LOGINLe milliardaire qui achetait tout... sauf elle Résumé : Kaelor Veyron obtient toujours ce qu'il veut grâce à son immense fortune. Lorsqu'il veut racheter le dernier domaine dont il a besoin pour construire la plus grande station balnéaire du pays, une femme refuse catégoriquement de vendre. Elyra Solven préfère perdre sa maison plutôt que de céder à un homme qu'elle considère sans scrupules. Humilié, Kaelor lui lance un défi : il lui laisse six mois pour changer d'avis. Mais au fil de leurs affrontements, il découvre que ce domaine cache un secret lié à sa propre famille. Pendant ce temps, un associé qu'il croyait fidèle prépare sa chute et convoite à la fois sa fortune... et Elyra.
View MoreChapitre 1
Kaelor
J'ai appris à huit ans que l'argent pouvait tout acheter.
Mon père me l'a enseigné dans son bureau, une pièce sombre aux rideaux toujours tirés, où le cuir des fauteuils sentait le cigare et le pouvoir. Il tenait un chèque entre ses doigts, un rectangle de papier qu'il agitait doucement comme on agite un jouet devant un enfant capricieux. L'argent est une armure, Kaelor. L'argent est une arme. N'oublie jamais que les gens ne t'aimeront pas pour ce que tu es, mais pour ce que tu possèdes. Ce jour-là, j'ai compris que l'amour n'existait pas, seulement des transactions déguisées.
Aujourd'hui, à la tête d'un empire qui s'étend sur trois continents, je sais qu'il avait raison.
La limousine file dans les rues de la ville, silencieuse comme un requin dans les profondeurs. À travers les vitres teintées, je regarde défiler les immeubles qui portent mon nom, les hôtels dont j'ai signé les actes de propriété, les tours de verre qui grattent le ciel comme des doigts tendus vers un Dieu auquel je ne crois pas. Tout cela m'appartient. Chaque brique, chaque fenêtre, chaque enseigne lumineuse est un trophée accroché au tableau de chasse de ma vie. Je pourrais acheter n'importe quel bâtiment, n'importe quelle entreprise, n'importe quel homme. Je l'ai fait, je le fais, je le ferai encore.
Mon majeur tapote lentement l'accoudoir en cuir noir. C'est un geste machinal, hérité de mon père lui aussi, un tic qui signifie que mon esprit tourne à plein régime, que quelque chose résiste, que quelque chose refuse de se plier à ma volonté. Marcus, mon avocat, est assis en face de moi. Il connaît ce geste, il sait ce qu'il annonce, et je vois ses doigts trembler légèrement sur sa mallette.
— La propriétaire du domaine Solven refuse de vendre, monsieur Veyron. J'ai pourtant proposé le double de la valeur estimée.
Le double. Huit millions pour trente hectares de terre sauvage et une bâtisse qui menace de s'effondrer dans la mer. N'importe qui aurait accepté, n'importe qui aurait signé, n'importe qui aurait empoché le chèque avec cette expression de capitulation soulagée que je connais par cœur. Mais pas elle. Pas cette Elyra Solven dont le nom vient tout juste d'entrer dans ma vie comme une écharde sous la peau.
— Propose le triple.
Ma voix est calme, glaciale, parfaitement contrôlée. Marcus déglutit.
— Elle a refusé de lire les termes de l'offre, monsieur. Elle a dit qu'aucune somme ne la ferait changer d'avis.
Le silence qui suit est plus éloquent qu'un discours. La limousine continue de glisser dans les rues, la ville défile derrière la vitre, et pour la première fois depuis des années, je ressens quelque chose qui ressemble à de la curiosité. Une femme refuse mon argent. Une femme préfère ses pierres à mes millions. Une femme ose me dire non sans même avoir lu ma proposition.
— Qui est-elle ?
Marcus ouvre son dossier, trop heureux d'avoir une réponse à fournir.
— Elyra Solven, vingt-huit ans, célibataire, sans enfants. Elle vit seule dans le manoir familial depuis le décès de ses parents il y a six ans. Pas de dettes connues, pas d'emploi stable. Elle cultive des fleurs sauvages pour les marchés locaux.
Des fleurs sauvages. L'information tourne dans ma tête, incongrue, presque absurde. Une femme qui cultive des fleurs refuse huit millions d'euros. Soit elle est folle, soit elle est bien plus forte que tout ce que j'ai affronté jusqu'ici. La folie ne m'intéresse pas. La force, en revanche...
— Je veux la rencontrer.
— Monsieur, elle a été très hostile avec nos intermédiaires.
— Les intermédiaires n'ont pas mon visage. Les intermédiaires ne savent pas regarder quelqu'un dans les yeux et lui faire comprendre que le refus n'existe pas.
Je tourne la tête vers la fenêtre. La ville s'efface peu à peu, remplacée par les premiers lacets de la route côtière. La mer apparaît entre les collines, grise et houleuse sous le ciel de novembre, et je pense à ce domaine que je n'ai jamais visité, cette dernière pièce qui manque à mon projet, cette résistance inattendue qui provoque en moi une sensation étrange, presque agréable.
Je ne vais pas entrer aujourd'hui. La stratégie exige de la patience. Mais je reviendrai, et quand je reviendrai, Elyra Solven comprendra que personne ne dit non à Kaelor Veyron.
Personne.
Chapitre 49ElyraJe ne sais pas combien de temps nous sommes restés ainsi, enlacés dans le petit salon de la pension, à écouter le bruit de nos respirations mêlées, de nos cœurs qui battaient à l'unisson. Les minutes s'écoulaient, silencieuses et douces, et je sentais la chaleur de son corps contre le mien, la force de ses bras autour de moi, la sincérité de ses larmes qui mouillaient mon épaule. Il pleurait, Kaelor Veyron pleurait, et ces larmes, ces larmes que je n'aurais jamais cru voir couler sur son visage, disaient plus que tous les discours, plus que toutes les promesses.Quand il s'est enfin écarté, ses yeux gris étaient rougis, son visage marqué par la fatigue et l'émotion, mais il y avait en lui quelque chose de changé, quelque chose de profond, quelque chose qui ressemblait à une
Chapitre 48KaelorJe l'ai retrouvée.Après des semaines de silence, des semaines d'absence qui m'ont paru des siècles, des semaines à errer dans un monde vidé de toute couleur, de toute saveur, de tout sens, j'ai enfin su où elle se cachait. Un de mes hommes, un ancien policier discret et efficace, m'a apporté le renseignement un matin, glissé dans une enveloppe anonyme sur mon bureau. Elle s'était réfugiée dans une petite pension de famille, à l'intérieur des terres, loin de la mer, loin de la falaise, loin de tout ce qui pouvait lui rappeler le domaine, loin de tout ce qui pouvait lui rappeler moi.Je n'ai pas hésité une seconde, je n'ai pas pesé le pour et le contre, je n'ai pas préparé de discours. J'ai pris ma voiture, j'ai roulé des heures sous une pluie battante
Chapitre 47KaelorL'arrogance m'a quitté, elle s'est dissoute dans le silence d'Elyra, dans l'absence qui me ronge, dans cette solitude que j'ai moi-même créée. Assis dans mon bureau, au milieu de ce luxe qui ne me procure plus rien, je regarde les murs de verre et d'acier qui m'entourent comme on regarde les barreaux d'une prison. Tout ce que j'ai construit, tout ce que j'ai accumulé, tout ce que j'ai conquis, ne pèse plus rien face à cette vérité brutale : j'ai perdu la seule personne qui comptait, et je n'ai que moi-même à blâmer.Pendant des semaines, j'ai cherché des coupables. Dorian, d'abord, ce traître qui a falsifié le contrat, qui a manipulé Elyra, qui a orchestré ma chute avec une patience de prédateur. Le destin, ensuite, ce hasard cruel qui m'a fait naître dans une famille sans amo
Chapitre 46ElyraJe croyais que partir m'apporterait la paix, que la distance effacerait les souvenirs, que le temps finirait par cicatriser les blessures. Je me trompais, je me trompais lourdement, et chaque jour qui passe me le prouve avec une cruauté que je n'avais pas anticipée.Je me suis installée dans une petite pension de famille, à des centaines de kilomètres du domaine, dans un village où personne ne me connaît, où personne ne me juge, où personne ne me rappelle ce que j'ai laissé derrière moi. La chambre est simple, presque austère, avec ses murs blancs, son lit étroit, sa fenêtre qui donne sur une cour intérieure où un vieux figuier lutte pour survivre. J'ai choisi cet endroit précisément parce qu'il ne ressemble en rien à mon manoir, parce qu'aucun meuble, aucune odeur, aucune l












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