LOGINChapitre 51IlaryaL'article est publié à la une du Courrier de Maëlancourt le lendemain matin, un torchon à scandale que personne n'admet lire mais que tout le monde commente, et la nouvelle m'arrive avant même que j'aie fini mon premier café, portée par mon assistant qui dépose le journal sur la table de mon suite d'hôtel avec des gestes d'entrepreneur de pompes funèbres.Le titre barre la moitié de la page en caractères gras, une accusation à peine voilée qui ne cite aucun fait précis mais qui distille le poison avec une efficacité redoutable, et je le lis une fois, deux fois, trois fois, mes yeux parcourant les lignes sans ciller, mon visage impassible, mon cœur qui bat plus vite mais que je refuse d'écouter. Les mots « malversations », « origine suspecte », &l
Chapitre 50DaphnéLa soirée touche à sa fin, et je suis furieuse.Pas de cette colère explosive qui fait trembler les murs et claquer les portes, non, d'une colère froide, calculée, beaucoup plus dangereuse, qui se niche au creux de ma poitrine et qui attend son heure pour frapper. Cassian est rentré au palais sans un mot, le visage fermé, les yeux perdus dans le vague, et il s'est enfermé dans son bureau sans même me souhaiter bonne nuit, sans même écouter ce que j'avais à lui dire sur cette femme qui a gâché notre soirée et qui menace de gâcher bien plus que cela.Ilarya Noctis. La Dame d'Obsidienne. Une femme sortie de nulle part, sans passé, sans famille, sans attache, qui a bâti un empire en trois ans et qui se permet de venir défier mon frère sur son pro
Chapitre 49IlaryaJe me lève de ma chaise avec la lenteur calculée d'une reine qui abandonne son trône, et je quitte la salle de bal sans un regard en arrière, sans un mot pour les hommes qui m'entouraient, sans rien qui puisse trahir le tumulte qui fait rage dans ma poitrine.Mes talons claquent sur le marbre avec une régularité de métronome, et je traverse la foule des invités qui s'écartent sur mon passage, certains par respect, d'autres par crainte, d'autres encore par cette curiosité malsaine que suscitent les êtres qui ne ressemblent à personne. Les lustres de cristal continuent de diffuser leur lumière dorée, la musique continue de jouer, les conversations continuent de bourdonner, mais tout cela me semble lointain, irréel, comme si je regardais une scène à travers une vitre épaisse qui &eac
Chapitre 51IlaryaL'article est publié à la une du Courrier de Maëlancourt le lendemain matin, un torchon à scandale que personne n'admet lire mais que tout le monde commente, et la nouvelle m'arrive avant même que j'aie fini mon premier café, portée par mon assistant qui dépose le journal sur la table de mon suite d'hôtel avec des gestes d'entrepreneur de pompes funèbres.Le titre barre la moitié de la page en caractères gras, une accusation à peine voilée qui ne cite aucun fait précis mais qui distille le poison avec une efficacité redoutable, et je le lis une fois, deux fois, trois fois, mes yeux parcourant les lignes sans ciller, mon visage impassible, mon cœur qui bat plus vite mais que je refuse d'écouter. Les mots « malversations », « origine suspecte », « fortune
Chapitre 48CassianJe suis resté debout près de la scène pendant de longues minutes après qu'elle a détourné les yeux, incapable de bouger, incapable de penser à autre chose qu'à ce regard qui m'a transpercé comme une lame et qui continue de me brûler longtemps après s'être détourné.La salle de bal continue de tourner autour de moi comme un manège dont je ne maîtrise plus la vitesse. Les conversations se mêlent en un bourdonnement indistinct, les rires fusent comme des bulles de champagne, la musique lointaine du quatuor à cordes tisse une mélodie mélancolique qui flotte au-dessus des têtes, et je suis là, planté au milieu de cette foule élégante, incapable de me concentrer sur quoi que ce soit d'autre que cette femme vêtue de noir assise à
Chapitre 47IlaryaIl est là, debout devant moi, et je ne tremble pas. C'est la première pensée qui me traverse l'esprit quand je lève les yeux vers Cassian Veyrenc, cet homme qui a été mon mari, mon bourreau, mon fantôme, et qui se tient maintenant à quelques centimètres de moi sans savoir qui je suis, sans deviner que la femme qu'il regarde avec cette curiosité mêlée de trouble est la même que celle qu'il a épousée, ignorée et finalement rejetée comme un contrat devenu obsolète.— Vous êtes une femme difficile à cerner, Madame Noctis, dit-il en penchant légèrement la tête sur le côté, un geste que je lui ai vu faire des centaines de fois pendant nos six années de mariage, un geste qui signifie qu'il est intrigué, qu'il est inté
Chapitre 14AlixiaLe matin se lève sur Maëlancourt comme une mauvaise plaisanterie, pâle et gris, chargé d'une lumière laiteuse qui filtre à travers les rideaux de velours sans parvenir à réchauffer la chambre. Je n'ai pas dormi. J'ai passé la nuit assise au bord du lit, les yeux fixés sur les écl
Chapitre 12CassianLa salle de bal tourne autour de moi comme une horloge parfaitement réglée, et j'en suis le pivot immobile.Je tiens une flûte de champagne que je ne bois pas, mes doigts serrés autour du cristal taillé avec une précision mécanique, et je regarde la foule qui ondule devant moi s
Chapitre 11AlixiaLa robe ambrée est une armure de soie liquide.Elle glisse sur ma peau comme une caresse interdite, épousant mes courbes avec une précision qui me coupe le souffle. Le corsage est brodé de fils d'or qui scintillent à la lueur des bougies, des arabesques délicates qui courent sur
Chapitre 10DaphnéLe grand salon est une ruche en ébullition, et j'adore ça.Les fleuristes s'affairent autour des compositions monumentales qui orneront les tables du gala, des cascades d'orchidées blanches et de roses pourpres qui embaument l'air d'un parfum entêtant. Les techniciens règlent les







