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Vous semblez… tendue

Autor: Anatory
last update Fecha de publicación: 2026-08-24 23:33:27

Elle venait de s’arrêter devant les flacons de safran, hésitant entre la marque espagnole et la marque iranienne, quand une silhouette attira son attention dans son champ de vision périphérique. Un homme, à trois mètres d’elle, de dos. Grand, large d’épaules, vêtu d’un pull noir à col roulé qui épousait parfaitement sa musculature. Des cheveux noirs mi-longs, légèrement ébouriffés, comme s’il avait passé la main dedans quelques instants plus tôt.

Son cœur cessa de battre une fraction de seconde
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  • Le maître dominateur   Vous semblez… tendue

    Elle venait de s’arrêter devant les flacons de safran, hésitant entre la marque espagnole et la marque iranienne, quand une silhouette attira son attention dans son champ de vision périphérique. Un homme, à trois mètres d’elle, de dos. Grand, large d’épaules, vêtu d’un pull noir à col roulé qui épousait parfaitement sa musculature. Des cheveux noirs mi-longs, légèrement ébouriffés, comme s’il avait passé la main dedans quelques instants plus tôt.Son cœur cessa de battre une fraction de seconde.Elle connaissait cette silhouette. Elle l’avait vue ailleurs, dans un contexte totalement différent, dans la pénombre tamisée d’une maison où les règles habituelles ne s’appliquaient pas. Elle avait senti ce corps peser sur le sien, ces bras l’enlacer, ces mains explorer chaque parcelle de sa peau avec une lenteur méthodique et dévastatrice.Gabriel Voss.Il était là, dans ce supermarché banal, en train d’examiner un bocal de safran comme le ferait n’importe quel habitant de Rivemont un jeudi

  • Le maître dominateur    Au rayon des épices

    Le départ de James, ce matin-là, laissa derrière lui un silence plus lourd que d’habitude. Elisabeth se tenait sur le seuil de la porte, en peignoir, ses bras croisés contre sa poitrine comme pour se protéger d’un froid qui n’existait pas. Elle regarda son mari monter dans la voiture, claquer la portière, démarrer le moteur. Il lui fit un dernier signe de la main par la fenêtre, un sourire un peu forcé qui n’atteignait pas tout à fait ses yeux, avant de s’engager dans l’allée et de disparaître au coin de la rue. La veille, après le passage des policiers, ils avaient parlé longtemps dans la cuisine, assis face à face autour de leurs tasses de café refroidi.La visite des deux hommes en uniforme avait laissé des traces invisibles mais profondes. Le sergent Ramirez et l’agent Torres, avec leurs questions précises et leurs regards qui semblaient tout enregistrer, avaient insufflé dans la maison une inquiétude diffuse, comme un gaz inodore mais toxique. La disparition de Laura Bertrand, ce

  • Le maître dominateur   Une de vos voisines a disparu avant-hier soir

    La sonnette retentit à 9 heures 12 très précisément.Elisabeth le sait parce qu’elle venait de jeter un coup d’œil à l’horloge murale de la cuisine, celle qui avait appartenu à ses grands-parents et qui faisait un bruit de ferraille fatiguée chaque fois que l’aiguille des minutes avançait. Le timbre de la sonnette un carillon à deux notes, aigu puis grave déchira le silence de la maison avec une brutalité incongrue.James fronça les sourcils, reposa sa tasse.« T’attends quelqu’un ? »« Non. Personne. »Il se leva, traversa le hall d’un pas rapide, et elle l’entendit ouvrir la porte, puis le silence, puis sa voix qui disait « Oui ? » sur un ton méfiant.Elle se leva à son tour, s’approcha de l’entrée sans bruit, et resta dans l’ombre du couloir à observer la scène par-dessus l’épaule de James.Deux hommes se tenaient sur le perron. Leurs uniformes étaient impeccables bleu sombre, badges brillants sur la poitrine, ceinturons noirs cirés avec cette précision militaire qui en impose. Le

  • Le maître dominateur   On évite les dîners futurs

    La question lui vint sans prévenir, acérée comme une lame. Depuis leur arrivée dans cette maison, depuis la première séance chez Sophia Laurent, depuis la signature du contrat, depuis Gabriel, depuis la soirée chez Marie, tout s’était accéléré, emmêlé, brouillé. Les repères qu’elle avait mis des années à construire la fidélité, la stabilité, la prévisibilité du couple s’étaient fissurés les uns après les autres, et elle ne savait plus très bien si c’était une catastrophe ou une libération.Elle entendit James descendre avant même de le voir. C’était ce bruit particulier qu’il faisait dans l’escalier deux marches rapides, une pause, deux marches rapides comme s’il comptait les degrés sans y penser. Il apparut dans l’embrasure de la porte, les cheveux en bataille, le tee-shirt froissé, les yeux encore gonflés de sommeil. Il s’arrêta un instant sur le seuil et la regarda, et dans ce regard il y avait tout à la fois de la tendresse, de l’interrogation, et cette prudence nouvelle qui s’éta

  • Le maître dominateur   C’était donc ça, la vie secrète de Maple Lane

    Le lendemain matin se leva sur Maple Lane comme un vieillard fatigué, traînant derrière lui des nuages bas et lourds qui accrochaient la cime des arbres et promettaient une pluie tenace pour l’après-midi. La lumière qui filtrait à travers les persiennes de la chambre avait cette qualité grise et cotonneuse des jours où le ciel, indifférent aux affaires des hommes, garde ses distances et ses secrets. Elisabeth émergea du sommeil par à-coups, comme on remonte des profondeurs, chaque palier de conscience lui ramenant un peu plus le poids de la veille – cette soirée chez Marie, ces corps qui s’entrelaçaient avec une désinvolture calculée, cette fuite précipitée dans la nuit fraîche, et puis leur étreinte silencieuse, presque désespérée, comme pour se prouver qu’ils existaient encore l’un pour l’autre en dehors de tout cela.Elle resta immobile un long moment, les yeux ouverts sur le plafond où dansaient les reflets pâles du platane secoué par le vent. À côté d’elle, James dormait sur le d

  • Le maître dominateur    C’est quoi ce bordel ?

    Le dîner fut, contre toute attente, délicieux. Le rôti de bœuf, cuit à la perfection, fondait sous la lame du couteau. Les légumes grillés carottes, panais avaient cette saveur caramélisée que seul un four bien maîtrisé peut produire. Le plateau de fromages, généreux et varié, fit l’unanimité. Elisabeth, qui n’avait pas eu grand appétit de la journée, se surprit à manger avec entrain, portée par l’ambiance chaleureuse et les conversations légères.James, de son côté, se révéla brillant. Il raconta avec humour les affres de son nouveau poste le directeur financier qui changeait d’avis tous les quarts d’heure, l’open space où il était impossible de téléphoner sans être entendu de tous et fit rire toute la tablée. Paul, le mari de Claire, se découvrit une passion commune pour le golf, et ils échangèrent longuement sur les mérites comparés des clubs de la région. Même Laura, la belle statue au tailleur noir, se dérida légèrement lorsqu’il évoqua sa mésaventure avec un tableau Excel qui av

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