ANMELDENChapitre 53
Léana
Le médaillon est enfoui sous une pile de vieux gants dans la commode de maman, là où je ne pensais pas le trouver. Mes doigts se referment sur le métal froid, et je le sors avec une lenteur infinie, le cœur battant soudain trop fort. C'est un ovale en or usé, celui que maman portait toujours avant l'accident, celui que je croyais perdu à jamais. Il est plus lourd que dans mes sou
Chapitre 55ZeyronLa carte mémoire est si petite que je crains de l'écraser entre mes doigts. Je l'insère dans l'adaptateur que Félix m'a apporté, le cœur battant une chamade sourde et irrégulière, et je me force à rester immobile pendant que l'ordinateur portable reconnaît le périphérique. Léana se tient debout près de la fenêtre, les bras croisés sur sa poitrine, le visage pâle dans la lumière bleutée de l'écran. Elle n'a pas prononcé un mot depuis que nous sommes entrés dans la bibliothèque, mais je sens son regard peser sur moi, chargé d'une attente qui me brûle comme un fer rouge.— C'est bon, dis-je en ouvrant le dossier qui apparaît sur le bureau.Un seul fichier vidéo. Court, quelques minutes à pein
Chapitre 54SélèneLa nouvelle me parvient au milieu de la nuit, par un message crypté de mon contact à l'intérieur de la villa. La carte mémoire existe toujours. Elle est entre les mains de Léana Delacourt, la petite garce qui n'aurait jamais dû survivre à l'accident de ses parents, et Zeyron l'a mise à l'abri. Je lis le message une fois, deux fois, trois fois, et mon sang se glace dans mes veines avant de se transformer en un torrent de fureur brûlante qui me monte au visage.Mon allié m'a menti. Il m'a affirmé que la carte avait été détruite, que toutes les preuves avaient disparu dans l'incendie de la voiture, que plus rien ne pouvait me relier à ce qui s'est passé. Et pendant tout ce temps, cette enfant se promenait avec mon avenir dans sa poche, souriait devant les caméras, se croyait en sécurité alors qu'elle détenait le moyen de me détruire. La haine me submerge, si violente qu'elle en est presque douloureuse, et
Chapitre 53LéanaLe médaillon est enfoui sous une pile de vieux gants dans la commode de maman, là où je ne pensais pas le trouver. Mes doigts se referment sur le métal froid, et je le sors avec une lenteur infinie, le cœur battant soudain trop fort. C'est un ovale en or usé, celui que maman portait toujours avant l'accident, celui que je croyais perdu à jamais. Il est plus lourd que dans mes souvenirs, comme chargé de secrets.Je l'ouvre d'une pression du pouce, retenant mon souffle. À l'intérieur, là où se trouvaient les photos minuscules de papa et moi, il n'y a plus qu'une minuscule carte mémoire, glissée dans le logement prévu pour les portraits. Elle est si petite que je pourrais la confondre avec un grain de riz, et pourtant elle me semble contenir tout le poids du monde.Je referme
Chapitre 52NoreyaJe le surprends à l'aube, dans la bibliothèque, penché sur des documents qu'il s'empresse de retourner dès que j'apparais sur le seuil. Son geste est rapide, presque imperceptible, mais je l'ai vu. J'ai vu ses doigts se crisper sur les feuilles, sa nuque se raidir, ses épaules se voûter comme si je venais de le prendre en faute. Il relève la tête, les yeux cernés, le visage creusé par une nuit sans sommeil, et il m'adresse un sourire qui ne trompe personne.— Vous êtes déjà levée, dit-il d'une voix qu'il essaie de rendre naturelle.— Je n'ai pas dormi. Pas plus que vous, visiblement.Je m'avance dans la pièce, les bras croisés sur ma poitrine, le cœur battant une chamade que je m'efforce de contenir. La bibliothèque sent la cire
Chapitre 51ZeyronLes mots de Camille tournent en boucle dans mon crâne depuis que Léana est revenue de Neuilly, tremblante, une lettre froissée entre les doigts. Ne fais confiance à personne, pas même à ceux que tu aimes le plus. Cette phrase, écrite de la main de la femme de mon meilleur ami, me hante comme une condamnation. Elle savait. Elle savait que la menace venait de l'intérieur, de quelqu'un qui connaissait leurs habitudes, leurs cachettes, leurs peurs. Et moi, aveuglé par ma propre culpabilité, je n'ai rien vu venir.Je m'enferme dans la bibliothèque dès que la maison retombe dans le silence. Les volets sont fermés, les lampes éteintes, seule la lueur de mon ordinateur portable éclaire les dossiers éparpillés sur le bureau. Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas voir le visage de Noreya se referm
Chapitre 50LéanaJe n'aurais jamais dû revenir ici.La cachette se trouve dans l'ancienne serre du jardin de Neuilly, sous une dalle descellée que papa m'avait montrée quand j'étais petite, en me faisant jurer de ne jamais en parler. À l'époque, je croyais que c'était un jeu, une chasse au trésor, un secret entre nous. Aujourd'hui, agenouillée dans la terre humide, les doigts tremblants, je comprends que c'était bien plus que cela. C'était une précaution. Un ultime rempart contre l'inévitable.Le coffre est là, enfoui sous la mousse, un coffret métallique que la pluie a commencé à ronger. Mon cœur bat si fort que je l'entends résonner dans mes tempes, et mes mains refusent de m'obéir quand je glisse la clé dans la serrure. Elle tourne avec un déclic qui me paraît plus fort qu'un coup de tonnerre. J'ouvre le couvercle.Il est vide.Le choc me coupe le souffle







