LOGINLeila, princesse de la mafia marseillaise au sourire solaire, rentre d'exil pour découvrir son destin scellé : épouser Yanis Belmecher, le parrain rival qu'on surnomme "le Serpent". Leur union n'est qu'un marché de paix entre clans ennemis. Lui, froid et calculateur, ne voit en elle qu'un pion à briser. Elle, révoltée, jure de le haïr. Pourtant, prise au piège de ce mariage forcé, Leila comprend qu'elle n'a qu'une arme : toucher le cœur de ce prédateur aux yeux noirs. Mais comment attendrir un serpent ? Alors qu'elle s'enfonce dans son univers de violence, elle découvre avec effroi sa fascination pour les ténèbres... et pour les mains tatouées de celui qui jure de la détruire.
View MoreLEILA
L'avion amorce sa descente vers Marseille et mon estomac se noue instantanément.
Deux ans.
Deux ans d'exil à New York, à regarder les gratte-ciel en pensant aux ruelles sombres de ma ville, à entendre l'accent américain partout autour de moi en rêvant des consonnes qui claquent du quartier nord. Deux ans à me convaincre que je finirais par échapper à tout ça, à lui, à mon nom, à cette famille qui colle à ma peau comme une malédiction.
L'hôtesse passe dans l'allée, son sourire commercial me frôle sans m'atteindre. Je serre mes mains l'une contre l'autre sur mes genoux, les jointures blanchissent. Mes doigts tremblent. Pourquoi est-ce que je tremble ?
— Mademoiselle Belmecher ? Notre atterrissage est prévu dans vingt minutes.
Je hoche la tête, incapable de parler.
Belmecher. Le nom de mon père. Le nom qui ouvre des portes et qui en ferme définitivement d'autres. Le nom qui fait baisser les yeux dans certains quartiers et qui fait serrer les poings dans d'autres.
Le nom qui va sceller mon destin.
Le soleil provençal frappe le hublot, ce soleil que j'ai tellement idéalisé là-bas, dans le froid new-yorkais. Il est là, violent, magnifique, impitoyable. Comme lui, sans doute. Comme tout ce qui m'attend.
L'avion tremble un peu, mes dents s'entrechoquent. La peur ? La colère ? Je ne sais plus démêler mes émotions depuis l'appel de mon père, il y a trois semaines.
Rentre. On a besoin de toi. J'ai arrangé les choses.
Arrangé les choses. Comme si j'étais une marchandise, un contrat à signer, un territoire à céder. Comme si mes années d'exil, ma solitude, mes nuits à pleurer sans bruit pour que ma coloc ne m'entende pas comme si tout ça n'était rien.
Le train d'atterrissage sort, le bruit mécanique me fait sursauter. Une hôtesse me jette un regard, je lui adresse un sourire de façade, celui que j'ai perfectionné pendant des années. Le sourire Belmecher, éclatant, solaire, complètement vide.
Ma mère me l'a appris.
Tu peux brûler de l'intérieur, Leila, mais personne ne doit le voir. Nous sommes des Belmecher. Nous sourions.
Eh bien maman, je souris. Je souris à cette hôtesse, je souris à l'homme d'affaires à côté de moi qui me détaille, je sourirai aux photographes s'il y en a à l'aéroport. Je sourirai jusqu'à ce que mes joues me brûlent.
Mais à l'intérieur, je suis en train de mourir.
L'avion touche le sol. Le choc, le bruit des réacteurs qui inversent leur poussée, la secousse qui me projette en avant. Mes doigts s'enfoncent dans les accoudoirs.
Je suis revenue.
Le tapis à bagages tourne dans un ronronnement monotone. Les voyageurs s'agglutinent autour, fatigués, impatients. Moi je reste en retrait, adossée à un pilier, à observer.
Les familles qui se retrouvent. Une mère qui embrasse son fils, un couple qui s'enlace, des enfants qui courent en criant. La vie normale. Celle que je n'aurai jamais.
— Leila.
La voix grave me fait pivoter. Karim. Le bras droit de mon père depuis vingt ans. Costume sombre, visage taillé à la serpe, yeux qui ne sourient jamais. Il est là, immobile, à me regarder comme on évalue une marchandise fraîchement débarquée.
— Karim. Je force un sourire. Toujours aussi accueillant.
— Ta mère t'attend.
Pas de bonjour, pas de comment vas-tu, pas de bienvenue. Je mords l'intérieur de ma joue, attrape mon sac et le suis.
Dehors, la chaleur marseillaise me gifle. L'odeur du bitume chaud, du sel, des cigares. Deux énormes berlines noires sont garées en double file, moteur tournant. Des hommes en costume en descendent quand ils me voient, m'ouvrent la portière.
Installation. Claquement de portière. La voiture démarre dans un ronronnement de moteur puissant.
Je regarde défiler les rues. Le vieux port, les immeubles qui se souviennent, les bars où j'ai bu mon premier pastis, les ruelles où j'ai failli me faire tuer à seize ans pour avoir regardé un garçon du mauvais clan. Tout est là, familier, étranger, comme si j'avais rêvé cette ville pendant deux ans et qu'elle me révélait soudain sa vraie nature, moins belle, plus crue.
— Il est au courant ? demandé-je sans détourner mon regard de la vitre.
— De quoi ?
— De ce que mon père a arrangé. Lui. Yanis.
Le silence de Karim est une réponse en soi.
Je ris, un rire sans joie. Bien sûr qu'il est au courant. Tout le monde est au courant, sauf moi. La dernière à apprendre son propre destin.
— Et qu'est-ce qu'il en dit ?
— Rien. Il attend de te rencontrer.
Je ferme les yeux un instant. Yanis Belmecher. Mon cousin éloigné. Le Serpent. Celui dont on raconte qu'il a tué son premier homme à quinze ans, qu'il a fait disparaître le clan Rossi en six mois, qu'il a les mains plus tatouées que le torse et le cœur plus noir que ses berlines. Celui que toutes les femmes regardent passer, celui qu'elles désirent en ayant peur, celui qu'elles rêvent de sauver ou de détruire.
Mon futur mari.
J'ai envie de vomir.
La voiture ralentit, franchit des grilles immenses. La propriété de mon père. Mas provençal rénové, cyprès, oliviers, piscine qui brille au soleil. Tout est parfait, comme toujours. Rien ne dépasse, rien ne cloche. Même les gardes en poste ont la discrétion élégante du personnel de maison.
Karim descend, m'ouvre la portière.
— Ta mère est dans le salon.
Je prends une grande inspiration. L'air sent le thym et le danger.
Et j'entre.
Je descends l'escalier, soutenue par mon père. Dans le hall, Karim attend, les yeux humides , Karim, le dur à cuire, qui pleure presque.— Tu es magnifique, petite.— Merci, Karim.La voiture nous attend. Noire, bien sûr. Impossible d'être discrète avec trois véhicules d'escorte. Le trajet jusqu'à la propriété de Yanis est court, trop court. Les grilles s'ouvrent, le gravier crisse sous les pneus.Et là, au bout de l'allée, je le vois.Yanis.Debout devant la maison, entouré de ses hommes, en costume noir, une fleur blanche à la boutonnière. Il attend. Il me regarde.La voiture s'arrête.Mon père descend, me tend la main.— Prête ?— Non.— Moi non plus. Allons-y.Je prends sa main, je sors.Le soleil m'éblouit une seconde, puis je le vois, lui, qui s'avance. Il vient vers moi, pas vers l'autel. Il vient me chercher. Ça ne se fait pas, normalement. Mais rien, dans notre histoire, n'est normal.Il s'arrête devant moi, ses yeux clairs plongés dans les miens.— Leila, dit-il.— Yanis.—
Tu crois aux fleurs après le feu ?Je crois qu'on peut faire pousser n'importe quoi si on est prêt à brûler d'abord.Le silence s'étire. Je regarde par la fenêtre, la lune ronde qui éclaire les collines.Puis :J'aimerais être avec toi, là, maintenant.Mon cœur s'emballe.Pour quoi faire ?Parler. Ou pas. Juste être là. Sentir ta présence. Regarder le plafond avec toi.Tu regardes ton plafond ?Oui. Il est blanc. Il a des fissures. Je ne les avais jamais vues avant ce soir.Je ris, malgré moi.Le mien aussi a des fissures. On a des plafonds fissurés, tous les deux.C'est peut-être un signe.Un signe de quoi ?Que même les choses solides finissent par craquer. Que c'est normal. Que ça peut être réparé, si on veut.Je reste sans voix. Cet homme. Cet homme dangereux, violent, impitoyable. Qui parle de plafonds fissurés et de réparation à la veille de notre mariage.Qui est-il vraiment ?Yanis ?Oui.Pourquoi moi ?Comment ça ?Pourquoi moi ? Tu aurais pu épouser n'importe qui. Une femme
Ses doigts glissent de mes cheveux à mon épaule, à peine un effleurement. Ma peau s'enflamme sous cette caresse fantôme.— Je suis sûr que cette nuit-là, tu ne dormiras pas. Je suis sûr que tu penseras à moi. Je suis sûr que tu te demanderas ce que ça ferait, mes mains sur toi, ma bouche sur toi, mon corps contre le tien.— Arrête.— Pourquoi ?— Parce que... parce que je ne veux pas...— Tu ne veux pas quoi ? Désirer ? Brûler ? Vivre ?Il est tout près maintenant. Je sens sa chaleur, son odeur, la puissance qui émane de lui. Mes jambes tremblent, mes mains cherchent quelque chose à tenir. Je m'accroche au bord de la table de couture.— Regarde-toi, Leila. Regarde ce que je te fais sans même te toucher. Imagine ce que ce sera quand je te toucherai vraiment.— Tu avais dit que tu ne me toucherais pas tant que je ne supplierais pas.— J'ai dit ça, oui.— C'était un mensonge ?— Non. C'était une promesse. Je la tiendrai.Il recule d'un pas. L'air revient dans mes poumons.— Mais rien ne
Elle sourit, un vrai sourire, complice presque.— Ton père était comme ça, au début. Ça s'est calmé.— Ça s'est calmé ou tu t'es habituée ?Elle réfléchit une seconde.— Les deux, je pense.Nous sortons dans le soleil marseillais. Yanis est déjà dans sa voiture, vitre teintée, impénétrable. Mais juste avant que la portière ne se ferme, je vois sa main. Celle qui a signé. Celle qui a frôlé la mienne en prenant le stylo.Elle est posée sur la vitre, doigts écartés, comme un adieu ou une promesse.Et mon cœur fait ce truc idiot qu'il n'est pas censé faire.Il bat plus vite.LEILAL'atelier de Clara Rivière est une grotte de merveilles.Des rouleaux de tissu partout, des mannequins de couture habillés de rêves inachevés, des miroirs qui reflètent la lumière dorée de l'après-midi. Clara elle-même est une fée brune aux doigts de fée, qui tourne autour de moi avec des épingles et du mètre ruban.— La robe est presque prête, chante-t-elle. Presque. Juste quelques ajustements.Elle tire sur le






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