Se connecterChapitre 55
Livia
Les aveux du Duc résonnent dans le silence de la cave, ils s'insinuent en moi comme des lames chauffées à blanc, ils percent mon cœur et mon âme, et je reste là, immobile, la main toujours posée sur son épaule, à écouter cet homme qui vient de m'ouvrir son cœur comme il ne l'a jamais fait avec personne. Son père lui a menti, son père a caché
Chapitre 55LiviaLes aveux du Duc résonnent dans le silence de la cave, ils s'insinuent en moi comme des lames chauffées à blanc, ils percent mon cœur et mon âme, et je reste là, immobile, la main toujours posée sur son épaule, à écouter cet homme qui vient de m'ouvrir son cœur comme il ne l'a jamais fait avec personne. Son père lui a menti, son père a caché la vérité, son père a enfermé sa propre fille dans les souterrains du château pour des raisons que j'ignore encore, et le Duc, le pauvre Duc qui n'avait que quinze ans et qui venait de perdre sa mère dans les flammes, a accepté ce mensonge sans discuter, sans chercher à en savoir plus, sans se douter que sa sœur était vivante et qu'elle souffrait le martyre à quelques mètres sous ses pieds.&
Chapitre 54AlexanderLes mots sortent de ma bouche comme un poison trop longtemps contenu, comme un abcès qu'on crève enfin après des années de souffrance silencieuse, et je sens un soulagement étrange m'envahir, un soulagement mêlé de honte et de culpabilité, de douleur et de libération. Livia est là, à côté de moi, sa main posée sur mon épaule comme un phare dans la tempête, et sa présence est la seule chose qui m'empêche de m'effondrer complètement, la seule lumière dans les ténèbres de cette cave où je viens de retrouver ma sœur après dix ans d'ignorance et de mensonges.— Je ne l'ai jamais revue, continué-je d'une voix rauque, une voix qui gratte ma gorge comme du papier de verre, une voix qui charrie avec elle toute la honte et tous l
Chapitre 53LiviaLes mots du Duc résonnent dans le silence de la cave, ils se répercutent contre les murs de pierre suintants d'humidité, ils s'accrochent aux piliers massifs qui soutiennent la voûte comme des toiles d'araignée tissées par le temps et l'abandon, et je reste immobile, debout à quelques pas de lui, les bras ballants, le cœur serré dans un étau qui comprime ma poitrine à chaque battement, à le regarder pleurer pour la première fois depuis que je suis entrée dans sa vie par effraction. Il pleure, le Duc d'Ashford, l'homme de marbre, le vengeur impitoyable, le maître de Thornfield que tout le monde craint et que personne n'ose approcher, il pleure à genoux devant cette femme qu'il vient de reconnaître après dix années de deuil et de solitude, et ses larmes, ces larmes qu'il a retenues pendant si longte
Chapitre 52AlexanderLe papier tremble entre mes doigts, les mots dansent devant mes yeux, « Aidez-moi », et cette signature, cette lettre E qui est comme une signature familière, comme un écho du passé, comme un fantôme qui revient me hanter après dix années de deuil et de solitude. La flamme de la bougie que Livia tient encore dans sa main vacille, elle projette des ombres mouvantes sur les murs de la cave, et je reste là, pétrifié, les yeux fixés sur ce morceau de papier froissé qui contient plus de vérité que tout ce que j'ai cru pendant une décennie entière. Ma respiration s'est arrêtée, mon cœur a cessé de battre l'espace d'un instant, et le monde autour de moi s'est réduit à ces deux mots tracés d'une main tremblante, à cette lettre E qui est la signature de ma s&oel
Chapitre 51LiviaLe Duc vacille, je le vois chanceler comme un homme ivre, comme un boxeur qui vient de recevoir un coup en pleine tempe et qui ne sait plus où il se trouve, et je sens mon cœur se serrer dans ma poitrine à la vue de cet homme si fort, si fier, si implacable, qui s'effondre devant moi comme un château de cartes balayé par le vent. Il ne me croit pas, il refuse de me croire, il s'accroche à ses certitudes comme un naufragé à une épave au milieu de l'océan, et je ne peux pas lui en vouloir, je ne peux pas lui reprocher son incrédulité, car ce que je viens de découvrir est si énorme, si bouleversant, si impossible, que moi-même j'ai du mal à y croire, que moi-même je me demande si je ne suis pas en train de rêver éveillée dans cette cave obscure qui sent la moisissure et le désespoir.
Chapitre 50AlexanderLes mots de Livia s'abattent sur moi comme des coups de massue, ils percent mes défenses une à une, ils pulvérisent mes certitudes, ils font voler en éclats le monde que j'avais construit sur les cendres de ma famille, ce monde de vengeance et de haine qui était ma seule raison de vivre. Une femme dans les souterrains. Une femme qui signe de la lettre E. Une femme qui se cache derrière Livia, recroquevillée sur une paillasse de paille moisie, et qui lève vers moi des yeux bleus que je reconnaîtrais entre mille, des yeux que j'ai vus sourire sur un portrait, des yeux que j'ai vus se fermer dans mon imagination le soir de l'incendie, des yeux que j'ai crus fermés à jamais, réduits en cendres avec le reste de son corps. Je pâlis, je sens le sang se retirer de mon visage comme une marée qui reflue, comme un fleuve qui remonte ver
Chapitre 30LiviaLa voix du Duc résonne encore dans le silence de l'aile ouest, elle vibre contre les murs noircis par les flammes anciennes, elle se répercute dans ma poitrine comme l'écho d'un coup de tonnerre qui ne veut pas s'éteindre, qui continue de gronder longtemps après que la foudre est
Chapitre 13AlexanderLa chapelle de Thornfield est glaciale, comme tout le reste du château, comme tout ce qui porte le nom de Blackthorn depuis que le feu a dévoré notre histoire et notre avenir. C'est une petite chapelle, austère et dépouillée, nichée dans l'aile est de la forteresse, une pièce
Chapitre 12LiviaLa mèche de cheveux est là, posée sur le bois sombre du guéridon comme un trophée macabre, comme une preuve d'amour détournée, comme un message écrit dans la chair même de mon père, et je la regarde sans pouvoir en détacher les yeux, hypnotisée par ces quelques cheveux gris et bla
Chapitre 11AlexanderLes mots de Livia flottent encore dans l'air glacé de la chambre, son défi vibre entre les murs de pierre comme le dernier écho d'une bataille déjà perdue, et je la regarde, cette femme qui se tient devant moi dans sa robe de deuil, les yeux brûlants de larmes contenues, les p







