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Le Secret

Author: O. M. F
last update Petsa ng paglalathala: 2026-09-24 18:07:06

#Liée au parrain à vie (Enceinte de l'oncle de ma meilleure amie )

#Auteur : O.M.F

#CHAPITRE 6 

********Sophie Dubois

Trois semaines ont passé. Trois semaines depuis cette nuit. Trois semaines depuis qu'Adrian Chevalier a disparu de ma vie comme un voleur dans la nuit.

Je n'ai pas quitté mon appartement. Je n'ai pas répondu aux appels de Liliane. Je n'ai pas mis les pieds à l'atelier. J'ai prétexté une grippe. Une fatigue passagère. Un besoin de repos. Mais la vérité, c'est que je ne peux pas affronter le monde. Pas encore.

Je passe mes journées recroquevillée sur mon canapé, un plaid sur les épaules, les rideaux tirés. Je regarde des séries que je ne regarde pas vraiment. Je bois du thé que je ne bois pas vraiment. Je pense à lui. Tout le temps. À ses yeux gris. À sa voix grave. À la façon dont il m'a tenue contre lui.

Et puis je me souviens du réveil. Du lit vide. Du silence. Et la colère monte. Une colère froide, amère, qui me ronge de l'intérieur.

— Plus jamais, je murmure pour la centième fois. Plus jamais je ne me laisserai avoir par un homme.

Mais mon corps ne m'obéit pas. Mon corps se souvient de lui. De ses mains. De sa bouche. De la façon dont il m'a fait sentir vivante. Et mon corps me trahit.

Je suis fatiguée. Tout le temps. Je me lève le matin avec l'impression d'avoir couru un marathon. J'ai des nausées qui me prennent à n'importe quelle heure de la journée. Les odeurs me dégoûtent. Même le parfum de mon savon habituel me donne envie de vomir.

Je sais. Au fond de moi, je sais. Mais je refuse d'y croire. Je refuse d'accepter.

Jusqu'à ce matin.

Je me réveille avec une douleur lancinante dans le bas-ventre. Une crampe qui me plie en deux. Je me précipite aux toilettes. Et je vois le sang.

Non. Pas beaucoup. Juste quelques traces. Mais assez pour me terrifier.

— Non, non, non...

Je m'habille en vitesse. Un jean, un pull trop grand, un manteau. Je mets des lunettes de soleil pour cacher mes yeux rouges. Je ne veux pas être reconnue. Je ne veux pas qu'on me voie.

Je sors de mon appartement pour la première fois depuis trois semaines. L'air frais me frappe le visage. Je réalise à quel point je suis faible. À quel point j'ai maigri.

Je prends un taxi jusqu'à l'hôpital. Je donne une fausse adresse. Je paie en espèces. Je ne veux laisser aucune trace.

La salle d'attente est bondée. Des femmes enceintes avec des ventres ronds. Des couples qui se tiennent la main. Des mères avec des bébés dans les bras. Et moi, seule, avec mon secret et ma peur.

— Madame Dubois ? Le médecin est prêt à vous recevoir.

Je me lève. Mes jambes tremblent. Je suis le médecin dans un couloir blanc, aseptisé. Il me fait asseoir dans son bureau.

— Alors, qu'est-ce qui vous amène ?

— J'ai... j'ai des douleurs. Et des saignements. Je crois que...

Je m'arrête. Les mots ne sortent pas.

Le médecin me regarde avec bienveillance. C'est une femme d'âge mûr, aux cheveux gris, au regard doux.

— Vous pensez être enceinte ?

Je hoche la tête. Les larmes montent. Je les ravale.

— Faisons une échographie. On va voir ce qu'il en est.

L'attente est interminable. Puis vient l'échographie. La sonde froide sur mon ventre. L'écran noir et blanc. Et soudain... un petit battement. Rapide. Régulier. Vivant.

— Félicitations, Madame Dubois. Vous êtes enceinte. Environ six semaines. Et le bébé va bien. Les saignements sont bénins. Un petit décollement. Rien d'inquiétant. Mais vous devez vous reposer. Éviter le stress. Prendre soin de vous.

Je fixe l'écran. Ce petit point qui bat. Cette petite vie qui grandit en moi. Mon bébé. Notre bébé.

Les larmes coulent. Je ne peux plus les retenir. Le médecin me tend une boîte de mouchoirs.

— Je vois que ce n'est pas une grossesse prévue. Voulez-vous en parler ?

— Non, je murmure. Je... je vais gérer.

— Vous n'êtes pas obligée de le faire seule. Il y a le père...

— Il n'y a pas de père.

Le médecin me regarde avec compassion. Elle ne pose pas d'autres questions. Elle me donne une ordonnance, des vitamines, des conseils. Je prends tout sans écouter. Mon esprit est ailleurs.

Un bébé. Je vais avoir un bébé. Le bébé d'Adrian Chevalier.

Je sors de l'hôpital. Le soleil est trop brillant. Je m'assois sur un banc, les mains sur mon ventre encore plat. Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas où aller. Je ne sais pas comment annoncer ça.

— Je ne peux pas le lui dire, je murmure. Il m'a rejetée. Il est parti. Il ne veut pas de moi.

Mais cet enfant... cet enfant n'a pas demandé à venir au monde. Cet enfant n'a rien fait de mal.

— Je vais t'élever seule, je murmure à mon ventre. Je te le promets. Je ne te laisserai jamais tomber. Je ne te laisserai jamais souffrir. Je te protégerai. Toujours.

Je me lève. Je rentre chez moi. Je ferme la porte. Je m'effondre sur mon lit.

Et pour la première fois depuis trois semaines, je ne pense pas à Adrian Chevalier. Je pense à mon bébé.

******* Un mois plus tard 

Un mois a passé. Un mois depuis ma visite à l'hôpital. Un mois depuis que j'ai vu ce petit battement de cœur sur l'écran. Un mois depuis que j'ai décidé de garder ce bébé.

Je n'ai toujours pas quitté mon appartement. Je n'ai toujours pas répondu aux appels de Liliane. Je n'ai toujours pas mis les pieds à l'atelier. Mais cette fois, ce n'est pas à cause d'Adrian. C'est à cause de moi. De mon corps. De ce bébé qui grandit en moi et qui prend toute mon énergie.

Les nausées sont pires. Les vertiges aussi. Je passe mes journées au lit, incapable de me lever. Je bois de l'eau. Je grignote des biscuits. Je dors. Je rêve. Je cauchemarde.

Je rêve d'Adrian. De ses yeux gris. De sa voix. De la nuit. Et je me réveille en pleurs. Chaque fois.

Mais ce matin, quelque chose est différent. Je me réveille avec une douleur vive dans le bas-ventre. Une crampe qui me coupe le souffle. Je me précipite aux toilettes. Le sang est là. Plus abondant que la dernière fois.

— Non... non, pas ça. Pas maintenant.

Je m'habille tant bien que mal. Je tremble. Je suis faible. Je n'ai pas mangé depuis hier. Je n'ai pas la force. Mais je dois y aller. Je dois savoir. Je dois sauver mon bébé.

Je sors de l'appartement. L'air me fait vaciller. Je m'accroche à la rambarde. Je descends les escaliers une marche à la fois. Chaque pas est une torture.

Je hèle un taxi. Je donne l'adresse de l'hôpital. Le chauffeur me regarde avec inquiétude.

— Ça va, mademoiselle ?

— Oui... oui, ça va. Juste... vite. S'il vous plaît.

Le trajet est un supplice. Chaque nid-de-poule me fait grimacer. Je serre les dents. Je prie. Je ne sais pas qui j'invoque. Je ne suis même pas croyante. Mais je prie.

L'hôpital. Encore. La salle d'attente. Encore. Les femmes enceintes. Les couples. Les bébés. Et moi. Toujours seule.

— Madame Dubois ? Le médecin va vous recevoir.

Je me lève. Mes jambes tremblent. Je m'accroche au mur. Je suis le médecin dans le couloir. La même femme. Elle me reconnaît.

— Vous êtes revenue. Qu'est-ce qui se passe ?

— J'ai... j'ai mal. Et je saigne. Plus qu'avant.

Son visage se ferme. Elle me fait allonger immédiatement. Échographie. La sonde froide. L'écran. Le silence.

— Le cœur bat toujours, dit-elle enfin. Mais le décollement s'est aggravé. Vous devez être hospitalisée. Repos absolu. Sinon...

— Sinon quoi ?

— Sinon vous risquez de faire une fausse couche.

Le mot me frappe comme un couteau. Fausse couche. Perdre ce bébé. Perdre la seule chose qui me reste d'Adrian. La seule chose qui me donne une raison de me lever le matin.

— Non, je murmure. Non, je ne veux pas.

— Alors vous devez rester ici. Quelques jours. On va surveiller. Mais vous devez être forte. Vous devez vous reposer. Et... vous avez besoin de soutien. D'une personne de confiance. Il n'y a vraiment personne ?

Je pense à Liliane. À ma mère. À Adrian. À tous ceux que j'ai repoussés.

— Non, je mens. Il n'y a personne.

Le médecin me regarde avec pitié. Elle ne me croit pas. Mais elle ne dit rien.

On m'installe dans une chambre. Seule. Les murs blancs. La fenêtre qui donne sur un parking. Le bruit des machines. L'odeur de désinfectant.

Je pose ma main sur mon ventre. Toujours plat. Mais je le sens. Je sens cette petite vie qui s'accroche. Qui se bat. Comme moi.

— Reste avec moi, je murmure. Reste. Je t'en supplie. Je ne peux pas te perdre. Tu es tout ce que j'ai.

Les larmes coulent. Je les laisse. Je n'ai plus la force de les retenir.

— Je vais te protéger, je continue. Je te le jure. Je ne laisserai personne te faire du mal. Pas même ton père. Pas même le monde entier.

Je ferme les yeux. La fatigue m'emporte. Mais avant de sombrer, une pensée s'impose à moi. Une promesse. Un serment.

— Si je m'en sors... je quitte Paris.

Les mots flottent dans le silence de la chambre.

— Je quitte Paris. Je recommence une nouvelle vie. Loin de tout. Loin de lui. Loin de cette ville. Loin de ce monde qui m'a brisée.

Je pose ma main sur mon ventre.

— Toi et moi. On partira. On trouvera un endroit où personne ne nous connaît. Où personne ne nous jugera. Où tu pourras grandir en paix. Sans le poids du nom Chevalier. Sans le poids de la mafia. Sans le poids de mon passé.

Une larme glisse sur ma joue.

— Je te le promets, mon bébé. Si je survis à ça... on partira et on ne reviendra jamais.

Je ferme les yeux. Le sommeil m'emporte. Mais mon esprit est clair. Pour la première fois depuis des semaines, j'ai un plan. Une direction. Un espoir.

Quelque part à Paris, Adrian Chevalier cherche Sophie Dubois. Il ne sait pas qu'elle est à l'hôpital. Il ne sait pas qu'elle se bat pour leur enfant. Il ne sait pas qu'elle est en train de planifier sa disparition. Mais moi, je sais. Et je vais me battre. Pour ce bébé, pour moi et pour cette nouvelle vie qui m'attend. Loin de tout.

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