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Trop Tard

Author: O. M. F
last update Petsa ng paglalathala: 2026-09-24 18:08:38

#Liée au parrain à vie (Enceinte de l'oncle de ma meilleure amie )

#Auteur : O.M.F

#CHAPITRE 7 

********Adrian Chevalier

Le bureau est plongé dans la pénombre. Je suis assis dans mon fauteuil, une cigarette consumée entre les doigts, le regard perdu dans le vide. Deux mois. Deux mois que je la cherche. Deux mois que je vis dans l'obsession. Sophie Dubois. Son nom ne quitte pas mon esprit.

La porte s'ouvre brusquement. Marc entre en courant, le souffle court, une chemise cartonnée contre sa poitrine.

— Patron !

Je lève à peine les yeux.

— Quoi ?

— Patron, on a du nouveau. Sur Sophie.

Mon cœur s'arrête. Je me redresse lentement.

— Parle.

— Elle n'a jamais quitté Paris.

Je me lève d'un bond.

— Quoi ?

— Elle est restée dans son appartement tout ce temps. Elle ne sortait pas. Elle ne répondait à personne. Elle semblait malade.

— Malade ? Comment ça, malade ?

— On ne sait pas exactement. Mais elle a été à l'hôpital. Deux fois.

— Deux fois ? Quand ?

— La première, il y a deux mois. La deuxième, il y a deux semaines. Et depuis cette deuxième visite... elle n'est pas ressortie.

Je reste figé. Mon sang se glace.

— Elle est à l'hôpital ? En ce moment ?

— C'est ce qu'on pense, patron. Elle n'est pas rentrée chez elle depuis deux semaines.

Je saisis ma veste.

— Quel hôpital ?

— L'hôpital Saint-Louis. Chambre 312.

— On y va. Maintenant.

Je sors du bureau comme un fou. Marc me suit en courant. Je monte dans la voiture. Je conduis moi-même, ignorant les feux rouges, les limitations de vitesse, les klaxons. Je dois la voir. Je dois savoir.

L'hôpital. Je gare ma voiture n'importe où. Je traverse le hall en courant. Les gens me regardent avec surprise. Je m'en fiche.

— Sophie Dubois. Chambre 312.

L'infirmière me regarde avec méfiance.

— Vous êtes de la famille ?

— Je suis... un proche. Un ami.

Elle hésite.

— Chambre 312. Mais elle est partie il y a deux jours.

Le monde s'arrête. Je reste figé.

— Partie ? Comment ça, partie ?

— Elle a signé une sortie contre avis médical. Elle a dit qu'elle allait bien. Elle a pris ses affaires et elle est partie. Nous ne savons pas où elle est allée.

Non. Non. Non.

— Pourquoi était-elle hospitalisée ?

— Je ne peux pas vous donner accès à...

— Pourquoi était-elle hospitalisée ? Je répète, la voix glaciale.

L'infirmière tremble. Elle finit par céder.

— Elle était... souffrante. Elle avait besoin de repos. Elle est restée deux semaines. Mais elle a décidé de partir. Contre l'avis des médecins.

— Elle va bien ?

— Nous ne pouvons pas en dire plus. Désolé.

Je serre les dents. Elle va bien ? Elle ne va pas bien ? Je ne sais pas. Et ça me rend fou.

— Merci, je murmure.

Je sors de l'hôpital. Je monte dans ma voiture. Direction Belleville. Direction son appartement.

Je conduis comme un fou. Les rues défilent. J'arrive devant son immeuble. Je monte les marches quatre à quatre. Je trouve sa porte. Je frappe.

— Sophie ! Sophie, ouvre !

Rien. Silence.

Je frappe encore. Plus fort. Plus longtemps.

— Sophie ! Je sais que tu es là ! Ouvre cette porte !

Toujours rien.

Je recule. Je prends mon élan. Et je défonce la porte d'un coup d'épaule. Le bois craque. La porte s'ouvre en grand.

L'appartement est vide. Complètement vide. Plus de meubles. Plus de vêtements. Plus de croquis. Plus rien. Juste un appartement nu, avec des murs blancs et un sol poussiéreux.

Elle est partie. Elle a déménagé. Elle a tout emporté.

Je reste figé au milieu de la pièce. Mon cœur bat à tout rompre. Ma respiration est saccadée.

— Non... non, non, non.

Une voix derrière moi. Je me retourne. Une voisine se tient dans l'embrasure de la porte, une femme d'âge mûr avec un chat dans les bras.

— Vous cherchez Sophie ?

— Oui. Où est-elle ?

— Elle a déménagé hier soir. Elle a pris ses affaires et elle est partie. Elle n'a pas dit où.

— Elle n'a rien dit ? Rien du tout ?

— Non. Elle avait l'air pressée. Fatiguée. Elle avait du mal à porter ses cartons. Elle a demandé à un ami de l'aider. Un homme. Grand. Brun.

Un homme. Grand. Brun. Qui ça ? Un ami ? Un amant ? Non. Pas maintenant. Pas ça.

— Vous avez une idée d'où elle est allée ?

— Non. Elle n'a rien dit. Mais elle a laissé ça.

La voisine me tend une enveloppe. Mon nom est écrit dessus. Adrian Chevalier. De l'écriture de Sophie. Je prends l'enveloppe. Mes mains tremblent. Je l'ouvre.

Lettre : 

Adrian,

Si tu lis cette lettre, c'est que tu m'as retrouvée. Mais il est trop tard. Je suis partie. Loin. Très loin. Dans un endroit où tu ne me trouveras pas. Je ne t'en veux pas. Enfin, si. Un peu. Beaucoup. Tu m'as fait l'amour et tu m'as jetée. Tu m'as traitée comme si je n'étais rien. Mais je ne t'écris pas pour te faire culpabiliser. Je t'écris pour te dire adieu. Je me cherche pas. Ne me trouve pas. Oublie-moi..Je te souhaite une bonne vie, Adrian. Avec Silvia. Avec ta mafia. Avec tes secrets. Moi, j'ai choisi la mienne. Et elle ne t'inclut pas. Adieu.

Sophie.

Je lis la lettre trois fois. Quatre fois. Cinq fois. Les mots se gravent dans mon esprit. Chaque phrase est une lame. Chaque mot est une torture.

Elle est partie. Elle me rejette. Elle me haït. Elle me fuit. Et elle ne me dit pas pourquoi elle était à l'hôpital. Elle ne me dit rien. Juste adieu.

Je serre la lettre dans ma main. Je tombe à genoux au milieu de l'appartement vide.

— Sophie... je murmure. Sophie, non...

Mais elle n'est plus là. Elle est partie. Loin. Très loin.

Je me relève lentement. Je regarde le mur devant moi. Un mur blanc. Vide. Comme ma vie maintenant. Et je frappe.

Mon poing s'écrase contre le mur. La douleur explose dans mes jointures. La peau se déchire. Le sang coule. Mais je m'en fiche. Je frappe encore. Et encore. Et encore.

— Pourquoi ?! Je hurle. Pourquoi tu m'as fait ça ?! Pourquoi tu es partie ?!

Le mur se tache de rouge. Ma main est en sang. Mais je continue. Je frappe jusqu'à ce que mes forces m'abandonnent. Jusqu'à ce que je glisse le long du mur, à bout de souffle, les larmes aux yeux.

— Sophie... je murmure. Sophie, je suis désolé. Je suis tellement désolé.

Mais elle n'est plus là. Elle est partie. Et moi, je suis seul.

Je reste là, adossé au mur, ma main en sang, mon cœur en miettes. Le silence est assourdissant. Le vide est total.

Je sors mon téléphone. Je compose le numéro de Marc.

— Patron ?

— Elle est partie. Elle a déménagé. Je veux savoir où. Maintenant. Remuez ciel et terre. Appelez tous vos contacts. Tous. Je veux la retrouver.

— Compris, patron.

Je raccroche. Je regarde l'appartement vide une dernière fois. Puis je sors. La chasse ne fait que commencer.

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