LOGINChapitre 5
Point de vue du Narrateur
Le lendemain matin, Kieran quitta Avelis avant même que les premières cloches de la ville ne résonnent . Il n’aimait pas rester trop longtemps dans un endroit où trop de personnes connaissaient son nom. La discrétion était une arme. Et ces dernières années, elle l’avait maintenu en vie plus souvent qu’une épée. Son cheval avançait calmement sur la route principale qui quittait la capitale. Le contrat royal était rangé dans une poche intérieure de sa veste, mais il n’avait pas besoin de le relire. Il connaissait sa mission.
Retrouver Serena Alaric.
La ramener à Avelis. Recevoir sa récompense. Simple. Du moins, en apparence. Après plusieurs heures de voyage, Kieran s’arrêta dans un petit village situé à quelques kilomètres de la capitale. Un endroit sans importance sur aucune carte officielle. Mais les petits villages étaient souvent les meilleurs endroits pour obtenir des informations. Les grandes villes étaient remplies de secrets. Les villages, eux, étaient remplis de témoins. Il attacha son cheval devant une auberge modeste et entra. L’endroit était presque vide. Quelques fermiers discutaient près du feu, une vieille femme préparait des boissons derrière le comptoir et un homme dormait sur une table.
Kieran s’approcha du tavernier.
– Une chambre.
L’homme leva les yeux.
Son regard s’attarda une seconde sur l’épée à sa ceinture. Puis sur son visage. Il sembla reconnaître quelque chose.
– Vous êtes un soldat ?
– Non.
– Un voyageur ?
– Non plus.
Le tavernier hésita.
– Alors qu’êtes-vous ?
Kieran posa quelques pièces sur le comptoir.
– Quelqu’un qui pose des questions.
L’homme comprit immédiatement. Dans ce monde, certaines personnes ne demandaient jamais des informations gratuitement. Le tavernier récupéra les pièces.
– Sur qui ?
Kieran sortit un petit portrait. Celui de Serena. Une peinture officielle. Une princesse souriante portant une robe royale. Une image parfaite. Trop parfaite.
Il la posa sur le comptoir.
– Elle.
Le tavernier observa le portrait. Son expression changea légèrement. Pas de surprise. Pas de peur. Plutôt de l’inquiétude.
– Vous êtes avec la garde ?
– Non.
– Avec ceux qui la cherchent ?
– Oui.
Le vieil homme resta silencieux.
Puis il s’appuya contre le comptoir.
– Alors vous devriez faire attention à ce que vous entendez.
Kieran plissa les yeux.
– Pourquoi ?
Le tavernier regarda autour de lui avant de répondre.
– Parce qu’ici, les murs ont des oreilles.
Une phrase qu’il avait déjà entendue mille fois.
Mais cette fois, le ton était différent.
– Parlez.
L’homme soupira.
– La princesse est passée par cette région.
Kieran resta immobile.
Enfin une information utile.
– Quand ?
– Il y a environ deux semaines.
– Seule ?
Le tavernier secoua la tête.
– Non.
Kieran attendit.
– Avec un homme.
– Quel homme ?
Le vieil homme fronça les sourcils.
– Je ne sais pas.
– Décrivez-le.
– Grand. Silencieux. Il portait une cape sombre.
Kieran ne réagit pas.
Mais son esprit analysait déjà chaque détail.
Un garde ?
Un allié ?
Un ravisseur ?
– Où sont-ils allés ?
Le tavernier hésita.
Cette hésitation agaça Kieran.
– Vous savez quelque chose.
– Je sais seulement qu’ils ont pris la route du nord.
– Vers les montagnes ?
L’homme hocha la tête.
– Vers les anciennes terres de Valeron.
Kieran resta silencieux.
Les terres de Valeron.
Une région abandonnée depuis des années.
Peu de voyageurs s’y aventuraient.
Trop dangereuse.
Trop isolée.
Un endroit parfait pour quelqu’un qui voulait disparaître.
Il récupéra le portrait.
– Merci.
Alors qu’il se retournait, une voix l’arrêta.
– Mercenaire.
Kieran se retourna.
Le tavernier le regardait avec une expression étrange.
– Oui ?
L’homme hésita.
Puis il dit :
– La princesse ne ressemblait pas à quelqu’un qui fuyait après avoir commis un crime.
Kieran ne répondit pas.
– Elle ressemblait à quelqu’un qui essayait de survivre.
Le silence s’installa.
Puis Kieran quitta l’auberge. Quelques heures plus tard, il atteignit un sentier abandonné menant vers le nord. Les traces étaient faibles. Mais visibles pour un œil entraîné. Deux chevaux. Un passage récent. Une personne blessée. Il descendit de son cheval et s’agenouilla près du sol. Quelqu’un avait tenté d’effacer les traces. Mais pas assez bien.
Kieran passa ses doigts sur la terre humide.
Un sourire sans joie apparut sur son visage.
– Pas assez prudent.
Il remonta en selle et continua son chemin.
Mais après plusieurs kilomètres, il remarqua quelque chose. Une branche cassée. Une empreinte différente. Quelqu’un d’autre avait suivi le même chemin. Pas Serena. Pas l’homme qui l’accompagnait. Un troisième groupe. Kieran ralentit. Sa main se posa sur son épée. Il connaissait cette méthode. Des chasseurs. Des hommes qui traquaient une cible sans vouloir être vus.
La question était :
Cherchaient-ils Serena ?
Ou cherchaient-ils ceux qui la cherchaient ?
Le vent souffla entre les arbres. Puis un bruit léger retentit derrière lui. Une lame quittant un fourreau.
Kieran se retourna immédiatement.
Une flèche se planta dans l’arbre juste à côté de sa tête.
Il sourit légèrement. Enfin. Le véritable contrat commençait.
A Suivre.........
Chapitre 6Point de vue de KieranJe n’ai jamais aimé les histoires simples. Les histoires simples sont souvent des mensonges bien racontés. Un coupable. Une victime. Un héros. Un méchant. Le monde adore ces versions-là parce qu’elles permettent aux gens de dormir tranquillement. Mais après dix ans passés dans l’ombre, j’avais appris une chose. La vérité n’était jamais aussi propre. Elle était toujours tachée de sang. De regrets. Et de secrets.Je chevauchais depuis plusieurs heures en direction des anciennes terres de Valeron lorsque j’aperçus enfin les premières habitations. Un petit village perdu entre les montagnes. À peine une dizaine de maisons. Pas de garde royale. Pas de noble. Pas de personne assez importante pour attirer l’attention du palais. Exactement le genre d’endroit où quelqu’un pouvait disparaître. Je descendis de cheval et attachai l’animal près d’un arbre. Quelques habitants cessèrent leurs activités en me voyant approcher. Je connaissais ce regard. La méfiance. La
Chapitre 5Point de vue du NarrateurLe lendemain matin, Kieran quitta Avelis avant même que les premières cloches de la ville ne résonnent . Il n’aimait pas rester trop longtemps dans un endroit où trop de personnes connaissaient son nom. La discrétion était une arme. Et ces dernières années, elle l’avait maintenu en vie plus souvent qu’une épée. Son cheval avançait calmement sur la route principale qui quittait la capitale. Le contrat royal était rangé dans une poche intérieure de sa veste, mais il n’avait pas besoin de le relire. Il connaissait sa mission.Retrouver Serena Alaric.La ramener à Avelis. Recevoir sa récompense. Simple. Du moins, en apparence. Après plusieurs heures de voyage, Kieran s’arrêta dans un petit village situé à quelques kilomètres de la capitale. Un endroit sans importance sur aucune carte officielle. Mais les petits villages étaient souvent les meilleurs endroits pour obtenir des informations. Les grandes villes étaient remplies de secrets. Les villages, eu
Chapitre 4 Point de vue du NarrateurDans les royaumes, les guerres ne commençaient pas toujours avec des épées. Parfois, elles commençaient avec une accusation. Un murmure dans un couloir. Une lettre disparue. Un secret enterré trop profondément. Et parfois… Elles commençaient avec un mercenaire qui acceptait une mission qu’il aurait dû refuser. Kieran Drakkar avait passé une grande partie de sa vie à éviter les affaires des royaumes. Les rois changeaient. Les alliances disparaissaient. Les promesses étaient brisées. Mais les contrats, eux, restaient simples. Un objectif. Un paiement. Une fin. C’était ainsi qu’il avait survécu. Pourtant, ce contrat était différent. Pas parce qu’il venait d’un roi. Pas parce que la récompense dépassait largement tout ce qu’il avait reçu auparavant. Mais parce que la personne qu’il devait retrouver n’était pas un simple fugitif. C’était la princesse Serena. Une femme que tout le royaume croyait connaître. Une femme dont le nom était désormais associé
Chapitre 3 Point de vue de KieranAvelis n’avait pas changé. La capitale du royaume était toujours aussi imposante. Des murailles immenses entouraient la ville, des bannières royales flottaient au sommet des tours et les rues étaient remplies de marchands, de soldats et de nobles qui se croisaient sans jamais vraiment se regarder.Mais quelque chose était différent.Une tension invisible pesait sur chaque pierre. Les gens parlaient moins fort. Les soldats étaient plus nombreux aux carrefours. Les regards se détournaient rapidement lorsque quelqu’un portait les couleurs du palais. Un royaume qui avait peur devenait un royaume dangereux. Je descendis de mon cheval devant les grandes portes du palais royal. Deux gardes s’approchèrent immédiatement.– Votre nom ?Je les regardai sans descendre ma capuche.– Vous savez déjà qui je suis.Les deux hommes échangèrent un regard. L’un d’eux fit un pas en avant.– Nous devons vérifier votre identité.Je soupirai intérieurement. Les soldats royaux
Chapitre 2 Point de vue de KieranLa forge de Garrick était toujours le même endroit. Un refuge pour ceux qui cherchaient à disparaître. Un lieu où les hommes fatigués pouvaient poser leurs armes quelques heures avant de reprendre leur route. Mais cette nuit-là, quelque chose était différent. Je le sentais. Garrick ne parlait jamais des affaires du royaume sans raison. Il était un homme qui avait appris à garder le silence. Pendant des années, il avait forgé des lames pour des soldats, des nobles et même des hommes dont les noms ne devaient jamais être prononcés. Il savait reconnaître le danger avant qu’il ne frappe. Je pris la chope qu’il avait posée devant moi, mais je ne bus pas.– Tu sais quelque chose.Ce n’était pas une question. Garrick me fixa quelques secondes avant de détourner le regard vers le feu de la forge.– Je sais beaucoup de choses, Kieran.– Et tu sais aussi que je n’aime pas perdre mon temps.Un léger sourire apparut sur son visage.– Voilà pourquoi tu es toujour
Chapitre 1 , Le MercenairePoint de vue de KieranJe n’ai jamais cru aux héros. Les héros meurent pour une cause. Ils sacrifient leur vie pour un royaume, un roi ou une promesse. Moi, je n’appartiens à personne. J’appartiens seulement à mes contrats. Depuis plus de dix ans, je vends mon épée au plus offrant. Certains me traitent d’assassin, d’autres de mercenaire. Je n’ai jamais cherché à leur donner raison ou tort. Je fais ce que je sais faire. Je tue. La pluie tombait sans relâche sur les falaises de Drekar. Les gouttes glissaient le long de ma cape noire tandis que j’observais le manoir dressé au sommet de la colline. Une dizaine de gardes. Deux archers sur les tours. Quatre hommes patrouillaient dans la cour. Les autres étaient probablement à l’intérieur. Un sourire presque imperceptible étira mes lèvres. Ils étaient trop confiants.Je descendis silencieusement de mon cheval avant de lui caresser l’encolure.– Attends-moi ici.L’animal souffla doucement, comme s’il comprenait chac







