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Chapitre 11 : Sous les projecteurs

Author: Morgane CTS
last update Last Updated: 2026-02-13 03:51:45

La salle de presse du siège de Castille Holdings était bondée, saturée par une chaleur humaine étouffante et l'odeur métallique du matériel électronique. Le bourdonnement incessant des conversations privées, le cliquetis des réglages d'objectifs et le sifflement des micros que l'on testait créaient une cacophonie nerveuse qui me donnait le vertige. Derrière le rideau de velours sombre de la scène, j'ajustais frénétiquement les pans de mon tailleur crème. C’était une pièce d'une élégance sobre,
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    Le fracas du verre brisé résonnait encore dans mes oreilles, un écho assourdissant qui semblait faire vibrer les murs de la pâtisserie. Pendant quelques secondes, le monde s'était transformé en un tourbillon de violence. Julien s’était jeté sur le premier assaillant avec une fureur animale que je ne lui soupçonnais pas. Ce n'était plus le milliardaire froid, l'homme des conseils d'administration qui déplaçait des pions sur un échiquier financier. C'était un homme protégeant son territoire, un prédateur défendant ce qu'il avait de plus précieux.Le combat fut bref, mais d'une brutalité inouïe. Les coups sourds des battes de baseball contre le bois des comptoirs se mêlaient aux grognements de douleur. Julien, malgré son manque d'entraînement apparent, utilisait son poids et sa rage pour repousser les deux ombres cagoulées vers la sortie béante. Dans la mêlée, au milieu des débris qui jonchaient le sol, l'un des agresseurs brandit un éclat de verre de la vitrine — une pointe acérée et tr

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    Il était trois heures du matin, l'heure où le monde semble s'arrêter de respirer, sauf dans les cuisines. Mes yeux me brûlaient comme si on y avait jeté du sable, mes bras me faisaient l'effet de deux blocs de plomb fondu, et mon dos n'était plus qu'une longue plainte sourde. Il me restait encore deux cents miniatures à garnir, à glacer et à décorer. La chaleur des fours rendait l'air moite, saturé d'une odeur de beurre et de sucre qui, pour la première fois de ma vie, me donnait la nausée. La fatigue commençait à me faire vaciller, les contours de la pièce devenant flous sous la lumière crue des néons.C’est à ce moment-là, alors que je luttais pour ne pas laisser tomber ma poche à douille, que la clochette de la porte tinta, un son cristallin qui déchira le silence de la nuit.Je sursautai violemment, le cœur bondissant dans ma gorge, et je saisis par réflexe un couteau d'office posé sur le plan de travail. Mais ce n'était pas un agresseur errant dans les rues désertes de Paris. C'é

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    Le lendemain matin, la réalité me frappa avec la force brutale d'un marteau-piqueur. Je n'avais pas dormi dans les draps de soie à mille fils du penthouse, mais sur un vieux sac de farine dans l'arrière-boutique, enveloppée dans mon manteau encore humide. Le froid du sol en béton s'était infiltré dans mes os, et chaque muscle de mon corps criait sa protestation. L'odeur de brûlé, ce mélange âcre de bois calciné et de désespoir, flottait toujours dans l'air, malgré le courant d'air glacial qui s'engouffrait par la porte arrière.Pourtant, en me levant avec peine, je constatai que les ouvriers de Julien avaient fait un travail remarquable avant que je ne les renvoie violemment la veille : la vitrine brisée par Stan avait été remplacée par un verre épais, impeccable, qui reflétait les premières lueurs grises de l'aube parisienne.Je n'avais plus rien. Pas de téléphone — je l'avais jeté de rage dans une flaque d'eau en quittant la tour Onyx — pas d'argent liquide sur moi, et plus de fianc

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