LOGINCHAPITRE 3
BELGIQUE
VOIX EXTERNE
La porte vitrée de la concession s’ouvrit lentement.
Un homme entra. Il ne se pressait pas. Ses pas étaient lents, réguliers, assurés, comme s’il avait tout son temps. Pourtant, à peine eut-il franchi la porte que plusieurs employés relevèrent la tête. Il était difficile de ne pas le remarquer.
Grand, large d’épaules et parfaitement bâti, il avait le physique d’un homme qui prenait soin de lui. Sa chemise noire épousait son torse et ses avant-bras musclés étaient visibles sous les manches légèrement retroussées. Son pantalon sombre et ses chaussures impeccablement entretenues donnaient à son allure quelque chose de sobre, mais terriblement élégant. Ses cheveux bruns étaient légèrement désordonnés, mais cela ne diminuait en rien sa beauté. Au contraire. Son visage était parfaitement dessiné. Une mâchoire ferme, un nez droit, des lèvres fines et un regard qui pouvait facilement déstabiliser quelqu’un. Ses yeux étaient d’un bleu clair. Un bleu froid. Presque hypnotisant.
Une employée qui transportait plusieurs dossiers manqua de faire tomber l’un d’eux lorsqu’elle passa près de lui. Il la regarda. La jeune femme se redressa immédiatement.
– Bonjour, monsieur.
Il lui adressa un simple signe de tête.
– Bonjour.
Sa voix était grave, calme et assurée. Il continua son chemin. Ce n’était pas seulement sa beauté qui attirait l’attention. C’était sa façon de se comporter.
Il ne souriait presque jamais. Il ne cherchait pas à être apprécié. Il n’avait pas besoin de parler fort pour se faire entendre. Son regard suffisait généralement à faire comprendre aux autres lorsqu’ils avaient dépassé les limites. Il était exigeant. Autoritaire. Patient uniquement lorsque cela était nécessaire. Et surtout, il détestait qu’on lui fasse perdre son temps. Il s’arrêta devant une magnifique voiture noire exposée au milieu de la concession. Il passa lentement une main sur le capot avant d’observer le véhicule sous différents angles.
– Elle est arrivée quand ?
Un employé s’approcha aussitôt.
– Hier, monsieur.
– Elle a été contrôlée ?
– Oui.
– Entièrement ?
– Oui.
Il fixa l’homme quelques secondes.
– J’espère.
L’employé hocha rapidement la tête.
– Bien sûr.
L’homme aux yeux bleus reprit sa marche. Au fond de la concession se trouvait un bureau vitré. Il poussa la porte sans frapper. Un homme d’une cinquantaine d’années, assis derrière son bureau, se leva immédiatement.
– Bonjour.
Le nouveau venu retira sa veste et la posa sur le dossier d’une chaise.
– Assieds-toi.
L’homme obéit. Il s’agissait du directeur de la concession. Celui que l’homme avait personnellement engagé pour gérer l’établissement à sa place. Il prit plusieurs dossiers posés devant lui.
– J’ai fait le point sur les ventes.
– Et ?
– Nous sommes légèrement en dessous de ce que nous avions prévu ce mois-ci.
L’homme aux yeux bleus s’installa dans le fauteuil face à lui.
– Pourquoi ?
– Plusieurs clients ont reporté leurs achats. Nous avons également eu quelques retards avec certains fournisseurs.
– Lesquels ?
Le directeur lui expliqua les problèmes rencontrés au cours des dernières semaines. Il l’écouta sans l’interrompre.
– Et les pièces ?
– C’est justement l’un de nos problèmes. Certaines pièces commandées ne sont toujours pas arrivées.
– Depuis combien de temps ?
– Une semaine.
Son regard se durcit.
– Une semaine ?
– Oui.
– Et tu as fait quoi ?
– J’ai appelé le fournisseur plusieurs fois. Il m’a assuré que la commande arriverait bientôt.
L’homme eut un léger sourire.
– Il t’a assuré ?
– Oui.
– Je ne veux pas d’assurance. Je veux des résultats.
Le directeur baissa légèrement les yeux.
– Je vais trouver une autre solution.
– Fais-le.
Il ouvrit ensuite un autre dossier.
– Les nouveaux véhicules arriveront quand ?
Le directeur releva la tête.
– Trois sont déjà arrivés hier. Mais pour les prochains…
Il n’eut pas le temps de terminer.
– Cinq autres arrivent la semaine prochaine.
Le directeur hocha la tête.
– D’accord.
– Deux SUV haut de gamme et trois berlines.
– Très bien.
– Je veux qu’on leur réserve une place à l’avance. Les véhicules doivent être contrôlés dès leur arrivée. Je ne veux pas qu’ils restent plusieurs jours dans l’entrepôt sans raison.
– Compris.
L’homme prit un autre document.
– Et les pièces qui arrivent avec la prochaine livraison, tu les fais enregistrer séparément.
– Pourquoi ?
Il releva lentement les yeux.
– Parce que je te le demande.
Le directeur se tut immédiatement.
– D’accord.
Un silence s’installa.
L’homme se leva et se dirigea vers la baie vitrée du bureau. De là, il pouvait voir les employés s’occuper des véhicules. Tout semblait parfaitement normal.
C’était exactement ce qu’il voulait.Une entreprise propre.Une réputation irréprochable. Aucune raison pour que qui que ce soit s’intéresse réellement à lui.
Il se retourna.
– Il y a autre chose ?
Le directeur hésita.
– Oui.
– Parle.
– Un client important souhaite vous rencontrer.
– Qui ?
Il lui donna le nom. L’homme réfléchit quelques secondes.
– Dis-lui que je suis disponible jeudi après-midi.
– Très bien.
Il récupéra sa veste.
– Et pour les fournisseurs, je veux une solution avant la fin de la semaine.
– Ce sera fait.
Il s’arrêta devant la porte.
– J’espère.
Puis il sortit. À l’extérieur, les employés s’écartèrent naturellement sur son passage. Il quitta la concession, monta dans sa voiture et démarra. Quelques minutes plus tard, les bâtiments de la ville commencèrent à disparaître derrière lui. La circulation devint plus faible. Puis les maisons se firent rares. Très rares. La route s’étendait devant lui, presque vide. Il roulait depuis plusieurs minutes lorsqu’il quitta la route principale. Il emprunta un chemin privé bordé d’arbres. Au bout de celui-ci se trouvait une immense propriété. Aucune maison n’était visible aux alentours. Pas de voisins. Pas de commerces. Pas même de bruit provenant de la ville. Seulement une longue allée, quelques arbres et un immense manoir au milieu de la propriété. Cela faisait exactement un mois qu’il y vivait. Il avait choisi cet endroit précisément pour son isolement.
Le manoir appartenait à son grand-père. Après sa mort, il en avait hérité. La demeure était ancienne, mais immense. Elle possédait suffisamment de pièces pour accueillir plusieurs personnes et surtout plusieurs espaces que l’homme pouvait utiliser sans attirer l’attention. Il avait fait installer des systèmes de sécurité supplémentaires dès son arrivée. Des caméras. Des alarmes. Des accès sécurisés. Personne ne pouvait entrer ici sans qu’il le sache. La voiture s’arrêta devant les grandes marches. Il coupa le moteur, sortit et entra dans le manoir.
À peine eut-il franchi la porte qu’une voix retentit depuis le salon.
– Tu es enfin là.
Il retira sa montre et la posa quelques secondes sur une petite console.
– J’ai travaillé.
– Tu travailles toujours.
Il leva les yeux.
– Et toi, tu parles toujours trop.
Un rire retentit. Dans le grand salon, plusieurs personnes l’attendaient. Arlow était assis près de la table basse, un dossier entre les mains. Boone se tenait près de la fenêtre. Imposant, silencieux, il surveillait l’extérieur. Hera était installée sur un canapé avec son ordinateur. Saga était assise dans un fauteuil. Et Tania se trouvait à l’autre extrémité de la pièce.
L’homme s’installa.
– On commence.
Arlow posa son dossier devant lui.
– La livraison de vendredi est confirmée.
– L’itinéraire ?
– Modifié.
– Pourquoi ?
– On a remarqué des mouvements inhabituels sur l’ancien trajet.
Il fronça les sourcils.
– Lesquels ?
Boone répondit d’une voix grave.
– Des hommes ont été vus plusieurs fois dans le secteur.
– À qui appartiennent-ils ?
– On pense qu’ils travaillent pour Banks.
Le regard bleu de l’homme devint immédiatement plus froid.
– Vous pensez ?
– Nous n’avons pas encore de preuve.
– Alors trouvez-la.
Boone hocha la tête. Arlow poursuivit.
– Pour la marchandise, tout est prêt. Le problème concerne les armes.
– Le contact ?
– Il ne répond plus.
– Depuis combien de temps ?
– Trois jours.
Il resta silencieux.
– Trois jours et tu me l’annonces seulement maintenant ?
– Je voulais d’abord vérifier.
– Et ?
– Rien.
Il se leva lentement.
– Je n’aime pas quand les choses disparaissent sans explication.
Arlow hocha la tête.
– Je vais m’en occuper.
– Tu vas surtout me trouver un autre contact.
– D’accord.
Hera intervint.
– J’ai également quelque chose concernant Banks.
Il se tourna vers elle.
– Quoi ?
– Plusieurs mouvements financiers inhabituels. Il a également déplacé des hommes vers le sud.
Saga croisa les jambes.
– Il prépare quelque chose.
– Je sais.
– Et tu ne veux pas savoir quoi ?
Un léger sourire apparut sur les lèvres de l’homme.
– Bien sûr que si.
Hera sourit.
– Alors laisse-moi travailler.
– Je veux les informations demain.
– Tu es sérieux ?
– Toujours.
Elle soupira.
– Très bien.
La réunion continua encore un long moment. Ils parlèrent des prochaines opérations, des livraisons, de l’argent, des hommes à déplacer et des précautions à prendre. La concession automobile n’était qu’une façade. La véritable vie de cet homme se trouvait ici. Dans cette pièce. Dans ces dossiers.
Dans ces conversations que personne en dehors de ce cercle ne devait entendre. Lorsque tout fut réglé, Arlow se leva.
– Je vais y aller.
– D’accord.
Boone partit à son tour. Hera rangea son ordinateur. Saga attrapa son sac.
– À demain.
– À demain.
Ils quittèrent tous le manoir. Tous sauf Tania. Le silence retomba dans le salon. Tania se leva et s’approcha de lui.
– Tu ne me demandes pas pourquoi je reste ?
Il la regarda.
– Je sais pourquoi.
Elle sourit.
– Tu es vraiment arrogant.
– Et pourtant tu es toujours là.
Elle posa ses mains sur son torse.
– Peut-être que j’aime ton arrogance.
Il la fixa quelques secondes. Tania connaissait son caractère. Elle savait qu’il n’était pas un homme qui promettait quoi que ce soit. Elle savait également qu’il aimait les femmes et qu’il n’avait jamais cherché à cacher son goût prononcé pour le plaisir charnel.
Pour lui, le désir était simple.Pas de promesses.Pas de sentiments.Pas de complications. Tania l’embrassa. Il répondit immédiatement à son baiser.
Ils quittèrent le salon pour rejoindre la chambre. À l’intérieur il la jetta brutalement sur le lit et elle sourit. Tania aimait ça . La douceur n’avait jamais été son fort. Elle aimait bien quand l’homme-d’affaire la prenait sauvagement. Comme un animal affamé il l’attira vers lui et la pénétra d’un coup sec , ce qui arracha de forts gémissements à la féline en chaleur.
– Ne t’arrête surtout pas…..ohhh….. hum…. putain tu me rends folle.
– Ohhh oui c’est ça….. sale pute. Gémi pour moi. encore plus fort
Grogna le mafieux en redoublant ses coups de rein. Il n’avait jamais connu et douceur et cela n’arriverait jamais.
Plus tard dans la nuit, la chambre était plongée dans le silence. Tania était encore allongée sur le lit lorsque l’homme se leva. Il venait de jouir en elle pour la énième fois. Il enfila son pantalon, passa une main dans ses cheveux et quitta la pièce.
Comme toujours, il ne resta pas longtemps après avoir obtenu ce qu’il désirait. Il traversa le couloir et entra dans son bureau. La pièce était sombre. Il alluma la lampe posée sur son bureau. Son regard parcourut les dossiers empilés devant lui. Puis il s’arrêta. Une image encadrée était posée sur une étagère. Il s’approcha. Son expression changea légèrement. Il prit le cadre entre ses mains. Sur la photo se trouvait son grand-père.
Le vieil homme le regardait depuis cette image prise plusieurs années auparavant. L’homme resta silencieux. C’était lui qui lui avait laissé ce manoir. Cette immense demeure isolée qui était devenue son refuge depuis un mois. Il observa longuement la photo. Ses yeux bleus, habituellement froids, semblaient soudainement plus calmes. Il passa doucement son doigt sur le bord du cadre.
– Merci, grand-père.
Il esquissa un léger sourire.
– Merci de m’avoir laissé cet endroit.
Il regarda autour de lui. Il avait tout ici. Son bureau.
Ses hommes. Ses affaires. Son territoire. Il regarda une dernière fois la photo.
– Je ne t’oublierai jamais Hugo Ayden McKinley.
Puis il reposa doucement le cadre à sa place. Lui aussi s’appelait Hugo Ayden McKinley. Il portait le nom de son grand père,un nom qui avait fait trembler pendant des décennies les belges et qui continuait encore aujourd’hui .
A SUIVRE…………………..
CHAPITRE 30VOIX EXTERNELa soirée s’était terminée en beauté. Après toutes les épreuves qu’ils avaient traversées, toutes les disputes, les secrets, les menaces, les peurs et les hésitations, Hugo et Judy avaient enfin cessé de lutter contre ce qu’ils ressentaient. Cette nuit-là, ils s’étaient retrouvés sans mensonges.Sans Nash. Sans le tribunal. Sans l’héritage. Sans Banks. Sans cette peur constante de ce que demain pouvait leur réserver.Il n’y avait plus qu’eux. Hugo avait pris soin de Judy avec une attention presque surprenante venant d’un homme comme lui. Lui qui avait toujours été autoritaire, froid et habitué à contrôler chaque situation avait passé la nuit à s’assurer qu’elle allait bien.Comme si elle était faite de verre. Comme si le moindre geste brusque pouvait la briser. Et Judy, de son côté, avait cessé de se poser des questions.Elle avait simplement profité de cet instant avec l’homme qu’elle avait finalement choisi.La nuit avait été longue. Tendre. Intense. Et lorsqu
CHAPITRE 29VOIX EXTERNEUne semaine s’était écoulée depuis l’audience au tribunal. Une semaine durant laquelle Hugo et Judy s’étaient évités. Ils vivaient toujours sous le même toit, mais quelque chose avait changé entre eux.Lorsqu’ils se croisaient dans les couloirs du manoir, ils se contentaient de se saluer.– Bonjour.– Bonjour.Puis chacun poursuivait son chemin.Aucune discussion.Aucune question.Aucun rapprochement.Hugo avait décidé de laisser Judy réfléchir comme il le lui avait promis.Il ne voulait pas la pousser. Il ne voulait pas influencer son choix.Et surtout, il ne voulait pas qu’elle reste auprès de lui uniquement parce qu’elle avait peur de partir.Alors il s’était plongé dans le travail. Il quittait le manoir tôt le matin et rentrait souvent très tard. Il passait des heures à la concession, enchaînait les rendez-vous, les réunions et les dossiers. Lorsqu’il n’était pas à la concession, il s’occupait de ses affaires.Tout était bon pour occuper son esprit.Tout, sauf Ju
CHAPITRE 28VOIX EXTERNEAprès leur discussion de la veille, Hugo et Judy étaient retournés chacun dans leur chambre. Hugo avait tenu parole. Il lui avait laissé du temps pour réfléchir. Il aurait pu rester devant sa porte, lui poser encore des questions, chercher à savoir ce qu’elle avait décidé. Mais pour une fois, il avait préféré ne rien imposer. Judy, de son côté, avait passé une grande partie de la nuit à réfléchir.Elle repensait à tout ce qui s’était passé depuis son retour en Belgique. Elle était partie de Suisse avec une seule idée en tête : récupérer le manoir de sa grand-mère. Elle n’avait jamais imaginé rencontrer Hugo.Elle n’avait jamais imaginé découvrir son monde. Elle n’avait jamais imaginé avoir peur de lui. Et encore moins ressentir quelque chose qu’elle n’arrivait plus à comprendre. Pourtant, une chose restait certaine. Elle aimait toujours Nash.Mais désormais, son cœur était rempli de questions auxquelles elle ne trouvait aucune réponse. Le lendemain matin, Hugo
CHAPITRE 27VOIX EXTERNECette nuit-là, Hugo et Judy avaient franchi une limite qu’ils avaient pourtant essayé d’éviter pendant des semaines. Ils avaient cessé de lutter contre ce qu’ils ressentaient. Ils avaient cessé de prétendre que leur proximité n’était qu’une conséquence des circonstances . Pour Judy, cette nuit avait été différente de tout ce qu’elle avait connu auparavant.Elle n’aurait jamais imaginé pouvoir ressentir autant d’émotions en même temps. De la tendresse. Du trouble. Une profonde sensation de sécurité lorsqu’elle se trouvait dans les bras de Hugo. Et surtout, quelque chose qu’elle ne savait pas encore nommer. Elle avait toujours aimé Nash. Elle ne pouvait pas effacer cela. Mais cette nuit-là, elle avait découvert une sensation nouvelle. Une sensation qui lui avait fait peur autant qu’elle l’avait bouleversée. Hugo, lui aussi, avait été surpris par ce qu’il avait ressenti. Lui qui avait toujours gardé une distance avec les femmes n’avait jamais imaginé qu’une seul
CHAPITRE 26VOIX EXTERNE L’opération était terminée. Banks avait perdu. Après des heures de tension, de tirs et de poursuites, Hugo et ses hommes avaient enfin réussi à mettre fin à cette menace qui pesait sur eux depuis trop longtemps. Pourtant, alors que tout le monde s’attendait à rentrer directement au manoir, Hugo resta silencieux devant les véhicules. Il regarda ses hommes. Puis le chemin qui menait au manoir. Il pensa à Judy. À son visage. À la façon dont elle l’avait regardé avant son départ. À cette petite voix qui lui avait demandé de faire attention à lui. Il baissa les yeux vers ses vêtements. Ils étaient sales après l’affrontement. Sa veste portait les traces de la poussière de l’entrepôt. Ses mains étaient encore marquées par le combat. Il soupira.– On va à l’appartement.Saga, qui venait d’ouvrir la portière de son véhicule, se retourna.– À l’appartement ?– Oui.– Pas au manoir ?Hugo secoua la tête.– Pas maintenant.Hera le regarda quelques secondes.– Pourquoi ?
CHAPITRE 25 VOIX EXTERNE Hugo resta immobile devant le rideau rouge. Il savait que Judy se trouvait juste derrière. Il pouvait presque l’imaginer en train de se regarder dans le miroir, de remettre ses cheveux en place, peut-être même de rougir en découvrant la nuisette qu’elle venait d’essayer. Il aurait pu attendre. Il aurait pu écarter le rideau. Il aurait pu lui parler. Mais quelque chose en lui lui criait de partir. Il serra la mâchoire, puis se détourna. Il ne devait pas la rejoindre. Pas maintenant. Il se dirigea vers la caisse. La caissière leva les yeux vers lui avec un sourire professionnel.– Bonjour monsieur.Hugo sortit sa carte bancaire et la posa sur le comptoir.– Je vais payer les achats de la jeune femme qui est actuellement dans la cabine.La caissière fronça légèrement les sourcils.– Celle derrière le rideau rouge ?– Oui.– Vous êtes avec elle ?Hugo la fixa.– Non.Il marqua une courte pause avant de poursuivre.– Et elle ne doit surtout pas savoir que c’est m







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