ログインUNE NUIT AVEC MON PATRON, PUIS JE SUIS DEVENUE SA SECRÉTAIRE Après avoir vécu une nuit qu'elle pensait pouvoir oublier, Nélya découvre quelques semaines plus tard qu'elle est enceinte. Elle décide de garder son bébé et de disparaître. Trois ans plus tard, elle décroche enfin le travail dont elle rêvait. Son nouveau patron est Kaël, un milliardaire froid et exigeant. Dès son premier jour, il lui rend la vie infernale. Il critique son travail, lui impose des horaires impossibles et semble prendre plaisir à la pousser à bout. Nélya ne comprend pas pourquoi cet homme la déteste autant. Elle ignore qu'il est l'inconnu de cette fameuse nuit. Kaël, lui, ne la reconnaît absolument pas. Mais son fils possède les mêmes yeux que lui. Lorsque la vérité éclate, Kaël découvre qu'il a passé trois années loin de son propre enfant. Et surtout, il comprend que la femme qu'il maltraitait chaque jour est celle qu'il n'a jamais cessé de chercher.
もっと見るChapitre 1
Nélya
La pluie frappe les vitres du taxi avec une insistance cruelle, et je serre mon vieux manteau contre ma poitrine en regardant les lumières des lampadaires se déformer en une aquarelle tremblante. Le chauffeur m'observe dans le rétroviseur, comme s'il se demandait pourquoi une fille aux chaussures usées se rend à l'adresse d'un palace. Mais ce soir, je n'ai plus le luxe de la fierté, il ne me reste que l'urgence.
Le taxi ralentit devant une façade monumentale, des colonnes de marbre blanc éclairées par des projecteurs dorés. Je paie avec des billets froissés, puis je descends dans l'air glacé qui me gifle. Mes jambes avancent toutes seules vers ce hall immense, un océan de marbre rose et de cristaux suspendus. Mes chaussures trempées laissent des traces humides sur le sol immaculé, criant mon imposture.
Je repère le bar au fond, derrière une forêt de palmiers, et je m'assieds sur le bord d'un fauteuil, le dos droit, les genoux serrés. Je commande une eau gazeuse d'une voix trop aiguë, et le barman hoche la tête sans s'attarder sur mon manteau, comme si je n'existais pas.
J'attends, les minutes épaisses comme de la mélasse, et chaque fois que la porte s'ouvre, mon cœur bondit puis retombe. Je ne sais même pas à quoi il ressemble, juste une voix grave au téléphone, un rendez-vous fixé sans détour.
Et puis je le vois.
Il entre avec l'assurance tranquille des hommes qui possèdent le monde. Grand, une carrure taillée pour les costumes italiens, des cheveux sombres, une mâchoire carrée. Mais ce sont ses yeux qui m'arrêtent, deux éclats d'ambre froid qui balaient la pièce sans s'arrêter sur personne. Il commande un whisky, puis se tourne vers moi une fraction de seconde. Il ne me voit pas vraiment, il m'évalue, me range dans une catégorie invisible, puis il détourne les yeux.
Je devrais me lever, mais mes jambes refusent d'obéir. Sa présence dégage une violence contenue. Il ne m'a pas reconnue, évidemment, et pourtant cette indifférence me blesse. Je ferme les yeux une seconde, et quand je les rouvre, il est devant moi.
— Vous êtes Nélya.
Sa voix est grave, avec un voile d'ennui. J'acquiesce sans un mot.
Il s'assied en face de moi.
— Je n'ai pas beaucoup de temps. Dites-moi ce que vous attendez de moi.
— Je suis venue parce que vous avez dit que vous pouviez m'aider.
— Je peux faire beaucoup de choses, mais je ne fais rien gratuitement.
Il boit une gorgée de whisky, sans me quitter des yeux.
— Je sais ce que vous attendez en échange.
— Vraiment ? Et qu'est-ce que j'attends, selon vous ?
— Vous attendez que je sois avec vous, cette nuit.
Le silence qui suit est si total que j'entends mon propre cœur. Il esquisse un sourire mince, dénué de chaleur.
— Vous êtes plus directe que je ne le pensais.
Il se penche en avant, son parfum m'enveloppant, un mélange de cuir et de santal.
— Et vous croyez vraiment que je vais accepter ?
Je hoche la tête, incapable de parler.
Il tend une main vers mon visage, sans me toucher.
— Regardez-moi, Nélya.
J'obéis, plongeant dans ces yeux d'ambre qui me transpercent.
— Je vais vous demander une dernière fois. Qu'est-ce que vous attendez de moi ?
— Je veux que vous m'aidiez à payer mes dettes. Je suis prête à tout pour ça.
Le mot « tout » flotte entre nous comme un aveu toxique. Il m'observe en silence, puis hoche lentement la tête.
— Très bien. Suivez-moi.
Il se lève, me tend une main. Nos doigts se frôlent, et le contact provoque une décharge électrique. Il m'attire vers lui avec une aisance qui me donne le vertige.
Nous traversons le hall sans un mot, les employés s'inclinent sur son passage. L'ascenseur nous avale dans une cabine tapissée de miroirs où je surprends mon reflet, pâle, les joues fiévreuses. La suite est immense, un salon de marbre, des fenêtres ouvertes sur la ville éclairée. Il me précède dans une chambre tendue de soie grise.
Il s'arrête au centre de la pièce.
— Déshabillez-vous.
Sa voix est calme, presque clinique. Je frissonne, mes doigts tremblant sur les boutons de mon manteau. Quand je suis nue, il tourne autour de moi comme on contemple une œuvre d'art. Je reste immobile, humiliée, mais une chaleur interdite naît sous ma peau.
Il pose une main sur ma hanche, légère, et se penche à mon oreille.
— Vous ne savez pas dans quoi vous venez de vous engager, Nélya.
Son souffle chaud sur ma nuque me fait frissonner. Il dépose un baiser sur mon épaule, puis un autre plus bas, et je ferme les yeux.
Cette nuit ne ressemble à rien de ce que j'ai connu, faite de silences, de gestes précis, de plaisir arraché et de larmes retenues. Je m'accroche à lui comme à une bouée, tandis qu'il me repousse, me ramène, me dompte avec une patience cruelle.
Au matin, la lumière grise filtre à travers les rideaux. Je me réveille dans des draps qui ne sentent que moi. Il est parti.
Sur la table de chevet, une enveloppe blanche, épaisse. Les billets glissent entre mes doigts, et leur odeur me donne la nausée. Je devrais être soulagée, mais tout ce que je ressens est un vide immense.
Je me rhabille lentement, en évitant mon reflet, et je sors sans me retourner. Dans la rue, la pluie a cessé, et la ville s'éveille dans une lumière blafarde.
Je marche longtemps, sans but, et je sais que rien ne sera plus jamais pareil. Une certitude s'installe, douloureuse et définitive : je dois disparaître, oublier cet homme, oublier ce que j'ai fait, oublier jusqu'à mon propre nom.
Et je sais déjà que je n'y parviendrai pas.
Chapitre 59KaëlLa porte s'est refermée. Leurs pas se sont éloignés. Et je reste seul, assis par terre, au milieu des jouets. La petite voiture bleue est encore dans ma main. Je la serre. Je la serre comme si elle pouvait me retenir à cet instant.Puis les larmes viennent. Elles montent de ma poitrine, elles m'étouffent, elles débordent. Je ne les retiens pas. Je ne les cache pas. Je les laisse couler. Sur mes joues. Sur mon costume. Sur le tapis coloré. Je pleure. Pour la première fois depuis des années.Trois ans. Trois ans de sa vie. Trois ans de la mienne. Trois ans que je ne pourrai jamais récupérer.Je pense à tout ce que j'ai manqué. Ses premiers pas. Je l'imagine. Petit. Maladroit. Les bras tendus vers elle. Tombant. Se relevant. Riant. Et moi, je n'étais pas là. Je ne l'ai pas vu. Je ne l'ai pas rattrapé.Ses premier
Chapitre 58NélyaJe les regarde. Liam est assis par terre, au milieu des voitures et des livres, et Kaël est accroupi à côté de lui, maladroit, tendu, mais présent. Il essaie. Je le vois. Il essaie de sourire, de parler doucement, de ne pas effrayer l’enfant. Et Liam, mon Liam, qui ne sait rien de cet homme, qui ne connaît ni son nom ni son histoire, lui tend une voiture bleue.— Prends la bleue. Elle est plus rapide.Kaël la prend. Il la fait rouler sur le tapis. Liam rit. Et ce rire, ce rire clair, innocent, me transperce.— Tu veux jouer avec moi ?— Oui.Ils jouent. Je reste debout, adossée au mur, les bras croisés, et je les observe. Je regarde mon fils. Je regarde cet homme. Et je ne sais pas ce que je ressens. De la colère ? De la fatigue ? De la peur ? Non. Quelque chose d’autre. Quelque chose que je refuse de nommer.P
Chapitre 57KaëlJe l’attends dans la salle de réunion que j’ai fait aménager pour l’occasion. Un canapé, quelques jouets, un tapis coloré. Je ne sais pas ce qui convient à un enfant de trois ans. Je ne sais rien de lui. Je ne sais rien de ce qui le fait rire, de ce qui le rassure, de ce qu’il aime. Et cette ignorance me terrifie.La porte s’ouvre. Nélya entre, la main de Liam dans la sienne. Il porte un petit pull bleu, un jean, des baskets usées. Ses cheveux sont en bataille. Ses yeux immenses balaient la pièce, curieux, prudents.— Bonjour, dit-il en me voyant.Sa voix est claire, légèrement timide. Je m’accroupis, malgré moi. Je veux être à sa hauteur.— Bonjour, Liam.Il me regarde. Longtemps. Et ce regard, je le reconnais. Ce regard, c’est le mien. C’est celui que je vois dans le miroir chaque matin. Et cette évidence me frappe comme une lame. Je lutte pour ne pas détourner les yeux. Je lutte pour ne pas pleurer.— Tu es
Chapitre 56NélyaJe le vois. Pas par hasard. Je le cherche, malgré moi. Depuis quelques jours, je le regarde autrement. Je guette ses silences, ses absences, la manière dont il baisse la tête quand il croit que personne ne le voit. Et aujourd’hui, je le vois. Dans le couloir, adossé au mur, les yeux fermés, le visage défait. Il ne sait pas que je suis là. Il ne sait pas que je l’observe. Et cette vision me bouleverse plus que je ne voudrais l’admettre.— Monsieur ?Il sursaute. Il ouvre les yeux. Il me regarde. Et je vois dans ses prunelles une douleur si profonde qu’elle me coupe le souffle.— Nélya.Sa voix est rauque. Brisée. Il se redresse, il ajuste sa veste, il tente de reprendre contenance. Mais je vois ses mains trembler.— Vous allez bien ?La question sort toute seule. Je ne voulais pas la poser. Je ne voula
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