MasukChapitre 163 : La Révélation TerrifianteIsabelleLa nuit est tombée sur Fleury-Mérogis, une nuit sans lune, sans étoiles, une nuit de plomb qui écrase le toit du quartier des femmes. Je suis assise sur ma couchette, le dossier médical étalé devant moi, et je relis pour la centième fois les documents que Pascal Ferrand m'a fait parvenir. Les analyses sanguines, les empreintes génétiques, les certificats de naissance. Et cette photographie, cette photographie que je ne peux pas regarder sans ressentir une satisfaction amère et brûlante.Gabriel Cross. Né le 15 décembre, il y a trois ans. 3,2 kilogrammes. En parfaite santé. Transféré à la Clinique du Lac, Zurich, le lendemain de sa naissance.L'enfant d'Elena est vivant. Il n'est pas mort dans cette chambre d'accouchement que j'avais pourtant organisée pour qu'il disparaisse. Il a survécu, et le Baron, mon mentor, mon maître, l'homme que j'ai servi pendant vingt ans, l'a fait transférer secrètement sans m'en informer. Sans en informer D
Chapitre 162 : Le Dossier Médical VoléIsabelleLe parloir de Fleury-Mérogis est une succession de box vitrés, alignés comme des confessionnaux profanes, où les détenues échangent des murmures avec leurs visiteurs sous l'œil indifférent des gardiennes. Je suis assise derrière la vitre, les mains croisées sur la tablette, le dos droit, le visage impassible. En face de moi, de l'autre côté de la cloison transparente, se tient Pascal Ferrand. L'infirmier. Le complice. L'homme qui détient sans le savoir la clé de ma vengeance.Il a vieilli depuis notre dernière rencontre. Ses cheveux sont plus rares, ses épaules plus voûtées, et ses doigts tremblent légèrement quand il saisit le combiné du téléphone. La prison le met mal à l'aise, je le vois à la façon dont son regard fuit le mien, dont il sursaute au moindre bruit. Il a peur, et c'est tant mieux. La peur est un levier que je sais manier.— Madame Arnaud, bredouille-t-il. Je ne m'attendais pas... votre avocat m'a dit que c'était urgent.—
Chapitre 161 : La Découverte d'IsabelleIsabelleLa prison de Fleury-Mérogis est un enfer de béton et d'acier où le temps s'écoule comme du plomb fondu. Je suis enfermée dans cette cellule depuis six mois, et chaque jour qui passe est une insulte à mon intelligence, une blessure à mon orgueil. Les autres détenues sont des créatures vulgaires, des criminelles sans envergure qui ont volé des sacs à main ou poignardé leur mari dans une crise de jalousie. Moi, Isabelle Arnaud, je n'ai rien à faire ici. J'étais l'avocate la plus puissante de Paris, la confidente des milliardaires, la gardienne des secrets les plus sombres de ce pays. Et aujourd'hui, je porte un uniforme bleu marine et je mange de la purée reconstituée dans un réfectoire qui pue la javel et le désespoir.Mais je ne me suis pas effondrée. Je ne suis pas comme ces femmes brisées qui pleurent dans leur oreiller en attendant une hypothétique libération. Chaque matin, je me lève avant l'aube, je fais mes exercices, je lis les jo
Chapitre 160 : La Révélation de DamienDamienLe parloir est vide maintenant. Elena est partie depuis quelques minutes, peut-être quelques heures, je ne sais plus. Le temps, dans cette prison, n'a plus la même consistance qu'à l'extérieur. Il s'étire, se contracte, se dilate au gré des souvenirs et des regrets. Je reste assis derrière la vitre, les mains posées à plat sur la tablette, et je fixe la chaise vide qu'elle occupait. Son parfum flotte encore dans l'air, ce mélange de jasmin et de quelque chose de plus froid, de plus métallique, le parfum de la vengeance. Mais aujourd'hui, il était différent. Aujourd'hui, il était mêlé à autre chose. De la lassitude, peut-être. Ou de l'espoir.— Damien.La voix me fait sursauter. Je lève les yeux, et je la vois. Elena est revenue. Elle se tient dans l'embrasure de la porte, le visage pâle, les yeux rougis par la fatigue ou par les larmes. Elle n'a pas l'air triomphante, pas aujourd'hui. Elle a l'air d'une femme qui a traversé l'enfer et qui
Chapitre 159 : L'Apparition d'HelenaElenaLa prison de la Santé est un bloc de béton gris qui écrase le ciel de Paris de toute sa masse carcérale. Je suis restée dans la voiture pendant de longues minutes avant de me décider à franchir le portail, les mains crispées sur le volant, le regard perdu dans le rétroviseur où défilaient les souvenirs de ces trois dernières années. Ce n'est pas la première fois que je viens ici. La dernière fois, j'étais venue pour le confronter, pour savourer sa chute, pour lui annoncer que son empire était détruit et que j'en avais racheté les morceaux. Aujourd'hui, je viens pour autre chose. Aujourd'hui, je viens pour la vérité.Le parloir est le même que la dernière fois. Une pièce sinistre, divisée en box séparés par des cloisons vitrées, éclairée par des néons qui diffusent une lumière blafarde. Les murs sont couverts de cette peinture vert pâle qu'on dirait choisie pour accentuer la laideur du lieu. Je m'assieds sur la chaise en plastique, je pose mes
Chapitre 158 : La Solitude du RoiDamienLa cellule fait trois mètres sur quatre. Un lit fixé au mur, une table en béton, des toilettes en inox, une lucarne grillagée qui laisse filtrer un filet de lumière grise. Le palais de justice de Paris m'a transféré ici hier soir, après ma mise en examen, et je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Pas à cause de l'inconfort, pas à cause du bruit, pas à cause de la peur. À cause du silence. Un silence si profond, si absolu, qu'il en devient assourdissant.Je me tiens assis au bord du lit, les coudes sur les genoux, les mains pendantes, et je fixe le mur sans le voir. Le crépi est gris, sale, strié de traces laissées par d'autres prisonniers avant moi. Des initiales gravées, des dates, des insultes. Le palimpseste des vaincus. Dans quelques jours, quelqu'un gravera peut-être mon nom à son tour, et ce sera la seule trace qu'il restera de Damien Cross.La porte s'ouvre avec un grincement, et un gardien passe la tête.— Votre mère a téléphoné. Elle veut
Le contrat du milliardaire Chapitre 2 : Un Reflet dans le ChampagneElenaJ'ai besoin d'une seconde. Une seule. Une seconde qui ne soit pas chorégraphiée par son regard, une seconde qui ne soit pas une note dans la partition qu'il dirige d'un simple haussement de sourcil. Une seconde volée à l'éte
Le contrat du milliardaire Chapitre 1 : La Femme du MilliardaireElenaLe lustre au-dessus de la salle de bal est une cascade de cristaux gelés, une chute d’eau saisie en plein mouvement par un froid surnaturel. Ses milliers de prismes taillés capturent la lumière et la brisent en une constellatio
Le contrat du milliardaire Chapitre 4 : L'Insomnie du DouteElenaLe sommeil ne viendra pas. Je le sais à l'instant même où ma tête touche l'oreiller de soie, cet oreiller brodé à mes initiales, E.C., Elena Cross, un nom qui n'est peut-être pas le mien. La chambre conjugale s'étend autour de moi c
Le contrat du milliardaire Chapitre 3 : La Fêlure InvisibleElenaLes mots de la gouvernante ont percé une brèche minuscule, mais le poison du doute s’écoule déjà, silencieux et inexorable, comme une eau noire qui trouvera toujours un chemin. Dans la limousine qui nous ramène à travers les rues d







