeux. Ce bleu acier, presque gris. Il n'y avait aucune peur. Juste une fatigue amusée. Il fixa le canon du silencieux braqué entre ses deux yeux, puis dévia son regard vers le mien.

— Bonjour à toi aussi, Boss, dit-il.

Sa voix était calme. Trop calme. Je pressai le canon contre son front, assez fort pour laisser une marque.

— Tu crois que c'est une blague ? feulai-je. Tu crois que parce que tu as passé la nuit ici, tu es intouchable ? Je vais t'effacer, Julian. Je vais te faire disparaître et personne ne posera la moindre question.

Julian : Je sais, répondit-il.

Il ne bougea pas. Il ne leva pas les mains en signe de reddition. Il resta là, offert, vulnérable et pourtant… putain, il avait l'air en contrôle.

— Alors pourquoi tu ne supplies pas ? Pourquoi tu ne pleures pas comme les autres ?

Un sourire en coin étira ses lèvres. Ce maudit sourire qui m'avait fait perdre la tête hier soir.

Julian : Parce que je sais que tu ne vas pas tirer, Dante.

Le son de mon prénom dans sa bouche me fit l'effet d'une décharge électrique. Personne ne m'appelait Dante, sauf mon père. Pour les autres, j'étais "Monsieur Vitti" ou "Boss".

— Tu me surestimes, dis-je en armant le chien du pistolet. Clic. Le son résonna dans le silence de la chambre. Je suis le fils de Salvatore Vitti. Tuer est ma seconde nature.

Julian soutint mon regard, ses yeux plongeant dans les miens, cherchant l'homme derrière le monstre.

Julian : Peut-être, dit-il doucement. Mais tu ne me tueras pas parce que c'était la première fois depuis très longtemps que tu étais réel. Hier soir… ce n'était pas l'alcool, Dante. Tu étais affamé. Et je ne parle pas de nourriture.

La vérité me frappa comme une gifle. Ma main trembla. Juste une fraction de seconde, mais il le vit. Il avait raison. Je l'avais voulu. J'avais initié le contact. J'avais été brutal, possessif, désespéré. J'avais trouvé en lui quelque chose que je cherchais depuis toujours sans pouvoir le nommer : un égal. Quelqu'un qui ne cassait pas sous ma poigne.

— Ferme ta gueule, grondai-je.

Julian : Vas-y, tire, continua-t-il, sa voix devenant plus dure, plus provocante. Tire et retourne à ta vie de mensonges. Retourne jouer au petit soldat parfait pour papa. Mais tu sauras. Et je saurai, même en enfer, que le grand Dante Vitti tremble parce qu'il a aimé qu'un homme le touche.

La rage m'aveugla. J'eus envie de presser la détente juste pour effacer ce regard de défi. Juste pour prouver que j'étais le maître. Mais mon doigt refusa d'obéir. Parce que mon corps, ce traître, se souvenait encore de la chaleur du sien.

Je baissai lentement l'arme, mais je ne la lâchai pas. Je me penchai vers lui, mon visage à quelques centimètres du sien, envahissant son espace, cherchant à l'intimider par ma simple présence physique.

— Écoute-moi bien, petit merdeux, murmurai-je, chaque mot tranchant comme une lame de rasoir. Tu ne sors pas d'ici vainqueur. Tu ne sors pas d'ici libre.

Je vis sa pomme d'Adam bouger. Il déglutit. Enfin, une réaction. J'attrapai sa mâchoire de ma main libre, mes doigts s'enfonçant dans ses joues, le forçant à me regarder.

— À partir de cette seconde, ta vie m'appartient. Tu ne parles pas. Tu ne regardes personne d'autre. Tu ne respires pas sans mon autorisation. Si un seul mot de ce qui s'est passé ici franchit cette porte, je ne te tuerai pas. Je tuerai tout ce que tu as jamais aimé, et je te garderai en vie pour que tu regardes les corps pourrir. C'est clair ?

Julian ne cilla pas. Une lueur étrange traversa son regard. Un mélange de défi et… d'excitation ?

Julian : Cristallin, Boss.

— Ce n'est pas une relation, Julian. C'est une sentence. Tu es ma propriété maintenant.

Je le lâchai brutalement et me levai du lit, nu, sans aucune gêne. Je voulais qu'il voie le corps de l'homme qui tenait sa vie entre ses mains. Je voulais marquer mon territoire.

Je me dirigeai vers le bar pour me servir un verre, essayant de calmer les tremblements de mes mains, quand trois coups lourds frappèrent à la porte de la chambre.

Mon sang se figea. Ce n'était pas un coup discret de domestique. C'était un coup d'autorité.

Dante ? Ouvre. Tout de suite.

La voix grave, éraillée par les cigares, traversa le bois massif comme une condamnation à mort. Mon père. Salvatore Vitti. Il ne montait jamais au penthouse. Jamais. Sauf s'il y avait un problème grave.

Je me figeai, le verre à la main. Je regardai Julian, toujours dans mon lit, les draps en désordre, l'odeur de notre sexe flottant dans l'air comme un poison visible. Si mon père entrait maintenant, s'il voyait Julian ici… il comprendrait tout. Il a l'instinct d'un animal sauvage. Il sentirait la faiblesse. Et il nous abattrait tous les deux sur place avant d'aller prendre son petit-déjeuner.

Je me tournai vers Julian. Pour la première fois, je vis une fissure dans son masque de calme. Ses yeux s'étaient écarquillés. Il savait qui était derrière la porte.

Je me précipitai vers le lit, attrapai ses vêtements éparpillés sur le sol et les lui jetai au visage avec violence.

— La salle de bain, sifflai-je. Maintenant.

Salvatore : Dante, ouvre cette putain de porte ! hurla mon père, la poignée commençant à s'agiter.

— J'arrive, Papa ! criai-je, ma voix reprenant instantanément son timbre de fils obéissant, bien que mon cœur menace d'exploser. Je… je suis sous la douche !

Je fis signe à Julian de dégager. — Disparais, murmurai-je. Si tu fais le moindre bruit, tu es mort.

Julian attrapa son pantalon et se rua vers la salle de bain attenante. Au moment où il refermait la porte derrière lui, la serrure de la chambre céda avec un craquement sinistre.

La porte s'ouvrit à la volée. Salvatore Vitti entra, son long manteau noir flottant derrière lui, accompagné de deux gardes armés. Son regard de rapace scanna la pièce. Le lit défait. Les deux verres sur la table de nuit.

Il planta ses yeux noirs dans les miens. Je me tenais là, une serviette nouée à la hâte autour de la taille, essayant de paraître simplement réveillé et non terrifié.

Salvatore : Tu as de la compagnie ? demanda-t-il, sa voix douce et terrifiante.

Il fit un pas vers le lit. Il renifla l'air. Il fronça les sourcils.

Je retins mon souffle. Il allait sentir. Il allait savoir.

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