Mag-log in5 - La Vérité Commence
Leilani resta figée derrière le rideau. Une. Deux. Trois. Quatre berlines noires s'arrêtèrent devant la maison. Les portières s'ouvrirent presque au même moment. Les mêmes hommes descendirent des véhicules. Toujours aussi élégants. Toujours aussi silencieux. Mais cette fois, ils étaient beaucoup plus nombreux. Leilani sentit son cœur battre contre sa poitrine. Elle recula instinctivement. Ses yeux se posèrent sur les photographies éparpillées sur la table du salon. Son père... Sa mère... Et ces hommes portant tous le symbole de la rose noire. Elle n'était plus certaine de connaître les personnes qui l'avaient élevée. Une nouvelle sonnerie retentit. Puis une deuxième. Cette fois, personne ne parla. Ils attendaient simplement. Leilani prit une profonde inspiration. Son père lui avait écrit :
"Quand ils viendront te chercher... écoute-les avant de les juger."
Elle regarda une dernière fois la lettre. Puis se dirigea vers la porte. Sa main resta quelques secondes sur la poignée. Elle inspira profondément. Et ouvrit.
Le plus âgé des hommes inclina légèrement la tête.
- Bonsoir, Mademoiselle Sterling.
Leilani ne répondit pas. Elle les observa un à un. Aucun ne semblait armé. Leurs visages étaient impassibles.
- Vous avez cinq minutes, dit-elle froidement.
- Cela suffira.
L'homme fit un pas en avant.
- Permettez-moi de me présenter. Je m'appelle Arthur Graves.
- Je n'ai jamais entendu votre nom.
- C'est normal.
- Que me voulez-vous ?
Arthur sortit lentement une carte de sa poche. Il la tendit à Leilani. Elle la prit avec méfiance. La carte était entièrement noire. Aucun numéro. Aucune adresse. Seulement une rose noire gravée en relief.
- C'est quoi, exactement ?
- L'emblème de notre organisation.
Leilani leva les yeux.
- Quelle organisation ?
Arthur resta silencieux quelques secondes. Comme s'il choisissait soigneusement ses mots.
- La Rose Noire.
Le nom résonna dans l'esprit de Leilani.
"La... Ro..."
C'était ce que son père avait essayé de lui dire à l'hôpital.
Ses jambes semblèrent se dérober.
- Mon père...
- Oui.
- Il essayait de me parler de vous.
Arthur acquiesça.
- Charles Sterling nous connaissait depuis très longtemps.
- Vous mentez.
- Non.
- Mon père ne m'a jamais parlé de vous.
- Parce qu'il voulait vous protéger.
Leilani sentit monter la colère.
- Me protéger de quoi ?
Arthur baissa légèrement les yeux.
- De votre véritable héritage.
Le silence s'installa. Le vent faisait doucement bouger les arbres du jardin. Plus personne ne parlait.
- Entrez, finit-elle par dire.
Arthur entra seul. Les autres restèrent dehors. Il observa discrètement la maison. Son regard s'arrêta quelques secondes sur une photographie de Charles et Leilani. Un voile de tristesse traversa son visage.
- Charles était un homme honorable.
- Vous le connaissiez vraiment ?
- Depuis plus de vingt-cinq ans.
Leilani serra les poings.
- Alors dites-moi la vérité.
Arthur prit place dans un fauteuil.
- Tout ce que je peux vous dire aujourd'hui, c'est que votre père appartenait autrefois à notre organisation.
Le monde sembla s'arrêter.
- Non...
- Si.
- Impossible.
- Il a quitté nos rangs le jour de votre naissance.
Le souffle de Leilani se coupa.
- Pourquoi ?
- Pour vous élever loin de nous.
Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Toute sa vie... Toute sa vie reposait sur un mensonge.
- Ma mère aussi ?
Arthur hésita.
- Je ne suis pas autorisé à répondre à cette question.
- Pas autorisé par qui ?
Il resta silencieux.
Leilani tapa du poing sur la table.
- Arrêtez de parler par énigmes !
Arthur la regarda avec calme.
- Je comprends votre colère.
- Non... vous ne comprenez rien !
Elle se leva brusquement.
- Depuis la mort de mon père, tout le monde me cache quelque chose !
Arthur sortit alors une petite boîte de sa veste. En bois noir. Il la posa délicatement sur la table. Leilani reconnut immédiatement le motif gravé sur le couvercle. Une rose noire.
- Charles m'a demandé de vous remettre ceci uniquement si vous acceptiez de m'écouter.
- Qu'est-ce qu'il y a dedans ?
- Je ne le sais pas.
- Vous ne l'avez jamais ouverte ?
- Non.
- Pourquoi ?
Arthur la regarda droit dans les yeux.
- Parce qu'elle vous appartient.
Leilani prit lentement la boîte. Elle était étonnamment lourde. Ses doigts glissèrent sur le fermoir. Elle hésita. Puis l'ouvrit. À l'intérieur reposait un médaillon en argent. Sous le médaillon se trouvait une photographie. Leilani la prit. Son souffle se bloqua. Elle représentait un homme. Grand. Élégant. De dos. Impossible de voir son visage. Au dos de la photo, une phrase était écrite de la main de Charles.
"Le jour où tu rencontreras cet homme... ta vie changera à jamais."
Sous cette phrase figurait un seul nom.
Cameron Kingsley.
A SUIVRE.........
6 - Le Nom Qu'elle N'aurait Jamais Dû LireLeilani resta immobile, les yeux rivés sur le nom inscrit au dos de la photographie.Cameron Kingsley.Elle le relut une deuxième fois. Puis une troisième. Ce nom ne lui disait absolument rien. Pourtant, en le voyant écrit de la main de son père, une étrange sensation s'empara d'elle. Comme si ce simple prénom portait un poids qu'elle ne comprenait pas encore. Elle releva lentement la tête vers Arthur.- Qui est Cameron Kingsley ?L'homme demeura silencieux.- Je vous ai posé une question.Arthur poussa un léger soupir.- Je ne suis pas la personne qui doit répondre à cette question.Leilani sentit la colère monter.- Encore !Elle posa brutalement la photographie sur la table.- Depuis que mon père est mort, personne ne me donne une réponse claire !- Je comprends votre frustration.- Non, vous ne la comprenez pas !Elle fit quelques pas dans le salon avant de revenir vers lui.- Vous arrivez ici sans prévenir. Vous me dites que mon père ap
5 - La Vérité CommenceLeilani resta figée derrière le rideau. Une. Deux. Trois. Quatre berlines noires s'arrêtèrent devant la maison. Les portières s'ouvrirent presque au même moment. Les mêmes hommes descendirent des véhicules. Toujours aussi élégants. Toujours aussi silencieux. Mais cette fois, ils étaient beaucoup plus nombreux. Leilani sentit son cœur battre contre sa poitrine. Elle recula instinctivement. Ses yeux se posèrent sur les photographies éparpillées sur la table du salon. Son père... Sa mère... Et ces hommes portant tous le symbole de la rose noire. Elle n'était plus certaine de connaître les personnes qui l'avaient élevée. Une nouvelle sonnerie retentit. Puis une deuxième. Cette fois, personne ne parla. Ils attendaient simplement. Leilani prit une profonde inspiration. Son père lui avait écrit :"Quand ils viendront te chercher... écoute-les avant de les juger."Elle regarda une dernière fois la lettre. Puis se dirigea vers la porte. Sa main resta quelques secondes su
4 - Les Hommes en NoirLe cœur de Leilani battait si fort qu'elle avait l'impression que les inconnus pouvaient l'entendre de l'autre côté de la porte. Elle resta figée devant le judas. Ils étaient six. Tous vêtus d'un costume noir impeccable. Tous parfaitement immobiles. Le plus âgé semblait avoir une soixantaine d'années. Ses cheveux gris étaient soigneusement coiffés, et son visage affichait une expression calme qui contrastait avec le malaise qu'il inspirait. Les cinq autres se tenaient légèrement en retrait. Aucun ne parlait. Aucun ne bougeait. Comme s'ils attendaient simplement qu'on leur ouvre. La sonnette retentit une nouvelle fois. Leilani recula d'un pas. Son premier réflexe fut d'attraper son téléphone. Ses doigts tremblaient tellement qu'elle manqua de le faire tomber. Elle composa le numéro de la police. Puis s'arrêta. Qu'allait-elle leur dire ? "Bonjour, des hommes en costume sont devant chez moi." Ils lui demanderaient s'ils avaient tenté d'entrer. Ce n'était pas le ca
3 - L'Héritage de Charles SterlingLe ciel était d'un gris oppressant le jour des funérailles. Comme si la pluie elle-même hésitait à tomber. Vêtue d'une robe noire, Leilani restait immobile devant le cercueil de son père. Ses yeux étaient rougis par les larmes, mais elle n'en versait plus. Elle avait pleuré toute la nuit. Désormais, elle se sentait vide. Autour d'elle, des proches, des voisins et quelques anciens collègues de Charles venaient lui présenter leurs condoléances.- Toutes nos pensées sont avec vous.- Votre père était un homme exceptionnel.- Il parlait de vous avec tellement de fierté.Leilani répondait par un simple hochement de tête. Les mots n'avaient plus de sens. Lorsque la cérémonie prit fin, elle attendit que tout le monde s'éloigne avant de s'approcher une dernière fois du cercueil. Elle posa délicatement une main dessus.- Tu m'avais promis qu'on partirait en voyage cet été...Sa voix se brisa.- Tu m'avais promis qu'on aurait encore du temps.Un sanglot lui éc
2 - Les Derniers MotsLes jours qui suivirent passèrent avec une étrange lenteur. En apparence, tout était redevenu normal. Charles préparait le petit-déjeuner comme chaque matin. Il insistait pour accompagner Leilani lorsqu'elle allait déposer un dossier de candidature. Le soir, ils dînaient ensemble devant un vieux film qu'ils connaissaient presque par cœur. Mais quelque chose avait changé. Leilani le sentait. Son père souriait toujours. Il riait toujours à ses blagues. Pourtant, son regard semblait ailleurs. Il vérifiait sans cesse que les portes étaient verrouillées. Il regardait par la fenêtre au moindre bruit. Et plusieurs fois, Leilani le surprit à observer une vieille montre à gousset qu'il gardait dans la poche intérieure de sa veste. Un objet qu'elle ne lui connaissait pas. Un soir, alors qu'ils terminaient le dîner, Leilani posa enfin la question qui lui brûlait les lèvres depuis plusieurs jours.- Papa... est-ce que tu as des ennuis ?Charles leva les yeux vers elle.- Po
1 - Les Derniers Jours de PaixLe soleil de la fin d'après-midi baignait la maison des Sterling d'une lumière chaleureuse. Située dans un quartier calme, loin du tumulte du centre-ville, elle n'avait rien d'extraordinaire. C'était une demeure simple, remplie de souvenirs, de rires et d'amour. Pour Leilani Sterling, c'était le seul endroit où elle s'était toujours sentie en sécurité. Assise devant son ordinateur portable, elle relisait pour la troisième fois une lettre de motivation avant de cliquer sur le bouton Envoyer. Elle souffla doucement.- Encore une candidature...Depuis qu'elle avait obtenu son diplôme en communication, elle enchaînait les entretiens sans jamais décrocher le poste qu'elle espérait. Elle refusait pourtant de baisser les bras. Son père lui avait toujours appris qu'il fallait continuer d'avancer, même lorsque les portes semblaient rester fermées. La voix de Charles résonna depuis la cuisine.- Leilani ! Tu peux venir deux minutes ?- J'arrive !Elle descendit l







