INICIAR SESIÓNChapitre 38DémétrianJe suis assis dans mon bureau, un verre de whisky à la main. Basile est en face de moi, silencieux, attendant mes instructions. Mais je n'arrive pas à me concentrer sur le travail. Mon esprit est ailleurs, prisonnier d'un visage, d'un regard, d'une évidence que je refuse d'admettre depuis trop longtemps.— Tu es déjà tombé amoureux, Basile ? je demande soudain.Il me regarde, surpris.— Oui, monsieur. Une fois.— Et qu'est-ce que tu as fait ?— Je l'ai laissée partir. Et je l'ai regretté toute ma vie.Je hoche la tête, le cœur lourd. Lui aussi, il sait. Lui aussi, il a connu cette douleur, ce manque, ce regret. Et moi, je suis là, à me débattre avec un amour que je croyais mort, avec une femme que je croyais haïr, avec une vérité qui m'explose en plein visage.
Chapitre 37SélyaneJe me tiens dans l'embrasure de la porte, immobile. Démétrian est assis par terre, entouré des enfants. Maëlys est blottie contre lui, Naël est à ses côtés, un livre ouvert sur les genoux. Ils ne m'ont pas vue.— Encore une page, papa, supplie Maëlys.— Encore une, dit Naël.— D'accord. Mais après, au lit.Il reprend la lecture, sa voix grave caresse les mots. Les enfants écoutent, captivés. Mes yeux se remplissent de larmes.Cette famille, je l'avais sacrifiée. J'avais fui, j'avais caché, j'avais protégé. Et aujourd'hui, elle est là, sous mes yeux, réunie. Mon cœur se serre si fort que je dois m'appuyer contre le chambranle.Démétrian lève les yeux, me voit. Il ne dit rien, mais son regard s'adoucit. Il continue de lire, comme si ma présence ne changeait rien.Les enfants applaudissent quand l'histoire se termine. Maëlys se jette à son cou, Naël pose sa main sur son épaule. Je ravale un sanglot.— Maman ! crie Maëlys en me voyant. Papa nous a lu une histoire de dr
Chapitre 36DémétrianLa maison de Sélyane est chaleureuse, bien plus que mon appartement. Les murs sont couverts de dessins d'enfants, les étagères débordent de livres et de jouets. Une odeur de biscuits flotte dans l'air. Je suis assis sur le canapé, mal à l'aise, mais étrangement ému. Maëlys est blottie contre moi, un livre ouvert sur les genoux. Naël est assis en tailleur à mes pieds, attentif.— Tu nous lis une histoire, papa ? demande Maëlys.— Bien sûr.Je prends le livre, je commence à lire. Ma voix est grave, peut-être trop sérieuse pour une histoire de princesse et de dragon. Mais les enfants ne semblent pas s'en plaindre. Maëlys suit du doigt les illustrations, Naël m'interrompt parfois pour poser des questions.— Pourquoi le dragon est méchant ?— Parce qu'il a
Chapitre 35SélyaneLe silence de la maison est lourd, presque oppressant. Les enfants dorment, paisibles, dans leur chambre. Démétrian est parti il y a une heure, après m'avoir avoué qu'il ne supportait pas l'idée de me perdre encore. Ses mots résonnent dans ma tête, précis, douloureux, bouleversants.Je suis assise sur le canapé, les jambes repliées sous moi, une tasse de thé refroidie entre les mains. Je fixe le mur, sans le voir. Ses aveux ont fissuré mes défenses, et je ne sais pas quoi faire de cette brèche. Je voudrais lui pardonner, tout lui pardonner. Mais la peur est là, tenace, qui me retient.Peur de souffrir encore. Peur de revivre l'abandon, la solitude, les nuits sans sommeil. Peur de m'ouvrir, de lui faire confiance, de me laisser aimer. Peur de tout perdre, encore une fois, si la menace revient, si la vérité &
Chapitre 34DémétrianLa pluie frappe les vitres du salon, légère, presque silencieuse. Les enfants dorment à l'étage. Sélyane est assise face à moi, les mains croisées sur ses genoux, le visage fermé. Nous venons encore de nous disputer, à propos de Julien, de ma jalousie, de mon besoin de tout contrôler. Et je sais que j'ai tort. Je le sais, mais je ne peux pas m'en empêcher.— Je ne supporte pas l'idée de te perdre encore, dis-je enfin, la voix rauque.Elle lève les yeux vers moi, surprise.— Quoi ?— Tu m'as quitté une fois, Sélyane. Tu as disparu, sans un mot, sans une trace. Et j'ai cru devenir fou. Alors oui, je suis jaloux. Oui, je veux tout contrôler. Parce que j'ai peur. Peur de te perdre encore, peur de perdre mes enfants, peur de revivre cet enfer.Elle me regarde, silencieuse. Et je
Chapitre 33SélyaneLe salon est plongé dans une pénombre lourde. Les enfants sont couchés, la maison est silencieuse. Démétrian se tient debout près de la fenêtre, les bras croisés, le visage fermé. Je suis assise sur le canapé, les mains serrées sur mes genoux, le cœur battant.— Tu n'as pas à me dire qui je peux voir, dis-je enfin, la voix tremblante.— Je ne te dis pas qui voir. Je te demande de faire attention.— C'est la même chose. Tu débarques après sept ans, et tu voudrais contrôler ma vie ?Il se tourne vers moi, les yeux sombres.— Ce n'est pas ce que je fais.— Alors quoi ? Tu me suis, tu m'espionnes, tu me reproches de parler à un ami. Comment tu appelles ça ?— Je m'inquiète pour toi. Pour les enfants.— Tu t'inquiètes ? Tu as disparu pendant sept ans, Démétrian. Sept ans sans un mot, sans une trace. Et maintenant, tu voudrais t'inquiéter ?Sa mâchoire se serre, mais il ne répond pas. Je me lè







