تسجيل الدخولSur Mirabel…
Vautrée sur un fauteuil dans l'une des salles du manoir, une jeune fille aux cheveux châtain clair lisait un livre de sortilèges. Elle portait une mini-jupe en cuir noir et un top de la même couleur. Du haut de ses un mètre soixante-cinq, elle avait des formes voluptueuses et paraissait avoir au moins dix-huit ans. Les murs de la pièce étaient bleu ciel, le sol recouvert de carreaux blancs, et le plafond en marbre de même couleur incrusté de pierres lumineuses. Dans un angle se trouvait une table en verre entourée de chaises en argent. Sourcils froncés, nez pincé, et une moue aux lèvres, elle paraissait agacée et jetait chaque minute un coup d'oeil vers la porte. Elle se demanda ce qu’elle pouvait bien foutre. Un éclair de colère passa dans ses yeux et elle se leva, à bout de patience. D'une marche rageuse, elle sortit de la salle et se retrouva dans le salon. De là, elle emprunta les escaliers qui menaient à l'étage supérieur où se trouvaient les chambres à coucher. La porte s’ouvrit brusquement devant elle sous l’impulsion d’une force mystérieuse. - Nora, peux-tu descendre s'il te plaît ? Cela fait plus de trente minutes que je vous attends, Betty et toi. Deux personnes sursautèrent sur le lit à baldaquin situé au beau milieu de la pièce. Une tête blonde décoiffée apparut, bientôt suivie de celle d'un très beau brun. - On ne t'a pas appris à frapper avant d'entrer ? se plaignit la dénommée Nora. Elle sortit des draps habillée de sous-vêtements pour se planter devant sa sœur. Les mains posées sur les hanches, elle continua : - Tu vois bien que je suis occupée, Alexa, alors bon vent. Sans prendre en compte les mots de sa petite sœur, celle-ci se tourna vers le brun encore allongé sur le lit. - Tu as cinq minutes pour dégager d'ici. Passé ce délai, je ne donne pas cher de tes couilles. Le jeune homme descendit rapidement du lit et enfila ses vêtements à la hâte. Deux minutes plus tard, la porte d'entrée du manoir claquait derrière lui. - T'avais pas le droit, protesta Nora. - Si si. Maintenant, rhabille-toi et descends. Tu n'aimerais quand même pas être privée de ta paye du mois, hein ? fit-elle, malicieuse. Cela eut pour effet de refroidir la jeune blonde. Sans argent, pas d'emplettes, et sans emplettes, pas de belles robes pour sa prochaine mission séduction ni pour ses sorties nocturnes. Marmonnant des paroles inaudibles, elle tourna le dos à sa sœur et alla ramasser ses vêtements qui traînaient sur le carrelage. Alexa sortit de sa chambre et se dirigea vers celle de leur aînée. Cette dernière n'y était pas. Elle entreprit de redescendre à la salle à manger. Une jeune rousse était assise sur l'une des chaises en argent. Comme ses sœurs, celle-ci avait une peau de couleur grise, des oreilles pointues et des yeux dorés. Les deux jeunes filles furent rejointes par Nora qui en voulait toujours à Alexa pour son irruption dans sa chambre, et pour son chantage. Remarquant que la table n'était pas encore dressée, elle poussa un petit grognement. - Mais quand est-ce qu'elle sert ? Brigitte ! hurla-t-elle. - Tu me casses les oreilles, ferme-la Nora, et patiente comme nous deux, aboya sèchement la rousse assise à sa droite. - Ne me parle pas ainsi, Betty. Ce n'est pas parce que tu es la plus âgée de nous trois que tu as le droit d'utiliser ce ton. D'ailleurs, tu sais quoi ? J'en ai rien à foutre de te casser les oreilles. - Brigitte ! hurla-t-elle à nouveau sans tenir compte du regard incendiaire que lui jetait sa grande sœur. - Tu vas la fermer ? lança la rousse en montrant de petits crocs. - Sinon quoi ? L'ambiance devint tendue et électrique dans la salle. Toutes les deux se fusillaient du regard, prêtes à se sauter dessus. Un seul clan sur Mirabel était doté de crocs. Celui des Taurix. Les trois sœurs, en faisaient partie. Leurs parents étaient décédés lors de la dernière guerre. À cette époque, Betty avait dix ans, Alexa, huit et Nora, cinq. L'aînée, pour subvenir aux besoins de ses petites sœurs s'était lancée dans le vol. En grandissant, ces dernières avaient suivi la voie de la rousse. De voleuses, elles étaient devenues des meurtrières, puis les sbires de la reine. Alexa, qui était assise en face de Nora, remua la tête de gauche à droite en poussant un soupir d'agacement. - Et c'est reparti, murmura-t-elle. C'était toujours pareil. Betty et Nora se disputaient à longueur de journée et c'était elle qui intervenait pour les calmer à chaque fois. - Ça suffit. Vous allez arrêter, toutes les deux ? Le silence se fit. Au même moment, une jeune fille aux cheveux blancs, au visage poupin et habillée d'une longue robe cendrée, entra dans la pièce en tenant un plateau en mains. - Pardonnez mon retard, maîtresses, s'excusa-t-elle sous le regard mauvais que lui jetait Nora. Elle posa le tout sur la table et retourna chercher d'autres plateaux. Au menu : il y avait des crevettes, des frites, un homard qui paraissaient très juteux à vue d'œil et des boissons toutes plus étranges les unes que les autres de par leurs couleurs. - Miam, s'extasia Nora à la vue de tout ce que leur avait apporté Brigitte. Bon appétit, lança-t-elle en retrouvant sa bonne humeur et se jetant sur son plat. - Une vraie goinfre, marmonna Betty en se servant à son tour. Elles mangeaient tranquillement lorsque tout d'un coup, la fourchette en argent que tenait la jeune fille aux cheveux châtains s'immobilisa au niveau de ses lèvres. Elle fut comme plongée dans un état second. Ses yeux s'illuminèrent légèrement, son corps se raidit et fut traversé de spasmes. Habituées à ses crises, les deux sœurs prêtèrent attention à ses mots. - Je ressens une énergie Mirabelienne. Étrange ! Elle ne provient pas d'ici, mais de la Terre, débita lentement la jeune fille. - Tu en es sûre, Alexa ? Personne n'est doté de Magie sur Terre, remarqua Betty. Les yeux de la voyante retrouvèrent leur éclat d'origine quelques secondes plus tard. Les deux autres avaient arrêté de manger et semblaient réfléchir. - Le mieux serait d'en parler à la reine, proposa Nora. - On y va ? s'enquit Betty. Alexa opina de la tête. Quant à Nora, elle se mit à bouder. - On pourrait finir au moins le repas ? - Non, répondirent à l'unisson ses sœurs. Elles se levèrent et sortirent de la salle par la porte qui menait au salon. Partant de là, il y avait trois issues. L'escalier qui menait aux chambres à l'étage ; une porte donnant sur la cuisine et un couloir qui tombait sur la sortie du manoir. Dès qu'elles mirent les pieds dehors, deux gardes blindés d'armures s'inclinèrent pour les saluer. Dehors, il faisait nuit. Dans le ciel, la grosse lune bleue de Mirabel ainsi que des milliers de petites étoiles multicolores brillaient. Les trois sœurs empruntèrent la route qui menait au palais. Les rues, vue du ciel avait la forme d'une fougère dont la tige principale menait droit au château et les ramifications aux différents quartiers de la capitale. Il y avait en tout quatre de semblable, et toutes partaient du Palais-Royal qui se trouvait au croisement. Tous ceux qui rencontraient la route des sœurs cédaient le passage. Les trois filles étaient les agents les plus craints de la régente. Toutes les missions que celle-ci voulait secrètes et vite accomplies, elle les leur confiait. À l'entrée du palais se trouvaient deux créatures, un centaure aux cheveux noirs tout comme son pelage et un minotaure aux poils roux. Ils tenaient des tridents en argent qui luisaient sous la lueur de la lune. Lorsqu'ils virent Betty, Nora et Alexa arriver, ils ouvrirent les portes, puis s'inclinèrent pour leur laisser le passage. Le château avait été rebâti à base de mégalithes. À l'extérieur, il y avait un vaste jardin rempli de magnifiques fleurs. D'étranges insectes lumineux de différentes couleurs volaient autour des plantes. Plusieurs gardes étaient postés dans la cour. Parmi eux, il y avait des trolls, des gnomes, des centaures et aussi des humains, tous de différents clans. Les trois sœurs entrèrent dans le château et se dirigèrent vers la salle du trône. L'intérieur du palais contrastait avec l'extérieur. Les murs étaient peints d'une couleur dorée. Des lustres en pierres précieuses pendaient au plafond. Ils contenaient les petites bêtes qui voltigeaient autour des plantes du jardin. Regroupés de cette manière, ceux-ci étaient sources de lumières. De riches meubles soit en argent, soit en or affluaient dans les différentes pièces qu'elles traversaient. Une fois dans la salle du trône, elles trouvèrent la reine attablée. Celle-ci leur tournait le dos, mais avait senti la présence de ses fidèles espionnes. La jeune femme fit un signe de main aux servantes présentes dans la pièce et elles se retirèrent. Les trois sœurs fléchirent leur genou gauche sur les tapisseries richement brodées de la salle pour effectuer le salut réservé aux rois et reines selon la coutume Mirabelienne. - Excusez-nous de troubler votre souper, votre grâce. Ce qu'on a à vous annoncer est vraiment important, implora Betty. La femme en face des trois sœurs avait de longs cheveux rouges et bouclés. Elle portait une longue robe blanche à la coupe sirène qui dévoilait la moitié de son dos à la peau blafarde et brillante. Une aura sombre et meurtrière l'enveloppait, alourdissant l'air dans la salle. Elle se tenait bien droite sur sa chaise et coupait avec précision le poisson qu'elle mangeait. Malgré la distance qui la séparait des filles, ces dernières avaient du mal à respirer. Des gouttelettes de sueur perlaient sur leur front et elles étaient toutes crispées. La souveraine avala lentement une bouchée de son plat et but une gorgée d'un liquide couleur arc-en-ciel. - Je vous écoute, répondit-elle d'une voix morne sans se retourner. - Alexa a ressenti une magie d'origine Mirabelienne en provenance de la Terre. Or, selon nos informations, personne n’en possède. Nous sommes venues immédiatement vous prévenir, ma reine. Aux mots de la rousse, les yeux noirs de la reine s'étaient rétrécis et teintés d'une lueur sauvage et ses lèvres pulpeuses s'étaient étirées d'un sourire à donner froid dans le dos. Son visage, quelques minutes plus tôt dédaigneux, se voilà de curiosité. - Faites-y un tour et dites-moi de qui provenait cette énergie. - À vos ordres, ma reine, répondirent à l'unisson les trois sœurs. Elles prirent congé et retournèrent au manoir pour préparer leur prochain voyage sur Terre. Lorsqu'elle fut seule, la reine se leva. D'une démarche gracieuse et calculée, elle entra dans une sombre pièce où elle était la seule à pouvoir pénétrer.— Dieu soit loué, tu es saine et sauve ! s'écria Laurine en sautant sur sa camarade pour l'étreindre dans ses bras.Les joues sillonnées de larmes, elle la serrait très fort contre elle.Dès qu'elle avait mis le pied hors de l'arbre, Lidya s'était retrouvée cernée par ses amis. Un seul manquait à l'appel : Gaël. En le cherchant, elle le vit, adossé contre l'arbre magique qui brillait toujours de mille feux, essayant de calmer sa respiration. Son visage transpirait d'un soulagement intense et d'une panoplie d'émotions qu'elle était incapable de nommer. Le voir dans cet état lui fit mal au cœur.En la voyant disparaître, Gaël avait eu l'impression que son monde s'écroulait. Un trou béant s'était formé dans sa poitrine, et l'évidence de ses sentiments apparut clairement dans son esprit. Il ne pouvait plus continuer à nier et à refouler ce qu'il ressentait.Il se sentit observé et tourna la tête. Leurs regards se croisèrent et se perdirent l'un dans l'autre. Il n'y avait plus qu'eux deux,
Depuis la halte à l’orée des bois sangsues Lidya se sentait agitée. Quelque chose dans cette forêt l’appelait, l’attirait. Elle avait tenté de lutter, de résister à cette voix intérieure qui lui soufflait de plonger au cœur de la forêt, et de se laisser guider par son instinct. Mais, à présent qu’il faisait nuit et que tous les autres dormaient, il lui était impossible de continuer. Tout son être était parcourue d’une chaleur étrange et la voix qui était celle d’une femme devenait plus pressante. Comme le fer attiré par l’aimant, elle se leva de sa couche et se dirigea tel une somnambule au cœur de l’obscurité. Le bruit de ses pas sur les feuilles sèches et les brindilles qui recouvraient le sol réveilla Gaël qui se trouvait le plus proche. Il la vit s’éloigner. Un instant il pensa qu’elle allait se soulager, mais en l’observant plus attentivement, quelque chose dans sa manière de marcher l’alerta. Les épaules de la jeune fille étaient raides, de même que ses pas. Il se leva, et pre
En se réveillant le lendemain, la première chose que sentit Lidya fut une odeur sucrée, virile et envoûtante. Elle était blottie contre une étrange source de chaleur. Il faisait tellement frais qu'elle ne s'en plaignit pas, au contraire, elle poussa un soupir d'aise et se calla d'avantage.Inconsciemment, elle passa ses doigts sur ce qui lui semblait être de petites surfaces de forme rectangulaires, fermes et douces. Elle les parcourut en remontant vers le haut et arriva à un endroit où elle sentit des pulsations.Cela l'alarma et elle ouvrit précipitamment les yeux. Sa bouche forma un "o" comme celle d'un poisson en se rendant compte de son acte. Sa main était posée sur la poitrine d'un jeune homme aux longs cheveux bruns, aux yeux bleus comme l'océan, qui était à demi-nu et qui la regardait avec un petit sourire espiègle.L'héritière du trône rougit comme une tomate et enleva prestement sa main.- Euh... Je... Euh je suis vraiment désolée,
Autour d'eux se trouvaient des femmes, des enfants, des hommes, des mules, des poules...Le sopoccocus était à présent un homme avoisinant la soixantaine. Comme les autres membres du clan, il avait de long cheveux noirs, une peau dorée et deux oreilles aux bouts pointues. Il possédait une forte stature et de lui émanait une douce aura inspirant le respect. Ses yeux étaient d'un vert clair, envoûtant, dans lequel on pouvait facilement se perdre. Abrarohaï, portait des vêtements typique aux hommes, dans les tribus aborigènes ; un pantalon et une chemise à manches longues, de couleur brune et parsemée de perles au niveau du col. Les autres hommes du clan, en portaient également des semblables, à la différence que les leurs n'étaient pas incrustées de perles. Quant aux femmes, elles avaient comme vêtements, des robes tribales aux multiples couleurs. Il approcha les jeunes, et d'un geste unanime, ils plongèrent dans une profonde révérence, lui et les autres membres du clan.- Votre Alte
Des coulis de baves glacées atterirent sur son visage, lui coupant le souffle. - Couche-toi, hurla Léa.Comme par automatisme, Lidya s'applatit au sol. Au même moment, la queue de la créature passa à l'endroit où se trouvait quelques minutes plus tôt sa tête.> intima Laurine par la pensée à, Bartok.> répondit le félidé.Il se transforma et s'élança vers le monstre. Ayant deviné la menace, ce dernier attendit le bon moment et lui asséna un coup d'aile, qui envoya le Lynx rouler plus loin. - Bartok, cria la blonde en se précipitant vers son anima. > la rassura-t-il.Le cri du monstre avait attiré les deux rebelles. En moins de cinq minutes, ils étaient auprès des filles.- Un serpoccocus, lâcha Gaël, restez loin de sa queue, une seule piqûre et vous êtes paralysé.Carlos et lui se ruèrent sur la créature. Mais étant plus rapide, cette dernière fonça sur la blonde accroupie auprès de s
- Debout, grosse marmotte, cria Laurine en chatouillant Lidya.-Ha ha ha ! Arrête, s'il te plaît, c'est bon, je me lève, rit l'adolescente en se mettant en boule.À deux mètres, Léa les observait, un sourire discret aux lèvres. Un coup de coude venant de Carlos la fit sursauter, et détourna son attention. - Quoi ? fit-elle.- Je me disais juste que tu pourrais commencer par parler un peu plus avec elles. Ça te fera du bien, proposa-t-il d'un air coquin.La jeune Brandon ne répondit pas, mais haussa les épaules. Carlos s'éloigna et rejoignit Gaël à qui il fit une accolade. Tous deux se mirent à se taquiner, s'ébouriffant les cheveux l'un et l'autre en riant. Voir ces scènes d'amitié entre ses compagnons, lui donna envie. Elle se dit intérieurement, pourquoi pas ? et se promit de faire des efforts.Ayant rassemblé leurs maigres affaires, les cinq voyageurs reprirent leur chemin, dans une ambiance légère, où, rires et plaisanteries animaient la chevauchée. Bartok gambadait joyeusement
Deux heures plus tôt, ils avaient quitté le Camp. Accompagné de Carlos qui leur servait de guide, le petit groupe avançait dans la forêt de Syrte en direction de la frontière de Valladium, territoire des Medox, situé au Nord-Ouest d'El-Dorado. Autour d'eux, un silence apaisant régnait, troublé par
Un léger vent souffla, soulevant et emportant avec lui des feuilles mortes. Juste après, sous le regard ahurie des trois filles, le paysage devant leurs yeux se transforma. Lorsque la mélodie prit fin, ce n'était plus une clairière qu'elles avaient en face, mais un camp.Des centaines de baraques
Le noir total. Autour d'elle, tout n'était qu'obscurité et silence. Lidya était apeurée. De petites gouttes salées perlaient sur son front, sa peau était couverte de chair de poule à cause du froid, et ses doigts tremblaient révélant son agitation intérieur. Elle jetait des regards inquiets aux ale
Vêtue d'une longue robe de couleur or qui épousait parfaitement ses formes, ses cheveux rouges relâchés atteignant le bas du dos, la reine attendait patiemment l'arrivée des trois sœurs. Assise sur le trône Royal, un verre en cristal contenant un liquide jaune dans sa main droite, et l'autre souten







