LOGIN— Mais qu'est-ce qui la fait rire ? s'étonna l'une des voix.
Le rire de Laurine resta coincé dans sa gorge. Elle commençait à se rendre compte qu'elle était bel et bien éveillée et que les deux petites voix étaient celles des rouges-gorges. — V...vous parlez vraiment ? s'exclama-t-elle en pointant du doigt les deux oiseaux. — Oui, oui, répondit celui sur son épaule gauche. Mais... tu nous entends ? s'écria-t-il ensuite. — Euh... Apparemment, oui, lâcha avec hésitation la jeune fille. Euh... ex... Excusez excusez-moi, mais je dois y aller. Sans plus tarder, elle referma la fenêtre et resta plantée au beau milieu de la chambre. Les yeux agrandis par la surprise, le cœur tambourinant de peur dans sa poitrine, elle se mit à tourner en rond. — Ce n'est pas vrai ! Je viens de parler à des oiseaux. Je suis folle, oui, c'est ça. Surement un début de folie. Elle se tirait les cheveux tout en marchant. ‹‹ Comment est-ce possible ? Qu'est-ce qui m'arrive ? Je suis en train de perdre la tête ou quoi ? Des oiseaux ! Je viens de parler à des oiseaux. Oh ! Mon Dieu ! ›› — Il faut que j'en parle à grand-mère, fit-elle à haute voix. Elle se précipita vers son armoire et enfila les premiers vêtements qui lui tombèrent entre les mains. Sans prendre le temps de soigner son apparence, elle se dirigea vers la sortie. Au moment de franchir la porte, l'adolescente s'arrêta net. L'idée que ni sa grand-mère, ni son grand-père ne la croiraient lui traversa l'esprit. Elle se ravisa et revint s'asseoir sur son lit. ‹‹ Mais à qui alors ? ›› s'interrogea-t-elle. Ce fut alors comme une évidence. Le nom de Lidya lui vint en tête, et cela l'étonna. Toutes les deux venaient à peine de se connaître, mais elle sentait en son for intérieur qu'elle pouvait lui faire confiance. C'était incompréhensible, pourtant quelque chose la poussait à se confier à la jeune fille. Elle avait la certitude qu'elle la croirait. Décidée à suivre son instinct, comme toujours, elle quitta à nouveau son lit et se dirigea vers la sortie. Ses yeux tombèrent par hasard sur la grande glace accrochée au mur rose de sa nouvelle chambre, et elle fut choquée par l'image que celle-ci renvoyait. Ses cheveux étaient comparables à un nid d'oiseau, un peu de salive avait séché au coin de sa bouche et elle avait mis à l'envers son dessus. Elle lâcha un ‹‹ Oh ! ›› et fila dans la salle de bain. Une heure plus tard, la sonnette de la maison des Butter retentissait. — Entre, ma petite, invita Jeanne d'une voix aimable. Laurine, tu as de la visite ! cria ensuite la vieille femme. En haut, dans sa chambre, la jolie blonde finissait de s'apprêter. Elle avait revêtu une robe fleurie rose à coupe ovale. — Je descends tout de suite, Mamie, répondit-elle en disciplinant ses cheveux. Quelques minutes plus tard, elle rejoignait sa grand-mère au salon. Quelle ne fut sa surprise en en découvrant Lidya. — Bonjour, Laurine, lui lança joyeusement sa voisine. Prête à découvrir les recoins de la résidence ? Elle hocha la tête en culpabilisant d'avoir oublié leur promenade. Avec les évènements d'il y'a quelque minutes, ça lui était carrément sorti de la tête. — On y va alors, fit Lidya en se levant d'un des fauteuils bourrés jaunes qui meublaient le salon. — À bientôt, Mamie, salua Laurine. Elles sortirent et prirent la route goudronnée qui longeait la résidence. Le silence entre les deux jeunes filles était gênant. Laurine se mordit la lèvre inférieure de nervosité, le regard insistant de Lidya ne faisait qu'empirer son état. ‹‹ Pas trop bavarde ›› remarqua la fille de la praticienne en souriant. Elle voyait bien qu'elle la mettait mal à l'aise, mais elle continua son manège avec joie. — Tu vas arrêter s'il te plaît ? marmonna, Laurine, en craquant. — Enfin ! Je pensais que tu ne parlerais jamais, se moqua Lidya. ‹‹ Trop bizarre, cette fille, mais aussi très marrante ›› pensa Laurine en rejoignant sa camarade dans son rire. La route était bordée d'arbres, et l'ombre qu'ils fournissaient protégeait les passants du soleil. De chaque côté, il y avait des boutiques, des banques, des revendeuses de nourriture... Leur promenade les mena au Parc. Elles s'assirent sous un arbre sur du gazon et observèrent l'agitation qui régnait tout autour. Puisque c'était les vacances, des parents avaient emmené leurs enfants pour s'amuser. Certains faisaient de la balançoire, et d'autres du cheval. Une équipe jouait au basket, sur le terrain. Un peu plus loin, d'autres nageaient dans la piscine... La vue de l'eau rappela à Lidya, ce qui lui était arrivé dans la douche. Elle passa ses doigts dans ses cheveux, un tic nerveux chez elle. De même, les sensations ressenties lors de son contact avec la jeune blonde lui revinrent en tête. Elle devint tout à coup sérieuse, ce que remarqua Laurine. — Tu penses à ce qui nous est arrivé hier, devina cette dernière. Lidya approuva de la tête. — Tu en as parlé à quelqu'un ? s'enquit-elle ensuite. — Non. Mais depuis, j'ai l'impression d'avoir changé, lui avoua-t-elle. Lidya qui avait le regard fixé sur l'eau reporta son attention sur sa camarade. — Comment ça ? fit-elle, curieuse. Laurine esquissa un léger sourire puis continua : — Laisse tomber, de toute manière tu ne me croiras pas. Le cœur de la jeune fille se mit à battre d'appréhension. ‹‹ Que voulait-elle dire par là ? Lui serait-il arrivé quelque chose, comme à moi ? ›› se questionna-t-elle. — J'ai la même impression, fit Lidya pour l'encourager à se confier. Elle promena son regard tout autour pour être sûre qu'elles étaient seules, puis continua. — Ce matin, lorsque je voulais prendre mon bain, l'eau du robinet s'est mise à flotter en milliers de gouttelettes autour de moi. J'ai hurlé, et tout est redevenu normal, confia-t-elle à voix basse en guettant sa réaction. Laurine était médusée. Sa bouche était grande ouverte et ses yeux dilatés. Elle saisit l'occasion pour lui parler également de sa conversation avec les rouges-gorges. — Moi, ce matin, j'ai entendu deux oiseaux aux poitrails rouges qui parlaient entre eux. Ils se sont adressés à moi, et j'ai pu leur répondre, débita-t-elle, toute excitée. Ce fut au tour de sa camarade d'être bouche bée. — Je n'y crois pas ! s'exclama la fille de la praticienne. — Si si, insista, Laurine. Je n'arrivais pas à le croire moi non plus, mais c'est la vérité, Lidya, lui assura la blonde. — Qu'est-ce qui nous arrive, bon sang ? interrogea Lidya, toute perdue et angoissée. — Ça a sûrement un lien avec l'orage et notre contact, soupçonna Laurine. — Tu veux dire quoi par là ? Qu'on aurait acquis des pouvoirs comme dans les Minijusticiers ? s'enquit Lidya. Sa nouvelle voisine rit à cette idée. Alors, comme ça, elle n'était pas la seule jeune fille de dix-sept ans à aimer les Animés. ‹‹ Intéressant, je crois que nous allons bien nous entendre. ›› — Non, pas comme les Minijusticiers. Il doit sûrement y avoir une explication, fit-elle en souriant. Et si nous en parlions à nos parents ? proposa-t-elle. — N'essaye même pas, la prévint Lidya. Ce matin, ma mère a failli m'emmener à l'hosto. Je propose qu'on garde cela secret. Après tout, il se peut que cela ne se reproduise plus. Tu en penses quoi ? — Ce n'est pas une mauvaise idée, attesta la blonde. Faisons comme cela. Elles se regardèrent, puis toutes les deux éclatèrent de rire nerveusement pour voiler les torrents d'émotions dont elles étaient sujettes. Même si elles essayaient de le cacher, la peur les rongeait. Pour détendre l'atmosphère, Lidya pointa du doigt un vendeur de glace. — Tu en veux ? demanda-t-elle à sa nouvelle amie. — Oui. J'adore les glaces, surtout celle à la vanille, murmura la concernée. — Moi aussi, sourit Lidya. On y va ? Cette dernière se leva, et toutes deux se dirigèrent joyeusement vers le vendeur de glace. ~*~ La journée était passée trop vite aux yeux des filles. Et, avec le coucher de soleil, il fallait malheureusement se séparer. Arrivées devant la villa des Butter, elles échangèrent leur numéro et se donnèrent rendez-vous le lendemain. — Je suis rentrée, prévint Laurine en ouvrant la porte du salon. Elle alla donner une bise à Norbert qui était assis sur l'un des fauteuils en train de suivre un match à la télé. — Tu t'es bien amusée, ma crevette ? demanda le vieil homme tout taquin. — Oh oui, grand-père, répondit gaiement sa petite fille. Elle se revit avec Lidya achetant des brochettes de bœuf, se goinfrant de pâtisseries, et faisant des commentaires sur les beaux mecs qu'elles croisaient. Oh oui, elle s'était vraiment amusée. — Où est Mamie ? demanda-elle en sortant de ses pensées. — En train de nous cuisiner de bons petits plats. — Je vais l'aider, papy, annonça la jeune fille en se levant. — Attends-moi, je viens aussi, souffla le vieil homme en se levant. En deux enjambées, il rejoignit sa petite crevette, et tous les deux se dirigèrent en discutant joyeusement vers la cuisine.— Dieu soit loué, tu es saine et sauve ! s'écria Laurine en sautant sur sa camarade pour l'étreindre dans ses bras.Les joues sillonnées de larmes, elle la serrait très fort contre elle.Dès qu'elle avait mis le pied hors de l'arbre, Lidya s'était retrouvée cernée par ses amis. Un seul manquait à l'appel : Gaël. En le cherchant, elle le vit, adossé contre l'arbre magique qui brillait toujours de mille feux, essayant de calmer sa respiration. Son visage transpirait d'un soulagement intense et d'une panoplie d'émotions qu'elle était incapable de nommer. Le voir dans cet état lui fit mal au cœur.En la voyant disparaître, Gaël avait eu l'impression que son monde s'écroulait. Un trou béant s'était formé dans sa poitrine, et l'évidence de ses sentiments apparut clairement dans son esprit. Il ne pouvait plus continuer à nier et à refouler ce qu'il ressentait.Il se sentit observé et tourna la tête. Leurs regards se croisèrent et se perdirent l'un dans l'autre. Il n'y avait plus qu'eux deux,
Depuis la halte à l’orée des bois sangsues Lidya se sentait agitée. Quelque chose dans cette forêt l’appelait, l’attirait. Elle avait tenté de lutter, de résister à cette voix intérieure qui lui soufflait de plonger au cœur de la forêt, et de se laisser guider par son instinct. Mais, à présent qu’il faisait nuit et que tous les autres dormaient, il lui était impossible de continuer. Tout son être était parcourue d’une chaleur étrange et la voix qui était celle d’une femme devenait plus pressante. Comme le fer attiré par l’aimant, elle se leva de sa couche et se dirigea tel une somnambule au cœur de l’obscurité. Le bruit de ses pas sur les feuilles sèches et les brindilles qui recouvraient le sol réveilla Gaël qui se trouvait le plus proche. Il la vit s’éloigner. Un instant il pensa qu’elle allait se soulager, mais en l’observant plus attentivement, quelque chose dans sa manière de marcher l’alerta. Les épaules de la jeune fille étaient raides, de même que ses pas. Il se leva, et pre
En se réveillant le lendemain, la première chose que sentit Lidya fut une odeur sucrée, virile et envoûtante. Elle était blottie contre une étrange source de chaleur. Il faisait tellement frais qu'elle ne s'en plaignit pas, au contraire, elle poussa un soupir d'aise et se calla d'avantage.Inconsciemment, elle passa ses doigts sur ce qui lui semblait être de petites surfaces de forme rectangulaires, fermes et douces. Elle les parcourut en remontant vers le haut et arriva à un endroit où elle sentit des pulsations.Cela l'alarma et elle ouvrit précipitamment les yeux. Sa bouche forma un "o" comme celle d'un poisson en se rendant compte de son acte. Sa main était posée sur la poitrine d'un jeune homme aux longs cheveux bruns, aux yeux bleus comme l'océan, qui était à demi-nu et qui la regardait avec un petit sourire espiègle.L'héritière du trône rougit comme une tomate et enleva prestement sa main.- Euh... Je... Euh je suis vraiment désolée,
Autour d'eux se trouvaient des femmes, des enfants, des hommes, des mules, des poules...Le sopoccocus était à présent un homme avoisinant la soixantaine. Comme les autres membres du clan, il avait de long cheveux noirs, une peau dorée et deux oreilles aux bouts pointues. Il possédait une forte stature et de lui émanait une douce aura inspirant le respect. Ses yeux étaient d'un vert clair, envoûtant, dans lequel on pouvait facilement se perdre. Abrarohaï, portait des vêtements typique aux hommes, dans les tribus aborigènes ; un pantalon et une chemise à manches longues, de couleur brune et parsemée de perles au niveau du col. Les autres hommes du clan, en portaient également des semblables, à la différence que les leurs n'étaient pas incrustées de perles. Quant aux femmes, elles avaient comme vêtements, des robes tribales aux multiples couleurs. Il approcha les jeunes, et d'un geste unanime, ils plongèrent dans une profonde révérence, lui et les autres membres du clan.- Votre Alte
Des coulis de baves glacées atterirent sur son visage, lui coupant le souffle. - Couche-toi, hurla Léa.Comme par automatisme, Lidya s'applatit au sol. Au même moment, la queue de la créature passa à l'endroit où se trouvait quelques minutes plus tôt sa tête.> intima Laurine par la pensée à, Bartok.> répondit le félidé.Il se transforma et s'élança vers le monstre. Ayant deviné la menace, ce dernier attendit le bon moment et lui asséna un coup d'aile, qui envoya le Lynx rouler plus loin. - Bartok, cria la blonde en se précipitant vers son anima. > la rassura-t-il.Le cri du monstre avait attiré les deux rebelles. En moins de cinq minutes, ils étaient auprès des filles.- Un serpoccocus, lâcha Gaël, restez loin de sa queue, une seule piqûre et vous êtes paralysé.Carlos et lui se ruèrent sur la créature. Mais étant plus rapide, cette dernière fonça sur la blonde accroupie auprès de s
- Debout, grosse marmotte, cria Laurine en chatouillant Lidya.-Ha ha ha ! Arrête, s'il te plaît, c'est bon, je me lève, rit l'adolescente en se mettant en boule.À deux mètres, Léa les observait, un sourire discret aux lèvres. Un coup de coude venant de Carlos la fit sursauter, et détourna son attention. - Quoi ? fit-elle.- Je me disais juste que tu pourrais commencer par parler un peu plus avec elles. Ça te fera du bien, proposa-t-il d'un air coquin.La jeune Brandon ne répondit pas, mais haussa les épaules. Carlos s'éloigna et rejoignit Gaël à qui il fit une accolade. Tous deux se mirent à se taquiner, s'ébouriffant les cheveux l'un et l'autre en riant. Voir ces scènes d'amitié entre ses compagnons, lui donna envie. Elle se dit intérieurement, pourquoi pas ? et se promit de faire des efforts.Ayant rassemblé leurs maigres affaires, les cinq voyageurs reprirent leur chemin, dans une ambiance légère, où, rires et plaisanteries animaient la chevauchée. Bartok gambadait joyeusement
Le repas terminé, ils sortirent faire le tour de la ville. Gaël en profita pour trouver de nouveaux chevaux.Pendant ce temps, accompagnées de Carlos et Igor les filles décidèrent de faire un peu de tourisme. La promenade les mena devant le château ancestrale des Medox. En voyant l'immense bâtimen
En ouvrant les yeux le lendemain, Lidya ne put s'empêcher de sourire au spectacle qui s'offrait à elle. Couché sur le côté droit et lui faisant face, Gaël dormait profondément. Son visage était paisible et un léger sourire ornait ses lèvres fines. Quelques mèches de ses cheveux bruns lui tombaient
Une fois seule dans ses appartements, elle pouvait être enfin elle même. La reine froide au visage de glace faisait place à une femme dont la face transpirait la souffrance et la colère. Elle restait assise ou allongée, le regard lointain, plongée dans les méandres de ses pensées. À ressasser des s
- Je l'ai tué, couina Lidya agrippée au cou de sa gardienne. Je l'ai tué ! Je...je suis un monstre.- Ne dit pas ça, ma puce, il le méritait, répliqua la blonde. Igor est mort par sa faute ne l'oublie pas. Sa voix se brisa et trembla à cause de l'émotion.- Tu lui as rendu justice, essaya-t-elle d







