LOGINPOINT DE VUE D'ADRIAN Impossible de chasser ses lèvres de mon esprit. Trois jours ont passé depuis que j'ai embrassé Camille, et pourtant, ce souvenir refuse de s'effacer.Il me poursuit partout : au réveil, au travail, et même le soir, quand je ferme les yeux.Je n'avais jamais prévu de l'embrasser. Dès l'instant où je l'ai vue debout près de sa voiture, quelque chose a basculé en moi.Je n'ai pas réfléchi. Je n'étais même plus capable de raisonner. Les conséquences m'importaient peu.Je l'ai simplement attirée vers moi. Et je l'ai embrassée.Je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai fait ça.Pendant des années, je me suis répété que je n'avais jamais aimé Camille. Je me le suis dit tant de fois que c'est devenu une certitude. Aujourd'hui, je ne suis plus si sûr que ce soit vrai.Peut-être que je ressentais quelque chose pour elle, après tout. Mais mon ambition était si bruyante qu'elle a dû occulter tout ce que j'éprouvais. J'étais tellement obsédé par la réussite, le pouvoir et le
POINT DE VUE DE CAMILLE « Je ne suis pas là pour te faire du mal », dit Armand, mais cela ne calme pas les battements effrénés de mon cœur.Son corps m'empêche toujours de m'enfuir ; ses mains agrippent mes bras assez fermement pour me maintenir contre le mur. Sa respiration est saccadée après m'avoir poursuivie à travers la salle de bal, tandis que la mienne est courte et haletante.« Laisse-moi partir », dis-je en essayant de me dégager à nouveau.Il resserre son étreinte.« S'il te plaît. Reste tranquille. Je ne te ferai pas de mal. »Je ne l'écoute pas.« Laisse-moi juste partir », dis-je.Son regard cherche le mien.« J'ai juste besoin que tu répondes à une question. Une seule question. »Je le dévisage avec méfiance.« Laquelle ? »« Quelle est ta relation avec mon père ? »La question me prend au dépourvu.« Quoi ? »« Il ne veut rien me dire. » Sa voix
POINT DE VUE DE CAMILLE Je m'arrête devant l'un des serveurs dans la salle, saisis une flûte sur son plateau et l'avale d'un trait. Puis je lève les yeux vers les lustres en cristal suspendus au plafond vertigineux ; ils illuminent des centaines de visages masqués, dont le mien. Il y a cinq jours, lorsque Victor m'a montré l'invitation au bal masqué annuel de la ville, j'ai froncé les sourcils, bien décidée à refuser.À présent, je détache mon regard des lustres et je touche du bout des doigts la taille de ma robe noire. Henry m'a poussée à aller acheter une robe et un masque. À assister à cet événement. J'aurais préféré travailler, m'occuper de mes enfants ou comploter pour abattre mes ennemis.Des rires s'élèvent au-dessus de l'orchestre alors que je me déplace lentement. Ma robe noire à paillettes est un peu lourde. J'observe les gens glisser sur la piste de danse. Bryce, lui aussi masqué, me suit de près. Je reconnais certaines des personnes qui dansent, malgré leurs masques colo
POINT DE VUE D'ADRIANJe ne sais pas trop à quoi m'attendre en me présentant devant la porte d'entrée de Camille. Victor ouvre avant même que je puisse frapper une seconde fois.Il me jette un regard qui est loin d'être hostile. Et sans me poser la moindre question — ce qui ne lui ressemble pas — il s'efface pour me laisser passer. J'entre ; l'odeur familière de la maison de Camille m'enveloppe aussitôt. C'est une atmosphère chaleureuse. Une senteur florale et raffinée.J'entends la télévision qui vient du salon. Mes pas me guident vers le son. En m'arrêtant à l'entrée de la pièce, je la vois assise sur le canapé, en train de regarder une émission. Elle porte un simple pull crème et un pantalon sombre ; ses cheveux retombent librement sur ses épaules.Je reste là, à la contempler en silence pendant quelques secondes. Elle est magnifique. Cette pensée s'impose si naturellement qu'elle m'en déstabilise. Pourquoi est-ce que je remarque cela ? Je réprimande intérieurement mes pensées.Je
POINT DE VUE D'ADRIANMon cœur fait un bond inattendu lorsque j'aperçois Camille, encadrée par l'ouverture de la porte. Quand la sonnette a retenti il y a quelques secondes, je pensais que c'était Elaine, même si elle est furieuse contre moi.Camille porte un manteau sombre sur un chemisier ajusté, ses cheveux ramenés sur une épaule. Son visage est impassible, mais ses yeux brûlent d'intensité.Comme d'habitude, elle ne dit pas bonjour. Elle passe simplement devant moi sans s'arrêter.Je me retourne.« Qu'est-ce que tu fais là ? » demandé-je. Elle ne vient jamais pour de bonnes raisons, et je ne m'attends pas à ce que cette visite soit différente.Elle pivote lentement vers moi.« Je sais pourquoi tu étais chez DOUVCORE. »Mon corps se raidit à ses mots.« Je sais tout », poursuit-elle.Ne sachant pas quoi répondre, je referme la porte presque aussitôt.« Qu'est-ce que tu crois savoir, exactement ? » dis-je en essayant de garder mon calme.« Je sais que tu n'étais pas là pour me voi
LE POINT DE VUE DE CAMILLEJe suis envahie par la nervosité alors que je sonne à la porte de la maison de Charles Montclair. Même si je sais qu’il est en vie, je ne l’ai pas vu depuis qu’il a simulé sa mort. J’en avais assez de ses menaces ; il fallait que je lui rende visite.Je plaque mes paumes contre mon ventre, tentant d’apaiser les frissons qui parcourent mon corps. Finalement, la porte s’ouvre dans un grincement et il est là, me fixant sans surprise, comme s’il m’attendait.D’un geste vif, je lui tends mon téléphone."C’est vous qui avez envoyé ça."Son regard se porte sur l’écran.JE SAIS QUE VOUS SAVEZ.Un léger sourire effleure ses lèvres."Oui."Le sang ne fait qu’un tour dans mes veines."Et vous avez envoyé d’autres messages pour menacer mon entreprise et moi-même. Vous ne manquez pas d’audace."Le sourire ne quitte pas ses lèvres."Je suis impressionné par la rapidité avec laquelle vous avez compris la situation.""Vous avez simulé votre mort."Son expression change à pe
POINT DE VUE D'ADRIANJe quitte la scène du Sommet mondial des technologies la mâchoire serrée, les applaudissements qui suivent ma présentation s'éteignant trop vite.Trois blocages système. Un plantage complet. Et le pire de tout, cette expression sur le visage des investisseurs. De la déception
Quand mes paupières se ferment à nouveau, le monde me paraît plus silencieux. Pendant de longues secondes, je reste immobile sous les lourdes couvertures d'hôpital, tandis que le pâle clair de lune inonde la pièce de fins rayons argentés.La douleur me saisit alors. Une sourde douleur au bas-ventre
La douleur m'envahit avant même que je prenne conscience. Une douleur lancinante et profonde au creux de l'estomac. Puis, le bip régulier d'un appareil électronique à côté de ma tête.Puis, l'odeur âcre de l'antiseptique. J'ouvre lentement les yeux, éblouie par la lumière blanche crue au plafond. P
Tout s'est brouillé dans ma mémoire, car je ne me souviens pas avoir quitté le bureau. Une seconde, je suis debout près du bureau, essayant de ne pas respirer trop fort, tandis qu'Adrian et Elaine parlent de me détruire comme si je ne valais rien. L'instant d'après, je suis à mi-chemin des escalier







