LOGINCHAPITRE 21 — La femme cachéeTinaLa route est longue, sinueuse, bordée d’arbres sombres et de champs vides.Je regarde par la vitre. Le paysage défile, mais mon esprit, lui, reste accroché à cette lettre. Aux mots de mon père. À ce nom : Sarah.Qui est-elle ? Pourquoi mon père ne m’a-t-il jamais parlé d’elle ? Pourquoi l’a-t-il cachée ? Et pourquoi Viktor, lui, semble-t-il prêt à tout pour la retrouver ?Je serre la lettre dans ma poche. Chaque kilomètre me rapproche d’une vérité que je ne suis pas sûre de vouloir connaître.Ethan conduit en silence. Ses mains sont fermes sur le volant, mais je le sens tendu. Il n’aime pas cette piste. Il n’aime pas l’idée de me voir m’enfoncer encore plus loin dans l’inconnu.— Vous savez où elle vit ? je demande.— Non. Mais Malik a des contacts. Il pense qu’elle se cache dans une petite ville près de la frontière. Une ancienne zone industrielle abandonnée.— Pourquoi là-bas ?— Parce que personne ne va jamais là-bas. C’est le genre d’endroit où o
CHAPITRE 20 — L’explosion de la véritéTinaLe clic de Bernard résonne encore dans ma tête.Pendant une seconde, le monde semble s’arrêter. Les écrans du journal scintillent. Les journalistes se figent. Puis tout s’accélère. Les téléphones sonnent. Les portes claquent. Les cris fusent. L’article est en ligne.La vérité vient d’exploser.Je reste debout, au milieu de la salle, le souffle court. Ethan est près de moi, une main posée sur mon épaule. Hélène pleure silencieusement. Malik serre les poings.— C’est fait, murmure Bernard. On ne peut plus revenir en arrière.— Je ne veux pas revenir en arrière, dis-je.Les premières réactions tombent. Des appels affolés. Des menaces. Des soutiens aussi. Des anonymes qui écrivent pour dire qu’ils savaient, qu’ils attendaient, qu’ils avaient peur. Le monde découvre ce que Viktor a fait. Les meurtres. Les pots-de-vin. Les juges corrompus. Les familles brisées.Et parmi ces familles, la mienne.Je me tourne vers Ethan.— On doit partir. Maintenant
CHAPITRE 19 — La veille de la tempêteTinaLes deux jours passent trop vite et trop lentement à la fois.Trop vite, parce que chaque heure nous rapproche du moment où la vérité explosera.Trop lentement, parce que l’attente est insupportable. Chaque bruit me fait sursauter. Chaque voiture qui passe me semble suspecte. Chaque regard me paraît une menace.Nous restons cachés chez Malik. Il a transformé sa maison en forteresse. Des hommes d’Ethan patrouillent dehors, silencieux, armés. Hélène prépare des plans d’évacuation, des copies de secours, des contacts de confiance. Moi, je tourne en rond, incapable de me poser.Ethan m’observe.— Tu devrais dormir.— Je ne peux pas.— Tu vas t’épuiser.— Je m’épuiserai quand tout sera fini.Il s’approche, me prend par les épaules.— Tina. Regarde-moi.Je lève les yeux.— Tu fais tout ce que tu peux. Tu es courageuse. Mais tu dois aussi te reposer. Pour être prête.— Prête à quoi ?— À ce qui vient.Je baisse la tête.— J’ai peur.— Moi aussi.— V
CHAPITRE 18 — L’article qui change toutTinaL’aube se lève à peine quand nous quittons la maison de Malik.Le ciel est encore gris, chargé de nuages lourds qui semblent vouloir étouffer la ville. La route est déserte. Les arbres défilent, sombres, silencieux. Ethan conduit, les traits tirés, les mains fermes sur le volant. Il n’a pas dormi. Moi non plus.Je suis assise à l’arrière, les dossiers posés sur mes genoux, les mains moites. Chaque virage me donne l’impression que nous nous rapprochons d’un précipice. Mais je ne recule pas. Je ne peux plus reculer.Hélène est à mes côtés. Elle non plus n’a pas fermé l’œil. Son regard est vif, déterminé, malgré la fatigue.— Tu es prête ? demande-t-elle.— Je ne sais pas si on est jamais prêt pour ça.— Non. On ne l’est jamais. Mais on le fait quand même.Je hoche la tête. Ses mots me rassurent un peu.Le journal se trouve dans une petite rue du centre-ville, à l’écart des grandes avenues. Un bâtiment ancien, en briques rouges, avec une ensei
CHAPITRE 17 — Le poids des mortsTinaLe trajet du retour se fait dans un silence de plomb.Ethan conduit, les mâchoires serrées, les yeux rivés sur la route. Moi, je suis recroquevillée sur le siège passager, mon sac serré contre ma poitrine comme si le monde entier allait me l’arracher. À l’intérieur, les dossiers de Sylvestre. Des preuves. Des vérités. Et le prix du sang.Je repense à lui.À sa peur.À sa voix tremblante.À ce dernier regard qu’il m’a lancé avant que je disparaisse dans l’escalier de service.Il n’était pas un homme bon. Il avait protégé des assassins. Il avait vendu ma maison. Il avait menti. Mais ce soir, il est mort pour que je puisse vivre. Et ça, je ne peux pas l’oublier.Je ferme les yeux. Les images défilent. La galerie, les lumières, les rires faux. Puis l’appartement, les dossiers, la peur dans ses yeux. Et enfin, ce bruit. Ce craquement. Ce coup de feu.Je sursaute.— Tu es là, dit Ethan doucement. Tu es en sécurité.— Pour combien de temps ?— Assez pour
CHAPITRE 16 — Chez le loupTinaMinuit.L’heure des ombres, des aveux et des lames.Je me tiens devant l’immeuble de Sylvestre, un ancien bâtiment cossu du centre-ville, à la façade grise et aux fenêtres voilées. Le vent s’engouffre dans mes vêtements, mais je ne tremble pas. Mon corps est tendu, prêt. Mon esprit est ailleurs, déjà dans la gueule du loup.Ethan m’a accompagnée en silence. Il n’a pas essayé de m’arrêter. Il sait que je n’aurais pas écouté.— L’appartement est au troisième étage, dit-il.— Je sais.— Mes hommes sont en bas. Je serai dans l’escalier.— Non.— Tina…— S’il vous voit, tout s’effondre. Il doit me croire seule.— Et s’il te fait du mal ?— Alors je me défendrai.— Tu n’as pas encore assez d’entraînement.— Je n’ai pas besoin d’être la plus forte. Juste d’être la plus intelligente.Il me regarde longtemps. Puis il me tend un petit objet métallique.— Un couteau discret. Cache-le dans ta manche.Je le prends.— Merci.— Ne me remercie pas. Reviens vivante.— P







