LOGINCHAPITRE 27 — Le bureau de ZurichTinaLe train file vers Zurich.Les paysages défilent : des lacs bleus, des montagnes enneigées, des villages propres et silencieux. La Suisse est belle. Trop belle. Trop calme. On dirait que rien de mal ne peut arriver ici. Mais je sais que c’est faux. Le mal n’a pas de frontières. Il se cache dans les bureaux dorés, les costumes bien coupés, les sourires parfaits.Je regarde par la vitre. Mon père est assis en face de moi, les yeux fermés. Il n’a pas dormi cette nuit. Ethan est à côté de lui, le visage grave. Malik et Hélène sont restés à Genève, pour surveiller Elena et coordonner l’opération. Elena, elle, est assise à deux rangées de nous, vêtue d’un manteau sombre, les cheveux attachés, le regard fixe. Elle n’a pas dit un mot depuis le départ. Je sais ce qu’elle ressent. La peur. La trahison. La colère. Tout se mélange. Tout brûle.— On arrive dans vingt minutes, dit Ethan.— Le plan est clair ? je demande.— Oui. Elena entre la première. Elle co
CHAPITRE 26 — La vérité à ElenaTinaLe café est presque vide.Quelques étudiants attablés, un serveur fatigué, une musique douce en arrière-plan. Je choisis une table au fond, près d’une baie vitrée qui donne sur la rue. Elena s’assoit en face de moi. Elle croise les bras, le visage fermé, les yeux méfiants. Ses gardes du corps sont restés dehors, à quelques mètres, invisibles mais présents.— Vous avez cinq minutes, dit-elle. Pas une de plus.— Cinq minutes suffiront.— Alors parlez.Je respire profondément. Je sais que chaque mot compte. Je ne dois pas la braquer. Je ne dois pas la menacer. Je dois la faire douter.— Ton père s’appelle Viktor,
CHAPITRE 27 — Le bureau de ZurichTinaLe train file vers Zurich.Les paysages défilent : des lacs bleus, des montagnes enneigées, des villages propres et silencieux. La Suisse est belle. Trop belle. Trop calme. On dirait que rien de mal ne peut arriver ici. Mais je sais que c’est faux. Le mal n’a pas de frontières. Il se cache dans les bureaux dorés, les costumes bien coupés, les sourires parfaits.Je regarde par la vitre. Mon père est assis en face de moi, les yeux fermés. Il n’a pas dormi cette nuit. Ethan est à côté de lui, le visage grave. Malik et Hélène sont restés à Genève, pour surveiller Elena et coordonner l’opération. Elena, elle, est assise à deux rangées de nous, vêtue d’un manteau sombre, les cheveux attachés, le r
CHAPITRE 25 — La fille de l’ennemiTinaNous quittons le petit port de pêche à l’aube.Le ciel est encore gris, la mer silencieuse, les mouettes tournoient au-dessus des vieux entrepôts rouillés. Mon père ferme la porte de sa petite maison pour la dernière fois. Il ne se retourne pas. Il ne regarde pas en arrière. Il monte dans la voiture, à côté d’Ethan, et pose son sac entre ses pieds.Moi, je m’installe à l’arrière. Je regarde la maison s’éloigner, puis disparaître dans la brume. Je ne sais pas si nous y reviendrons un jour. Je ne sais pas si mon père reverra ce refuge. Mais je sais une chose : il est prêt à tout brûler pour me protéger. Et moi, je suis prête à tout brûler pour le venger.Ethan démarre. La route est longue. Nous traversons des villages fantômes, des forêts sombres, des routes de campagne désertes. Personne ne parle. Chacun est plongé dans ses pensées.Au bout de deux heures, mon père brise le silence.— Elena vit à Genève. Elle étudie dans une école de commerce. El
CHAPITRE 24 — Le père retrouvéTinaJe m’effondre dans ses bras.Mon père est vivant et c'est réel.Ses bras m’enveloppent. Je sens son odeur. Une odeur de sel, de bois mouillé, de tabac froid. Une odeur que je croyais oubliée. Une odeur d’enfance. Une odeur de sécurité. Une odeur de maison.— Tina… ma Tina…Sa voix est rauque. Cassée. Il tremble. Je tremble aussi. Nous tremblons ensemble, sur le seuil de cette petite maison de pêcheur, au bout du monde.Je pleure. Je ne peux pas m’en empêcher. Toutes les larmes que j’ai retenues depuis des années coulent d’un coup. La douleur. La colère. Le manque. L’espoir. Tout se mélange. Tout explose.— Je croyais que tu étais mort, dis-je entre deux sanglots. Je t’ai vu tomber. J’ai vu le sang. J’ai tenu ta main. Elle était froide. Je croyais…— Je sais. Je sais, ma chérie. Je suis désolé. Je suis tellement désolé.Il me serre plus fort. Comme s’il avait peur que je disparaisse. Comme s’il avait peur de me perdre une seconde fois.Ethan se tient
CHAPITRE 23 — La route du nordTinaLa voiture file sur l’autoroute, avalant les kilomètres comme si le temps lui-même nous pressait.Le ciel est bas, gris, chargé de nuages lourds qui semblent vouloir s’écraser sur la route. La pluie tombe par intermittence, fine, froide, collante. Les essuie-glaces balaient le pare-brise avec une régularité hypnotique. Je regarde les paysages défiler : des champs vides, des forêts sombres, des villages fantômes, des stations-service abandonnées. La France du nord, ou peut-être déjà la Belgique. Je ne sais plus. Je ne veux plus savoir.Je ne pense qu’à lui.Mon père.Vivant.Quelque part.Sarah a dit qu’il vivait caché dans une petite ville du nord. Qu’il avait changé d’identité. Qu’il m’attendait. Mais elle ne m’a pas donné d’adresse précise. Juste des indices. Des lettres. Des symboles. Une carte.Je sors le carnet de mon père. Je le feuillette pour la centième fois. Les pages sont usées, cornées, couvertes d’une écriture fine et serrée. Des notes,







