Alejandro Je veux m’imprimer en elle. Qu’elle ne puisse plus penser sans m’entendre. Qu’elle me cherche même dans ses cauchemars.Et je sais qu’elle y est déjà.Je le vois dans ses tremblements.Je me penche. L’embrasse sur le front.Et je chuchote à son oreille :— Tu es à moi, Léna. Que tu le veuilles ou non. Que tu t’en défendes ou pas. Tu es à moi, comme je suis à toi. Et maintenant… c’est trop tard.Je quitte la pièce.Mais pas pour fuir.Pour préparer la suite.Parce que l’amour n’est pas la fin.Ce n’est que le début du ravage.LénaJe ne sais plus si je dors.Je flotte.Quelque part entre le souvenir de ses mains et l’ombre de ses yeux.Un endroit trouble, collant.Comme un cauchemar dont je ne parviens pas à me réveiller…Ou un rêve trop vrai pour ne pas laisser de cicatrice.Il n’est plus là. Mais tout en moi hurle sa présence.Il me manque comme une drogue.Et je le hais pour ça.Mon ventre se contracte encore.Mes cuisses sont douloureuses, tendues comme si elles attendai
Alejandro Les mots sont inutiles. Les mots trahissent. Moi, je suis fait de regards, de souffles, de morsures. Je parle avec le corps. Le sien. Le mien. La violence douce des silences.Je la touche.Elle gémit.Pas de douleur. Pas de plaisir. Un mélange des deux.Elle ouvre les yeux. Très lentement. Ils brillent. D’un éclat étrange. Comme si elle était à la frontière du rêve. Ou de la folie.— Tu es encore là…, murmure-t-elle.Elle ne pose pas de question. Elle constate. Et ce constat la trouble plus qu’il ne la rassure.Je l’effraie. Je le sais.Mais elle ne me repousse pas.Je caresse l’arête de son bras. La courbe de sa hanche. Le sillon de sa colonne. Chaque parcelle d’elle m’appelle. Je suis affamé. Encore. Toujours. D’elle. De cette tension entre ses lèvres. De cette lutte dans sa nuque. De cette fatigue dans son regard, quand elle se rend compte que je suis toujours là.Je ne suis pas une étreinte. Je suis un poids.Et elle… elle commence à aimer ce poids.Elle bouge. Son corp
Alejandro Ce souffle court, ce dos nu taché de morsures, ces cuisses repliées comme pour protéger ce que j’ai conquis… Elle tente de se cacher sous les draps froissés, mais même le tissu semble la trahir. Il ne couvre rien. Il souligne. Il expose.Elle croit encore que je ne vois pas.Mais je vois tout.Je me redresse, nu, lentement. Le froid me saisit à peine. Il ne m’atteint plus. Pas depuis elle. Depuis cette nuit. Depuis la première. Depuis qu’elle a hurlé sous moi en m’insultant entre ses dents serrées, et que je l’ai laissée croire qu’elle gardait le contrôle. Alors qu’en réalité, tout ce qu’elle faisait, c’était tomber.Et moi… je l’attendais en bas.Mes pieds nus effleurent le sol glacé. Le parquet gémit sous mon poids. Je traverse la pièce sans un bruit. Chaque pas est un acte. Une décision. Une manière de ne pas rompre le fil tendu entre nous. Ce fil qu’elle refuse de nommer, mais qu’elle sent dans chaque frisson.Je passe devant le miroir. Il me renvoie une image que je ne
Léna MorelJe me réveille en sursaut.Ma gorge est sèche. Ma peau colle aux draps. L’air pèse. Lourd. Saturé.Je suffoque.L’odeur d’Alejandro est partout. Accrochée à mes cheveux. Mes doigts. Mes hanches.Même l’intérieur de mes cuisses en garde la trace.Je la ressens jusque dans mes rêves.Ou mes cauchemars.Je ne fais plus la différence.Il est là. À côté.Allongé. Nu.Torse découvert. La respiration lente. Le bras replié sous sa tête comme s’il dormait vraiment.Comme s’il avait trouvé le repos, lui.Alors que moi, je me suis perdue.Je me redresse, lentement, les reins douloureux, les jambes lourdes d’avoir cédé.Mon corps est un champ de ruines.Et lui ?Il est intact.Pas un mot. Pas un mouvement.Comme s’il n’avait rien fait.Comme s’il n’avait pas recommencé à m’arracher à moi-même.Comme si je n’avais pas hurlé, mordu, gémi, perdu tout ce qui me restait de contrôle.Comme si ce n’était rien pour lui. Une nuit de plus. Une conquête.Je le déteste.Je me lève. Pieds nus sur l
Léna MorelL’air est chargé, lourd de ce que nous venons de faire, de ce que nous n’avons pas dit.Alejandro est toujours là, sa présence accablante, oppressante. Il ne s’éloigne jamais après. Il reste, me laissant engluée dans l’écho de ce que nous sommes en train de devenir.Mon corps est épuisé, mais mon esprit est en ébullition. Je veux lui dire de partir, je veux lui crier de me laisser tranquille, mais la vérité s’étale sous mes yeux, nue et indiscutable. Je ne le veux pas loin.Je le veux contre moi.Et c’est bien ça le pire.Il me scrute du coin de l’œil, son regard sombre et perçant glissant sur ma peau encore marquée par ses mains. Une lueur de satisfaction danse au fond de ses iris, et je me crispe.Il adore ça.Il aime me voir me débattre avec mes contradictions. Il aime me pousser à bout jusqu’à ce que je cède, encore et encore, jusqu’à ce que je n’aie plus rien d’autre que lui.Un silence tendu s’étire entre nous.Puis il bouge.D’un geste lent, il effleure ma hanche du
Léna MorelL’air est électrique, saturé d’une tension brute que je ne peux ni fuir ni ignorer. Mon souffle est saccadé, mon corps encore engourdi par l’intensité du moment. La chaleur d’Alejandro m’enveloppe, sa présence écrase tout le reste. Je devrais partir, je devrais le repousser, mais je suis incapable de bouger.Ses doigts glissent lentement sur ma peau, traçant des frissons le long de mon dos nu.— Ne t’éloigne pas.Sa voix est rauque, comme s’il luttait lui-même contre quelque chose d’invisible.Je ferme les yeux une seconde, cherchant un ancrage. Je ne devrais pas être ici, allongée contre lui, la respiration encore heurtée, la peau en feu sous l’écho de ses mains. Mais il y a cette vérité indéniable, ce lien invisible qui me retient prisonnière.Alejandro m’appartient autant que je lui appartiens.— Qu’est-ce que tu veux de moi ? soufflé-je, la voix brisée.Il se redresse légèrement, appuyant son poids sur un coude. Dans l’obscurité de la chambre, ses yeux brillent d’un écl
Léna MorelSes lèvres reviennent capturer les miennes, exigeantes, affamées.Je me perds sous la force brute de son désir, et quand il me prend enfin, ce n’est pas avec douceur.C’est sauvage. Fiévreux.Je gémis contre son épaule, mes ongles labourant son dos. Il ne recule pas. Il réclame chaque soupir, chaque tremblement.Et je le laisse faire.Parce qu’à cet instant précis, je suis à lui.Entièrement.Sans retour en arrière possible.Je suis encore haletante, prisonnière de la tempête qu’il a déclenchée en moi.Mon corps est lourd, consumé, mais Alejandro n’a pas bougé.Il est là, toujours sur moi, son torse pressé contre ma peau brûlante. Son souffle est encore saccadé, sa chaleur m’englobe, et pourtant, il ne semble pas rassasié.Il ne l’est jamais.Ses doigts glissent lentement sur mon ventre, caressent la cambrure de mes hanches, puis remontent en effleurant mes côtes.Je frémis violemment sous son toucher, mon ventre se contracte sous la douceur trompeuse de ses caresses.— Tro
Léna MorelLa nuit est un piège.L’air est saturé, épais, chargé de ce que nous venons de faire. Chaque battement de mon cœur résonne dans la chambre sombre, comme un tambour de guerre.Je suis allongée sur le drap froissé, nue, encore marquée par ses mains. Mon corps brûle de partout, consumé par son emprise. Ma peau est en feu, chaque muscle tendu, mais ce n’est pas de fatigue. C’est autre chose.C’est lui.Alejandro est là, juste à côté de moi, torse nu, la peau luisante de sueur, son souffle encore rauque. Il ne dort pas.Il ne dort jamais juste après.Il m’observe.Je le sens. Son regard est une lame acérée, traçant des sillons invisibles sur ma peau nue. Il n’a pas besoin de parler. L’air entre nous est chargé de tout ce qu’il n’a pas dit, de tout ce qu’il exige sans un mot.Et moi ?Je suis enchaînée à ce moment, incapable de revenir en arrière.Sa main bouge enfin.Il effleure mon bras, lentement, ses doigts glissant sur ma peau frissonnante comme une promesse. Un avertissemen
Léna MorelJe suis piégée.Mais je ne suis pas vaincue.Il m’a mise à l’épreuve, et j’ai échoué.Mais c’est un combat, pas la guerre.Alors je m’adapte.Alors que la nuit avance, que le manoir s’endort, je reste éveillée.Je calcule.J’observe les allées et venues des gardes, les portes verrouillées, les fenêtres trop hautes.Et j’attends le moment parfait.Quand l’heure arrive, je me lève sans bruit, le cœur battant dans ma poitrine.Je me glisse hors de ma chambre, pieds nus, respirant lentement pour ne pas trahir ma présence.Chaque pas est un risque.Chaque mètre gagné est une victoire.Je descends un couloir, puis un autre.J’aperçois la sortie.Mais au moment où je tends la main vers la poignée…— Félicitations, tu as tenu plus longtemps que je ne l’aurais cru.Mon cœur rate un battement.Je me retourne.Alejandro est là, appuyé contre le mur, les bras croisés sur son torse.Il savait.Il savait depuis le début.Et il s’est amusé à me laisser croire que j’avais une chance.— Tu