LOGINLe mari aux deux visages Tina rêvait de devenir avocate. Mais la vie a assassiné ce rêve en même temps que ses parents, sous ses yeux. Envoyée chez un oncle cruel, elle devient esclave dans une maison sans pitié. Puis le pire arrive : pour effacer une dette, son oncle la force à épouser un inconnu. Un homme handicapé. Froid. Mystérieux. Le mariage est scellé malgré elle. Mais cet homme n’est pas celui qu’il prétend être. Il sait des choses sur la nuit où tout s’est effondré. Jusqu’où Tina ira-t-elle pour découvrir la vérité sur l’homme qu’elle a épousé… et sur ceux qui ont tué ses parents ?
View MoreCHAPITRE 1: Le destin
Tina
Je suis debout devant la grille de la maison de mon oncle, les pieds enfoncés dans la boue du village, le cœur en miettes.
Il pleut encore. Comme si le ciel savait. Comme s’il voulait laver le sang de mes souvenirs, ce sang que je vois encore derrière mes paupières à chaque battement de cils. Mes parents sont morts hier. Assassinés devant moi. Et aujourd’hui, je dois sourire à un homme qui ne m’a jamais aimée.
Mon oncle. Le frère de mon père. Celui qui parle doucement devant les autres, mais dont les yeux me glacent quand personne ne regarde.
La porte s’ouvre avant que je ne frappe.
— Te voilà enfin, dit-il d’une voix plate.
Je baisse la tête. Pas par respect. Par survie.
— Entre. Ne reste pas sous la pluie comme une mendiante.
Je serre mon vieux sac contre ma poitrine. Il contient toute ma vie. Quelques vêtements usés, une photo de mes parents, le carnet de ma mère, et mon rêve brisé de devenir avocate. Tout le reste est resté là-bas, dans la maison du sang.
À l’intérieur, ça sent le renfermé. La fumée froide. La graisse. Et autre chose. Une odeur amère, comme celle de la haine.
Ma tante apparaît. Elle m’observe de haut en bas.
— Elle a maigri, dit-elle sans émotion.
— Elle mangera quand elle aura mérité son pain, répond mon oncle.
Je ne dis rien. Mes poings se serrent dans les poches de ma robe. Chaque mot est une lame. Chaque silence est une humiliation. Mais je ravale. Je ravale tout, parce que je n’ai nulle part où aller.
On me conduit dans une petite pièce à l’arrière, près de la cuisine. Il y a un matelas posé à même le sol, une couverture grise, et une fenêtre cassée qui laisse entrer le vent.
— C’est ta chambre, dit ma tante avec un sourire froid. Tu ne dérangeras personne ici.
— Merci, dis-je dans un souffle.
Elle éclate de rire.
— Merci ? Tu crois vraiment qu’on te fait une faveur ? Tu es ici pour travailler, pas pour rêver.
Puis elle sort, me laissant seule avec l’odeur de l’humidité et le bruit de la pluie sur les tôles.
Je m’assois sur le matelas. Mon corps tremble. Pas de froid. De rage. Une rage silencieuse, enfouie, qui grandit dans mon ventre comme une bête.
Je regarde mes mains. Elles sont fines. Elles ont tenu des cahiers, des stylos, des livres de droit. Elles ont caressé le visage de ma mère. Elles ne méritent pas ce sol, cette boue, ce mépris.
Mais je dois survivre.
Je me le redis encore et encore : je dois survivre.
Parce qu’un jour, je jure devant cette fenêtre cassée, un jour je deviendrai avocate. Je ferai payer ceux qui ont pris mes parents. Et plus jamais je ne courberai la tête devant des monstres.
La porte s’ouvre brusquement. Mon oncle se tient dans l’embrasure, torche à la main.
— Demain, tu commences le travail à l’aube. Ici, il n’y a pas de place pour les paresseuses.
— Je sais travailler, dis-je sans le regarder.
— Ah oui ? Alors prouve-le.
Il jette une serpillière à mes pieds.
— Tu nettoieras la cuisine, le salon, les toilettes, et tu laveras le linge. Si je vois une tache, tu dors dehors.
Je ne réponds pas. Je serre la serpillière.
Il s’approche, se penche vers moi. Son souffle sent l’alcool.
— Et ne t’avise pas de parler de tes parents ici. Cette maison est propre. Le sang, on n’en veut pas.
Je le regarde enfin. Droit dans les yeux.
— Le sang de mon père coule dans vos veines aussi.
Il me gifle.
La douleur explose sur ma joue. Ma tête part en arrière. Mais je ne tombe pas. Je ne pleure pas. Je me redresse et je le fixe, même si tout brûle à l’intérieur.
— Tu apprendras à te taire, dit-il froidement.
Puis il sort.
Je reste seule, en silence, la joue en feu. Mais il y a une autre chaleur. Celle de la haine. Elle grandit. Elle me donne des forces.
Je pose la serpillière contre le mur. Je m’assois près de la fenêtre. La pluie frappe mon visage. Je regarde la nuit.
Papa, maman… je vous promets. Je ne mourrai pas ici.
Je ne suis pas une victime.
Je suis la fille de ceux qui se sont battus. Et je me battrai.
Demain, je serai une autre. Mais ce soir, je laisse couler une larme. Une seule.
Puis je ferme les yeux.
CHAPITRE 44 — La contre-attaqueTinaTrois jours.C’est le temps qu’il nous aura fallu pour transformer la peur en stratégie.Trois jours à éplucher les dossiers, à recouper les informations, à interroger les anciens contacts d’Ethan, à remonter la trace de Kaelen à travers les années, les villes, les fausses identités. Trois jours à dormir peu, à manger mal, à vivre dans une tension permanente qui noue l’estomac et serre la gorge.Mais ce matin, tout est clair.Nous savons où il se cache. Nous savons comment il opère. Nous savons ce qu’il prépare.Et cette fois, c’est nous qui allons frapper les premiers.Ethan étale une carte sur la grande table du salon. Autour de lui, Malik, mon père, Hélène, Elena et Camille se penchent, silencieux. Je me tiens près de la fenêtre, les bras croisés, le regard fixé sur la forêt qui borde la propriété.— Kaelen se cache dans une vieille usine désaffectée, à la frontière, annonce Ethan. C’est un ancien entrepôt de Viktor. Il l’a récupéré après sa mor
CHAPITRE 43 — La machination de l’ennemiTinaLe mariage est terminé depuis une semaine, et la maison baigne encore dans cette douceur étrange qui suit les grandes joies.Les fleurs fanent doucement dans les vases. Les rubans dorés traînent sur les rambardes. Les rires des invités résonnent encore dans les couloirs comme un écho lointain. Ethan et moi avons repris nos habitudes, mais quelque chose a changé. Quelque chose de subtil, de profond, d’indestructible. Nous ne sommes plus deux survivants qui se tiennent la main dans la tempête. Nous sommes deux personnes liées par un serment, un avenir, une promesse.Et pourtant, malgré cette paix, une ombre plane.Je la sens. Elle est là, tapie dans les coins sombres de la maison, dans les silences trop longs, dans les regards fuyants. Je la sens dans mes rêves, dans mes cauchemars, dans ces instants où mon cœur s’emballe sans raison. Viktor est mort. Devereux est en prison. Le Conseil s’est effondré. Mais tous les monstres ne sont pas tombé
CHAPITRE 42 — Le réveil du lionTinaEthan se réveille avant moi.Je le sens avant même d’ouvrir les yeux. Sa main est posée sur ma joue, légère, presque timide. Son pouce effleure ma peau, trace une ligne invisible, puis s’arrête. Je souris sans ouvrir les yeux.— Tu me regardes dormir ?— Peut-être.— C’est étrange.— C’est rassurant.J’ouvre les yeux. La lumière du matin entre à flots par les rideaux entrouverts. Le lit est chaud. La chambre sent le bois, le linge propre et quelque chose de plus doux encore, une odeur de paix, de sécurité, de maison. Ethan est allongé à côté de moi, le torse nu, la cicatrice de sa blessure encore visible sous les bandages qu’il refuse d’enlever. Il a meilleure mine. Ses yeux ont retrouvé leur éclat. Ses joues ont repris des couleurs. Il est vivant. Vraiment vivant.— Tu as bien dormi ? je demande.— Mieux que depuis des semaines.— Tu as mal ?— Un peu. Mais ça va.— Tu mens.— Je mens.Je ris. Il sourit. Il se penche et m’embrasse. Un baiser doux,
CHAPITRE 41 — Le sang du mariTinaL’hôpital est silencieux, et ce silence-là n’a rien de paisible.Il pèse. Il oppresse. Il s’infiltre dans les couloirs blancs, dans les salles d’attente vides, dans les recoins sombres où les néons grésillent. Les portes claquent au loin. Les pas résonnent. Le temps, lui, semble suspendu, comme s’il refusait d’avancer tant que le sort d’Ethan n’était pas scellé.Je suis assise sur une chaise en plastique, dans une salle d’attente anonyme. Mes mains tremblent. Mes vêtements sont tachés de sang. Son sang. Le sang de l’homme que j’aime.Je ne pleure pas. Pas encore. Les larmes sont là, quelque part, bloquées dans ma gorge, retenues par une peur trop grande pour être nommée. Elles attendent. Elles attendent le verdict. Elles attendent la vie. Ou la mort.Mon père est à côté de moi. Il ne dit rien. Il me prend la main et la serre, fort, très fort, comme s’il cherchait à me retenir à la vie par la seule force de ses doigts.Malik est debout, adossé au mur,






Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.