Beranda / Romance / MARIÉE À MON EX,LE MAGNAT DE LONDRE / CHAPITRE 2 : LE RETOUR DU PASSÉ

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CHAPITRE 2 : LE RETOUR DU PASSÉ

Penulis: Dledition
last update Tanggal publikasi: 2026-09-07 19:04:50

Arabella

Je hoche la tête et me dirige vers les fauteuils en cuir qui bordent le hall. Je m'assois avec précaution, comme si le mobilier allait se plaindre de mon contact. L'eau de mes vêtements s'infiltre dans le cuir. Je regarde mes mains, posées sur mes genoux comme deux oiseaux morts.

Qu'est-ce que je fais ici ?

La question résonne dans ma tête, insistante. Je n'ai que vingt-six ans. J'ai eu une vie normale, autrefois. Une famille, une maison, un avenir. Et maintenant, je m'apprête à vendre la dernière chose qui me reste : ma liberté.

Un an de mariage.

Avec un inconnu.

J'ai envie de vomir.

Les minutes passent, interminables. La réceptionniste me jette des regards en coin, comme si elle s'attendait à ce que je vole un presse-papier. Les hommes d'affaires traversent le hall d'un pas pressé, leurs chaussures cirées claquant sur le marbre. Certains me dévisagent avec curiosité, d'autres avec indifférence. Je baisse la tête, les cheveux masquant mon visage.

Je pense à William. Encore. Toujours.

Il est la seule raison pour laquelle je suis encore debout. La seule raison pour laquelle je n'ai pas abandonné. La seule raison pour laquelle je vais signer ce contrat insensé.

Si cet homme accepte de m'épouser, William ne manquera plus jamais de rien. Il aura des vêtements chauds, des repas équilibrés, des jouets. Il pourra aller dans une bonne école, se faire des amis, grandir en sécurité.

Si cet homme me rejette...

Je refuse de terminer cette phrase.

La porte de l'ascenseur s'ouvre avec un tintement discret. Une femme en tailleur sombre s'avance vers moi, un sourire poli collé aux lèvres.

— Mademoiselle Winters ? M. Ashford va vous recevoir. Suivez-moi.

Je me lève, les jambes tremblantes. La femme m'observe avec une neutralité professionnelle, mais je sens son regard s'attarder sur mes vêtements humides, mes cheveux en désordre, mon visage blême.

— Par ici, je vous prie.

Je la suis dans l'ascenseur. La cabine est spacieuse, tapissée de miroirs. Je vois mon reflet partout, multiplié à l'infini : une jeune femme pâle, trempée, les yeux cernés, le manteau élimé. Une naufragée.

Les portes se referment. L'ascenseur s'élève sans un bruit.

— Il est comment, M. Ashford ?

La question m'a échappé avant que je puisse la retenir. La femme en tailleur me jette un regard en biais.

— Vous verrez bien.

Le ton est neutre, mais je perçois quelque chose dans sa voix. De la prudence, peut-être. Ou de la peur.

L'ascenseur s'arrête au quarante et unième étage. Les portes s'ouvrent sur un couloir silencieux, moquette épaisse, murs beiges, tableaux abstraits. La femme me conduit jusqu'à une double porte en bois sombre. Elle frappe deux coups secs.

— Entrez.

La voix qui répond est grave. Profonde. Et étrangement familière.

La femme pousse la porte et s'efface pour me laisser passer.

Je fais un pas dans la pièce.

Et je comprends.

Nathaniel

Je l'attends depuis des heures.

Le ciel de novembre déverse sa colère sur Londres, et je la regarde arriver de loin, depuis la fenêtre de mon bureau. Une silhouette fragile, courbée sous la pluie, qui avance à pied dans les rues inondées. Elle n'a même pas de parapluie. Elle n'a même pas de manteau digne de ce nom. Elle est misérable, trempée, pitoyable.

Et pourtant, je ne peux pas détacher mes yeux d'elle.

Arabella Winters.

Six ans que je n'ai pas prononcé ce nom à voix haute. Six ans que je le garde enfoui, comme une braise qui ne s'éteint jamais. Six ans que je me répète que je la déteste, que je la hais, que je ne veux plus jamais la revoir.

Et aujourd'hui, elle vient à moi.

Elle ne le sait pas encore. Elle croit rencontrer un mystérieux investisseur, un inconnu prêt à éponger ses dettes en échange d'un an de mariage. Elle ne sait pas que cet investisseur, c'est moi. Elle ne sait pas que je l'ai cherchée, traquée, retrouvée. Elle ne sait pas que je l'attends.

Le téléphone sonne. C'est ma secrétaire.

— M. Ashford, Mlle Winters est à l'accueil.

— Faites-la monter.

— Il y a un problème. Elle n'a pas de réservation au nom de Winters.

Je souris. Bien sûr que non. J'ai donné des instructions précises pour qu'on lui mette des bâtons dans les roues. Je veux la voir transpirer. Je veux la voir douter. Je veux qu'elle comprenne, dès les premières secondes, qu'elle n'a pas sa place ici.

— Trouvez-la. Elle est là. Faites votre travail.

Je raccroche.

Les minutes s'égrènent, interminables. Je m'assois dans mon fauteuil, tourné vers la fenêtre, pour qu'elle ne voie pas mon visage immédiatement. Je veux qu'elle entre, qu'elle hésite, qu'elle cherche. Je veux savourer cet instant.

Je ne sais rien de sa vie depuis six ans. Je ne sais pas où elle a vécu, ce qu'elle a fait, qui elle a aimé. Je ne sais pas si elle a refait sa vie, si elle a des enfants, si elle est heureuse. Je ne sais rien.

Et c'est très bien ainsi.

Je ne veux pas savoir. Je ne veux pas connaître les détails sordides de sa petite existence misérable. Je veux seulement qu'elle souffre. Qu'elle paie. Qu'elle comprenne, enfin, ce que j'ai ressenti quand elle est partie.

La porte s'ouvre enfin.

Je perçois sa présence avant même de la voir. L'odeur de la pluie sur ses vêtements. Le bruit de ses chaussures détrempées sur la moquette. Sa respiration, courte et nerveuse.

— Asseyez-vous.

Ma voix est plus dure que je ne l'aurais voulu. Je ne me retourne pas tout de suite. Je lui laisse le temps de comprendre, de sentir le piège se refermer sur elle.

Puis je tourne le fauteuil.

Et je la vois.

Elle est restée exactement la même. Les mêmes cheveux blonds, le même visage fin, les mêmes yeux bleus qui me regardaient avec tant d'amour autrefois. Mais tout le reste a changé. Ses vêtements sont usés, ses joues creusées, ses mains rougies par le froid. Elle est sale, trempée, épuisée. Elle est l'ombre d'elle-même.

Et pourtant, elle est toujours aussi belle.

Cette pensée me fait mal. Je la chasse immédiatement. Je ne dois pas faiblir. Pas maintenant. Pas devant elle.

— Bonjour, future épouse.

Les mots glissent de mes lèvres comme du venin. Je vois son visage se décomposer, ses yeux s'écarquiller, ses lèvres s'ouvrir sans qu'aucun son ne sorte. Elle est pétrifiée. Terrifiée. Exactement comme je l'avais imaginé.

— Tu croyais vraiment ne jamais me revoir ?

Elle ne répond pas. Elle reste figée, comme une statue de sel. Je me lève, m'approche d'elle, m'arrête à quelques centimètres. Je sens son odeur, cette odeur de pluie et de désespoir qui émane d'elle. Je pourrais la toucher, la prendre, la briser. Mais je me retiens. Je veux prolonger le supplice.

— Tu es trempée. Tu as marché jusqu'ici ?

Elle hoche la tête, incapable de parler.

— Tu n'avais pas de quoi payer le métro, c'est ça ?

La honte envahit son visage. Ses joues s'embrasent. Je savoure cet instant comme un nectar. Elle qui était si fière, si orgueilleuse, la voilà réduite à l'état de mendiante.

— Quel plaisir de te retrouver dans cet état, Arabella.

Je prononce son prénom comme une insulte. Son regard se baisse, ses épaules s'affaissent. Elle est vaincue. Déjà.

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