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Chapitre 1 –, Une Opportunité Inespérée
La pluie s’abattait sur le campus depuis le début de l’après-midi. Les étudiants traversaient la cour en courant, cherchant à s’abriter sous les auvents des bâtiments. Au milieu de cette agitation, Annabelle Delcourt avançait d’un pas rapide, un épais manuel de droit serré contre sa poitrine.
Elle venait de passer près de cinq heures à la bibliothèque. Les examens approchaient à grands pas et elle ne pouvait pas se permettre de perdre du temps. Chaque bonne note la rapprochait un peu plus de son objectif.
Depuis son entrée à l’université, elle s’était promis une chose : réussir par ses propres moyens.
Sa mère faisait déjà assez de sacrifices pour elle. Il était hors de question qu’elle lui demande davantage.
Alors qu’elle descendait les marches du bâtiment principal, son téléphone vibra dans la poche de son manteau.
Elle s’arrêta sous un porche pour consulter la notification.
Un courriel de l’administration.
Elle ouvrit aussitôt le message.
Mademoiselle Annabelle Delcourt,
Votre présence est requise aujourd’hui avant dix-sept heures au bureau du doyen Philippe Lambert.
Aucune absence ne sera acceptée.
Annabelle relut le message deux fois.
Son cœur se serra.
Pourquoi le doyen voulait-il la voir ?
Elle n’avait reçu aucun avertissement.
Ses résultats étaient excellents.
Elle n’avait eu aucun problème disciplinaire.
Pendant le reste de l’après-midi, cette convocation ne quitta plus son esprit.
À seize heures quarante-cinq, elle se présenta devant le bâtiment administratif.
Le bureau du doyen occupait le dernier étage.
Les murs étaient décorés de portraits des anciens directeurs de l’université. L’endroit respirait le calme et le prestige.
Elle frappa doucement à la porte.
– Entrez.
Annabelle poussa la porte.
Le professeur Philippe Lambert leva les yeux de son bureau et lui adressa un sourire bienveillant.
– Bonjour, Mademoiselle Delcourt. Installez-vous.
Elle prit place face à lui.
– Vous vouliez me voir, monsieur ?
– En effet.
Le doyen ouvrit un dossier soigneusement rangé devant lui.
– Avant toute chose, permettez-moi de vous féliciter.
Annabelle fronça légèrement les sourcils.
– Me féliciter ?
– Vos résultats universitaires sont remarquables. Vos professeurs parlent de vous comme d’une étudiante sérieuse, disciplinée et particulièrement brillante.
Elle baissa légèrement les yeux, un peu gênée.
– Merci.
Le doyen fit glisser une chemise cartonnée jusqu’à elle.
– Ce dossier vous concerne.
Annabelle l’ouvrit avec précaution.
Les premières pages portaient son nom.
Puis elle aperçut plusieurs documents officiels accompagnés d’un logo qu’elle ne reconnaissait pas.
– De quoi s’agit-il ?
– D’un programme universitaire très particulier.
Le professeur croisa les mains.
– Chaque année, une fondation privée sélectionne quelques étudiants dans tout le pays afin de financer la totalité de leurs études.
Annabelle écoutait sans interrompre.
– En plus de cette aide financière, les étudiants retenus bénéficient d’un logement entièrement pris en charge dans une résidence privée proche de l’université.
Elle releva brusquement la tête.
– Un logement ?
– Exactement.
Elle resta silencieuse.
Tout cela paraissait irréel.
– Je crois qu’il y a une erreur.
Le doyen sourit.
– Il n’y en a aucune.
– Pourquoi moi ?
Cette fois, le professeur hésita quelques secondes.
– Malheureusement, je ne peux pas répondre à cette question.
Annabelle le regarda sans comprendre.
– Comment ça ?
– L’université ne choisit pas les bénéficiaires. Nous recevons simplement les dossiers déjà validés par la fondation.
– Vous ne connaissez même pas leurs critères ?
– Non.
Ce détail la troubla immédiatement.
Une fondation qui distribuait des bourses aussi importantes sans expliquer ses critères de sélection…
Cela lui semblait étrange.
– Vous disposez de quarante-huit heures pour accepter ou refuser cette proposition.
Le doyen referma doucement le dossier.
– Prenez le temps d’y réfléchir.
Annabelle quitta le bâtiment quelques minutes plus tard.
La pluie avait cessé.
Elle s’assit sur un banc presque désert du campus et parcourut une nouvelle fois les documents.
Le logement proposé ressemblait davantage à un appartement de luxe qu’à une résidence étudiante.
Les photographies montraient un immeuble moderne, un hall immense, une salle de sport, une bibliothèque privée et une sécurité présente jour et nuit.
Elle avait du mal à croire que tout cela lui était destiné.
En début de soirée, elle retrouva sa meilleure amie, Clara, dans un petit café où elles avaient leurs habitudes.
Clara remarqua immédiatement le dossier posé sur la table.
– Tu as une drôle de tête. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Annabelle lui tendit les documents.
Son amie les parcourut rapidement avant d’écarquiller les yeux.
– Attends… c’est une vraie bourse ?
– Apparemment.
– Annabelle, c’est incroyable !
– Justement… c’est ça qui m’inquiète.
Clara releva les yeux.
– Pourquoi tu t’inquiètes ?
– Je ne comprends pas pourquoi ils m’ont choisie.
– Parce que tu passes ta vie à travailler pendant que les autres sortent faire la fête.
Annabelle esquissa un faible sourire.
– Tu crois vraiment que c’est aussi simple ?
– Parfois, il faut arrêter de chercher des complications là où il n’y en a pas.
Les deux jeunes femmes continuèrent de discuter jusqu’à la tombée de la nuit.En rentrant chez elle, Annabelle prit enfin sa décision.Elle accepterait cette opportunité.Une chance pareille ne se présenterait sans doute jamais une seconde fois.Elle sortit son téléphone afin de répondre au courriel de l’université.Au moment où ses doigts effleurèrent l’écran, une nouvelle notification apparut. Le numéro était inconnu.Elle ouvrit le message. Bienvenue, Annabelle. Nous vous attendions. Son sourire disparut. Elle resta immobile.Personne ne savait encore qu’elle avait pris sa décision.Personne… du moins, c’est ce qu’elle croyait.
Chapitre 20Olivier fixait le compte à rebours. 11:47:32.Onze heures.C’était tout ce qu’ils avaient. Il se dirigea immédiatement vers l’ordinateur et tenta de le rallumer. Rien.– Ne perdez pas votre temps.La voix provenait toujours du haut-parleur dissimulé dans le mur. Olivier leva les yeux.– Qui êtes-vous ?Un rire bref résonna dans la pièce.– Tu connais déjà la réponse.– Montrez-vous.– Pas encore.Annabelle s’approcha d’Olivier.– C’est la Fondation ?– Probablement.Son père secoua la tête.– Non.Olivier se tourna vers lui.– Comment pouvez-vous en être certain ?– Parce qu’ils n’utilisent jamais ce genre de méthode.Annabelle fronça les sourcils.– Alors qui fait ça ?Le vieil homme ne répondit pas. Olivier remarqua quelque chose sur le mur. Une petite lumière rouge clignotait à intervalles réguliers. Il s’approcha.– La caméra.Il arracha le boîtier du mur.L’écran s’éteignit.Mais une seconde plus tard, un autre écran s’alluma.Puis un autre.Puis encore un autre.En que
Chapitre 19Le silence dans la pièce était devenu insupportable.Annabelle tenait son pendentif entre ses doigts.Depuis son enfance, elle le portait autour du cou. Sa mère lui avait toujours dit qu’il appartenait à son père. Elle n’avait jamais imaginé qu’il pouvait contenir quelque chose. Encore moins quelque chose capable de mettre deux familles en danger. Olivier était toujours debout près de la porte. Son visage était fermé. Son père, lui, regardait le sol. Annabelle finit par se tourner vers lui.– Vous saviez que le père d’Olivier était vivant ?Il resta silencieux.– Répondez-moi.– Oui.Olivier ferma les yeux.Annabelle sentit sa colère monter.– Depuis combien de temps ?– Plusieurs années.Olivier se retourna brusquement.– Plusieurs années ?Son père acquiesça.– Je voulais le retrouver.– Et vous avez préféré me laisser croire qu’il était mort ?– Je voulais te protéger.Olivier eut un rire sans joie.– Tout le monde utilise cette excuse.Annabelle regarda le pendentif.– C
Chapitre 18Annabelle resta paralysée. La silhouette avançait lentement dans la pièce. La faible lumière provenant du couloir éclairait progressivement son visage. Clara. Sa meilleure amie. Celle à qui elle avait raconté ses peurs. Celle qui connaissait tous ses secrets. Celle qu’elle avait appelée après l’accident. Celle qui avait toujours été là. Annabelle sentit quelque chose se briser en elle.– Clara…Son amie s’arrêta à quelques mètres.Son expression était étrangement calme.– Bonsoir, Annabelle.– Qu’est-ce que tu fais ici ?Clara ne répondit pas immédiatement.Elle regarda Olivier.Puis le père d’Annabelle.– Vous avez enfin réussi à la retrouver.Le père d’Annabelle se plaça devant sa fille.– Tu n’aurais jamais dû venir.Clara sourit.– Vous n’auriez jamais dû la faire revenir ici.Annabelle secoua la tête.– Je ne comprends rien.Clara posa les yeux sur elle.– Je suis désolée.Ces mots firent encore plus mal.– Désolée pour quoi ?Clara inspira profondément.– Pour tout.
Chapitre 17Annabelle ne respirait plus. Cette voix. Elle aurait pu la reconnaître parmi des centaines d’autres. Une voix grave, douce, légèrement rauque.BUne voix qu’elle n’avait plus entendue depuis dix-sept ans.– Papa ?Le mot lui échappa dans un souffle. Olivier se plaça immédiatement devant elle.– Restez derrière moi.Annabelle secoua la tête.– C’est lui.– Annabelle…– J’ai reconnu sa voix.Les pas continuèrent de monter. Lentement. Une silhouette apparut au sommet de l’escalier. Annabelle sentit ses jambes trembler. L’homme était plus âgé que dans ses souvenirs. Ses cheveux étaient presque entièrement gris. Son visage était marqué par les années. Mais ses yeux… Ces yeux-là, elle les connaissait. Elle les avait vus chaque fois qu’elle se regardait dans un miroir. L’homme s’arrêta. Le regard d’Annabelle croisa le sien. Pendant quelques secondes, personne ne parla.Puis il murmura :– Ma fille…Annabelle sentit les larmes couler sur ses joues.Elle fit un pas vers lui.Olivier
Chapitre 16Olivier roulait beaucoup trop vite. Annabelle s’accrochait à la poignée de la portière tandis que les lumières de la ville défilaient devant ses yeux. Ils venaient de faire demi-tour. Pour le carnet. Celui que son père lui avait confié lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant. Celui dont elle avait complètement oublié l’existence.– Et si Laurent l’a déjà trouvé ?Olivier gardait les yeux fixés sur la route.– Alors nous avons un problème.– Vous pensez qu’il est encore dans la maison ?– Je ne sais pas.– Vous ne savez jamais rien.Il lui lança un bref regard.– Je sais que vous êtes en colère.– Vous avez de la chance que je sois encore assise dans votre voiture.Un léger sourire apparut sur son visage.– Je prends ça comme une bonne nouvelle.Annabelle voulut répondre, mais elle se retint. Malgré tout ce qui venait de se passer, cette petite remarque réussit à détendre légèrement l’atmosphère. Quelques minutes plus tard, la voiture s’arrêta devant la maison. Les lumière
Chapitre 15Annabelle sentit tout son corps se figer. Le concierge de la résidence Beaumont se tenait à quelques mètres d’eux. Une arme à la main. Son visage habituellement chaleureux avait complètement changé. Plus aucune trace de sourire. Plus aucune gentillesse. Seulement une froideur qui glaça Annabelle.– Monsieur Laurent…Sa voix trembla.– Pourquoi faites-vous ça ?L’homme ne répondit pas.Olivier se plaça légèrement devant elle.– Baissez votre arme.Laurent eut un petit rire.– Toujours aussi protecteur, Olivier.Annabelle regarda son voisin.Il semblait connaître cet homme depuis longtemps.– Vous vous connaissez ?Olivier ne quitta pas Laurent des yeux.– Oui.– Depuis combien de temps ?– Assez longtemps.Laurent fit un pas en avant.– Éloignez-vous d’elle.Olivier resta immobile.– Non.– Olivier, je ne plaisante pas.– Moi non plus.Annabelle sentit la tension devenir insupportable.– Quelqu’un peut m’expliquer ce qui se passe ?Laurent la regarda.– Votre père aurait dû







