MasukDante ne dit rien.
Il ne me dit pas que ça va aller. Il ne me dit pas que c'était nécessaire. Il ne me dit pas que c'était lui ou Dante, que j'ai bien fait, que je suis une héroïne, que je n'ai pas à avoir honte. Il ne dit rien de tout ça.
Il me serre juste plus fort.
Sa main caresse mes cheveux. Encore et encore. Dans un mouvement lent, régulier, hypnotique. Ses doigts passent dans mes mèches emmêl
Je bouge. Je donne le rythme. Un rythme lent, profond, implacable. Mes cuisses claquent contre ses hanches, mes mains s'agrippent à ses épaules, mes ongles s'enfoncent dans sa peau, y laissent des marques en demi-lune. Il se laisse faire, le dos plaqué contre le marbre froid du plan de travail, les doigts crispés sur le rebord, les yeux mi-clos mais rivés aux miens. Il me regarde comme on regarde une apparition surnaturelle, comme on regarde un miracle qui se déroule en temps réel. Comme si j'étais la Vierge descendue du retable d'une église baroque pour le sauver de ses damnations. — Je t'aime, dit-il. — Moi aussi. — Plus fort. — Plus vite. Il rit, un rire bref, secoué, qui se transforme en gémissement quand j'accélère le rythme, quand je serre mes muscles autour de lui, quand je le chevauche avec une exubérance presque violente. Le café refroidit dans les tasses, une peau brune se forme à la surf
Il rit. Un rire bref, un peu nerveux, qui ne lui ressemble pas. Dante Moretti, le chef du clan, l'homme qui a négocié avec des parrains calabrais sans sourciller, l'homme qui a survécu à trois tentatives d'assassinat et à une guerre de succession, cet homme-là rit nerveusement à huit heures du matin dans sa cuisine. Quelque chose ne tourne pas rond. — Pose ta tasse, dit-il. — Pourquoi ? — Pose-la. S'il te plaît. Le s'il te plaît est tellement rare dans sa bouche que j'obéis sans discuter. Je pose la tasse sur le comptoir. La porcelaine tinte contre le marbre. Le café fume, abandonné. Je croise les bras, m'appuie contre le frigo, la peau du dos collée à l'acier froid. Il s'approche. Deux pas. Il pose sa propre tasse, lui aussi, avec une lenteur exagérée, comme s'il accomplissait un rituel. Il prend ma main gauche, la soulève entre nous, la retourne, paume vers le ciel puis paume vers le sol, comme s
Il me déshabille doucement, avec une lenteur cérémonielle, comme on défait un paquet précieux, comme on déploie une robe de mariée hors de son papier de soie. D'abord mon chemisier, il défait chaque bouton un par un, ses doigts calleux étonnamment agiles, frôlant ma peau à chaque fois. Le tissu glisse de mes épaules, tombe au sol avec un bruissement d'étoffe. Puis mon soutien-gorge, qu'il détache d'une seule main, un tour de magie qui me fait toujours sourire. Puis mon jean, qu'il fait glisser le long de mes jambes en s'agenouillant devant moi, ses lèvres qui effleurent mon ventre, mes hanches, mes cuisses. Chaque vêtement qui tombe est un hommage. Chaque caresse est une révérence. — Je suis fier de toi, dit-il contre ma peau, sa bouche qui descend le long de mon sternum. — Tu n'as pas encore lu. Tu ne sais pas si c'est bon. — Je n'ai pas besoin de lire pour savoir que c'est magnifique. Parce que c'est toi. Et que tout ce que tu fai
Je ris. Un rire léger, apaisé, qui résonne dans le silence de la chambre. La nuit est tombée sur Marseille, les lumières de la ville s'allument une par une derrière la fenêtre, constellation artificielle qui répond aux étoiles. Le bruit de la circulation s'estompe, les derniers scooters, les dernières sirènes. Un chien aboie au loin. Un bébé pleure dans l'appartement du dessous, étouffé par les cloisons. J'ai fini mon livre. Toute ma vie est sur ces pages. Ma douleur, ma peur, ma rage, mon amour. Mes parents, ma fuite, ma reconstruction. Dante, notre rencontre, notre amour, notre survie. Tout est là, noir sur blanc, irréfutable, immortel. Mais ma vraie vie est ici, dans ce lit, dans ses bras. Ce qui compte vraiment, ce n'est pas le passé, ce n'est pas le livre, ce n'est pas ce qui est écrit. C'est cette respiration contre ma tempe, ce bras autour de ma taille, ce cœur sous ma paume, cette chaleur qui m'enveloppe comme un linceu
La porte d'entrée s'ouvre. Les gonds grincent, le parquet craque. Les pas de Dante résonnent dans le couloir, ce pas lourd, reconnaissable entre mille, le pas d'un homme qui a porté le monde toute la journée et qui rentre chez lui déposer son fardeau. Il apparaît dans l'encadrement de la porte du salon, son manteau noir sur les épaules, ses cheveux en bataille, son visage marqué par la fatigue. Il a passé la journée à négocier un accord commercial avec des importateurs corses, une réunion interminable dans un bureau enfumé, plein de chiffres, de menaces voilées et de poignées de main viriles. Je le sais parce qu'il m'a envoyé un message à midi pour me dire Tu me manques. Juste ça. Tu me manques. Comme un gamin. Il s'arrête sur le seuil. Il me regarde. Il voit ma posture, mes mains sur la pile de feuilles, mon visage fatigué, mes yeux secs mais peut-être un peu rouges. Il comprend tout de suite. Pas besoin d'explication. Pas besoin de discours. Cet homme lit en m
Je regarde. La cour du mas, les lanternes, les danseurs, les rires qui fusent, les verres qui tintent, la musique qui s'élève. Leo et Clara qui dansent maintenant, enlacés au milieu des autres, oubliant le monde. Oui. Ça marche. Contre toute attente, ça marche. — On va être heureux, dis-je. — On l'est déjà. — Encore plus. — Alors encore plus. Il me fait tourner, maladroitement, et je ris, et il rit, et la nuit tombe tout à fait, et les étoiles s'allument une par une au-dessus de nos têtes, et la musique continue, et le vin coule, et la vie, la vie est là, simple, pure, éclatante, dans cette cour provençale. Demain, Leo et Clara partiront en lune de miel en Toscane, dans une petite ferme au milieu des oliviers, sans réseau, sans téléphone, sans rien d'autre que leurs corps et leur amour. Pour l'instant, ils dansent. Ils rient. Ils sont vivants. Profondément, magnifiquement v
Les hommes se dispersent. Silencieux, rapides, efficaces. Des ombres qui glissent entre les containers, qui disparaissent dans l'obscurité. Leo part sur la droite, ses hommes derrière lui. Gérard sur la gauche.Marc s'approche de nous.— On les a, dit-il.
CHAPITRE 85 : LA VEILLE DE L'ATTAQUEIl accélère. Je m'accroche à lui, mes ongles dans son dos, mes jambes autour de ses hanches. Le plaisir monte, vague après vague, emportant tout sur son passage. La peur, l'angoisse, le doute.&mdas
DanteJe sors un carnet de ma poche intérieure , un carnet en cuir noir, bien différent de celui que j’ai laissé à Anouk. J’y note quelque chose, lentement. Le grattement du stylo-plume sur le papier est le seul bruit.— Le prix, dis-je enfin sans lever les yeux. Il augmente de quinze pour cent. Po
Anouk Je me souviens du bureau. Mon bureau.Je traverse le couloir sur la pointe des pieds, comme si je pouvais déranger quelqu’un. La porte du bureau est entrouverte. A l’intérieur, tout est exactement comme je l’ai laissé : l’ordinateur, le carnet noir, la machine à écrire. Et sur le bureau, à c







