Se connecterChapitre 36
Soren
Lysandra me somme de l’épouser, en échange de son silence sur le crime des Kaelith contre les Varyss.
La lettre arrive par coursier, posée sur mon bureau à Valdoria comme une bombe à retardement. Une enveloppe de papier épais, cachetée à la cire rouge – son sceau, l'épine enchevêtrée des Thornwood. Mes doigts tremblent en l'ou
Chapitre 36SorenLysandra me somme de l’épouser, en échange de son silence sur le crime des Kaelith contre les Varyss.La lettre arrive par coursier, posée sur mon bureau à Valdoria comme une bombe à retardement. Une enveloppe de papier épais, cachetée à la cire rouge – son sceau, l'épine enchevêtrée des Thornwood. Mes doigts tremblent en l'ouvrant. Je sais ce qu'elle contient avant même de lire les mots."Cher Soren. Je te propose un échange. Ta main contre mon silence. Tu m'épouses, je garde les secrets de ta famille. Tu refuses, et le monde entier saura ce que les Kaelith ont fait aux Varyss."Les secrets. Les crimes. Les mensonges que ma mère a enfouis pendant des années. Les preuves qu'elle a brûlées, les témoins qu'elle a achet&eacut
Chapitre 35ÉlénaJe ne le crois pas.La porte est refermée depuis une heure. Je suis assise dans le fauteuil, le regard fixé sur la flamme vacillante de la bougie. Le vin a tourné, les verres sont vides, la nuit est profonde.Il a promis de la chasser. Il a juré qu'elle n'avait jamais été sa maîtresse. Il a reconnu l'avoir utilisée comme écran, comme bouclier, comme excuse pour ne pas m'aimer.Je ne le crois pas.Ou peut-être que si. Peut-être qu'une partie de moi, la plus faible, la plus naïve, veut y croire. Veut croire qu'il a changé. Veut croire que Lysandra n'était qu'une ombre, pas une rivale.Mais l'autre partie, la plus forte, la plus endurcie, se méfie. Elle sait que les hommes mentent. Elle sait que Soren a menti. E
Chapitre 34SorenJe dois m'expliquer.Le dîner est terminé. Kael est monté se coucher, fatigué, heureux, les joues encore roses du chocolat et des rires. Il m'a serré la main – une poignée ferme, presque d'adulte – et il a embrassé sa mère sur la joue, longtemps, comme s'il ne voulait pas la lâcher.Maintenant, nous sommes seuls.Éléna et moi.Dans le petit salon de l'hôtel, face à face, séparés par une table basse sur laquelle trônent deux verres de vin à peine touchés. Les bougies vacillent, projetant des ombres dansantes sur les murs. Dehors, la nuit parisienne scintille, indifférente.— Parle, dit-elle.Sa voix est froide. Pas la colère, pas la dou
Chapitre 33ÉlénaÉléna suit Soren quand il s’éloigne pour répondre.Le téléphone vibre une quatrième fois. Soren jette un regard vers moi, vers Kael, vers l'appareil noir qui ne cesse de clignoter. Sa mâchoire se crispe. Il se lève, murmure une excuse, et s'éloigne vers la fenêtre, le dos tourné à la table.Je devrais rester assise. Je devrais continuer à manger, à sourire à Kael, à faire comme si de rien n'était. Mais mes jambes me portent sans que je les commande. Je me lève, traverse la pièce à pas feutrés, m'arrête à quelques mètres de lui.Il ne me voit pas. Il est trop concentré sur sa conversation, sur la voix qui sort du combiné, sur cette femme qui l'appelle encore et
Chapitre 32SorenNous dînons tous les trois pour la première fois depuis l'anniversaire maudit.La table est dressée dans le petit salon privé de l'hôtel. Une nappe blanche, des bougies, des fleurs fraîches. J'ai demandé qu'on prépare les plats préférés de Kael – du poulet rôti, des pommes de terre sautées, du chocolat fondant pour le dessert. Et pour Éléna, j'ai fait servir ce vin qu'elle aimait autrefois, un Bourgogne léger, fruité, qu'elle buvait le soir sur la terrasse de Valdoria.Elle l'a reconnu. Je l'ai vu dans ses yeux, ce bref éclat de surprise, de nostalgie, de souvenir.Kael est assis entre nous, les mains posées sur la table, le dos bien droit. Il a encore les yeux un peu gonflés par les larmes, mais il sourit. Un petit sourire timide, hésitant, mais un sourire.— Ça sent bon, dit-il.— C'est ton père qui a choisi le menu, dis-je.— Ah.Il me regarde, étonné. Comme s'il ne m'imaginait pas capable de me souvenir de ce qu'il aimait.— Je me souviens de tout, Kael. De ce que
Chapitre 31ÉlénaKael revient.Je l'ai vu entrer, sa main dans celle de son père, son visage grave, ses yeux rouges. Il a traversé la pièce d'un pas lent, presque solennel, et il s'est arrêté devant moi. Il m'a regardée, longuement, comme s'il me voyait pour la première fois."Ce n'est pas ta faute, maman. Ce n'est jamais à cause de toi."Ses bras se sont ouverts. J'ai pris ses mains. Ses doigts minuscles se sont refermés sur les miens, chauds, vivants, réels.Il s'assoit près de moi en silence.Il ne dit rien. Il se contente de s'asseoir à côté de moi, sur le canapé, à me toucher, à me sentir. Son épaule contre la mienne, sa jambe contre la mienne, sa main qui ne lâche pas la mienn







