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CHAPITRE 2 : L'ODEUR DU PÉCHÉ

Penulis: Turass
last update Tanggal publikasi: 2026-02-11 14:01:34

[POINT DE VUE : DANTE]

Le silence qui suivit la question de mon père était plus lourd que leaden. Tu as de la compagnie ?

Salvatore Vitti n’attendait jamais de réponse. Il observait. Ses yeux de rapace scannèrent la pièce une seconde fois. Le lit dévasté. Les draps froissés qui sentaient encore la sueur et le sexe. Les deux verres de whisky vides sur la table de nuit.

Il fit un pas de plus vers le centre de la pièce. L'odeur de son cigare froid et de son eau de Cologne hors de prix envahit mon sanctuaire, masquant heureusement — je l'espérais — l'odeur musquée de Julian.

— Une fille, mentis-je. Une danseuse du Velvet. Elle est partie il y a dix minutes par l'escalier de service.

Ma voix était stable. Trop stable. Des années d'entraînement à lui mentir en face. Mon père s'arrêta devant la porte de la salle de bain. Juste là. À un mètre de la poignée. Mon cœur cessa de battre. Si Julian bougeait. S'il toussait. Si le plancher craquait. C'était fini. Une balle pour lui, une balle pour moi.

Salvatore tendit la main vers la porte, comme pour vérifier mon histoire. La panique me monta à la gorge comme de la bile acide. Je devais faire diversion. Maintenant.

— Tu ne viens jamais ici pour vérifier mes conquêtes, Papa, lançai-je, en marchant vers le bar pour me verser un verre d'eau, feignant une indifférence totale. Qu'est-ce qui est si urgent pour que tu violes ma seule règle de confidentialité ?

Ma main tremblait légèrement en saisissant la carafe. Je priai pour qu'il ne le voie pas. La main de mon père s'immobilisa sur la poignée en laiton. Il tourna lentement la tête vers moi. Son visage était un masque de pierre, illisible.

Salvatore : Ta "règle", ricana-t-il avec mépris. Tu n'as aucune règle que je ne puisse briser, Dante. Tout ce que tu as, c'est ce que je te laisse avoir.

Il retira sa main de la porte. Je lâchai le souffle que je retenais, mes poumons brûlants. Il s'approcha de moi, m'ignorant presque, et attrapa le verre que je venais de remplir. Il le vida d'un trait, puis le fracassa contre le mur derrière lui.

Le bruit du cristal qui éclatait me fit sursauter, mais je restai de marbre. C'était son jeu. La terreur psychologique.

Salvatore : On a un problème avec les livraisons du port, dit-il calmement, comme s'il n'avait rien cassé. Les Russes deviennent gourmands. Ils pensent que parce que je vieillis, je deviens mou.

Il s'approcha de moi, envahissant mon espace vital. Il était plus petit que moi, mais il projetait une ombre immense. Il attrapa mon menton — exactement comme je l'avais fait avec Julian quelques minutes plus tôt — et me força à le regarder dans les yeux. Ses doigts étaient froids.

Salvatore : Je veux que tu leur envoies un message ce soir, Dante. Un message qu'ils ne pourront pas ignorer. Tu vas prendre une équipe réduite. Pas de bruit, pas de témoins. Juste du nettoyage.

— Je m'en occupe, répondis-je machinalement. Je prendrai Rocco et Tony.

Salvatore : Non.

Il me lâcha le visage avec un geste de dégoût, comme si ma peau le brûlait.

Salvatore : Rocco est trop vieux. Tony est trop bavard. Je veux du sang neuf. Je veux voir ce que les jeunes ont dans le ventre.

Il sourit. Un sourire qui ne montrait que ses dents, pas de joie.

Salvatore : Prends le nouveau. Celui que tu as recruté la semaine dernière. Le petit dealer. Julian.

Le monde s'arrêta. Le nom résonna dans la pièce comme un coup de tonnerre. Je jetai un coup d'œil involontaire vers la porte de la salle de bain. Il avait entendu. Il savait.

Julian ? répétai-je, essayant de masquer mon choc. Il n'est pas prêt. C'est un gamin des rues, pas un soldat. Il vend de la poudre, il ne descend pas des Russes.

Salvatore : C'est justement pour ça, trancha mon père. S'il meurt, c'est une perte acceptable. S'il survit, on saura s'il est utile. Tu le prends ce soir.

C'était un test. Pas seulement pour Julian, mais pour moi. Il voulait voir si je pouvais transformer un chien errant en loup. L'ironie de la situation me donna envie de hurler de rire. Il m'ordonnait d'emmener en mission suicide l'homme qui était caché à trois mètres de lui, nu, et qui venait de me baiser comme personne ne l'avait jamais fait.

— D'accord, dis-je. Ce soir.

Salvatore : Ce soir, confirma-t-il.

Il se dirigea vers la sortie, ses gardes lui emboîtant le pas. Arrivé à la porte, il s'arrêta sans se retourner.

Salvatore : Et Dante ?

— Oui ?

Salvatore : La prochaine fois que tu ramènes une pute ici, assure-toi qu'elle ne porte pas d'eau de Cologne pour homme. Ça empeste le Sandalwood bon marché. Fais aérer cette chambre. C'est dégoûtant.

La porte claqua.

Je restai figé, le sang glacé dans mes veines. Il avait senti. Il n'avait pas deviné que l'homme était encore là, mais il avait senti l'odeur. Il pensait que j'avais ramené une fille qui portait du parfum d'homme ? Ou pire... soupçonnait-il autre chose ?

Je me ruai vers la porte et verrouillai le loquet à double tour. Puis je courus vers la salle de bain. J'ouvris la porte à la volée.

Julian était là. Il était assis sur le bord de la baignoire en marbre, entièrement habillé maintenant. Il tenait mon rasoir coupe-chou dans sa main, la lame ouverte, jouant avec la lumière. Il ne tremblait pas. Il n'avait pas l'air effrayé. Il avait l'air... excité.

Il leva les yeux vers moi, un sourire carnassier aux lèvres.

Julian : Alors comme ça, Boss, on a une soirée en amoureux prévue avec les Russes ?

Je le regardai, incrédule. Il venait d'échapper à la mort par miracle, et il plaisantait. La colère reflua, remplacée par cette chose sombre et lourde dans mon bas-ventre. Ce mélange de haine et de désir.

Je lui arrachai le rasoir des mains et le plaquai contre le carrelage froid de la salle de bain, mon avant-bras contre sa gorge.

— Tu trouves ça drôle ? feulai-je. Tu as failli y passer.

Julian : J'ai entendu, dit-il, sa voix devenue grave, perdant toute trace d'humour. Il veut m'envoyer au casse-pipe pour me tester.

Il se rapprocha de moi, défiant l'espace qui nous séparait, défiant mon autorité, défiant tout.

Julian : Tu vas devoir me protéger ce soir, Dante. Parce que si je meurs, qui va te faire jouir comme tu le mérites ?

Je levai la main pour le frapper. Je voulais effacer cette insolence. Je voulais briser ce miroir qui me renvoyait ma propre faiblesse. Mais ma main s'arrêta en l'air. Ses yeux me défiaient de le faire.

— Tu es malade, soufflai-je.

Julian : Je suis patient, corrigea-t-il.

Il se dégagea doucement de mon emprise, remit sa veste en cuir, et se dirigea vers la porte de la chambre.

Julian : À ce soir, Boss. Ne sois pas en retard.

Il sortit, me laissant seul dans le silence assourdissant du penthouse, avec l'odeur de son parfum bon marché et de mon propre désespoir. Le piège venait de se refermer.

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